Venez bâtir le nouveau Parti québécois

Bernard Drainville
Photo: Bernard Drainville

omme bien d’autres, la défaite du 7 avril dernier m’a plongé dans un profond questionnement sur l’avenir du Parti québécois et sur notre projet de faire du Québec un pays. On aura beau dire que c’est d’abord l’idée d’un référendum qui a été rejetée par les Québécois, on ne peut nier que le projet indépendantiste ne mobilise plus comme avant.

 

À court terme, il faut stopper le déclin de l’option dans l’opinion publique en stabilisant les appuis à l’indépendance. Plus encore, il faudra passer rapidement à la deuxième étape : augmenter ces appuis pour se rapprocher progressivement d’une majorité, condition sine qua non pour réaliser l’indépendance.

 

Pour ce faire, il faudra répondre aux questions que se posent nombre de nos concitoyens : « pourquoi l’indépendance ? », « qu’est-ce que ça changerait pour moi ? », « avons-nous les moyens de la faire ? », « qu’est-ce qu’un pays québécois ferait de différent ? »

 

Bref, les prochains mois et les prochaines années offrent une occasion en or de renouveler nos idées, mais aussi notre état d’esprit en présentant l’indépendance de façon beaucoup plus positive. C’est quand même extraordinaire cette idée de bâtir un pays québécois. Chaque souverainiste devra apporter sa contibution. J’apporterai la mienne. Au sein du Parti québécois.

 

Laboratoire d’idées

 

Car, s’il y a un endroit pour tenir ce grand remue-méninges démocratique et populaire, c’est au Parti québécois. Notre parti a plus que jamais la chance de se transformer en un immense laboratoire d’idées, un lieu de débats et d’échanges ouvert à toutes les tendances, ouvert à tous les indépendantistes. Ne la manquons pas !

 

J’ai le goût de dire aux Québécois : « Vous voulez contribuer à définir l’avenir du Québec ? Vous avez une opinion sur les règles qui devraient encadrer la course à la chefferie ? Vous voulez avoir votre mot à dire sur le choix de la prochaine ou du prochain chef du PQ ? Vous voulez participer au prochain congrès et influencer le contenu du programme ? Prenez votre carte ! Embarquez ! »

 

Le PQ, c’est un instrument et on peut en faire ce qu’on en veut. Tous les indépendantistes, les souverainistes, les indécis de la question nationale peuvent l’investir, le transformer, le renforcer. Les jeunes ne s’y retrouvent plus ? Qu’ils viennent le changer, c’est le temps ou jamais.

 

J’ai aussi le goût de dire aux jeunes et aux moins jeunes d’Option nationale, venez-vous-en ! Vous avez fait oeuvre utile et vous nous avez rappelé, par l’enthousiasme et la conviction, que l’indépendance est une idée emballante. Il y a du rêve et de l’espoir dans notre projet. C’est vivant. C’est ambitieux. C’est audacieux. C’est l’avenir.

 

Les militants de Québec solidaire, de la CAQ, ceux d’entre vous qui souhaitent la construction d’un nouveau pays : de quel pays rêvez-vous ? Un pays vert, bleu, arc-en-ciel ? Dessinez-le avec nous. Les indépendantistes déçus, vous qui avez décroché il y a 5 ans, 10 ans, 20 ans, revenez voter pour les grandes décisions qui se préparent dans les prochains mois. Vous allez prendre votre retraite ? Vous cherchez à vous investir dans quelque chose d’important ? Que diriez-vous de léguer un pays à vos petits-enfants ?

 

Bien sûr, certains sont tentés par le découragement. On entend que « les Québécois n’en veulent pas de la souveraineté, les jeunes sont passés à autre chose ». Nous sommes pourtant des centaines de milliers convaincus que l’indépendance représente le seul avenir digne de ce nom pour le Québec. Faudrait-il renoncer à une idée aussi forte, aussi vitale, simplement parce que nous sommes dans un creux de vague ? Renoncer à allumer, à intéresser, à convaincre les nouvelles générations ? Mais, alors, ce serait renoncer à ce qui est l’essence même de la politique, c’est-à-dire convaincre, rallier, rassembler.

 

Que tous les indépendantistes, blasés, pressés, moins pressés, déçus, lucides, solidaires, verts, impatients, nationalistes, internationalistes, investissent le PQ. Que tous ceux et celles qui ont voté pour un autre parti, qui sont restés à la maison, qui ont laissé tomber, prennent ou reprennent leur carte de membre et viennent brasser la cabane.

 

Dans les mois qui viennent, nous aurons des débats passionnants. Nous aurons besoin d’entendre la voix de tous ceux et celles qui veulent que le Québec reprenne la route de la fierté et de l’audace. Il faut réunir cette grande coalition indépendantiste, au sein d’un nouveau Parti québécois, le meilleur véhicule pour réaliser l’indépendance.

27 commentaires
  • Pierre Brassard - Inscrit 19 juin 2014 01 h 26

    PQ en folie

    Prendre sa carte de membre et voir que ça magouille en coulisse pour faire passer des résolutions qui vont contre le bon sens ...fiscal. Non merci.

    Ce parti ne mérite pas d'être au pouvoir. Il peut parloter tout seul dans son coin.

    Mieux vaut travailler à bâtir le Québec autrement.

    • Laurent Desbois - Inscrit 19 juin 2014 07 h 41

      le Québec autrement????

  • Jean Lengellé - Inscrit 19 juin 2014 02 h 55

    Naïveté ou inconscience?

    Malheureusement Monsieur Drainville ne se rend pas encore compte qu'il aura été un des principaux artisans de la déroute en agissant plus comme repoussoir que comme aimant. Le discours ci-dessus est le même que celui qui a entouré sa charte, et a les mêmes chances de "succès".
    S'il doit y avoir de l'appétance pour le PQ il ne suffira pas de réchauffer les restes, en faisant semblant d'écouter...

    • Michel Beaumont - Inscrit 19 juin 2014 06 h 09

      @ Jean Legellé

      Vous avez entièrement raison. Selon moi, il faut sortir tous les vieux meubles.

      Mais d'où vient cette maladie de vouloir coller dans le parti alors qu'il se meurt? Ils ne patinent plus à la même vitesse que les autres équipes, il faut donc des jeunes et du sang neuf.

      Ne voient-ils pas les résultats excécrables?

      Je crois que les péquistes en place ne voient pas mieux qu'auparavant!

  • Michel Beaumont - Inscrit 19 juin 2014 06 h 01

    CHANGEZ LE MENU

    Le PQ doit obligatoirement changer son menu à la porte car les clients n'entrent pas dans le restaurant.

    Dès que M. Péladeau a brandi le poing en l'air pour construire un nouveau pays, une vague, pour ne pas dire un tsunami, s'est alors mis en branle pour noyer le tout. Nous connaissons la suite et les résultats.

    Les jeunes de 55 ans et moins ne sont pas intéressés par la souveraineté. Les 55 ans et plus sont divisés. On ira pas loin avec ce constat.

    Selon moi, tout, mais tout est à refaire. Un nouveau nom, une nouvelle doctrine, nouveau programme et surtout y placer des jeunes car nous voyons où est rendu le PQ avec les joueurs en place présentement. Ils ne gagnent plus. Donc, il faut y aller avec des jeunes.

    Sans quoi, le PQ ira pâtir dans le bas fond du classement. Ça prend des bonnes recrues pour faire gagner l'équipe.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 19 juin 2014 12 h 46

      M. Beaumont, je crois que votre interprétation du geste anodin de PKP n'est pas la bonne.

      Ce n'est pas ses propos ni le geste qui ont noyé le tout, mais le fait que Couillard, qui n'était pas loin du fond du baril depuis le lancement de la campagne, y a trouvé une bouée de sauvetage en évoquant un éventuel référendum et surtout que Marois se soit retrouvé totalement démunie face à lui, incapable de l'afronter sans mettre à jour sa propre peur, la peur qu'on aie peur, balbutiant n'importe quoi; d'ailleurs, peu avant le 7 avril elle allait admettre qu'elle n'aurait pas dû lui répondre. En fait elle aurait très bien pu lui répondre, quelque chose comme
      "avez-vous vu dans notre plate-forme un référendum? Nous en parlerons en temps et lieu" et s'en tenir à ça. En fait elle aurait dû mais n'a pas pu, et le vent a tourner. Sinon, si c'était la faute à Péladeau, comment expliquer que celui ci ait été élu dans son comté à la première plonge, et que Marois ait été battu ausi dans son comté qu'elle détenait depuis longtemps et tout ausi franco?

      J'attends toujours une réponse?

      Et encore, comment expliquer le tsunami inverse que provoque un dénommé Beaulieu avec un discours auprès du quel celui de Péladeau apparaît d'une certaine manière presque enfantin? J'attends aussi une réponse.

    • Raymond Turgeon - Inscrit 19 juin 2014 14 h 24

      La jeunesse, c'est magnifique, mais elle ne peut à elle seule nous donner un pays, car elle est trop...jeune. Cependant, un projet de pays qui se respecte doit faire participer toutes les générations à son élaboration. On ne peut se passer que des vieilles toiles d'araignée.

    • Michel Beaumont - Inscrit 19 juin 2014 16 h 10

      @ Mme Massicotte et M. Turgeon.

      Tout comme vous, je souhaite et désire la souveraineté. Parfois, c'est le cas maintenant, vous et moi ne partageons pas la même avenue. Mais le but demeure le même.

      Ce que, malheureusement, vous ne semblez pas comprendre, cela avec un grand respect, demeure le fait que les gens en place n'ont pas, malgré leurs nombreuses initiatives admirables, réussi à faire adopter la souveraineté.

      Lorsque je dis, il faut y placer des jeunes, laissons-leur le temps de faire un nid souverainiste convivial. Je ne parle pas de demain matin.

      SVP, lorsque M. Parizeau, M. Landry et M. Bouchard présidaient le PQ, quel âge avaient-ils?????

      Pour ce qui est de M. Péladeau, il jouissait d'une notoriété excepteionnelle. Il a tout pour percer au PQ. Sans doute, il fera un bon chef.

      Pourquoi la garde rapprochée de Mme Marois a-t-elle chachée la venue de M. Péladeau au sein du PQ?

      Saviez-vous que cela a déplu à plus d'un proche de Mme Marois. Tiens donc!!!!!

      Il ne faut pas que les syndicats et les lock-outés ne se rebellent contre M. Péladeau.

      Vous savez, le consensus politique est très difficile à atteindre.

      Par ailleurs, j'ai peur que M. Drainville n'invite les citoyens à repenser et redéfinir le PQ alors que ce parti ne réchauffe les restants pour faire mourrir ce parti??????

      Regardez les sondages, ce qui advient du Bloc et du PQ.

      Bonne réflexion.

  • Michel Thériault - Inscrit 19 juin 2014 06 h 52

    Il n'y a qu'un seul parti souverainiste

    Et c'est Option nationale. Parti marginal, j'en conviens, mais le seul qui n'a pas honte de la souveraineté et qui en fait la promotion.

  • Sébastien Bouchard - Inscrit 19 juin 2014 07 h 06

    D'accord!

    J'ai pris ma carte de membre. De votre côté, vous avez aussi du travail à faire pour rebâtir le parti. Il est temps de passer de la parole à l'acte M. Drainville!