Merci au SPVM pour sa contribution !

Nous voudrions souligner le soutien du Service de police de la Ville de Montréal à cette semaine des personnes handicapées. En effet, l’annonce de l’achat des « canons à son », de son nom de fabrication Long-Range Acoustic Device, est une bruyante contribution pour soulever l’absence de prévention de la surdité au Québec. Il faut savoir que les canons à son peuvent émettre jusqu’à 143 dB, alors que le seuil de la douleur auditive commence à 90 dB et que les dommages irréversibles commencent à 120 dB pendant une exposition de quelques secondes.

 

D’abord, nous sommes interloqués devant la décision d’investir dans ces armes non létales à une époque où les citoyens n’entendent parler que d’austérité. Investissement discutable, car nous dépensons des sommes considérables pour le programme d’aides auditives de la Régie de l’assurance maladie du Québec. Nous trouvons curieux que le SPVM acquière ces canons à son qui peuvent contribuer à une augmentation, déjà significative, des troubles auditifs. Les recherches montrent que 16 % des jeunes de 6 à 19 ans ont déjà des signes précoces de déficit auditif, dont des acouphènes à cause de l’exposition répétée à des niveaux de bruits élevés. Nous proposons à la Ville de Montréal d’investir plutôt dans une campagne de sensibilisation aux effets néfastes du bruit, ce qui serait plus souhaitable à long terme pour la jeune génération que de la rendre sourde, par mégarde, lors d’une manifestation.

 

Pendant ce temps, 8 % de la population du Québec souffre d’une déficience de l’audition. Ce chiffre n’ira qu’en augmentant. Le vieillissement de la population, ainsi que l’augmentation significative des acouphènes chez les jeunes personnes sont des signaux criants d’un problème de santé publique. Les délais d’attente pour accéder aux services pour les personnes ayant des limitations auditives n’iront pas en s’améliorant si le canon à son ajoute des personnes sur les listes.

 

Encore plus insidieux : le canon à son ne discrimine pas ; étudiants, syndiqués, bébés, porteurs de prothèses auditives, non-voyants, jeunes avec acouphènes, badauds observant la manifestation… tout le monde est égal devant l’adversité non létale ! Quoi de mieux pour couvrir la voix du peuple qu’un canon à son ?

 

Nous proposons, afin de rassurer les citoyens sceptiques à l’égard d’une arme non létale, d’en démontrer l’innocuité. Comme pour le pistolet Taser, nous pensons qu’il n’y a rien de mieux que de faire un essai sur les policiers pour être certains qu’ils en comprennent les effets non létaux. Si jamais l’un d’entre eux perd l’audition, il pourra toujours devenir membre d’un organisme — sous-financé — pour personnes malentendantes. Pour finir, en guise de responsabilité envers la communauté, nous avertissons les futurs manifestants de se procurer de bons protecteurs pour les oreilles pendant que c’est encore toléré.

 

Bonne Semaine des personnes handicapées et bienvenue à nos prochains membres !

Nous proposons à la Ville de Montréal d’investir plutôt dans une campagne de sensibilisation aux effets néfastes du bruit

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