Un peu d’audace, SVP

La cohabitation est possible et souhaitable.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir La cohabitation est possible et souhaitable.

Après un été marqué par plusieurs collisions mortelles entre cyclistes et poids lourds, un article du Devoir du 16 octobre (« Les poids lourds en cause dans le tiers des morts à vélo ») présente des faits bien sombres, mais peu surprenants. Les camions font bel et bien mauvais ménage avec les utilisateurs les plus vulnérables de la route, surtout en ville, où l’espace est souvent plus restreint et l’activité, plus importante.

Malgré tout, malgré des statistiques on ne peut plus claires, les accidents graves et les morts, que fait-on pour changer la situation ? Alors que de plus en plus de citoyens choisissent le vélo pour se déplacer, aller au travail, faire leurs achats, aller reconduire les enfants à la garderie, comment assure-t-on la sécurité de ces personnes dans leurs déplacements ? Comment peut-on continuer d’accepter que près du tiers des accidents mortels de cyclistes impliquent un camion ?

Les problèmes ont beau être connus, on s’en tient essentiellement à des voeux pieux et aux petites mesures. À la suite du décès de Mathilde Blais en avril dernier, la Ville de Montréal a rapidement réagi, notamment en obligeant les véhicules lourds à circuler à gauche sous les viaducs. C’est mieux que rien, diront certains. Toutefois, l’occasion était belle pour que tous s’engagent clairement à régler durablement ce grave problème de partage de la route dans les zones les plus dangereuses. À la place, on envoie les camions à gauche, les vélos sur les trottoirs sous certains viaducs, et on croise les doigts. C’est la solution diachylon par excellence !

Évidemment, les cyclistes et les piétons doivent s’assurer d’être aussi visibles que possible et éviter à tout prix de se retrouver dans l’angle mort d’un poids lourd. L’éducation et la sensibilisation ont donc leur place pour améliorer la cohabitation.

Par ailleurs, où sont les infrastructures assurant une plus grande sécurité aux cyclistes dans les zones les plus fréquentées, comme autour du métro Vendôme où la Ville retarde l’implantation d’une piste cyclable sécurisée ? Et encore, même lorsque des bandes cyclables sont timidement installées, elles se transforment presque instantanément en zone de stationnement temporaire pour les taxis et les livreurs, forçant les cyclistes à les contourner et à se lancer subitement dans la circulation. Pire encore, ces bandes sont parfois cachées par des voitures stationnées ou collées sur leur gauche, augmentant ainsi le risque d’emportiérage.

Qu’en est-il de l’application rigoureuse du règlement interdisant le stationnement à moins de cinq mètres d’une intersection ? Une mesure pourtant bien simple qui augmente la sécurité des piétons en augmentant considérablement leur visibilité là où les dangers sont les plus grands.

Pourquoi l’industrie du transport s’entête-t-elle encore à refuser d’installer des protections latérales sur les camions alors qu’il s’agit d’une manière simple de réduire les décès en cas d’accidents ? La Ville de Montréal s’est engagée à installer de telles protections au fil des prochaines années et la Ville de Westmount l’a déjà fait, en plus d’équiper ses camions de caméras pour couvrir les angles morts.

Tous doivent collaborer pour que ce sombre bilan ne se répète pas. La cohabitation entre l’ensemble des usagers de la route est possible et souhaitable, particulièrement entre les plus gros et les plus petits. Il suffit d’une dose de courtoisie de la part des usagers et d’un peu plus de volonté et d’audace chez les décideurs. Et la rue sera alors vraiment accueillante pour tous.

13 commentaires
  • Josette Allard - Inscrite 18 octobre 2014 04 h 50

    Cycliste en danger

    Tous les jours, durant la belle saison, je roule à velo pour me rendre au travail. Les fardiers et autres gros engins passent à mes côtés,separés de quelques pouces par une bande peinte sur la chaussée indiquant une zone réservée aux cyclistes. C'est la seule protection qui m'est offerte. Pourtant il y a là un 4 voies. Pourquoi la réglementation ne les obligerait-il pas à rouler dans la voie de gauche?

    • Fernand Lavigne - Abonné 18 octobre 2014 12 h 01

      Les fardiers dont vous faites référence sont interdits de passage à plusieurs endroits. Pourtant, vous avez le choix, aux heures de pointe, d'emprunter des rue plus sécuritaires pour le vélo. La Saint-Denis est à éviter en tout temps. D'ailleurs, l'été, j'évite de conduire sur cette rue. L'accident mortel m'a profondément attristé, puisqu,elle était évitable, mais ne m'a pas étonné. Quoi qu'on dise quoi qu'on fasse, il y en aura d'autres parmi les téméraires.
      Fernand Lavigne

    • Sylvain Auclair - Abonné 18 octobre 2014 13 h 34

      Parce qu'ils sont plus lents et que les véhicules lents sont censés rouler à droite. Il y a toute une réflexion à mener sur ces notions de vitesse et de fluidité.

    • Simon Chamberland - Inscrit 18 octobre 2014 16 h 05

      M. Lavigne,

      Il est plus facile de demander aux fardiers de réduire leur vitesse et de rouler à gauche, ce qui les retarderait de quoi, 10 ou 15 secondes, que de demander à un cycliste de faire des détours de plus de 1 km, ce qui rallonge la durant de transit de 6 minutes (en supposant une vitesse d'environ 15 km/h).

    • Sylvain Auclair - Abonné 18 octobre 2014 22 h 14

      Monsieur Lavigne,
      si on veut traverser les chemins de fer, qu'on ne veut pas avoir à négocier des stops dangereux à chaque coin de rue et qu'on veut ne pas avoir à changer tout le temps de rue à cause des sens uniques, seules des rues comme Saint-Denis nous permettent d'aller où l'on veut ou doit aller. C'est vrai tant pour les véhicules moteur que pour les bicyclettes

  • Paul Lapointe - Inscrit 18 octobre 2014 07 h 46

    Discipline SVP

    Écoutez, je suis particulièrement favorable au vélo pour le transport quotidien et me rallie à tous ceux qui souhaitent l'implantation de mesures concrètes de la part de la Ville pour en assurer l'exercice sécuritaire. Ceci dit, j'habite près de l'Université de Montréal et suis sidéré de voir quotidiennement des cyclistes circuler, le soir, sur des rues passantes dont plusieurs n'ont pas de voies dédiés, sans phares, ni autres accessoires de visibilité. Pareille négligence est tout simplement criminelle et devrait entraîner des constats d'infractions sévères. La Ville est certainement fautive de mal gérer l'espace commun de circulation. La signalisation est déficiente, les feux sont mal ou si,plument pas synchronisés, la chaussée est partout dans un état lamentable et dangereux, les travaux publics sont conduits dans l'anarchie etc. C'est pourquoi il est vital que les cyclistes soient particulièrement prudents. Ne pas se rendre VISIBLES en situation d'obscurité est de la pure inconscience.

  • Marcel Lemieux - Inscrit 18 octobre 2014 08 h 30

    Les cyclistes???

    Durant deux ans j'ai été responsable de controler la ciculation d'une parti de la route
    132. Comme cette partie de la route était un chantier de construction majeur des
    CAMIONS et de gros engins mécaniques occupaient les voies de circulation.
    Un détour devait être donc utilisé; moi, le clown de service devait obliger les usagers
    de la route à faire ce détour. Comme vous le deviner j'ai eu droit à toutes les injures
    possibles et en particulier de ces cyclistes ah oui, eux selon leur dire n'avaient pas à se
    comformer à ce détour prétextant qu'ils pouvaient sécuritairement traverser ce chantier.


    Marcel Lemieux

    • Simon Chamberland - Inscrit 18 octobre 2014 13 h 11

      Votre lettre illustre parfaitement la vision du MTQ et des gestionnaires de chantiers.

      Les cyclistes sont, au mieux, des parasites qui font des balades.

      Un détour pour un automobiliste, c'est plate. Pour un cycliste, c'est long et pénible, voir dangereux.

      On ne pense jamais aux cyclistes lorsqu'on établi les chantiers, car se sont des fanatiques verts du plateau. Du moins, selon la vision des bureaucrates.

    • Pierre Grégoire - Inscrit 18 octobre 2014 21 h 18

      Monsieur Chamberland, je peux me tromper mais
      il me semble que d'éloigner les cyclistes des chantiers routiers c'est les protéger.
      Protéger de ces camions honnis par les cyclistes.
      Les protéger d'une surface de roulement dégradés par les travaux.

      Un chantier routier n'est pas la place pour les automobilistes, les cyclistes ou les piétons.

    • Simon Chamberland - Inscrit 18 octobre 2014 23 h 39

      Entièrement d'accord M. Grégoire.

      Sauf qu'il est souvent possible d'aménager une piste temporaire pour les cyclistes. Et ça ne se fait jamais.

      Mais par contre, stationner la machinerie lourde sur la piste cyclable pour ne pas entraver le flot de voitures, c'est du quotidien.

    • Sylvain Auclair - Abonné 19 octobre 2014 11 h 04

      Combien de kilomètres ce détour ajoutait-il au trajet de ces cyclistes?

  • Sylvain Auclair - Abonné 18 octobre 2014 09 h 17

    Camions à gauche?

    Il me semblait que cette solution avait été refusée? Tout ce qu'on a fait, c'est sortir les vélos de la rue pour amener plutôt des accrochages avec les piétons.

  • Jacques Parent - Inscrit 20 octobre 2014 14 h 28

    Photos-Radar

    C'est une évidence, le 1m50 devrait être dans la loi et des points de démérites devraient permettre le retrait éventuel des chuaffards de la route. Cependant, la police ne fait pas sa job et la seule alternative me semble être les Photos-Radars. On pourrait non seulement contrôler partout en ville les excès de vitesse, mais également les mauvais comportements (ceux qui dépasse la ligne d'arrêt ou ceux qui conduisent sans croire qu'un feu jaune veut dire ralentir pour arrêter de façon sécuritaire avant un feu rouge...)