Nous exigeons la démission de Marc Parent et de Ian Lafrenière du SPVM

La Journée internationale contre la brutalité policière du 15 mars 2014 se sera finalement soldée par 288 arrestations en vertu du règlement municipal P6. Par conséquent, nous, enseignantes et enseignants dans des cégeps et des universités de Montréal, nous demandons s’il est possible de dénoncer la brutalité policière sans en être soi-même la cible.

Le règne de l’arbitraire

Alors que la manifestation appelée par le Collectif opposé à la brutalité policière (COBP) devait débuter à 15h, le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) a déclaré le matin même sur son fil Twitter que rien ne lui permettait de déclarer la manifestation légale. Le prétexte? L’itinéraire n’avait pas été divulgué. Déjà deux jours plus tôt, Ian Lafrenière, porte-parole du SPVM, avait déclaré que la manifestation serait illégale pour la même raison. Pourtant, l’article 2.1 du règlement P6, qui concerne l’itinéraire, stipule qu’il suffit de fournir l’itinéraire « au préalable » de la manifestation, ce qui peut signifier seulement au moment du départ du cortège. P6 ne permet donc pas de se prononcer sur la légalité d’une manifestation avant que celle-ci ne commence.

Le SPVM se défend d’être contre les manifestations. Ian Lafrenière explique : « il y a une façon de [manifester] et la façon est claire : de donner l’itinéraire ». Mais alors pourquoi le SPVM laisse-t-il régulièrement filer des manifestations qui ne divulguent pas leur itinéraire?

Voici quelques exemples récents : la manifestation de casseroles contre l’austérité (4 mars), la manifestation contre la culture du viol (7 mars) et la manifestation du Comité 8 mars des Femmes de diverses origines. Dans ces trois cas, l’itinéraire n’a pas été divulgué à la police, qui n’est pourtant pas intervenue. Il en va de même pour plusieurs autres manifestations depuis l’adoption de l’article 2.1 du règlement P6 le 18 mai 2012. Le 7 mars dernier, les manifestantes ont même marché dans le sens inverse de la circulation; la manifestation a été déclarée « illégale » mais a été « tolérée » et a filé pendant une bonne heure dans les rues du centre-ville. 

Il est d’ailleurs très bien que le SPVM « tolère » ces manifestations. Cela devrait aller de soi dans un régime libéral. Par contre, nous nous demandons pourquoi le SPVM fait preuve d’un tel arbitraire à l’égard de la manifestation du 15 mars contre la brutalité policière. 

Le raisonnement circulaire du SPVM

Selon le SPVM, cette manifestation mérite un traitement particulier car « [d]epuis 1997, l’historique des manifestations initiées par le Collectif opposé à la brutalité policière (COBP) démontre que ce rassemblement génère des gestes de violence, tant sur les biens que sur les personnes. » Pourtant, cette année comme en 2013, la manifestation a été la cible de charges policières et d’un encerclement de masse avant même de commencer. C’est donc la police — et uniquement la police — qui a fait preuve de violence. Car charger une foule, arrêter des centaines de personnes et les détenir pendant des heures au froid, dans la rue, sans accès à des toilettes et à de l’eau, c’est violent. De plus, cela constitue une violation flagrante des libertés d’expression et de réunion pacifique (rappelons d’ailleurs que la constitutionnalité de P6 est actuellement contestée en cour).

Le SPVM mentionne régulièrement le nombre d’arrestations pour illustrer la « violence » des manifestations du 15 mars. Mais d’année en année, la plupart des accusations sont abandonnées lors des procès, car elles n’ont pas de fondement légal. Les arrestations ne sont ainsi qu’un indicateur non pas de la « violence » des manifestants, mais plutôt de l’ampleur de la répression policière. 

Il s’agit donc d’un raisonnement circulaire (on vous arrête cette année parce qu’il y a eu beaucoup d’arrestations les années précédentes) qui ne vise qu’à légitimer du profilage politique. La police ne tolère tout simplement pas qu’on manifeste pour dénoncer sa brutalité.

Or, année après année, à Montréal, la police assassine des itinérants et brutalise des individus en toute impunité. Sans oublier les 3650 arrestations politiques qui ont eu lieu à Montréal pendant le Printemps érable de 2012 et le printemps 2013.

Mettre un terme à l’impunité?

Ces abus systématiques ont été dénoncés par de nombreuses organisations. De plus, la Ligue des droits et libertés a demandé que le Bureau des enquêtes indépendantes mis en place au printemps 2013 ne soit pas constitué d’anciens policiers et qu’il relève du ministre de la Justice plutôt que de celui de la Sécurité publique. De même, en 2012 et 2013, une pétition et plus d’une cinquantaine d’organisations ont demandé la mise en place d’une commission d’enquête publique et indépendante sur les interventions policières. Parallèlement, le Barreau du Québec et l’Association des juristes progressistes ainsi que Projet Montréal et Québec solidaire ont exprimé des préoccupations à l’égard du règlement P6. Pour l’instant, tous ces efforts ont été vains. 

Face à l’indifférence du pouvoir, un des rares moyens dont dispose la population est de prendre la rue et de manifester. Or, la police, clairement juge et partie dans ce cas, a décidé de supprimer de facto cette liberté.

Dans un tel contexte, le silence complice de la quasi-totalité de la classe politique municipale et provinciale, des grands médias et des intellectuels est choquant et préoccupant. Comment se fait-il qu’on prétende que la non-divulgation d’un itinéraire de manifestation suffise à justifier l’arrestation de centaines de personnes, leur détention pendant des heures et des amendes de plus de 600$? Comment se fait-il que le pouvoir politique accepte que la police agisse de manière si ouvertement arbitraire en ne sévissant que contre les manifestations qui lui déplaisent? Comment se fait-il que la police s’invite dans l’espace médiatique pour manipuler l’opinion publique en oblitérant, par un discours bien rodé, autant la raison d’être de la manifestation, soit la dénonciation de la brutalité policière, que tous les cas de manifestations tolérées malgré la non-divulgation d’itinéraire? 

Tout le monde connaît pourtant les responsables de cette répression politique et de cette manipulation de l’opinion publique. Il s’agit du directeur du SPVM, Marc Parent, qui sera reconnu comme le chef de police responsable du plus grand nombre d’arrestations politiques dans l’histoire du Canada, et du porte-parole Ian Lafrenière, devenu maitre dans l’art du sophisme. 

Assez de cette impunité! Nous exigeons leur démission.

Cosignataires

1. Yves-Marie Abraham, HEC, Montréal 2. Omar Aktouf, HEC, Montréal 3. Alia Al-Saji, philosophie, Université McGill 4. Rémi Bachand, sciences juridiques, UQAM 5. Isabelle Baez, école de langues, UQAM 6. Pierre Beaucage, anthropologie, Université de Montréal 7. Dominic Beaulieu-Prévost, sexologie, UQAM 8. Sylvie Béland, littérature et cinéma, cégep Valleyfield 9. Céline Bellot, service social, Université de Montréal 10. François Bergeron, mathématiques, UQAM 11. Margie Bertrand, langues (anglais), Cegep du Vieux Montreal 12. Anne Bérubé, français, langue et littérature, cégep Vieux Montréal 13. Sirma Bilge, sociologie, Université de Montréal 14. Isabelle Billaud, français, cégep Lionel-Groulx 15. Mélissa Blais, études féministes, UQAM 16. Philippe Boudreau, sciences sociales, Collège Ahuntsic 17. Jacqueline Bourdeau, éducation, Téluq 18. ‪Denise Brassard, études littéraires, UQAM 19. Michel Caisse, arts plastiques, école St-Luc 20. Anne E. Calvès, sociologie, Université de Montréal 21. Rachel Chagnon, sciences juridiques, UQAM 22. Jacques Chamberland, philosophie, cégep Maisonneuve 23. Line Chamberland, sexologie, UQAM 24. Daniel Chapdelaine, chimie, UQAM 25. Murielle Chapuis, français, cégep Lionel-Groulx 26. Marie-Ève Charron, histoire de l'art, UQAM 27. Ryoa Chung, philosophie, Université de Montréal 28. Patrick Cloos, service social, Université de Montréal 29. Marc-André Cyr, science politique, UQAM 30. Dominique Damant, service social, Université de Montréal 31. Anne-Marie D'Aoust, science politique, UQAM 32. Mary Ellen Davis, cinéma, Université Concordia 33. Caroline Dawson, sociologie, cégep Édouard-Montpetit 34. Martine Delvaux, études littéraires, UQAM 35. ‪Linda Denis, travail social, UQAM 36. Danielle Desmarais, travail social, UQAM 37. Daniel Desroches, philosophie, cégep Lionel-Groulx 38. Pascale Dufour, science politique, Université de Montréal 39. Michelle Duval, travail social, UQAM 40. Paul Eid, sociologie, UQAM 41. Marc-André Ethier, didactique, Université de Montréal 42. Jean-Sébastien Fallu, psychoéducation, Université de Montréal 43. Carolina Ferrer, études littéraires, UQAM 44. Léa Laurence Fontaine, sciences juridiques, UQAM 45. Patrick Forget, sciences juridiques, UQAM 46. Frédéric Fournier, didactique, UQAM 47. Elsa Galerand, sociologie, UQAM 48. Martin Gallié, sciences juridiques, UQAM 49. Louis Gaudreaum travail social, UQAM 50. Sonia Gauthier, service social, Université de Montréal 51. Diane Gendron, philosophie, cégep Maisonneuve 52. Alain Gerbier, école des médias, UQAM 53. Gaële Gidrol-Mistral, sciences juridiques, UQAM 54. ‪José Antonio Giménez Micó, études espagnoles et latino-américaines, Université Concordia 55. Elisabeth Greissler, service social, Université de Montréal 56. Isabelle Gusse, science politique, UQAM 57. Jean-François Hamel, études littéraires, UQAM 58. Michelle Hartman, études islamiques, Université McGill 59. Adrienne Hurley, études est-asiatiques, Université McGill 60. ‪Martin Jalbert, littérature, cégep Marie-Victorin 61. Sylvie Jochems, travail social, UQAM 62. Claudine Jouny, soins infirmiers, cégep Vieux Montréal 63. Denis Kosseim, philosophie, cégep André-Laurendeau 64. Anna Kruzynski, affaires publiques et communautaires, Université Concordia 65. Marie Lacroix, service social, Université de Montréal 66. Michel Lacroix, études littéraires, UQAM 67. Céline Lafontaine, sociologie, Université de Montréal 68. Thomas LaMarre, études est-asiatiques, Université McGill 69. René Lapierre, études littéraires, UQAM 70. Martine-Emmanuelle Lapointe, littérature de langue française, Université de Montréal 71. Nathalie Larouche, littérature, cégep Lionel-Groulx 72. Isabelle Larrivée, littérature, Collège Rosemont 73. Pierre Lebuis, didactique, UQAM 74. Guylaine Le Dorze, orthophonie et audiologie, Université de Montréal 75. Lucie Lemonde, sciences juridiques, UQAM 76. Georges Leroux, philosophie, UQAM 77. Jean-François Lessard, science politique, UQAM 78. Dominique Leydet, philosophie, UQAM 79. ‪Abby Lippman, épidemiologie, biostatistique, santé au travail, ‪Université McGill 80. ‪Alexis Lussier, études littéraires, UQAM 81. Jessica MacCormack, arts, Université Concordia 82. Louis Martin, histoire de l’art, UQAM 83. Pierre McDuff, Centre de recherche interdisciplinaire sur les problèmes conjugaux et les agressions sexuelles, Université de Montréal 84. Laurence McFalls, science politique, Université de Montréal 85. Maria Nengeh Mensah, travail social, UQAM 86. Nathalie Miglioli, histoire de l’art, UQAM 87. Michel Milot, mathématiques, Collège Lionel-Groulx 88. Isabelle Miron, études littéraires, UQAM 89. Christian Nadeau, philosophie, Université de Montréal 90. Piroska Nagy, histoire, UQAM 91. Michèle Nevert, études littéraires, UQAM 92. Dan O’Meara, science politique, UQAM 93. Geneviève Pagé, science politique, UQAM 94. Caroline Patsias, science politique, UQAM 95. Robert Pellan, école de travail social, UQAM 96. Dario Perinetti, philosophie, UQAM 97. Martin Petitclerc, histoire, UQAM 98. Yvette Podkhlebnik, sciences de la Terre et de l'atmosphère, UQAM 99. Marie-Laurence Poirel, service social, Université de Montréal 100. Isabelle Pontbriand, littérature et cinéma, cégep Lionel Groulx 101. Maryse Potvin, éducation et formation spécialisée, UQAM 102. Geneviève Rail, Institut Simone de Beauvoir, Université Concordia 103. Charles Reiss, linguistique, Université Concordia 104. Sandrine Ricci, sociologie, UQAM 105. Jacinthe Rivard, service social, Université de Montréal 106. Élias Rizkallah, sociologie, UQAM 107. Vincent Romani, science politique, UQAM 108. Phaedra Royle, orthophonie et audiologie, Université de Montréal 109. Paul Sabourin, sociologie, Université de Montréal 110. ‪Sylvano Santini, études littéraires, UQAM 111. Jean Sébastien, arts et lettres, cégep Maisonneuve 112. Michel Seymour, philosophie, Université de Montréal 113. Sid Ahmed Soussi, sociologie, UQAM 114. Anick St-Louis, arts et lettres, cégep Rosemont 115. Lori St-Martin, études littéraires, UQAM 116. Brigitte Stanké, orthophonie et audiologie, Université de Montréal 117. Narendra Subramanian, science politique, Univesité McGill 118. Stéphane Thellen, sociologie, cégep du Vieux Montréal 119. Hervé Treille, musique, école Saint-Luc 120. Julien Villeneuve, philosophie, cégep Maisonneuve 121. Anne-Marie Voisard, psychologie, cégep St-Laurent

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29 commentaires
  • Julien Villeneuve - Inscrit 18 mars 2014 01 h 06

    Profilage politique.

    Nous sommes rendus à un point où le SPVM avoue lui-même qu'il fait du profilage politique.

    "Contrairement à des manifestations passées où il avait laissé marcher les manifestants même s’ils n’avaient pas fourni d’itinéraire, le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) a, cette fois-ci, choisi d’intervenir immédiatement « pour des raisons stratégiques et en raison de l’historique du mouvement », a déclaré le sergent Laurent Gingras, du SPVM." (Le SPVM coupe court à la manifestation contre la brutalité policière, Le Devoir, 17 mars 2014)

    Ceci n'est rien de moins que du "pre-crime" - parce que le passé est ainsi, le futur sera ainsi, et je suis donc légitimé de t'arrêter avant même que tu commettes un crime. Incroyable.

    Nous sommes également rendus à un point où le SPVM ment impunément. En effet Ian Lafrenière avait affirmé en conférence de presse quelques jours avant la manifestation que celle-ci serait tolérée sauf actes criminels, ce qui n'a clairement pas été le cas.

    Si la folie n'arrête pas la, elle arrête où?

    • Charles Bazinet - Inscrit 18 mars 2014 12 h 04

      Et si le SPVM avait plutôt parlé de l'«historique de l'événement», ça vous aurait satisfait? Parce que c'est un fait, cette manifestation donne systématiquement lieu à des actes de violence et de vandalisme, actes dont cette lettre ouverte ne fait évidemment aucune mention.

      Et non, le SPVM n'est pas l'unique coupable de ces débordements: nier que plusieurs manifestants en sont la cause première serait de l'aveuglement, voire de la mauvaise foi. Vous pouvez appeler cela du profilage politique si ça vous chante, mais je suis plutôt d'avis que le SPVM agirait de la même façon avec TOUTE manifestation qui aurait la réputation (ralativement) méritée d'être une émeute organisée. Il est là, le critère principal sur la base duquel l'arbitraire du SPVM s'exerce...

      Je comprends très bien la teneur de la critique formulée dans cette lettre, mais son manque de nuances me désole. Les agissements du SPVM sont à mon sens défendables, bien que critiquables. C'est d'autant plus vrai que quoique vous en disiez, un crime a effectivement été commis en vertu du règlement P-6, et c'est bien sur cette base que des manifestants ont été interpellés.

      Bref, non, ce n'est pas de la «folie». Aux principes sur lesquels vous faites reposer votre critique s'opposent d'autres principes tout aussi défendables. Au risque de vous déplaire, tout n'est pas aussi tranché que ce que cette lettre veut nous faire admettre, et à mon sens, reconnaître la chose serait un pas dans la bonne direction. Je présume ici que votre intention est bien de proposer une analyse judicieuse de la situation, et non d'amputer la réalité de celles de ses parties qui servent le moins bien votre propos. Est-ce que je me trompe?

  • Marcel Bernier - Inscrit 18 mars 2014 05 h 27

    Ma fierté d'être Montréalais en prend un coup...

    De constater que notre charte des droits et libertés de la personne n'a pas été intériorisée par ceux-là même chargés d'en être les plus fervents défenseurs.
    Peu fier de constater que le ministre de la Sécurité publique a failli à son devoir, de par la Loi de police, d'assurer des services policiers de qualité sur tout le territoire québécois.
    Peu fier d'avoir un maire plus centré sur sa gloriole personnelle que d'administrer selon les plus hauts standards de gouvernance.
    Peu fier de voir un chef de police incompétent et un lieutenant de police maître en désinformation se voir ainsi rabrouer sur la place publique par une partie importante de l'intelligentsia.
    Il est temps que ça change!
    Tout cela a trop longtemps duré!

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 18 mars 2014 06 h 06

    Coup d'épée

    Messieurs dames les signataires, votre exigeance de démission n'est qu'un coup d'épée dans l'eau car si ceux-ci partent, ils seront remplacés par d'autres. Rentrez chez vous et trouvez un autre moyen que l'anarchie pour protéger la société.

    Merci de votre collaboration.

    PL

    • Jean-Luc St-Pierre - Inscrit 18 mars 2014 11 h 53

      Informez-vous sur ce qu'est l'anarchie avant de dire des absurdités pareilles.

    • simon villeneuve - Inscrit 18 mars 2014 12 h 10

      il y a aussi d'autre facon que le totalitarisme pour la protection de la population .
      Je crois ceci est le point de la lettre.

      Faut aussi arreter de croire que la liberte vient sans risque ...

  • Pierre Raymond - Abonné 18 mars 2014 07 h 23

    M. Coderre

    ...et M. Coderre semble tout à fait à l'aise avec ça.

  • michel lebel - Inscrit 18 mars 2014 09 h 15

    Le "préalable"

    J'ai toujours cru que toute manifestation qui ne donnait pas au "préalable" son intinéraire, et ce "préalable"doit être suffisant pour que la police puisse s'organiser, devait être considérée comme illégale et ne pouvait avoir lieu. La police pouvait donc utiliser tous les moyens requis pour empêcher la tenue de cette manifestation illégale. C'est ainsi que les choses se font dans plusieurs grandes ville, avec des "préalables" bien précis (quelques jours ou semaines). La liberté d'expression, dont la liberté de manifester, peut et doit être réglementée. Mais de façon appropriée et raisonnable, eu égard à une société libre et démocratique.


    Michel Lebel

    • Sylvain Auclair - Abonné 18 mars 2014 09 h 23

      Évidemment, vous n'abordez pas la question essentielle: pourquoi la police tolère-t-elle des manifestations illégales et arrête-t-elle tous les participants d'autres?

    • Pierre Raymond - Abonné 18 mars 2014 09 h 37

      «...pour que la police puisse s'organiser...)

      Serait-ce la raison pour laquelle plusieurs groupes refusent de donner leur itinéraire "au préalable" ?

    • michel lebel - Inscrit 18 mars 2014 09 h 59

      @ Sylvain Auclair,

      Je ne sais pas pourquoi la police agit ainsi. La loi devrait s'appliquer à tous sans exception. L'arbitraire est à éviter absolument.

      M.L.

    • Sylvain Auclair - Abonné 18 mars 2014 12 h 06

      Mais on sait très bien pourquoi, monsieur Lebel: la police vise certains groupes du fait des messages qu'ils portent, tout simplement.

    • michel lebel - Inscrit 18 mars 2014 15 h 26

      @ Sylvain Auclair,

      Pourriez-vous être plus précis pour ce qui a trait aux mots:"du fait des messages qu'ils portent". Quels messages ou quels types de messages ne sont pas tolérés? Merci.

      M.L.

    • Simon Chamberland - Inscrit 18 mars 2014 19 h 47

      M. Lebel

      Le type de message importe peu. Vous ne semblez pas connaître beaucoup notre constitution et notre système judiciaire. Ce n'est pas le rôle des policiers de décider quel réglement ils doivent appliquer ou non. Ils ont un travail à faire et c'est les tribunaux qui décideront ultérieurement.

      Nos policiers du SPVM décident avant même le début de la manif qu'il y aura arrestation de masse parce qu'ils n'aiment pas le message de cette manifestation.

    • michel lebel - Inscrit 18 mars 2014 20 h 22

      @ Simon Chamberland,

      Je suis avocat et ancien professeur de droit constitutionnel et international. Je connais un peu le droit! Enfin, en passant, ma question ne s'adressait pas à vous, mais à M. Auclair.

      M.L.

    • Michaël Lessard - Abonné 19 mars 2014 13 h 47

      On ignore aussi que le SPVM se comportait de même les années d'avant où il n'existait pas l'obligation explicite de donner un itinéraire.

      Jadis, et j'ai participé à un très grand nombre de manifestations depuis 2000, on avisait simplement la police du point de départ et d'arrivée en vertu de la loi 500.1 de la sécurité routière, c'est-à-dire uniquement pour des raisons de sécurité. La police, donc, assurerait la sécurité, mais n'osait jamais bloquer la manifestation non violente, celle-ci étant protégée par la constitution canadienne.

      C'était la coutume : les manifestations non violentes étaient considérées intouchables de par la constitution, mais on devait aviser les autorités pour qu'elles assurent la sécurité routière et des gens.

      À Québec, de 2000 à 2012, les organismes communautaires en défense de droits ne donnaient généralement pas un itinéraire précis et autre paperasse. La police se pointait et assurait une protection avant et arrière. De coutume, on leur parlait le moins possible, car sinon elle commençait à nous donner des directives.

      La limite aux droits fondamentaux était donc la sécurité de tout le monde, sans pourtant dissoudre la manifestation. Sans oublier que la police peut arrêter une personne qui commet un délit sans s'attaquer à l'ensemble.

    • Simon Chamberland - Inscrit 19 mars 2014 22 h 41

      Et bien M. Label, je suis surpris qu'une personne avec un tel C.V. ne s'indigne pas du traitement que fait le SPVM de la manif du 15 mars, en regard des autres manifs.

      C'est étonnant.