Confessions d’un «grammar nazi»

L’utilisation de mots anglais dans un environnement francophone n’est pas rare.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’utilisation de mots anglais dans un environnement francophone n’est pas rare.

La plupart de mes amis parlent une langue marquée par la présence de nombreux anglicismes et mots anglais. Chaque phrase a son petit mot ou sa petite expression anglaise pour illustrer une subtilité ou un sentiment que, visiblement, le français ne peut (plus) exprimer. L’anglais est un non seulement plus « cool », mais aussi un outil communicationnel pratique qui permet d’économiser temps et énergie, car en un seul mot on peut résumer une phrase en français. Par contre, cet outil a aussi ses effets pervers : ce qu’on gagne en efficacité, on le perd souvent en précision.

 

Ce qui me fascine, c’est la facilité déconcertante avec laquelle les francophones jonglent avec tous ces mots anglais qui émaillent leur discours, mais peinent à trouver le même terme en français. L’écrivain Jacques Poulin a dit que l’anglais n’est pas une langue magique. L’anglais est par contre très certainement une langue facile et efficace.

 

Lorsque j’écoute mes amis parler, je me permets à l’occasion une remarque sur l’emploi qu’ils font d’un anglicisme, et leur demande « innocemment » ce qu’ils entendent par cela. Parfois, je vais même jusqu’à suggérer le mot ou l’expression en français correspondant à chaque anglicisme. Mais, je m’adonne de moins en moins souvent à ce genre de pratique qui, à la longue, agace davantage mes interlocuteurs qu’elle leur fait changer leur façon de parler. Il se crée alors une sorte de dynamique (malsaine ?) où je note chaque fois l’expression fautive et la remplace mentalement par sa contrepartie française, mais sans la communiquer. Tout se passe comme si, me sentant coupable de pratiques puristes et intolérantes, je m’autocensurais.

 

Cette mauvaise conscience n’est pas de nature névrotique, mais liée plutôt au fait qu’à mes commentaires, on me rétorque que je dois faire preuve de tolérance, que chaque personne doit librement choisir sa langue, sans contrainte. Si j’insiste sur les rapports de force entre langues (découlant de la domination politique, économique et culturelle de l’anglais) qui minent cette apparente liberté de choix linguistique, on me traite, gentiment, de « grammar nazi » plutôt que de « police de la langue » ou de « puriste ». Curieuse, la domination est alors inversée. Ce n’est plus l’anglais, langue de l’empire anglo-saxon, qui est le véhicule de la domination linguistique structurelle, mais l’interlocuteur francophone (c’est-à-dire moi) qui souligne l’emploi fautif d’anglicismes.

 

Conséquemment, puisque je ne souhaite pas imposer ma domination et créer des tensions dans mes rapports sociaux, j’en viens à accepter (c’est-à-dire à ne plus souligner l’emploi d’anglicismes) la colonisation linguistique du français par l’anglais. Les expressions comme « je vais chiller au parc avec les kids » ne me font plus broncher extérieurement.

 

Dans Portrait du colonisé, Albert Memmi soulignait que la domination avait comme effet que le colonisé (ou le dominé) intégrait les schèmes de pensée et le langage du colonisateur (ou du dominant), rendant ainsi le premier psychiquement lié au second. L’analyse de Memmi est transposable dans toutes les formes de rapports dominant/dominé. À cet égard, dans Loi de Babel, Jean Laponce a écrit que « [s]’il nous faut appeler l’escargot snail, ce n’est pas qu’il y ait à cela quelque avantage sémantique ou psychologique, c’est que l’environnement social nous l’impose ». À cela, j’ajoute que dans notre ère des techniques communicationnelles et de la mondialisation, par souci d’efficacité et pour un plus grand rayonnement, les rapports linguistiques favorisent encore plus systématiquement l’anglais.

 

La défense de projets collectifs (dont la langue) est désormais potentiellement fasciste, alors que l’individuel est considéré comme progressiste. Dans notre univers mental libéral, les débats touchant les enjeux collectifs (la langue tout comme la question des inégalités socio-économiques structurelles) sont rejetés d’emblée dans la sphère privée. Dans cette dernière n’existeraient que des « je » « souverains de soi » et « autodéterminés » qui choisissent « librement » leur domination, ici linguistique, oubliant que l’individu est autant décidé par l’ensemble collectif dans lequel il s’inscrit qu’il décide pour lui-même. L’intégration insidieuse des structures mentales des dominants par les dominés est alors masquée par un sentiment puissant, inhérent à la modernité libérale, que nous serions tous des volontés souveraines liées ensemble et consciemment par un contrat social.

 

L’utilisation de la langue de l’empire anglo-saxon dans nos interactions privées au quotidien relève donc de la reproduction de rapports de domination invisibles qui sont naturalisés et banalisés. Enfin, j’espère que mes amis ne m’en voudront pas de parler dans ce texte de domination et qu’ils le liront, le sourire aux lèvres, en se disant qu’encore une fois je me transforme en « grammar nazi ».

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36 commentaires
  • J-F Garneau - Abonné 25 juillet 2014 06 h 23

    Des fois, au jour d’aujourd’hui, quand qu’on écoute parlé autour de nous autres, malgré que ce soit naturel, y’en a qui croivent que la seule menace c’est l’anglais, ceula du colonisé. Moi personnellement je trouve que c’est compréhensif de penser de même, parce que même c’est presque obligé, mais ça l’a pas d’allure non plus comment qu’on massacre la langue sans même l’aide du colonisateur, encore une fois c’est compréhensif, mais on réussit à n’en faire pas de sens. Si j’aurais su… bon, en attendant je m’en va au golf.

    Possiblement plus facile de s'attaquer aux anglicismes.

    Aucune loi ne pourra jamais rien contre la piètre qualité de la langue française au Québec, si nous n'en sommes pas fiers et si nous ne la traitons pas comme un outil unique et fantastique, partagé par plus de 250 millions de personnes dans le monde. Il y a 6000 langues dans le monde, et nous avons la chance de communiquer avec la deuxième plus influente, et dixième la plus parlée.

    Vous dites : "Parfois, je vais même jusqu’à suggérer le mot ou l’expression en français correspondant à chaque anglicisme." Soit. Mais pourquoi seulement les anglicismes?

    Si vous avez parlé de fascisme, je vous suggère que "l'ennemi intérieur" est peut-être être en fin de compte le manque de fierté, la mollesse et le tabou associé à la qualité du français, plutôt que l'anglais.

    Si le dicton veut que "la meilleure défense, c'est l'attaque" je propose que l'on recentre la discussion, et que nous attaquions, ensembles, le sujet de la valorisation de la qualité du français, un sujet qui concerne tous les québécois, et qu'on se détache du discours du "dominant/dominé" et peut-être qu'ainsi libéré de ses complexes et des ses faux-fuyants, le français redevienne "cool".

    • Nicole Moreau - Inscrite 25 juillet 2014 09 h 03

      je trouve votre suggestion en dernier paragraphe pleine de bon sens et j'espère que comme société, nous pourrons trouver ce chemin là, si on ne le fait pas, je crois que l'avenir pourra devenir inquiétant, vers une régression de notre langue et de notre capacité de communiquer de façon efficace.

    • Michel Richard - Inscrit 25 juillet 2014 09 h 50

      Je pense exactement comme vous, M Moreau. J'ajouterais que le discours du "dominant/dominé" a tendance a déresponsabiliser le dominé. C'est à dire que ce discours peut en quelque sorte être équivalent à dire "c'est pas ma faute".
      Pourtant la qualité de la langue, c'est l'affaire de chacun. Parler et écrire comme il faut, sans trop de fautes, ce n'est pas facile et ça demande un effort. Ça demande un effort de chacun d'entre nous, effort qu'il ne faut pas risquer d'esquiver en faisant en quelque sorte des reproches à un quelconque "dominant"

    • Réjean Guay - Inscrit 25 juillet 2014 10 h 37

      Monsieur , votre texte est intéressant et ce , malgré plusieurs fautes de syntaxe . Mais aussi décevant . Pourquoi ? Parce que je lui trouve de la naïveté . Oui , je crois aussi à l'ennemi intérieur , même si ce n'est pas le même que vous . Pour moi , celui-ci relève plus de l'idée que le français soit devenu une langue inférieure , donc de moins en moins utile pour certains . Hélas , cela risque de nous conduire à notre assimilation linguistique , comme cela est arrivé aux Irlandais . Non , je ne crois pas que notre langue parlée soit une ennemie . . . Toutes les langues ont des variantes linguistiques , alors ? Oui , notre langue est parfois complexe , mais d'autres langues le sont aussi : pensons au russe . Par ailleurs , il est important de bien comprendre que le rapport dominant-dominé fait partie de la donne linguistique . C'est difficile de ne pas voir dans l' < anglofolie > actuelle autre chose qu'une domination et ce , peu importe notre langue parlée . Ultimement , je pense que la France et nous avons le même problème avec l'anglais : nous avons intégré comme un complexe d'infériorité par rapport à cette langue . Infériorisation , soumission et rejet d'une partie identitaire de nous-mêmes : voilà , ici comme en France , les maîtres-mots de nations génocidaires linguistiquement parlant . Revenons chez nous . Avant 1960 , le Québec reposait sur trois pilliers : l'agriculturisme , le catholicisme et la langue française ; les deux premiers ont pris le bord ; notre langue , elle , résiste encore ;mais les assauts répétés et insistants d'une petite supposée élite médiatico-artistique toute montréalaise , faisant la promotion d'une sorte de dialecte tribal < franglish > , commencent à agacer sérieusement !
      Courage , tenons le fort encore , car il en va de notre survie linguistique .

    • Mathieu Bouchard - Inscrit 25 juillet 2014 11 h 55

      Se concentrer sur la qualité, c'est prendre le problème par le mauvais bout. La solution, c'est le pouvoir, tant politique que économique. Pousser les gens à mettre beaucoup plus d'effort sur la qualité qu'ils en ont envie, c'est donner au français l'image d'une langue fastidieuse. Il faut très bien distinguer la promotion de la qualité de la langue française et la promotion de l'utilisation de la langue française, car ce sont deux choses très différentes ! Pour avoir un pays de langue française, il faut travailler à faire un pays de langue française, et non se contenter de viser une note parfaite à la dictée de Pivot.

    • J-F Garneau - Abonné 25 juillet 2014 12 h 45

      Monsieur Guay, j'ai peur que l'ironie de mon premier paragraphe (fôtes d'autographes voulues) vous ait échappé.

      De plus je n'ai pas dit que notre langue parlée soit notre ennemie. Ce que j'ai dit c'est que notre apathie face à la piètre qualité du français, et le tabou que nous avons créé envers n'importe quelle critique de la qualité du français est possiblement le plus grand ennemi de la survie de notre langue en amérique.

    • M. Félix Houde - Abonné 25 juillet 2014 14 h 28

      @ M. Garneau
      La piètre qualité du français parlé au Québec est un problème en soit. Je suis d’accord avec l’idée selon laquelle la faute n’en revient pas aux «dominants». Il faut en trouver les causes et agir. Mais l’influence rampante de l’anglais sur le français parlé au Québec demeure néanmoins un problème qui mérite d’être soulevé et M. Sanschagrin le fait avec brio en évoquant l’analyse du rapport dominant/dominé. Cette analyse est d’autant plus pertinente qu’elle éclaire à merveille la chronique de Christian Rioux (Lire « Le choix de Julie) qui, dans ces mêmes pages, évoque le choix d’une jeune francophone de tourner le dos au français pour épouser l’anglais. En comparant le choix d’une langue à celui d’un bien de consommation, elle écrit : « Pourquoi prendre moins d’options pour le même prix ? C’est un peu ma vision de l’anglais. »

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 25 juillet 2014 17 h 56

      Qui a dit que s'affirmer et se responsabiliser face à notre héritage
      (notre langue, notre culture, notre manière) était facile ?
      J'ajoute :
      Est-ce que c'est la facilité de la vie qui fait avancer le monde ou les difficultés et les épreuves ?
      J'allais oublier :
      Est-ce que le fait d'avoir la bouche remplie de «buzz-words» à-la-mode nous rend plus intelligents ou si ça nous donne juste l'air intelligent ?
      Et pour conclure :
      Est-ce de quoi on a l'air qui compte ou ce qu'on est véritablement dans le fin fond de nous-même ?
      En d'autres mots :
      La vie est-elle un spectacle ou une aventure ?

    • Roger Gauthier - Inscrit 25 juillet 2014 21 h 56

      Même si tous les Québécois s'exprimaient dans un français parfait, notre langue serait quand même menacée.

      Durant les siècles où le français était la langue dominante en Europe, la très grande majorité des français étaient illetrés et parlaient des patois pratiquement incompréhensibles d'une région à l'autre.

      Si l'anglais est devenu dominant, ce n'est pas à cause des talents syntaxiques de ses locuteurs.

      Pour terminer, votre chasse aux anglicismes devrait aussi inclure tous les mots et expressions issus du latin. Il est inacceptable que le français utilise des mots qui ont été amenés aux gaulois par l'envahisseur romain.

      Le Français est né parmi les colonisés gaulois de l'Empire Romain. N'avez-vous pas honte de parler cette langue?

    • Djosef Bouteu - Inscrit 25 juillet 2014 22 h 02

      En bon français on appelle ça «faire diversion». C'est, par déni ou par naïveté, penser qu'en rendant le français plus beau aux sourdes oreilles qui y sont hostiles, elles s'y intéresseront automatiquement.

      Les oreilles fermées au français n'entendent pas vos appels à soigner la qualité du français parlé et n'entendront pas non plus les résultats d'une amélioration ou d'une dégradation du français.

      La réalité, c'est que le français ne sera jamais assez beau pour ceux qui préfèrent l'anglais et que les jeux de pouvoir en sociolinguistique sont un incontournable pour quiconque s'intéresse à la vitalité de sa langue pour la prochaine génération.

      D'ailleurs, en sociolinguistique, on apprend qu'une langue dominée augmente progressivement ses emprunts lexicaux et syntaxiques au fur et à mesure qu'elle perd en vitalité et que sa transmission sociale déraille vers la marginalisation.

      À bon entendeur.

    • J-F Garneau - Abonné 26 juillet 2014 13 h 34

      A MM. Bouteu et Denis, on peut marcher et mâcher de la gomme en même temps. Quand bien même le français serait deux fois, que dis-je, CINQ fois plus gros, quand bien même on interdirait l'anglais, si le français que nous utilisons est si minable qu'il nous isole du reste de la francophonie, le résultat sera le même.
      D'ailleurs en hockey, on apprend que même si on a le meilleur gardien et la meilleure défensive, il faut aussi compter des buts avec du talent et une qualité de jeu. De plus, au hockey, toujours se plaindre que c'est la faute de l'adversaire n'a jamais fait gagner de match à personne.

  • Francis Leblanc - Inscrit 25 juillet 2014 07 h 29

    L'anglais est, surement, en péril

    Les québécois utilisant des mots anglais pour exprimer une idée, ont peut-être peur que l'anglais soit en péril au Québec et au Canada?

    La peur de la disparition de la langue anglaise stimulerait même les élus à augmenter les heures d'apprentissage de l'anglais.

    Si les québécois avaient peur de la disparition du français au Québec, ils utiliseraient que des mots français quand un francophone communique avec un francophone.

    La langue française est puissante avec sa loi 101, mais l'anglais n'a pas de loi pour éviter qu'elle disparaisse au Québec.

    Le péril de la langue anglaise à court terme au Québec et ensuite sur la planète explique sans doute, mais sans aucun doute que celui qui vous écrira ou vous communiquera une idée, utilisera des mots en anglais pour s'exprimer tout en exprimant subtilement sa crainte de la disparition de l'anglais, non?

    Non... ... J'écris cette idée, et quelqu'un me dit: "Mais non, non, c'est le français qui est anglicisé et ainsi en péril".

    Ah... Alors, ceux qui utilisent uniquement la langue anglaise, expriment leur idée grâce aux mots de la langue française en péril, j'imagine? ...

    ... ce quelqu'un me dit "Mais non, non"...

    • Roger Gauthier - Inscrit 25 juillet 2014 22 h 05

      Près de 30% du vocabulaire de la langue anglaise est issu du Français.

      Les Anglophones n'auraient jamais l'idée de se mettre à purger leur langue de ces mots et expressions.

      Un être vivant ne s'arrache pas les bras et les jambes.

      Si vous rêvez d'un français qui ne bouge pas, qui reste pur et sans influence, n'oubliez que ce sont là les caractéristiques de ce qui est mort.

  • Robert Henri - Inscrit 25 juillet 2014 08 h 11

    Les politiques doivent s'impliquer et agir.

    https://www.youtube.com/watch?v=ia9jzzvpReg

  • Normand Paulhus - Inscrit 25 juillet 2014 08 h 32

    Grammar nazi

    En caricaturant un peu, je me dis qu'il y a 30 ans, on avait la "menace" (anglicisation) drette devant nous alors qu'aujourd'hui elle entre par les pores de la peau, elle est dans l'air du temps...Nos propres enfants franglisent, nos nouveaux...bands...musicaux ont des noms anglais, même les télés...top...francophones diffusent davantage d'anglais ou de culture anglophone. Le Québec n'est pas gros en Amérique. Même chez Molière, en France, on emploie de plus en plus de termes anglais.

    • Gaétan Fortin - Inscrit 25 juillet 2014 18 h 06

      Et ces «bands» montent sur le «stage» et chantent des «tounes»

    • Roger Gauthier - Inscrit 25 juillet 2014 22 h 07

      Presque tous les mots que vous venez d'employer viennent du latin, la langue de ceux qui ont conquis, massacré et colonisé vos ancêtres.

      N'avez-vous pas honte?

  • Jacques Maurais - Abonné 25 juillet 2014 08 h 48

    Le colonisé content

    Citation de M. Sanschagrin: «Dans Portrait du colonisé, Albert Memmi soulignait que la domination avait comme effet que le colonisé (ou le dominé) intégrait les schèmes de pensée et le langage du colonisateur (ou du dominant), rendant ainsi le premier psychiquement lié au second. L’analyse de Memmi est transposable dans toutes les formes de rapports dominant/dominé."

    Après quelques décennies d’un discours endogéniste faisant la promotion d’une langue québécoise «à nus-autres», voilà où nous en sommes rendus : intégrer les schèmes de pensée du dominant. Pas plus avancés qu’au XIXe siècle quand Jules-Paul Tardivel définissait ainsi l’anglicisme : «Une signification anglaise donnée à un mot français ». En d’autres termes, parler anglais avec des mots français. Nous continuons de faire du surplace avec l’encouragement de l’Office québécois de la langue français qui propose des pseudo-traductions comme comptoir de cuisine (kitchen counter, plan de travail), art de la rue (street art, art urbain), bris d'égalité (jeu décisif) dont le même Office nous dit qu’il « est un calque morphologique acceptable du terme anglais tie-break, qui s'intègre bien au système morphosémantique du français », etc. Vous trouverez d’autres exemples dans mon blogue «Linguistiqument correct» (http://linguistiquement-correct.blogspot.ca/).

    • Réjean Guay - Inscrit 25 juillet 2014 11 h 49

      Il me semble que vous êtes injuste envers l'OLF . Ses propositions sont plus pertinentes que le < franglish > du Mile End que l'on veut imposer comme une < langue de chez nous > . Si les gens se donnaient la peine d'utiliser les correctifs de l'OLF , on n'entendrait plus de < email > , mais le beau mot courriel . Au Québec , nous faisons plus d'efforts qu'en France afin de créer des néologismes et ainsi , éviter les emprunts linguistiques inutiles . Soyons fiers des créations de l'OLF et cessons ce
      dénigrement : c'est tellement < nus -autres > cela !