Allah est-Il schizophrène?

Coups de feu à Ottawa. Meurtre à Saint-Jean-sur-Richelieu. Ces événements dramatiques récemment survenus po- sent tous pour moi la même question : Allah est-Il schizophrène ? Si Allah nous ordonne à nous, les musulmans, de tuer, pourquoi interdit-Il le meurtre dans le verset 32 de la sourate al-Maida (« La table servie ») du Coran ? « C’est pourquoi Nous avons prescrit pour les enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la Terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes. En effet, nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà qu’en dépit de cela, beaucoup d’entre eux se mettent à commettre des excès sur la Terre. »

Si Allah nous ordonne à nous, musulmans, d’éliminer la diversité et d’unifier l’humanité dans un seul clan, pourquoi affirme-t-Il et recommande-t-Il le respect de la diversité humaine dans le verset 13 de la sourate Al-Hujurat (« Les appartements privés ») ? « Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et Grand-Connaisseur. »

Si Allah traite tout croyant en Lui et qui n’est pas forcément musulman de mécréant, comment peut-Il rassurer les humains dans le verset 69 de la sourate al-Maida (« La table servie ») en disant : « ceux qui ont cru, ceux qui se sont judaïsés, les Sabéens et les Chrétiens, ceux parmi eux qui croient en Allah, au jour dernier, et qui accomplissent les bonnes oeuvres, pas de crainte sur eux, ils ne seront point affligés ».

Si Allah est contraignant, pourquoi interdit-Il dans le verset 256 de la sourate Al-Baqarah (« La vache ») la contrainte ? « Nulle contrainte en religion ! car le bon chemin s’est distingué de l’égarement. » Et pourquoi traite-t-Il alors les non-croyants d’égarés et non de mécréants ? « Quiconque ne croit pas en Allah, en ses anges, en ses Livres, en ses messagers et au jour dernier s’égare, loin dans l’égarement. »

Si Allah est Un, et s’Il n’est pas schizophrène, quel est ce dieu du Dai’ch (« État islamique ») et des fanatiques ? Est-il un monstre de Frankenstein fait de versets coraniques privés de leur contexte textuel et historique ? Fait sur mesure pour servir les intérêts de certains groupes d’individus ? Pourquoi M. Rouleau est-il allé à la rencontre de ce monstre sur Internet ? Pourquoi a-t-il voulu devenir son martyr ? Qu’est-ce que ce monstre lui a offert que notre société était incapable de lui offrir ? Ces martyrs annoncent-ils la fin de la société postmoderne comme l’a signifié Alain Touraine dans son dernier livre ? Cherchent-ils l’authenticité du soi dans une société atomisée comme l’a expliqué Charles Taylor dans Les sources du moi ? Ou cherchent-ils simplement un idéal moral ?

31 commentaires
  • Umm Ayoub - Inscrite 25 octobre 2014 05 h 05

    Pourquoi vous en prendre à Allah ?


    Je ne comprends pas votre propos, vous vous en prenez à Allah, ou bien vous vous en prenez à L'État islamique ?

    Ce que vous faires en citant les versets du Coran hors de leur contexte, c'est justement ce que fait l'État islamique.

    Votre texte me rend perplexe...

  • Marc O. Rainville - Abonné 25 octobre 2014 05 h 43

    Allah est-il schizophrène ?

    Bonne question... Je serais tenté de répondre oui. Carl Gustav Jung a tenté de comprendre Dieu dans son livre Réponse à Job. Son constat est sans appel. Dieu est divisé en Lui-même. Il est capable du meilleur comme du pire. Job en a fait l'expérience. Ce qui nous renvoie à un constat unique. Dieu est l'Homme. Pas plus, pas moins...

    • Jacques Morin - Inscrit 25 octobre 2014 11 h 33

      Allah me semble plutôt paranoïaque et rusé....

    • Jean-Pierre Bédard - Inscrit 25 octobre 2014 17 h 26

      La question ne devrait-elle pas être la suivante, a priori ? : Allah existe-t-il ailleurs que dans la tête de ceux qui y croient ? Comme la réponse est « non ! », il ne saurait être quoi que ce soit, sinon une entité... Ni schizophrène, ni paranoïaque, ni amateur de golf... Pour ce qui est des abus commis par ceux qui s'allient au radicalisme musulman -- ou juif ou catholique, tant qu'à y être -- il s'agit de dérives encouragées par la bêtise humaine exacerbée quand la religion entre en scène.
      Il y a par ailleurs quelque chose d'admirable dans le texte de la dame doctorante qui l'a écrit : il ne manque aucune majuscule où que ce soit quand c'était devenu « nécessaire »... Pas un « Il », pas un « Lui » ou autre qui ne fasse défaut. Stupéfiant !

  • Renée Messier - Inscrit 25 octobre 2014 07 h 23

    Pour discussion future

    Tous les croyants sont des schizophrène madame.

    • Nicole Bernier - Inscrite 25 octobre 2014 12 h 28

      Pourquoi n'y a-t-il si peu d'efforts pour comprendre la complexité des enjeux religieux et politiques?

      Tous les anti-religieux qui auraient le goût de faire des tous les musulmans des monstres de fanatisme, à mes yeux, vous démontrez la même fermeture et violence que les catholiques quand ils partaient en croisades.... ce n'est plus le Dieu spirituel qui rend aveugle, c'est votre déification du mode de vie occidental et la prérogative, comme occidental, de prétendre que pour entretenir ce mode de vie, il est possible d’ostraciser d’autres peuples ou de rendre esclaves les peuples qui détiennent des ressources naturelles qui permettent de maintenir ce mode de vie.

      C'est vrai que Platon et Aristote ont encore beaucoup d'impact sur la pensée intellectuelle occidentale et il trouvait tout à fait normal qu'il y ait des esclaves (la forme d'oppression a changé depuis, mais pour plusieurs intellectuels, le mode d'analyse de la diversité sociale est resté le même: il y a des gens au sommet de l'échelle sociale qui ont droit de vie et de mort et ceux qui se rebellent de ces décisions. On ne fait plus la distinction entre ceux qui sont des résistants à l’oppression des terroristes (avant des rebelles) s'ils menacent l'ordre établi.

  • Gaston Bourdages - Inscrit 25 octobre 2014 08 h 23

    Fort délicate démarche que celle d'aborder...

    ...ces sujets «d'éthique et de religion».
    Bonjour madame Kabboura et mercis à vous pour cette occasion d'ouverture aux «autres» et de ce qui les anime, les nourrit, leur aide à donner sens. Simple citoyen, «sans papier» académique, j'ai hésité à vous commenter. C'est à la lecture du 1er paragraphe de votre texte que je me suis décidé à vous écrire. J'y suis directement concerné. Pour vous donner une piste, je reprends:«...quiconque tuerait une personne non coupable d'un meurtre ou d'une corruption...» Est-ce à dire que la personne «coupables d'un meurtre ou de corruption» mérite...(sic) la mort? Comment alors aborder le pardon, si pardon existe?
    Mes respects à vous,
    Gaston Bourdages
    Auteur d'un 4e ouvrage littéraire baptisé «Les bonheurs de la corruption»

    • Umm Ayoub - Inscrite 25 octobre 2014 12 h 44

      M. Bourdage,

      Permettez-moi de vous répondre.

      Il y a d'un côté, les peines criminelles, et de l'autre, le pardon de Dieu.

      En ce qui concerne les peines criminelles, qui sont appliquées par l'État (et non par les individus) le Coran prône, effectivement, la loi du talion, sauf si les proches de la victime acceptent de pardonner.

      Le Coran recommande fortement aux musulmans de pardonner aux tueurs en leur promettant le pardon de leurs propres fautes dans l'au-delà, le Jour du Jugement dernier.

      Si, donc, les gens pardonnent, la peine imposée au tueur est 'le prix du sang', c'est-à-dire un montant d'argent en compensation, puisque celui qui a été tué avait des obligations financières envers sa famille qui ne seront évidement pas honnorées parce qu'il est mort. Le tueur doit donc compenser financièrement pour sa faute.

      En ce qui concerne le pardon de Dieu, alors, il s'agit de lui demander pardon avec sincérité, et d'avoir la ferme intention de ne pas recommencer, et Dieu est le plus Mséricordieux des Miséricordieux, Il aime le pardon et il pardonne plus facilement aux Etres humains qu'ils se pardonnent eux-même leurs propres fautes.

      Il y a une excellente histoire à ce sujet, rapportée dans les hadiths du Prophète, à propos d'une personne qui avait tuée 99 personnes, et qui voulait se repentir, d’après Abou Saïd el khoudri si vous voulez en savoir davantage, vous pouvez chercher sur Google, c'est une histoire archi connue. Je ne peux pas la partager ici parce qu'elle prend trop de place.

    • Gaston Bourdages - Inscrit 25 octobre 2014 19 h 23

      Mercis madame pour votre éclairage. Suis-je dans le champ à penser que le pardon est conditionnel ? Mes connaissances intellectuelles sur le sujet étant limitées, je prends le risque de me fier à deux des autres composantes de ma personne pour avancer que le pardon ne comporte aucune condition divine. Les conditions étant d'appartenance humaine donc limitées.
      Et si le pardon est un fruit de l'amour peut-on aimer... avec ou sans condition(s) ?
      J'apprécierais vous relire...
      Mes respects,
      Gaston Bourdages

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 25 octobre 2014 21 h 35

      Madame Chabot, une jeune iranienne vient d'être pendue pour avoir tué un homme qui l'avait agressée. Elle était décoratrice, lui chirurgien et intimement lié au gouvernement. On lui a fait avoué sous la "contrainte" qu'elle avait prémédité le meurtre... Les Iraniens ont crié à l'injustice. Mais elle a été pendue. Un homme qui tue une femme n'a pas payé pour sa vie, appelée "diya" en arabe. Voilà ce qu'est la shariah.

  • Bernard Terreault - Abonné 25 octobre 2014 09 h 21

    Les religions

    Le défaut de toutes les religions est de prétendre à la vérité absolue, révélée. Les personnes faibles y retrouvent une certitude qui les rassure. Malheureusement, plusieurs des "livres saints" de certaines de ces religions contiennent des passages qu'on peut facilement iterpréter comme prônant le meurtre des incroyants, comme dans l'Ancien Testament et dans le Coran.