Un traité à conclure et à adopter au plus vite

L’accès accru au marché européen est bénéfique pour le secteur des ressources.
Photo: Digital Vision L’accès accru au marché européen est bénéfique pour le secteur des ressources.

Heureusement, le commerce international est un domaine où, ces derniers temps du moins, la majorité des activités politiques partisanes ont été reléguées au second plan.

Il y aura toujours des récalcitrants, mais de nombreuses preuves montrent que le commerce est meilleur, sur les plans économique et social, pour les exportateurs et les importateurs. Dans presque tous les cas (compte tenu de certains défis permanents que posent les pays en développement), la marée montante de la prospérité issue du commerce international, si celui-ci est fait de manière responsable, soulève tous les bateaux.

Le Canada est une nation commerçante d’envergure qui, en termes relatifs, dépend davantage du commerce que bon nombre d’autres pays. Plus il a accès à des marchés variés, mieux c’est. Bien que des négociations commerciales multilatérales mondiales aient achoppé, force est de constater que le nombre d’accords régionaux et bilatéraux (ayant pour objet la réduction de tarifs et la suppression d’autres barrières) est à la hausse. Pourquoi ? Parce qu’ils sont tout simplement réalistes sur le plan économique. L’entente récente sur le libellé définitif de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne (l’« AECG ») est une excellente nouvelle, tant pour le Canada que l’Europe.

Le Canada est un pays riche en ressources. Nous produisons des aliments, du poisson, des produits du bois, des minéraux et de l’énergie de première qualité, de même qu’une vaste gamme de produits et services connexes qui intéresse le reste du monde. Nos divers secteurs des ressources fournissent des emplois de grande qualité dans divers domaines, notamment dans les secteurs agroscientifique, de l’innovation technique, de la recherche et développement, du génie et de la conception. Les Canadiens continuent d’inventer et d’élaborer des méthodes de culture, d’extraction, de traitement et de fabrication plus efficaces et durables sur le plan environnemental, de sorte que nos produits et services sont particulièrement attrayants sur le marché mondial.

Les Canadiens de tous ces secteurs, qu’il s’agisse de gens d’affaires, de travailleurs, de producteurs ou des millions de consommateurs canadiens qui bénéficieront d’un accès accru à des biens européens à meilleur prix, se réjouissent de l’AECG et de sa mise en oeuvre prochaine.

L’AECG permettra à un nombre croissant de biens et de services canadiens de percer l’immense marché européen. L’Union européenne, qui a une population de 500 millions d’habitants et un produit intérieur brut (« PIB ») de 17 milliards de dollars, est la plus grande économie intégrée du monde ainsi que le deuxième partenaire commercial en importance du Canada. Qui plus est, l’AECG fait partie d’une nouvelle génération de traités qui tirent parti de la mondialisation croissante. Comme son nom l’indique, cet accord de très grande envergure vise plus que des biens et des tarifs. En effet, il s’applique aussi à des services, des placements et des marchés publics. L’AECG est synonyme de possibilités d’affaires pour les exportateurs, les fournisseurs de services, les importateurs et les consommateurs canadiens et devrait entraîner une augmentation de 20 % du commerce bilatéral, ce qui correspond à la création de quelque 80 000 emplois. Ces nouvelles occasions d’affaires susciteront une diversification croissante de notre économie et produiront de meilleurs incitatifs en vue du développement de nos entreprises, de nos produits et de nos services.

En outre, l’accord incite le Canada et les pays membres de l’UE à mettre en valeur les dimensions humaines et sociales de notre relation, particulièrement à la lumière de l’environnement, de la recherche, de l’innovation et de la culture.

Dans un monde où les économies sont de plus en plus interdépendantes, l’AECG permet au Canada de renforcer sa position. D’un point de vue stratégique, le fait que l’Union européenne ait choisi de collaborer avec le Canada avant d’entamer ses négociations avec les États-Unis montre de manière éclatante que notre pays peut se positionner pour faire le pont dans la relation transatlantique cruciale entre les deux continents. Le Canada se trouve au milieu de la plus importante zone commerciale du monde grâce à l’AECG et à l’ALENA, lesquels accords visent, d’une part, le marché de consommation le plus grand et le plus riche de la planète, et, d’autre part, les 450 millions d’habitants nord-américains.

Le pouvoir économique et politique grandissant d’économies émergentes de plus en plus dynamiques pose aussi un défi géopolitique d’un tout autre ordre où les enjeux sont fort importants. Quels enjeux ? D’abord, en l’absence de progrès multilatéraux substantiels, quels pays, ou blocs régionaux, établiront les règles commerciales ? Ensemble, le Canada, l’UE et les É.-U. représentent 45 % du PIB et le tiers du commerce à l’échelle planétaire. L’achèvement de l’AECG constitue une étape majeure nous permettant de renforcer considérablement notre position pour protéger nos intérêts économiques vitaux.

Le Canada ne peut se permettre d’attendre en coulisse. Il se doit de participer pleinement, et l’AECG lui donne l’occasion rêvée de le faire. L’AECG représente une occasion en or pour le Canada et les Canadiens, et nous encourageons les personnes maintenant chargées de fixer définitivement l’accord et ensuite de le faire ratifier dans les meilleurs délais.

13 commentaires
  • Carl Lustig - Inscrit 24 septembre 2014 04 h 51

    Pourrait-on en connaître le contenu d'abord, M. Charest?

    Il est cohérent que M. Charest défende l'AECG puisqu'il a été un de ses principaux instigateurs du côté canadien. Là où le bât blesse, c'est qu'on ne connaît pas encore les dispositions de cet accord et on a toutes les raisons de soupçonner l'anguille sous la célèbre roche.

    La défense est classique: on brandit la grosseur du marché, l'impératif de créer un marché commun avant "les autres", etc. etc. Le fait reste et demeure que ces accords ont TRÈS PEU à voir avec les barrières tarifaires (déjà très basses) comme ce fut le cas jadis, et concernent plutôt la capacité des Etats à règlementer et utiliser les pouvoirs publics pour le bien commun. Les contraintes négociées, qui donnent une prééminence aux intérêts commerciaux, confortent une vision néo-libérale de l'Etat.

    Il est donc important que les "contraintes" qui sont ici négociées fassent l'objet (au moins) d'un débat public en bonne et due forme, puisqu'elles vont contraindre les gouvernements futurs. Or c'est exactement le contraire qui se passe depuis vingt ans. Les gouvernements ont compris qu'il était plus commode de mettre les citoyens devant le fait accompli (ex. l'accord signé hier avec la Chine). Les grandes entreprises quant à elles ont voix au chapitre et apprécient d'autant plus de pouvoir faire leur lobby dans l'ombre. Une manière tranquille de faire une ré-ingérie de l'Etat, sans devoir en débattre...

    Plutôt que de nous sortir des chiffres qui ne veulent rien dire, on aimerait plutôt que les politiciens et négociateurs nous donnent l'heure juste sur ce qui est négocié et répondent aux questions légitimes des critiques de ce type d'accord.

  • Marc Dufour - Abonné 24 septembre 2014 07 h 06

    JJ Charest occupation lobbyiste

    Ce que nous cache notre ancien PM devenu lobbyiste c'est que cet accord vise surtout à renforcer la mondialisation tout en affaiblissant la souveraineté des états. Point. Le reste du texte n'est que poudre aux yeux. Cet extrait résume bien l'écran de fumée que tente de mettre en place notre ex-larbin en chef :

    «En outre, l’accord incite le Canada et les pays membres de l’UE à mettre en valeur les dimensions humaines et sociales de notre relation, particulièrement à la lumière de l’environnement, de la recherche, de l’innovation et de la culture.»

    La fameuse rhétorique du développement durable dans toute sa splendeur! La réalité, c'est que les affairistes savent très bien que les services publics restent le dernier secteur où il est possible de faire des gains faciles (l'état a après tout fait tous les investissements). Venant de celui qui a fait tout en son pouvoir pour ouvrir aux gens d'affaires les coffres de l'état (PPP, privatisation du système de santé, financement illégal en retour de faveurs pour les amis du parti et tutti quanti) il est sage de douter de cette nouvelle profession de foi verte. Personne n’est dupe. Pour nos néolibéraux de service, l'environnement est une externalité comme les autres, et pour être franc, le denier de leur souci.

    À quelqu'un d'autre John James!

  • - Inscrit 24 septembre 2014 08 h 29

    Monsieur de Lapalisse !

    "de nombreuses preuves montrent que le commerce est meilleur, sur les plans économique et social, pour les exportateurs et les importateurs."

    Difficile de faire mieux comme lapalissade !

  • - Inscrit 24 septembre 2014 08 h 41

    Où est Charlie ? Canada 17, Québec 0

    Ce qui est aussi remarquable dan ce texte signé par un récent PM du Québec, c'est que nulle part il n'est fait mention que le Québec est aussi signataire de cet accord. Qu’il y a des effets sur les fromagers du Québec notamment de cet accord. Pas une fois le Québec n'est mentionné ni même évoqué. Il n’y en a que pour l’ensemble canadien : 17 fois on retrouve le Canada et les Canadiens… nulle part une allusion à la situation spécifique du Québec… et dans un journal qui s’adresse d’abord aux Québécois.

    M.Charest a dirigé le Québec pour plus de 9 ans et c'est comme si la spécificité économique, sociale ou culturelle (car cet accord a de telles portées) du Québec n'exiastait pas! C'est quand même navrant de voir que ce fier Canadien ne trouve pas une seule occasion de montrer l'avangtage pour le Québec d'un tel accord !!!

  • Robert Henri - Inscrit 24 septembre 2014 09 h 23

    Bien au contraire, il ne faut surtout pas.

    Bien au contraire, il ne faut surtout pas monsieur Charest. Un tel accord ne doit pas être adopté au plus vite. Avec tout ce que ça implique, tout doit être étudié, vu, lu, connu et révisé. Avec cet accord là, comme avec tous les accords libre-échangistes le précédant, à chaque avancée commerciale correspond un recul pour les travailleurs, les syndicats, les petits artisans. Je vous avoue pour être honnête trouver toutes vos idées suspectes ayant encore frais en mémoire votre gouverne neolibérale.