Le cul-de-sac de l’automobile électrique

L’automobile électrique n’est pas une solution à long terme aux défis auxquels les Québécois font face aujourd’hui.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’automobile électrique n’est pas une solution à long terme aux défis auxquels les Québécois font face aujourd’hui.

La voiture électrique suscite l’enthousiasme. Les percées technologiques de constructeurs automobiles comme Tesla permettent aux consommateurs d’espérer pouvoir se procurer des modèles fiables et abordables d’ici peu. Inauguré voilà quelques semaines, le système de recharge rapide entre la ville de Montréal et de Québec démontre l’engouement des administrateurs publics à l’égard de cette technologie. Le gouvernement rêve même de voir plus de 200 000 voitures électriques sillonner les routes du Québec d’ici 2020. Pourtant, il est contre l’intérêt des Québécois de voir la voiture électrique redorer le blason de l’automobile. Électrifier ce mode de transport ne réglerait pas ses nombreux défauts. Seuls le transport en commun et le transport actif sauront répondre aux défis du XXIe siècle.

Un mode de transport coûteux

Qu’elle soit électrique ou pas, l’automobile coûte très cher aux Québécois. Annuellement, une voiture compacte coûte en moyenne 9500 $, soit presque le double de la facture en épicerie d’un individu pour la même période de temps. L’endettement moyen des Québécois frôlant les 20 000 $, il devient clair que les Québécois n’ont pas les moyens d’être dépendants à l’automobile.

L’automobile endette aussi la société québécoise. Le développement des infrastructures liées à l’utilisation de l’automobile et leurs maintiens entraînent d’énormes coûts au gouvernement. Pensons à la reconstruction de l’échangeur Turcot qui coûtera plus de 3 milliards de dollars, au prolongement de l’autoroute 19 de 8 kilomètres qui coûtera 600 millions, etc. Et cela, sans compter les coûts causés par la congestion, estimés annuellement à 3,7 milliards de dollars par le conseil des ministres responsables des transports et de la sécurité routière en 2012.

Conséquence environnementale

Même propulsée par l’électricité, l’automobile restera polluante. Nous n’avons qu’à penser aux nombreuses conséquences environnementales causées par la création de minicentrales hydroélectriques, comme celle de Val-Jalbert, en construction, ou encore de centrales hydroélectriques, comme les réservoirs de la Romaine, pour constater qu’une augmentation radicale de notre consommation d’électricité n’est pas souhaitable. En plus, il est encore difficile de prédire les effets néfastes liés à la décomposition des batteries électriques.

D’autres enjeux, tels que l’étalement urbain et la réappropriation de l’espace public, nous permettent d’affirmer que l’automobile électrique n’est pas une solution à long terme aux défis auxquels les Québécois font face aujourd’hui. Adopter l’automobile électrique serait donc un faux virage. Plus que jamais, il semble évident que la voie à suivre est celle du transport actif ou collectif, électrique de préférence.

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