Conseils à ceux qui songent à ouvrir un commerce sur la rue Saint-Denis

Dans son édition du 1er mars, Le Devoir s’est penché sur le dépérissement des artères commerciales du centre-ville de Montréal. Plusieurs causes sont avancées : exode desfamilles, concurrence des très grandes surfaces en périphérie, achats en ligne, entraves à la circulation, conjoncture montréalaise. Rien sur l’administration locale.

 

Les obstacles locaux

 

D’après l’association de ses commerçants, sur le tronçon entre Roy et Gilford de Saint-Denis, où on vient d’annoncer la fermeture prochaine de deux boutiques Jacob, le taux d’inoccupation dépasse déjà les 16 % : l’absence de relève y serait le facteur aggravant.

 

En fait, si vous songez à y établir un de ces établissements qui ont fait le charme du quartier, vous devez vous armer de patience, de conseils et d’argent. J’en ai fait l’expérience.

 

Sachez d’abord que tout changement de vocation et/ou de propriétaire s’accompagne d’une nécessaire mise à niveau conforme au Code du bâtiment en vigueur. Ne sous-estimez pas la nécessité ni les coûts de cette conformité dans des immeubles centenaires.

 

Il vous faudra ensuite comprendre la classification des usages, savoir dans quel usage sera classé votre projet et s’il est permis là où vous pensez vous installer. Une « épicerie fine », par exemple, peut inviter ses clients à s’asseoir, pourvu qu’il n’y ait pas plus de trois tables et douze chaises. Si vous comptez aussi y vendre des livres, vous changez de classe et perdez le droit au mobilier.

 

Vous devrez en outre respecter de nombreuses exigences locales qui concernent tous les recoins d’un établissement, de l’obligation de faire des stationnements abrités pour vélo au démantèlement des enseignes jugées trop visibles.

 

Au départ, l’intention des élus était sans doute louable, mais le résultat est-il compatible avec la vitalité du quartier ? Ainsi, le long de Saint-Denis, un des grands axes nord-sud de l’île, tant les automobilistes que les piétons devraient pouvoir reconnaître les commerces et y accéder facilement.

 

Enfin, avant de conclure un achat, n’oubliez pas dans vos calculs le fardeau de la taxe de « bienvenue » et celui, récurrent, de la taxe professionnelle.

 

Attirer la relève

 

Quel sort attend ce secteur ? L’achat en ligne est un défi pour tous et partout, mais les propriétaires ont d’autres raisons d’être inquiets. Plusieurs envisageraient sans doute de transformer leur rez-de-chaussée en logement, si l’arrondissement ne l’interdisait.

 

En octobre 2013, la Mycoboutique a emménagé sur la rue Saint-Denis : pour nous, ce fut une bonne décision. Comme résidant du quartier, j’aime toujours m’y promener, malgré le pincement ressenti devant tous ces locaux vacants. Cependant, pour attirer une relève dynamique et bigarrée, les élus n’ont pas à attendre une baisse des valeurs foncières : vaut mieux relâcher la pression fiscale, ouvrir la réglementation locale à l’initiative, élargir la notion d’« usage » ; sans négliger, dans un autre ordre d’idées, le ramassage des ordures et de la neige, la coordination des travaux de voirie…

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4 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 9 mai 2014 10 h 11

    bureaucratie vs commerce

    La bureaucratie tue les commerces.

    À Québec, dans le Limoilou de mon enfance, années 1950-60 il y avait plein de pme, c'était alors accessible à tous. Dans le même secteurs 90% des commerces ont disparus !! Pour partir un commerce aujourd'hui on doit subir la bureaucratie municipale, les études de marché, les permis de ceci et cela..ça ne finit plus! Et cela avant d'avoir fait une cenne noire de profit!! On étouffe les nouveaux commerçants sous la bureaucratie dès le départ !!

    Un ami ayant été à Taiwan dans les années 80 me disait que la-bas il suffit de mettre une pancarte devant sa porte pour partir un commerce. Les clients exigent une facture car elle donne droit à une chance de gagner un million...et à la fin de l'année le commerçant paye 3% de ses ventes en impôt. Et ainsi le commerce est démocratique et possible pour tous. Pas de cauchemard bureaucratique !

    Il y a tellement de bureaucratie que au Canada 80% des commerces font faillite dans les 5 premières années ! Quand il faut se surendetter pour plaire à la bureaucratie ont part en GROS déficit et notre entreprise et ses emplois sont si fragiles que le moindre problème peut entrainer la fermeture.

    La bureaucratie fragilise notre économie et empêche que tous puissent se lancer en commerce. Sans parler de la corruption et des gens à acheter..

    • simon villeneuve - Inscrit 9 mai 2014 12 h 06

      Vous avez raison, surement que des multinationales comme Wall-Mart, magasinage en ligne sur internet et un cout de pres de 6$ pour 2 heures de parking n'affectent aucunement les commerces sur St-Denis.
      C'est toujours bien plus la bureaucratie et les maudits fonctionnaires comme d'habitude...

    • Alexie Doucet - Inscrit 9 mai 2014 17 h 09

      En effet, la bureaucratie est rendue telle qu'on passe plus de temps dans une vie à remplir des formulaires qu'à attendre à un feu de circulation.

    • Simon Chamberland - Inscrit 9 mai 2014 20 h 02

      M. Villeneuve, avant de blâmer les multinationales, faut regarder quelles sont les entraves que l'on met aux commerçants. Il faudrait aussi cesser de démoniser tout ce qui se nomme entreprise ou compagnie.