Qui entendra les infirmières?

La campagne électorale est une occasion privilégiée de parler des défis pour l’accès aux soins de santé. Et la discussion s’annonce d’autant plus intéressante que des solutions simples et efficaces pourraient être déployées sans taxer encore les contribuables. Il suffit de voir qui, au sein de nos partis politiques, écoutera les propositions des infirmières.

 

Ces solutions reposent sur une mise à contribution plus pertinente et plus innovatrice des infirmières. Dans la plupart des cas, il s’agit de solutions qui transforment des dépenses en investissements. Voici quelques exemples concrets.

 

Comme on le fait ailleurs, les infirmières pourraient prescrire, dans des situations cliniques précises, des soins de plaies, certains tests pour les infections transmissibles sexuellement (ITSS) et des médicaments à caractère préventif. Le système gagnerait aussi à intégrer plus d’infirmières praticiennes spécialisées. On en compte moins de 300 au Québec alors qu’on en dénombre 2000 en Ontario. S’il est nécessaire de démontrer la pertinence de la contribution infirmière, on estime que leur présence adéquate en CHSLD diminuerait de 45 % à 67 % le nombre d’hospitalisations.

 

D’autres exemples : la mise sur pied de la première équipe de consultation infirmière de proximité, au sein du CSSS du Nord de Lanaudière, qui permettra aux infirmières d’exploiter le plein potentiel de leur champ de pratique, dont l’évaluation et la coordination de soins, l’éducation et l’application d’ordonnances collectives, le tout en mode collaboration interprofessionnelle. Il s’agit d’un projet qui intéressera les personnes qui ont une maladie chronique ou un problème de santé courant.

 

Certaines problématiques ont aussi trouvé une solution efficace dans une pratique infirmière novatrice. Pensons à l’augmentation de l’accessibilité à des soins intégrés pour les itinérants, à la mise en place d’un centre de prévention clinique qui offre des services aux adultes qui n’ont pas de médecin de famille ou au déploiement de programmes de télésoins destinés à assurer un suivi clinique intelligent à domicile. Ce sont toutes des initiatives infirmières aux effets bénéfiques qui tardent à se multiplier, faute de moyens.

 

On ne dira jamais assez que le rehaussement de la formation de la relève pourrait produire des gains majeurs, en forme d’économies ou de soins supplémentaires. Une récente étude a démontré que, déduction faite des coûts de formation des nouvelles infirmières, ces gains offriraient une valeur ajoutée allant de 498 millions à 880 millions de dollars pour la période 2019-2027.

 

Les solutions infirmières ne manquent pas. Les pays de l’OCDE qui ont réussi à transformer leur système de santé l’ont fait en misant sur les infirmières. Pourtant, le Québec tarde à agir et stagne au 23e rang des 34 pays de l’OCDE pour ce qui est de l’accès, de l’efficacité et de l’efficience des services.

 

Souhaitons que le gouvernement qui sera élu le 7 avril comprenne que les 73 000 infirmières et infirmiers du Québec peuvent apporter bien davantage à leurs concitoyens pourvu qu’on leur donne les conditions pour le faire.

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6 commentaires
  • Jean-Marc Pineau - Inscrit 10 mars 2014 05 h 04

    Mme Lucie Tremblay : Je ne sais pas quel parti vous écoutera le mieux (j'en ai une bonne idée, mais je ne la dirai pas). Cependant, je suis à peu près certain que, s'il était élu, ce ne serait pas le Dr Gaétan Barrette qui agirait comme s'il vous avait entendu. À ses yeux, les infirmières ne sont sans doute que du menu fretin. Les médecins spécialistes sont beaucoup plus intéressants... et voraces.

    • Louka Paradis - Inscrit 10 mars 2014 09 h 26

      Je dirais que le PQ, avec la candidate Gyilaine Desrosiers, ex-présidente de l'Ordre des infirmiers e infirmières, sera le mieux placé pour comprendre les problématiques et trouver les solutions adéquates.
      L'équipe santé du PQ est multidisciplinaire et fort prometteuse. Celle du PLQ, plutôt d'un ancien style et un peu machiste sur les bords...

    • Jean-Marc Pineau - Inscrit 10 mars 2014 11 h 02

      @ Louka Paradis :
      Au moment de rédiger mon premier commentaire, je ne me souvenais plus du nom de Mme Desrosiers ; mais, de toute façon, et même si j'assume mes idées et mes choix, jje ne voulais pas, cette fois-ci, avoir l'air trop partisan... J'en profite pour vous dire que j'apprécie toujours vos commentaires et que, sauf erreur, je partage toujours votre opinion. Merci.

    • Michel Vallée - Inscrit 10 mars 2014 14 h 30

      @Louka Paradis

      À voir lire, à tous points de vue, le meilleur en tout et pour tout, invariablement c'est le PQ...

  • André Michaud - Inscrit 10 mars 2014 10 h 38

    Une foi élues ??

    On verrra si la candidate péquiste anciennement du syndicat des infirmières sera élue et si elle fera plus et saura s'imposer aux médecins dans le PQ ????

    Le Québec est en retard dans ce dossier , comme bien d'autres, sur les autres provinces..

    • Diane Gélinas - Abonnée 10 mars 2014 17 h 37

      Petite mise au point :

      La candidate péquiste, Gyslaine Desrosiers était présidente de l'Ordre des Infirmières et Infirmiers du Québec. (OIIQ)

      La présidente du Syndicat des infirmières est plutôt Madame Régine Laurent (Fédération interprofessionnelle de santé du Québec) (FIQ)