Intelligence, sagacité et générosité

Purdy Crawford (ici photographié en janvier 2009) s’est signalé lors de la crise du papier commercial au Canada.
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne Purdy Crawford (ici photographié en janvier 2009) s’est signalé lors de la crise du papier commercial au Canada.

C'est en 1993 que j’ai croisé Purdy Crawford pour la première fois alors qu’il était président de la Campagne Centraide du Grand Montréal.

 

À cette époque, il était le grand patron d’Imasco, et lui et son entreprise jouaient un rôle majeur à Montréal dans le soutien de nos institutions culturelles, éducatives et sociales. Montréal a grandement bénéficié de son leadership et de celui des dirigeants d’Imasco et de ses nombreuses filiales.

 

Mais ce n’est vraiment que lors de la crise du papier commercial au Canada que j’ai découvert et apprécié cet homme de peu de mots mais d’une grande intelligence. Dès la conclusion de l’accord de Montréal à la mi-août 2007, nous étions à la recherche d’un expert en restructuration pour nous aider à franchir les nombreuses étapes qui nous mèneraient à une entente juridique efficace. Le nom de Purdy Crawford s’est imposé rapidement, car nous nous sommes rappelé qu’il avait été au coeur de la restructuration de Dome Pretroleum dans les années 80. Personne au Canada ne jouissait de sa crédibilité et ne possédait ses compétences pour agir comme « Chairman » du comité pancanadien sur la restructuration des PCAA.

 

Il s’est écoulé plus de 18 mois entre la signature de l’accord de Montréal et la version définitive de l’entente approuvée par les tribunaux. Pendant ces 18 mois, à plusieurs moments les négociations ont été rompues puis reprises entre les nombreuses parties prenantes provenant de diverses provinces au Canada et de divers pays dans le monde. Chaque fois, nous avons apprécié l’intelligence et la sagacité de Purdy Crawford. Jamais il ne perdait de vue l’objectif et nous rappelait avec justesse les graves conséquences d’un échec.

 

Avec le recul du temps et à quelques trimestres seulement de l’échéance des derniers contrats encadrant cette entente, toutes les parties reconnaissaient que sa contribution avait été monumentale. Grâce à son travail et à son leadership, non seulement le Canada a évité une crise financière majeure, mais, sans cette entente, le Canada aurait pu dès 2007 déclencher une crise financière mondiale, un peu comme la faillite de Lehman Brothers a été le catalyseur de la crise qui a éclaté en septembre 2008.

 

Les investisseurs dans le PCAA qui ont été patients ont récupéré presque en totalité la valeur de leur investissement initial et ils doivent être reconnaissants au Chairman Purdy, comme nous l’appelions. Au moment de son décès, il faut souligner son apport exceptionnel à Montréal, au Québec et au Canada. Merci Purdy !

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