Faire de la politique comme avant? Non !

Une centaine de membres d’Option nationale et de Québec solidaire ont rédigé une lettre pour inciter leurs partis à converger vers l’indépendance du Québec. Avant la dernière élection, celle de septembre 2012, la société civile a déployé bien des efforts pour inciter les trois partis indépendantistes à ne pas diviser leurs votes respectifs dans une douzaine de circonscriptions.

 

Les trois partis ont refusé, et ce refus est sans nul doute l’une des causes de l’élection du gouvernement minoritaire actuel. La conjoncture a changé, mais lorsqu’on voit la réaction des dirigeants d’Option nationale et de Québec solidaire, la pratique politique semble demeurer la même.

 

Nous entrons de plain-pied dans le jeu électoral traditionnel, hérité de la monarchie constitutionnelle britannique et de son avatar, la Constitution canadienne que nous n’avons jamais signée.

 

Si le scénario actuel s’avère, l’alternance des partis amènera une majorité au Parti québécois, un Parti libéral minoritaire, une Coalition avenir Québec anémique, une présence réduite pour Québec solidaire et une Option nationale sans député.

 

Souveraineté du peuple

 

Le Mouvement démocratique pour une constitution du Québec n’entérine pas plusieurs affirmations de la lettre intitulée « Une redoutable synergie ». Cependant, il croit, comme les signataires, que si le Parti québécois redevient le « propriétaire » du projet d’indépendance par l’élection d’un gouvernement majoritaire, il devra reconnaître que la souveraineté est d’abord et avant tout la souveraineté du peuple, des citoyens. Il croit, conséquemment, que le choix d’un statut politique relève de l’exercice démocratique et non partisan d’une assemblée constituée de citoyennes et de citoyens de ce peuple.

 

Les lignes des partis sont plus fortes que jamais et n’encouragent pas les citoyens à choisir leurs élus. Le scrutin proportionnel et le mandat d’initiative sont relégués aux calendes grecques. Le vote libre des députés est redevenu inimaginable. La hiérarchisation du pouvoir à l’intérieur des partis s’est bétonnée. Bref, on est loin de faire de la « politique autrement ».

 

Cependant, les gouvernantes et les gouvernants que nous avons mis au pouvoir font le ménage. Elles et ils proposent des politiques nécessaires et bien intentionnées. Le cynisme est un peu à la baisse, et la ferveur un peu en hausse.

 

Misant sur ce nouveau climat, le Mouvement démocratique pour une Constitution du Québec croit que le temps est venu d’inviter les citoyennes et les citoyens à s’entendre sur certains principes d’une vie commune (langue, religion, égalité, justice) et de les appeler à choisir, en toute liberté, le régime politique qu’ils souhaitent et les institutions qui en découlent. Bref, le temps est venu de se donner une Constitution.


Pierre Curzi - Président du Mouvement démocratique pour une Constitution du Québec

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