Le nécessaire renforcement de la Charte de la langue française

Manifestation en faveur de l’affichage en français en novembre 2011
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Manifestation en faveur de l’affichage en français en novembre 2011

Plus de 35 ans après l’adoption de la loi 101 et à la suite des affaiblissements majeurs qu’elle a subis, de multiples études et avis de l’Office québécois de la langue française et du Conseil supérieur de la langue française montrent des reculs inquiétants du français dans plusieurs aspects de la vie collective au Québec. Les faits chiffrés, notamment sur la langue de travail, démontrent un mouvement certain vers une anglicisation de la région montréalaise.

 

Devant ce constat, de grandes organisations de la société civile sont maintenant unies et forment la coalition Partenaires pour un Québec français (PQF) afin que les enjeux linguistiques redeviennent prioritaires pour les gouvernements. La coalition représente plus d’un million de travailleurs québécois à travers les membres des partenaires que sont la FTQ, la CSN, la CSQ, le SFPQ et la FAE. Sont aussi partenaires la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, le Mouvement national des Québécoises et des Québécois (MNQ) ainsi que la Fédération étudiante collégiale du Québec, qui regroupent ensemble plus de 185 000 membres.

 

Dans le cadre de la campagne électorale québécoise, PQF demande à tous les partis politiques de s’engager à bonifier la Charte de la langue française en allant plus loin que ce que le projet de loi 14 du gouvernement sortant proposait. Presque tous les partenaires se sont présentés en commission parlementaire l’hiver dernier pour demander aux parlementaires des bonifications majeures au projet de loi 14, notamment sur la langue de travail, de l’administration publique, du commerce et des affaires et de l’enseignement. 

 

À l’instar de la Politique québécoise de la langue française de Camille Laurin publiée six mois avant l’adoption de la Charte de la langue française en août 1977, nous avons besoin du prochain gouvernement qu’il oriente toutes ses politiques, toutes ses lois et tous ses règlements en fonction d’un objectif global et clair, soit de faire du français la langue commune de tous les Québécois. La loi 101 n’a pas été conçue contre le bilinguisme individuel, mais contre le bilinguisme institutionnel à l’intérieur du territoire québécois. La Charte du Dr Laurin était un projet de cohésion sociale qui a permis aux Québécois d’enrichir la diversité culturelle et linguistique mondiale. Elle a également permis au Québec d’être une terre d’accueil où les richesses culturelles de l’immigration offrent à la société une vitalité indispensable à son développement tout en poursuivant sa mission d’intégration. Partenaires pour un Québec français demande au prochain gouvernement de présenter un projet de loi qui renforcera la Charte de la langue française. Depuis l’adoption de la Charte, il y a 35 ans, le monde a changé et les défis à relever pour faire du français la langue commune ne sont que plus grands. 


Ont signé ce texte : Daniel Boyer, président de la FTQ, Jacques Létourneau, président de la CSN, Louise Chabot, présidente de la CSQ, Lucie Martineau, présidente du SFPQ, Sylvain Mallette, président de la FAE, Éliane Laberge, présidente de la FECQ, Mario Beaulieu, président de la SSJBM, Gilles Laporte, président du MNQ.

17 commentaires
  • Marcel Bernier - Inscrit 22 mars 2014 01 h 10

    Enfin!

    Les représentants-es des forces vives de notre nation donnent de la voix pour exiger que les aspirants-es députés-es sortent de leur bulle électoraliste et écoutent les revendications, maintes fois réitérées, de la société civile pour que la Charte de la langue française soit renforcée.
    N'oublions pas que c'est sous la gouverne des libéraux si le bilinguisme institutionnel a pris une telle ampleur. Si votez libéral, à la prochaine élection, c'est voter pour la corruption, c'est aussi et avant tout pour notre louisianisation.

    • Maurice Turcot - Inscrit 22 mars 2014 17 h 49

      C'est drôle que les souverainistes accusent les fédéralistes de vouloir faire peur en pointant du doigt la possibilité d'un référendum alors qu'ils sont marchands de peur en ce qui a trait à la survie de la langue française. Voilà un autre Bonhomme sept heure. N'importe quoi.

    • Rémi Carbonneau - Inscrit 23 mars 2014 12 h 14

      M. Turcot, c'est vous qui dites n'importe quoi.

      Pas nécessaire d'être indépendantiste pour vouloir protéger la langue française dans le seul État fédéré d'Amérique du Nord majoritairement français. Justement, le fédéralisme comme philosophie politique a pour objet la protection de la diversité nationale, à commencer par la langue des minorités historiques, en donnant une majorité locale une minorité étatique. Un fédéraliste digne de ce nom devrait s'opposer à l'homogénéisation linguistique en s'inscrivant pour la protection du français dans le seul territoire où c'est réellement possible en Amérique du Nord, à savoir le Québec. Opposer inutilement "séparatistes" et "fédéralistes" sur la question linguistique ne fait pas de vous un fédéraliste, mais un unioniste qui cherche coûte que coûte à rester au Canada. En vous opposant à la défense du français, tout ce que vous faites, c'est donner des munitions aux gens qui croient que cette protection n'est possible que dans les limites d'un État indépendant.

    • gaston bergeron - Abonné 23 mars 2014 12 h 42

      @ M. Maurice Turcot, Pour commenter la question linguistique au Québec, il faut d'abord s'informer -voilà qui exige cependant un effort intellectuel- en prenant note de quelques constats objectifs sur la question. Une banale rebuffade ne suffit pas pour se cacher le problème et se rassurer temporairement, hélas. Je vous suggère la suivante comme introduction : http://www.linguistiquement-correct.blogspot.ca/20

  • Gaetane Derome - Abonnée 22 mars 2014 01 h 19

    D'accord avec vous.

    Mais si le PLQ est elu oubliez cela..car on sait bien quel langue leurs amis parlent.

  • Gilles Delisle - Abonné 22 mars 2014 07 h 46

    Pour renforcer la loi sur la langue francaise, un seul parti!

    Un seul parti peut nous donner une loi 101 remaniée afin de là renforcer, c'est le parti qui l'a créee. Ne perdons pas de temps avec les autres partis, qui ne croient pas à cette loi, sauf si elle rapportait des votes.

  • Gilles Théberge - Abonné 22 mars 2014 08 h 03

    Encore la peur

    Les objectifs sont tellement modestes le langage tellement lénifiant, à côté de la plaque, que j'entend déjà par anticipation le rire sardonique d'une Christine Saint-Pierre se tapant sur les cuisses en apprenant qu'elle est nouvellement re-nommée responsable de la langue dans le prochain gouvernement anti charte et anti référendum de Pholippe Couillard. Comme c'est de plus en plus possible on n'a même pas à envisager le pire, il va se produire tout seul.

    La loi 101 à été conçue élaborée et adoptée pour donner à notre langue la place qui lui revient et qui doit être la première et sans partage dans l'espace public. Quand est-ce qu'on va arrêter d'être tellement gentil qu'on n'en finit pas de manger toutes les couleuvres qui se faufilent jusqu'au cœur de notre pensée molle?

  • Jean Martinez - Inscrit 22 mars 2014 11 h 12

    Où est la campagne contre la francophobie?

    Mario Beaulieu avait promis d'utiliser l'actuelle campagne électorale pour dénoncer la francophobie, bien réelle à Montréal et dans le reste du Canada. Pourquoi est-il invisible? Le PQ a pourtant besoin de lui. Et il y a des sites Web dans lesquels il pourrait puiser de nombreux exemples de cette francophobie.

    • Marie-Josée Blondin - Inscrite 23 mars 2014 11 h 25

      Voici, Monsieur Martinez, un lien concernant la campagne contre la francophobie:

      http://ssjb.com/pourquoi-une-campagne-contre-la-fr

      Il y a une pétition que vous pouvez signer sur le site.

      Vous y découvrirez que M. Beaulieu n'est pas du tout invisible mais, au contraire, qu'il contribue de manière pro-active à cette campagne et qu'il sillonne divers lieux au Québec et ailleurs pour éveiller les francophones.

      Vous savez, il en va aussi de la participation de tous les francophones de s'élever contre ce phénomène et de nous faire respecter.