Le mal des animaleries

En complément à l’article Les animaleries maintenant éclipsées par les vendeurs du Web (Le Devoir, 28 avril), nous souhaitons ajouter ce qui suit. Un éleveur éthique et responsable ne vend pas de chiots par l’entremise d’une animalerie. En effet, le Code de pratiques du Club canin canadien l’interdit formellement. La majorité des animaux vendus en animaleries proviennent d’élevages non responsables, voire d’usines à chiots.

 

Bon nombre d’animaleries ne vendent pas d’animaux de compagnie dans leurs magasins et plusieurs municipalités à travers le Canada adoptent des règlements qui interdisent les ventes d’animaux en animalerie. La Ville de Québec pourrait être la première municipalité du Québec à adopter une règlementation similaire à celle de Toronto, Richmond (C-B) et plusieurs autres, où ces ventes sont interdites depuis déjà quelques années. Aux États-Unis, la ville d’Albuquerque au Nouveau-Mexique a vu son taux d’adoption grimper de 23 % et son taux d’euthanasie diminuer de 35 % après avoir adopté une règlementation interdisant la vente de chiens et de chats en animalerie en 2006. Sachant qu’au Québec, ils sont des dizaines de milliers à être abandonnés et euthanasiés dans les refuges chaque année, une telle règlementation est plus que nécessaire.

 

Deuxième chance

 

D’après le sondage mentionné dans l’article, en 2013, près de 27 500 chats et 11 000 chiens ont été vendus en animalerie. Si ces commerces avaient remplacé ces animaux par des chats et des chiens provenant de refuges (un modèle adopté par les municipalités mentionnées ci-dessus), ce serait près de 40 000 animaux de compagnie qui auraient eu une deuxième chance. Bien que le problème ne puisse être entièrement réglé ainsi, il s’agit d’une action parmi plusieurs autres qui sont proposées pour améliorer le bien-être animal au Québec. Quoi qu’il en soit, cela ne vaut-il pas la peine de sauver 40 000 animaux par année et de s’assurer que l’argent des consommateurs que cela représente n’aille pas dans l’industrie des usines à chiots ?

 

Il n’y a pas de doute qu’il y a un problème de surpopulation animale au Québec, et les animaleries peuvent choisir d’être un partenaire dans la lutte contre cette surpopulation ou d’y contribuer.


L'auteure est responsable de campagne pour Humane Society International/Canada


 
6 commentaires
  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 1 mai 2014 02 h 58

    Pour l'interdiction en animalerie

    Je ne savais pas que les refuges ne pouvaient vendre aux animaleries, ils m!ont menti et j'ai acheté une chienne issue d'une usine à chiots. Je le sais car elle a une maladie de peau héréditaire et assez grave. Les soins peuvent coûter rudement cher. Mais si c'était à refaire dans la même ambiance, je'achèterais tout de même ma chienne dans une animalerie car ces chiots existent et méritent de bons maîtres et une bonne vie pour compenser les lacunes de leur enfance dégradante. C'est mon petit côté mère Thérésa. Mais ce qui me'égayerais à mon paroxysme serait qu'il créent une loi contre la vente de chiots en animalerie de sorte que ces animaux sous-traités ne soient plus en vente libre et que je ne me sente pas coupable lorsque j'acheterai mon prochain chien d'abandonner des martyrs à leur sort en voulant acheter chez un éleveur.

  • Lavoie Louis-Georges - Inscrit 1 mai 2014 08 h 18

    Usine à chiots et à chats

    Que le ministre Paradis, maintenant sorti de l'ombre, mette son pied à terre et passe une loi interdisant la vente d'animaux dans les animaleries et fermant toute exploitatoion sauvage et cruelle d'animaux .
    Que les animaleries deviennent des commerces à l'image de Mondoux, où seulement de la nourriture et toutes sortes d'articles pour le bien-être des animaux y sont vendus!!!!

  • Yvette Lapierre - Inscrite 1 mai 2014 10 h 25

    Ewa Demianowicz : Merci!

    L'espérence de vie des chats a doublé depuis disons 25 ans, celle des chiens a aussi augmenté de beaucoup. Avoir un animal "de compagnie" c'est prendre un contrat de 15 ans et plus incluant la nourriture de plus en plus coûteuse et les soins de santé idem.

    Alors quand un enfant réclame une boule de poil à aimer, nul de devrait ignorer ces faits.

    Savez vous ce qui se pointe à ma porte depuis déjà quelques années? Des chats stérilisés et parfois dégriffés, jeunes, et en santé. Qui donc dépense plusieurs centaines de $ pour ensuite jeter le trésor à la rue?

    À bas la vente d'animaux dans les animaleries ET sur Internet, il y a la SPCA et c'est elle et les autres refuges qui doivent être encouragés.

    • Michel Vallée - Inscrit 1 mai 2014 15 h 34

      http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-soci

      <<il y a la SPCA et c'est elle et les autres refuges qui doivent être encouragés. >>

      Je ne sais pas pour la SPCA, mais en région les <<refuges>> m'apparaissent plutôt comme étant des arnaques financières qui s'exercent au détriment du bien-être des animaux... En tout cas, c'est le cas dans la région de Joliette.

  • Sandra Deslandes - Abonnée 1 mai 2014 14 h 51

    Vente sous pression

    En plus, comme la plupart des produits vendus en magasin, les ventes d'animaux en animalerie font souvent l'objet d'un coup de tête et non d'une décision mûrie. En évitant de tels achats, on maximise les chances que ce soit seulement les gens qui ont vraiment l'intention de se procurer un animal de compagnie et de s'en occuper qui le fasse. Ainsi, cele contribuerait de favoriser l'élevage éthique et en même temps de réduire l'abandon d'animaux. Il est plus que temps de passer à l'acte!

  • Nicole-Patricia Roy - Abonnée 2 mai 2014 16 h 47

    Le mal de la surpopulation des chats et chiens

    Je suis résidante de la ville de Québec, j'espère de tout coeur que notre municipalité sera la première au Québec à adopter un Règlement pour interdire la vente d'animaux en animalerie. Mais il faut surtout interdire la vente sur le web, c'est pire que la vente dans les animaleries, parce que dans ces dernières, un contrôle peut se faire sur place. Par ailleurs, les médias ont parlé cette semaine de chats errants aux environs de l'Hotel-Dieu de Québec, un problème sérieux qui augmente la population de chats.C'est un grave problème de surpopulation animale qui demande des mesures immédiates pour éviter que ceux-ci se reproduisent. Je mets beaucoup d'espoir dans le nouveau ministre de l'Agriculture qui est sensible à cette problématique.