Mode d’emploi pour refaire fleurir le goût de l’indépendance

Le mouvement indépendantiste québécois connaît une nouvelle jeunesse. Dans toutes les organisations souverainistes, une nouvelle génération de militants apporte un regain d’énergie et de créativité. Plusieurs d’entre eux se réunissent, cette fin de semaine, pour l’événement destiNation. Ils s’ajoutent à tous ceux qui ont porté le mouvement depuis sa création, qui ont été de tous les combats et qui répondent toujours présent.

Même s’il a subi plusieurs défaites, le mouvement souverainiste québécois est aujourd’hui encore la plus grande force militante au Québec. C’est pourquoi, en ces heures de flottement de l’option indépendantiste dans l’opinion publique, tous les espoirs sont permis pour renverser la situation et élargir considérablement la base d’appui de notre option.

C’est la tâche principale qui doit nous animer, immédiatement et pour les années à venir. Je soumets à la discussion une première liste de 15 actions à entreprendre.

Le contenu

1. Revenir aux réponses claires. L’objectif indépendantiste ne change pas : être un pays, libre de faire ses choix, sans demander de permission. Mais les contours du projet ont varié de 1967 à 1980 puis à 1995. En 2015, il faudra s’entendre sur les réponses à donner sur la nature de l’indépendance, des liens avec le Canada, de notre politique de défense, etc. Je suis de l’école Parizeau à ce sujet — le choix du pays ne doit dépendre que des Québécois — mais il faut réaffirmer clairement les contours du projet, pour pouvoir les présenter clairement aux Québécois.

2. La maquette du pays. Nos amis écossais ont été très précis sur les changements à apporter, ou non, dans ce que serait une Écosse indépendante. Nous avons toujours hésité à trop préciser les choses, de peur de nous aliéner des électeurs de gauche ou de droite. En 1995, j’avais rédigé pour le camp du Oui le manifeste Le coeur à l’ouvrage, qui montrait comment l’indépendance allait mieux défendre le français, les droits des salariés, et comment elle allait nous donner le pouvoir de faire nos choix dans beaucoup de domaines. Il faut refaire l’exercice, aller plus loin et le rendre disponible sur tous les supports.

3. Le débat économique. L’idée que le Québec est l’assisté social du Canada, à cause de la péréquation, est l’argument massue de nos adversaires. Or Stéphane Gobeil a démontré, dans Un gouvernement de trop, qu’un Québec indépendant se passant de la péréquation économiserait deux milliards par an. Aucun économiste fédéraliste (Martin Coiteux s’y est essayé) n’a réussi à le contredire. Il faut refaire cet exercice chaque année, en faire grand cas, pour crever l’argument de la péréquation.

4. Bernard Drainville propose la création d’un « Groupe de recherche et de promotion de l’indépendance », formé, écrit-il « d’un noyau d’employés permanents d’horizons variés et comptant une masse critique de jeunes indépendantistes d’origines diverses. Ce groupe sera un laboratoire d’idées exclusivement chargé d’effectuer des recherches sur l’indépendance et de les diffuser. Il mettrait en contraste l’avenir du Québec comme province ou comme pays. Ce groupe établirait des liens de collaboration avec des chercheurs, avec les groupes indépendantistes de la société civile québécoise et d’ailleurs dans le monde et animerait des débats sur l’indépendance. » C’est une bonne idée.

L’animation

Le principal problème des récentes tentatives de promotion de l’indépendance (tournée régionale en 2010 des ABCD Aussant-Blanchet-Cloutier-Drainville de la souveraineté, tournée régionale en 2013 des états généraux pour la souveraineté, même la campagne web et vidéo du PQ à l’automne 2013) est qu’elle n’a presque exclusivement touché que des souverainistes. Nous prêchons aux convertis. Notre défi est de rejoindre ceux qui ne sont pas encore avec nous, en particulier, mais pas seulement, les jeunes.

5. Les cafés-bistrots de l’indépendance. On pourrait s’associer à une entreprise d’économie sociale et d’insertion en restauration pour établir progressivement, dans les villes du Québec, un café-bistrot qui serait un lieu permanent de rencontres, d’échanges, de débats.

6. Les escouades de porte-à-porte. La SSJB a déjà commencé à regrouper des militants pour les envoyer, une fois par mois, faire du porte-à-porte indépendantiste. C’est ce qu’il faut faire, patiemment, constamment, systématiquement. Et, oui, faire des assemblées de cuisine.

7. La souveraine tournée. J’appuie cette idée, avancée par Paul Piché, depuis près de 20 ans. Il s’agit d’organiser une tournée estivale de chanteurs, humoristes et artistes indépendantistes dans tout le Québec et d’en faire un moment festif d’animation, de dialogue et de recrutement.

8. Liberté 65-105. En avril dernier, pour la première fois depuis 1995, on a réentendu les arguments sur la perte des pensions de vieillesse en cas d’indépendance. On doit faire en sorte que les aînés indépendantistes parlent aux aînés non indépendantistes. Une opération Liberté 65-105, avec un minibus dédié et des équipes qui se relaient, devrait sillonner le Québec à la rencontre de nos aînés.

La communication

De récentes analyses ont montré que les souverainistes sont très présents dans le Web. Il faut accroître cette présence, notamment dans les canaux plus généralistes.

9. Création de l’UPIIC : l’Unité permanente d’idéation indépendantiste créatrice. Il s’agirait de créer une communauté virtuelle qui susciterait, validerait et répercuterait les idées, créations et stratégies dans le Web, inspiré des laboratoires sociaux.

10. Utiliser la radio. Moins chères que la télé, plus souples et plus immédiates, de courtes pubs radio pourraient soutenir les efforts de communication, plusieurs fois par année, sur des questions concrètes que l’indépendance réglerait. Un péage sur le pont Champlain ? Ottawa ne pourrait pas nous l’imposer si on était indépendant. Notre registre des armes à feu ? Ottawa ne pourrait pas détruire notre registre si on était indépendant. Dépenser 45 milliards de nos impôts pour des F-35 ? Si on était indépendant, on mettrait cet argent-là dans notre bien-être collectif.

La jeunesse et les jeunesses

Les baby-boomers et les aînés connaissent assez bien notre débat national. Mais les moins de 35 ans n’ont pas voté en 1995. La moitié d’entre eux n’étaient même pas nés. Chaque année, 80 000 jeunes atteignent l’âge de voter. C’est vers eux que doit se porter l’essentiel de notre dialogue, de notre animation et de notre communication.

11. Faire des choix jeunes. Le rôle et le budget des organisations indépendantistes jeunes doivent être considérablement augmentés. Il faut aller à leur rencontre, dialoguer, multiplier les événements, les week-ends de formation, les universités d’été.

12. Ouvrir les bras aux jeunes de la diversité. L’action envers les jeunes doit impérativement viser aussi les jeunes de la diversité québécoise, les enfants de la loi 101 et les nouveaux arrivants. Une partie de l’avenir de notre idéal passe par notre capacité à intégrer et à relayer la réalité de la diversité montréalaise et québécoise. Il faut un effort de recrutement actif et, probablement au début, une obligation de représentation des minorités visibles dans nos instances.

13. Bold Anglos For Independence. De même, nous devons pouvoir créer un groupe d’anglophones en faveur de l’indépendance et leur donner un espace de liberté et de parole.

La coordination, la convergence

Au-delà de leurs divergences, qui sont parfois irréconciliables sur le plan tactique, les organisations indépendantistes doivent se rassembler autour d’un tronc commun de contenu, d’animation et de communication.

14. Se coordonner. S’appuyer sur le Conseil de la souveraineté (dont le nom pourrait changer en « Organisations unies pour l’indépendance, OUI ») et les autres organismes prônant la convergence pour les mises en commun, le financement, l’organisation.

15. Miser sur les ailes parlementaires. L’Assemblée nationale compte en ce moment 33 députés indépendantistes : 30 du PQ et 3 de QS. Dans un effort de coordination de l’animation et de la communication indépendantiste, les deux partis pourraient convenir de collaborer ponctuellement pour promouvoir un argument, un thème, et en décupler la portée.

C’est une première liste, non exhaustive. Il faudra inventer 1000 nouveaux moyens de faire croître le nombre d’indépendantistes. Notre créativité sera la clé de notre succès. Ajoutez la vôtre sur www.jflisee.org.

 
***
 

Ont aussi signé ce texte:

 

Christophe Fortier Guay, ex-candidat du Parti québécois dans la circonscription de Charlesbourg (2012)

 

Vincent Moisan, président de l’exécutif du Parti québécois, circonscription d’Hochelaga-Maisonneuve

 

Catherine Fournier, président du Mouvement des étudiants souverainistes de l'Université de Montréal et candidate pressentie du Bloc québécois dans Montarville

 

Anaïs Valiquette L'Heureux, présidente de l’exécutif du Parti québécois, circonscription de Nelligan et vice-présidente de la région de Montréal-Ville Marie

 

Jérémie Dunn, président régional des jeunes péquistes de Montréal-Centre

 

Jean-François Sylvestre, vice-président de l’exécutif du Parti québécois, circonscription d’Hochelaga-Maisonneuve

 

Valérie Gobeil, militante et étudiante en Économie et politique à l'Université de Montréal, circonscription de Terrebonne

 

Samuel Brousseau-Ouellette, militant et représentant jeune, circonscription de Mirabel

 

Marc-Étienne Dagesse, militant et représentant jeune, circonscription de Saint-Henri Sainte-Anne

 

Kim Nadeau, militant et représentante jeune, circonscription de Saint-Henri Sainte-Anne

 

Charles-Etienne Pilon-Milette, militant et représentant jeune, circonscription de Rosemont

 

Louis-Philippe Sauvé, militant et représentant jeune, circonscription de Laporte

 

Charles Bélanger Lecours, militant et étudiant en Science de la parole au Conservatoire Lassalle, circonscription de Verdun

 

Jérémie Boudreau, militant dans la circonscription de Terrebonne et étudiant en histoire au Cégep Lionel-Groulx

 

Marc-Olivier Cantin, militant, circonscription de Verchères

 

Alexandrine Cardin-Dubé, circonscription de Taschereau

 

Vincent Delorme, militant et étudiant au BAC en interprétation classique, Conservatoire de musique de Montréal, Compté de Chambly

 

Hugo Desrosiers, militant et jeune professionnel, circonscription de Taschereau

 

Guillaume Freire, militant et étudiant à la maîtrise en science politique à l'Université de Montréal, circonscription de Terrebonne

 

Vincent Labrecque, étudiant en Études internationales à l'Université de Montréal

 

Jean-François Laguë, étudiant de HEC Montréal

 

Cédric Lalonde, militant et étudiant en pharmacie à l'Université de Montréal

 

Frédéric Lapointe, militant dans la circonscription de Joliette et membre de l'exécutif de la région des 3L au FJBQ

 

Guillaume Larochelle, étudiant en droit à l'Université de Montréal

 

Karine Lechasseur, militante et responsable des communications, circonscription de Vaudreuil-Soulanges

 

Marc-André Morin, étudiant en communication au Conservatoire Lassalle, circonscription de Sainte-Rose

 

Vincent Robert, militant et étudiant en sciences humaine au Collège Champlain, circonscription de La Prairie

 

Nicolas Rome, étudiant en communication au Conservatoire Lassalle, circonscription de Marie-Victorin

 

Joël Vaudeville, militant du Parti québécois dans la circonscription de Sherbrooke

 

Louis Lyonnais, militant du Parti québécois dans la circonscription de Louis Bourget

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40 commentaires
  • Michel Sénécal - Inscrit 20 septembre 2014 03 h 01

    Insultant

    Je trouve insultant de penser
    que les jeunes de moins de 35 ans
    ne savent pas a quoi sert le PQ.

    • Mireille Crépeau - Abonnée 20 septembre 2014 09 h 46

      J'ai beau relire le texte, je ne vois nulle part où cette assertion est écrite. C'est écrit : «les moins de 35 ans n’ont pas voté en 1995».

    • Gilles Théberge - Abonné 20 septembre 2014 13 h 56

      Il faudrait que monsieur Sénécal vous imite madame Crépeau et relise le texte. Il pourra ensuite critiquer sur le fond.

    • Michel Sénécal - Inscrit 20 septembre 2014 21 h 04

      @ Mireille Crépeau

      Les baby-boomers et les aînés connaissent assez bien notre débat national. Mais les moins de 35 ans n’ont pas voté en 1995. ... C’est vers eux que doit se porter l’essentiel de notre dialogue, de notre animation et de notre communication.

      Ça veut donc dire que les jeunes ne savent pas a quoi sert le PQ?

      Pour ce qui est des +de 65 ans.... faites-vite
      en 2019, ils seront 300 000 de moins.

      Chiffre de 2011 au Québec.
      60 000 deces
      50 000 immigrants (dont la grande majorité ne vote pas PQ)
      80 000 naissance

    • Hugues Trottier - Abonné 21 septembre 2014 09 h 35

      M. Sénécal vous avez la mèche très courte et la compréhension de texte faible!

    • Guy Vanier - Inscrit 21 septembre 2014 10 h 01


      Là même formule s'applique aussi au fédéralistes, Monsieur Sénécal.

      Ma mère est décédée à 90 ans, elle était séparatiste , j'ai 74 ans et je suis séparatistes et mes enfants sont, devinez?
      Avec des gouvernements dirigés par des harper et couillard élus avec moins de 30% des votes, la séparation vas venir eventuellemnt, mais nous devons tous nous unir et travailler ensemble.

    • Michel Sénécal - Inscrit 21 septembre 2014 22 h 34

      @ Guy Vanier

      On est en 2014, plus en 1976

      Je dis seulement que ce projet intéresse beaucoup plus les gens âgés que les jeunes.

    • Michel Sénécal - Inscrit 21 septembre 2014 22 h 42

      @ Hugues Trottier

      Je comprend tout ce qui est écrit dans le texte.

      Pour l'instant, ce ne sont que des belles idées, des projets.

      Est-ce que le PQ réussira a les vendre, ça reste a voir.

      En tous cas, pour ce qui est de la charte...

      La derniere élection a presque été un référendum pour ou contre la charte. En tous cas, c'est ce que disait Drainville: un vote pour le PQ, c'est un vote pour la charte.

      Et voila que Lisée veut gagner les minorités au projet du PQ. Tout un contrat!

  • François Ricard - Inscrit 20 septembre 2014 06 h 29

    Éducation plutôt que propagande

    Quand on veut obtenir quelque chose, il faut montrer beaucoup de persévérance. Revenir à la charge. Montrer, démontrer, expliquer.
    Plusieurs des grands changements dans notre société ont été le fruit d'années de luttes.
    Les suffragettes ont fait leur apparition au Canada en 1876. Les femmes ont obtenu le droit de vote en 1940. Pendant trois générations, elles ont dû lutter pour enfin atteindre leur objectif.
    Se donner un pays n'est pas une mince affaire. Là aussi, il faut montrer, démonter et expliquer.
    Pour bien montrer, démontrer et expliquer, il faut des gens convaincus, persistants, audacieux.

  • Michel Harvey - Inscrit 20 septembre 2014 07 h 13

    Mesdames, messieurs les indépendantistes

    J'ai 48 ans cette année. Je suis fédéraliste et je suis écoeuré de me faire dire par les indépendantistes que je ne comprends rien - c'est la raison pour laquelle il faut encore et encore m'expliquer le projet - ou que j'ai peur (à ce titre, j'aurais une mentalité de conquis, de moquette).
    J'ai conscience de ne pas parler pour l'ensemble des Québécois, mais il y a en beaucoup dans mon cas. Après deux référendums perdus, vous ne pourriez pas accepter un peu ce que nous, Québécois aussi pure laine que vous, désirons?

    J'ai la nausée de votre projet diviseur.

    • François Ricard - Inscrit 20 septembre 2014 08 h 57

      C'est bien sûr que la démocratie à une seule idée serait bien plus facile à vivre.
      Mais nombreux sont ceux qui croient que la fédération actuelle, dès sa conception en 1867, et c'est d'autant plus vrai depuis 1982, conduit inévitablement à notre assimilation. Si, en tant que fédéraliste, vous acceptez cette situation, il faut aussi admettre qu'il y a d'autres gens qui rejettent cette option. Et en démocratie, si on y croit, le débat revêt une importance essentielle.
      Si vous croyez tellement aux bienfaits de cette actuelle fédération, pourquoi ne pas nous en citer des exemples concrets? Vous devez sûrement avoir des arguments valables en sa faveur. Mais des peurs,svp.

    • Cyril Dionne - Abonné 20 septembre 2014 09 h 02

      Et vous dites tout cela en français. Votre Canada fédéraliste ne parle pas la langue de Paul Piché. Alors, au lieu de pavaner votre langue française qui est défendue par les autres qui se tiennent debout au Québec, peut être que vous préféreriez vivre dans le ROC qui ne parle que la langue de Don Cherry. Nous aussi sommes écœurés de ces gens qui ne veulent pas choisir.

    • Stuart MacMillan - Inscrit 20 septembre 2014 12 h 02

      Merci pour vos paroles, Michel Harvey. Le désir de rester au sein de la confédération n’est pas basée sur la peur ou l’ignorance, mais plutôt la simple notion qu’on est mieux ensemble. C'est un sentiment partagé par la plupart de mes amis francophones aussi. Je me rends compte que, comme Québécois anglophone (d’origine Ontarienne avec une femme arrivée récemment de la Corée), mes idées ne comptent pas pour beaucoup sur un forum comme celui-ci - une chambre d'écho des voix souverainistes. Cependant, comme toute personne sensée qui a voyagé à l'extérieur du Québec verra, le Canada n'est point le pays de l'oppression de Lord Durham qu’on voit ad naseau dans la propagande séparatiste. Il est plutôt un pays complexe et compassionné. Soyez fiers de votre langue français et la culture québécoise, et on sera mieux au sein du Canada. La division et la paranoïa mènent à nulle part.

    • Gilles Goulet - Inscrit 20 septembre 2014 12 h 41

      Je suis d'accord avec vous monsieur Harvey. Par contre vous semblez oublier que les indépendantistes ont la vérité infuse, aucune chance qu'ils se trompent. Mais consolez-vous, vous n'êtes pas seul. Il semble qu'une majorité pense comme vous, sinon l'option indépendantiste serait en avance. Mais les péquistes vous diront : "Bof ! les sondages, ca ne veut rien dire, c'est nous qui avons raison."

    • Michel Harvey - Inscrit 20 septembre 2014 18 h 01

      M. Dionne,

      Vous dites : « Nous aussi sommes écœurés de ces gens qui ne veulent pas choisir. » J'ai choisi. Je désire vivre en français, dans un Québec le plus serein et le mieux développé possible et qui demeure dans la fédération canadienne.

      Dès que l'on voyage un peu, on s'aperçoit vite de la beauté et de la grandeur du Canada. Notre constitution est certainement l'une des meilleures du monde. Nous vivons dans une réelle démocratie de droit.

      Le Canada est-il un pays parfait? Non! Mais quel serait le Québec indépendant si c'est la franche la plus fléchée de nos compatriotes qui dicte le contenu d'une constitution québécoise? La plus grande menace provient du nationalisme québécois étriqué. Non seulement j'en ai peur, mais j'en ai souvent été gêné lors du débat au sujet de la charte de la honte.

    • simon villeneuve - Inscrit 21 septembre 2014 01 h 55

      M.Harvey, pourquoi vouloir rester dans un Canada qui vous a dit non 2 fois ( accords lac Meech et Charlottetown ) , refusant ainsi de vous reconnaitre en tant que quebecois et toutes les valeurs s'y rattachant ?

      Bien sur, si pour vous etre quebecois ne veut rien dire, j'accepte volontier votre opinion et votre choix de dire non a une separation du Quebec.

      Mais il faut aussi accepter que pour d'autres personnes, l'identite et la fierte d'etre quebecois a un prix .
      Prix qui a ete rejeter par le ROC ( rest of Canada) 2 fois ...

      C'est a mon avis comme un mariage.
      Dans u mariage, il n'y en a qui reste a tout prix, meme si l'amour n'existe plus dans le couple et d'autre tente leur chance et divorce, c'est tout.

    • Gaetane Derome - Abonnée 21 septembre 2014 02 h 22

      M.Harvey,
      Vous avez le droit a votre opinion,nous sommes en democratie.Mais justement dans les pays social-democrates on utilise assez souvent les referendums pour justement consulter la population sur une question quelconque.Si un parti comme le PQ,donc un parti independantiste,desire consulter la population par referendum c'est un processus tres democratique.Vous aurez le loisir de faire valoir votre dependance a la reine d'Angleterre et ce Canada que vous cherissez et nous, nous clamerons notre independance car nous desirons vivre sans lien,libres et en francais.Ne vous inquietez pas cela ne nous empechera pas de lire ou parler en anglais,au Quebec 46% des francophones sont bilingues(et ce chiffre augmente avec les medias sociaux),par contre au Canada seulement 8% des anglophones sont bilingues.Les" Canadians"pourraient a mon sens s'unir avec les USA car les deux peuples parlent la meme langue et ont a a peu de chose pres les memes coutumes...a part,bien sur,le fait que les USA est un pays independant qui s'est debarasse de la monarchie britannique.Par la suite,les etats-unis sont devenus une puissance mondiale..il faut croire que se liberer parfois a du bon.

    • Cyril Dionne - Abonné 21 septembre 2014 10 h 56

      M. Harvey,

      Facile à dire quand vous pouvez travailler, vivre et vous épanouir dans votre langue maternelle au Québec grâce au combat des autres. Je suis Franco-Ontarien (un terme que je n'apprécie guère puisque je suis français d'Amérique) de naissance et j'ai vécu toute ma vie en Ontario. Et au sein de leur beau Canada, on ne peut pas vivre, travailler et s'épanouir dans la langue de Gilles Vigneault hors Québec. Il y a une discrimination systémique qui s'opère et ceux qui parlent seulement la langue de Molière, sont relégués dans des ghettos linguistiques. Alors, faute de choix, il faut parler la langue de Don Cherry pour avoir des miettes qui tombent de l'assiette du « country of Canada ». Et même si les francophones de langue maternelle réussissent et dépassent les anglophones dans leur domaine respectif, ils ne seront jamais acceptés à part entière à moins qu'ils soient complètement assimilés. C'est pour cela que 95% des Franco-Ontariens ne parlent plus français ou sont des francophones à temps partiel.

      Après avoir traversé ce pays « A Mari Usque Ad Mare », on s'aperçoit tout de suite de la dichotomie irréconciliable entre les deux nations. En plus, le Canada anglais est composé de plusieurs nations sans aucune interaction les unes avec les autres. Qu'est-ce que c'est d'être un Canadien ?

      Et dans mes voyages à travers le Québec, la fragilité de la langue et culture française nous vient tout de suite à l'esprit. Entouré d'une mer anglo-américaine, l'assimilation est à leur porte et je ne sais pas si c'est par naïveté, mais le temps est compté pour les Québécois avant qu'ils soient envahis complètement par la culture de l'Autre et qu'ils se fondent dans ce carcan étranger comme nous l'avons été en Ontario français.

      Alors, pour nos fédéralistes, je pense qu'ils savent ce qu'ils peuvent faire de leur confédération et de leur Canada. Et je n'ai nul besoin de voyager à l'extérieur du Québec pour savoir cela, j'ai les deux pieds en pays étranger; le Canad

    • Roger Gauthier - Inscrit 21 septembre 2014 14 h 52

      D'accord avec les propos de Michel Harvey.

      @simon villeneuve

      "pourquoi vouloir rester dans un Canada qui vous a dit non 2 fois ( accords lac Meech et Charlottetown ) , refusant ainsi de vous reconnaitre en tant que quebecois"

      Parce que ces refus n'ont aucun impact réel sur ma qualité de vie.

    • Michel Harvey - Inscrit 21 septembre 2014 15 h 56

      Mme Derome,

      Vous dites « il faut croire que se libérer parfois a du bon.» C'est certainement vrai... lorsque nous sommes opprimés. Pour l'instant, c'est loin d'être mon cas:

      Je voyage autant que je veux, je parle la langue que je veux, mes enfants fréquentent l'école que je veux. Ma fille peut aller finir ses études supérieures en Allemagne. J'ai la religion que je veux, ou je n'en ai pas du tout. Je peux être homosexuel, bisexuel, transgenre. Je peux dire ce que je veux de nos dirigeants, etc.

      Se libérer de quoi? Des miasmes de nos anciennes défaites? De l'abandon de Louis XIV? De la constitution de 82? Pour laquelle? Une constitution où les droits des minorités seraient bafoués comme dans la charte des valeurs de Drainville? J'aime encore mieux celle de Trudeau, qui n'est pas parfaite, mais elle protège les minorités!

      Il n'y a rien dans mon identité qui est menacée. Je possède mon français, et d'autres langues également. J'achète principalement de la littérature française, j'écoute souvent de la musique québécoise, je me déplace au cinéma pour aller voir les films québécois. J'aime quand on dit que Céline est québécoise, que le Cirque du Soleil est québécois, etc.

      Je ne suis pas dépendant de la Reine, pas plus d'ailleurs que des deux paliers de gouvernement. Je ne fais pas davantage confiance aux députés de l'Assemblée nationale qu'à ceux de la Chambre des communes. Et ce n'est pas la souveraineté qui y changera quoi que ce soit!

    • simon villeneuve - Inscrit 21 septembre 2014 18 h 23

      M.Denis et M.Harvey, vos arguments, bien que valables, ne faient que transpirer du "me, myself and I " en oubliant l'ensemble de la population qui elle souffre face au federal.

      Perte de services (Poste Canada et Radio-Canada), pont Champlain que le quebec devra payer tout seul, l'assurance-emploi qui sera bientot inatteignable, etc.

      Nous sommes chanceux aussi que la cour supreme se tient debout devant Harper ( mais pour combien de temps...) comme pour l'exemple des nominations des juges de la cour supreme.

    • Gaetane Derome - Abonnée 21 septembre 2014 19 h 47

      M.Harvey,

      Quand on aime le francais on se bat pour qu'il demeure.Et si le Quebec ne devient pas independant,les futurs generations ne parleront qu'anglais car elles se feront assimiler dans la mer anglo-saxonne environnante.Ce sera comme en Louisiane..Pour les francophones de langue maternelle au Quebec on peut dire alors que notre identite est menacee.

    • Michel Harvey - Inscrit 22 septembre 2014 09 h 28

      Mme Derome,

      La souveraineté ne changera rien au fait que nous sommes un îlot dans une mer anglophone; à moins que par la souveraineté vous entendiez rendre hermétique les frontières et cadenassiez les moyens d'expression autres que le français sur le territoire québécois. Si c'est de cela que vous parlez, je suis encore moins souverainiste!

      Autrement, nous possédons déjà tous les instruments politiques pour favoriser l'épanouissement de notre langue. Contrairement aux autres provinces, nous contrôlons notre immigration, et plus important encore, nous contrôlons le système d'éducation au Québec.

      Ce n'est tout de même pas la faute d'Ottawa ou des Anglais si nos jeunes maitrisent terriblement mal leur français! Je fais de la correction de travaux à l'université et la qualité de la langue est consternante. Je ne crois pas du tout que la souveraineté est la solution. Au contraire, dans les chicanes qui suivront inévitablement, le système risque encore de s'affaiblir. C'est une réalité claire. Dans les zones installables politiquement, l'enseignement est toujours à la dérive.

    • Victor Beauchesne - Inscrit 23 septembre 2014 11 h 43

      Sachez M. Harvey que je suis en parfait accord avec vos propos, vous n'êtes pas seul !

      Et si les souverainistes avaient complètement tort sur le fond car leur seul argument est celui de la disparition. Si après une difficile sécession face à un Canada anglais revanchard, si après ce processus le Québec se trouvait réduit économiquement et démographiquement, pourquoi assumenr que la langue et la culture française s'en porteraient mieux ?

      La gauche québécoise est plutôt souverainiste et , comme la gauche un peu partout, elle croit que l'action gouvernementale est toujours plus bénéfique que la combinaison des actions individuelles réunies. Dans le cas du français la gauche veut toujours plus de règlements, plus de mesures sociales etc., ce qui au bout du compte déresponsabilise l'individu francophone quand à l'utisisation et l'épanouissement du français dans la société au quotidien.

  • Nestor Turcotte - Inscrit 20 septembre 2014 08 h 04

    On faisait tout cela avant

    Vous n'avez qu'à vérifier les archives des militants indépendantistes de 1970 et 1973 pour retrouver tout ce que vous proposez.

  • Lise St-Laurent - Inscrite 20 septembre 2014 08 h 58

    Mode d'emploi no ?

    Vous en êtes rendus à votre énième mode d'emploi et vous n'avez pas avancez d'un iota, au contraire vous reculez. Michel Harvey, a raison dans son commentaire puisque vous éllaborez encore une consultation, un brassage d'idées et que sais-je encore? Je crois que vous n'apprenez pas de vos défaites, toujours dans le déni, incapables de vous reprendre en main, de faire un post-mortem, d'éliminer les superflus au lieu d'aller à l'essentiel et de vouloir sauter les étapes. Pourriez-vous faire votre introspection à l'abri des projecteurs et nous revenir avec un projet qui se tient debout au lieu de penser tout haut. Hier en écoutant 24/60 lors de l'échange entre Louise Beaudoin et Stéphane Dion, Stépahne Dion a raison d'affirmer que les indépendantistes ne peuvent retirer la citoyenneté canadienne à un Québecois qui ne le souhaite pas lorsque le OUI gagne. Arrêtez de croire que tout le Québec veut l'indépendance.

    • Michel Sénécal - Inscrit 21 septembre 2014 02 h 43

      1968...

      Ça fait donc 46 ans qu'on nous explique... en long et en large tous les avantages qu'on aurait a être indépendant.

      Et le PQ prétend que si on avait compris, on aurait forcément voté PQ et OUI au premier référendum.. Alors on va vous expliquer encore une fois.

      La même poutine avec une sauce différente... depuis 46 ans.

      Et la, Lisée suggere que des convaincus de la cause fassent du porte a porte... comme les Témoins de Jéhovah pour nous apporter la bonne parole.. Pour qu'on voit la lumiere, enfin.

      Mais il faudra ajuster le discours. On ne raconte pas la même salade dans parc Extension ou a Montréal Nord, que sur la cote nord.
      Et depuis le succes qu'a eu la charte aux dernieres élections, les minorités vont vous voir venir.

      Alors, selon vous, le PQ prend vraiment les Québécois pour
      1. des imbéciles?
      2. des illetrés?
      3. des analphabetes?
      4. des cons ?
      5. des gens qui manquent de jugement, pas capable d'analyser une situation et de prendre une décision éclairée?
      6. Des gens qui ne savent pas compter ?
      7. Aucune de ces réponses?
      8. Toutes ces réponses?

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 23 septembre 2014 13 h 36

      De plus, M. Lisée, vous vous êtes fortement affiché pour les photos-op avec Marois et Drainville lors du "marketting" de la Charte...Après le perte des élections, vous vous êtes distancé de la Charte et de M. Drainville...
      Ce n'est pas une atitude courageuse et beaucoup vont s'en souvenir quand vous briguerez la chefferie du PQ...

      Quant aux communautés ethniques, je peux vous assurer que, pour elles, vous êtes étroitement lié à la promotion de la Charte! Essayez donc de faire du recrutement de leurs jeunes...