Il faut revenir à la «convergence culturelle»

Au stade où en est présentement le débat sur le projet gouvernemental de charte de la laïcité, il apparaît de plus en plus nettement que ce débat renvoie à une question fondamentale, sinon à la question fondamentale pour le devenir de la société québécoise, celle de la direction à donner à l’ouverture, unanimement souhaitée, à la diversité culturelle. Faut-il l’orienter dans le sens d’une convergence axée sur la pérennité et l’enrichissement de la culture qui donne au Québec son caractère distinctif ou dans le sens de la dissolution de cette culture dans le multiculturalisme enchâssé dans la Constitution canadienne de Pierre Elliott Trudeau ?

 

Naguère inspiratrice notamment des orientations de la politique québécoise de l’immigration, la notion de « convergence » a subrepticement cédé la place à une conception de « l’intégration » moins affirmative de la distinction québécoise qui a finalement pris le nom d’« interculturalisme » dans le rapport de la commission Bouchard-Taylor, à défaut pour celle-ci d’entériner la notion bien proche parente, mais honnie au Québec, de « multiculturalisme » […]. La prise de position du chef du Parti libéral du Québec sur le projet de charte de la laïcité a le mérite d’être claire ; s’il évite soigneusement le terme impopulaire de « multiculturalisme », Philippe Couillard se fait presque sans réserve le propagandiste de la politique canadienne en la matière.

 

Dans le cadre de la réflexion qu’il poursuit, à la lumière privilégiée des consultations menées à l’Assemblée nationale, le gouvernement aurait avantage à revenir explicitement à l’objectif de convergence culturelle […]. Pour ma part, m’en tenant à ce qui fait l’objet de divergences très marquées à propos du projet gouvernemental, il m’apparaît ainsi tout à fait cohérent en fonction de cet objectif d’interdire le port de signes religieux ostentatoires chez les personnes qui représentent directement l’État dans son triple rôle de pouvoir législatif, exécutif et judiciaire, y compris dans les institutions municipales qui en sont l’émanation, quitte à assortir l’interdiction d’une clause de droits acquis (aisément gérable, faut-il le souligner) pour éviter les pertes d’emplois controversées à juste titre. L’interdiction serait tout aussi justifiée dans les institutions vouées à la transmission des valeurs chez les enfants et les jeunes, dans les établissements publics et privés subventionnés d’enseignement primaire et secondaire et les centres de la petite enfance. Dans les sociétés d’État et les agences gouvernementales, une approche au cas par cas pourrait être adoptée, les organismes de contrôle exerçant des pouvoirs autoritaires au nom de l’État, comme l’Agence du revenu ou l’Autorité des marchés financiers, étant par exemple visés par l’interdiction, mais non des organismes comme la Société des alcools ou Loto-Québec.

 

Deux critères essentiels guideraient ainsi les choix en matière d’interdiction des signes religieux ostentatoires : la manifestation de la laïcité de l’État dans les institutions et chez les personnes qui incarnent celui-ci directement (ce qui permet de statuer sur l’opportunité de ne pas maintenir le crucifix à l’Assemblée nationale, soit dit en passant) et l’expression de cette valeur de société dans les lieux de formation initiale des jeunes. C’est en fonction de ces critères qu’il ne m’apparaît pas nécessaire d’étendre la mesure indistinctement à toutes les sociétés ou agences de l’État, ni aux collèges et universités, ni aux établissements de santé et de services sociaux ou aux garderies en milieu familial, où les objectifs de convergence évoqués plus haut laissent place, en raison de leur environnement communautaire, à l’expression de particularités culturelles ou religieuses. Bien entendu, il y a là matière à discussion, mais on admettra que chacun tirerait profit d’un encadrement clair des choix de société à adopter, dans le respect de l’option fondamentale — si on y adhère vraiment — qu’est l’affirmation de la spécificité de la société québécoise. Ce n’est pas sans pertinence qu’on établit un parallèle entre le débat sur la laïcité et le débat des années 1970 sur la Charte de la langue française. C’est au nom de la convergence culturelle que le Québec a fait du choix du français comme langue commune l’expression d’un droit collectif ; c’est dans la même perspective qu’il y a lieu de situer le débat d’aujourd’hui sur la laïcité.


 
32 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 15 février 2014 02 h 19

    Oui à l'interculturalisme

    Tout le monde est d'accord pour une convergence culturelle quand il s'agit d'intégration comme définit par l'interculturalisme. La recherche d'affinités communes tout en préservant les spécificités individuelles est toujours souhaitable dans une société démocratique. Mais jamais, et au grand jamais les francophones n'accepteront le multiculturaliste trudeauisme qui mène à l'irradiation de leur culture identitaire et à l'isolation de différentes ethnies jusqu'à l'inévitable brisure sociétale.

    Mais de considérer une approche au cas par cas dans les sociétés d'État mine justement l'esprit et la lettre de cette future loi en devenir puisqu'en définition, irrévocablement, certains droits auront préséance sur d'autres. L'État est neutre ou ne l'est pas. Le port de signes ostentatoires créationnistes dans les garderies en milieu familial tout comme dans les écoles confessionnelles privées qui sont subventionnées à une hauteur de 60% par les contribuables, n'est pas de la convergence culturelle, mais bien un communautarisme encore plus détestable que le multiculturalisme. Il ne faudrait jamais oublier que le port de signes ostentatoires créationnistes dans la sphère étatique n'est pas un droit, mais bien un privilège qui n'est pas garanti dans aucune charte, incluant celle de l'état canadien qui est basée sur la suprématie d'un dieu (ou ami imaginaire). Comme le mentionnait récemment Claire L’Heureux-Dubé à la commission sur la charte de la laïcité, qui elle-même est issue du gouvernement des juges, « La religion est d’abord et avant tout un engagement intérieur, une croyance » et finalement, que « Les signes religieux font partie de l’affichage de ses croyances religieuses et non pas d’une pratique de la religion ».

    Oui à l'interculturalisme et non au multiculturalisme et sa progéniture incestueuse, le communautarisme. Et la liberté républicaine, comme pour la neutralité de l'État, n'inclut pas un crucifix suspendu au dessus de nos têtes.

  • Michel Harvey - Inscrit 15 février 2014 07 h 26

    Tout cela pour ça...

    Convergence culturelle. Une bien grande tournure de phrase pour juste dire: intégration.

    Un autre moyen de nier le droit à la différence! Ce n'est que ça!

    • Reza Ahmad - Inscrit 16 février 2014 14 h 52

      Bonjour Monsieur Cyril Dionne,

      Je voudrais simplement savoir jusqu'à quel degré vous compter pousser la convergence, sans sortir du cadre d'une société qui respecte les droits individuels? Par exemple, vous pouvez me contre-dire bien sûr, seriez-vous comme Robespierre, pour l'instauration d'une religion d'État, une pour tous?

      Merci.

    • Cyril Dionne - Abonné 16 février 2014 22 h 32

      Premièrement, M. Ahmad, si vous vous adressez à moi en particulier, faites-le au bon endroit.

      En deuxième lieu, la liberté signifie que des restrictions ou contraintes sont souvent nécessaires pour préserver les libertés et droits fondamentaux d’autrui et que les libertés individuelles ne sont pas des droits absolus comme définit pas votre gouvernement des juges, la Cour suprême du Canada. On est bien d'accord avec la convergence culturelle, mais l'intégration aux valeurs de la société d'accueil a toujours meilleur goût.

      Troisièmement, c'est à cette logique invraisemblable, celle de la « sincérité de la croyance » qu'on voudrait nous imposer cette pratique du port de signes ostentatoires créationnistes dans la sphère privée. Les « Punk » sont aussi sincères dans leur démarche de s'accoutrer de façon inconvenante mais cela ne leur donne pas le droit de porter ce qu'ils veulent lorsqu'ils sont des fonctionnaires au service de l'État. Et aucun athlète canadien ne portait un signe ostentatoire créationniste visible lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Sotchi.

      Finalement M. Ahmad, faut-il le répéter encore que le Québec veut une société égalitaire, laïque et française. La neutralité de l'État via la laïcité n'est pas une religion. Elle ne cogne pas à votre porte le samedi matin pour vous dire que vous vivez dans le péché et elle vous donne le droit de critiquer les prophètes des religions monothéistes sans encourir le risque d'une fatwa contre vous.

      Est-ce que c'est tellement difficile à comprendre ?

    • Cyril Dionne - Abonné 16 février 2014 22 h 45

      Et évidemment, imposer le port des signes ostentatoires créationnistes était dans la sphère étatique et non la sphère privée.

  • Claude Bernard - Abonné 15 février 2014 09 h 33

    Convergence, survie et loi 101

    Sauf erreur, au moment de la loi 101 on invoquait la survie du français plutôt que la «convergence» qui me semble un nouveau concept.
    M. Guy Rocher parle de laïcité pour cause de diversité culturelle; lui aussi préconise la clause grand-père qui me semble une bonne base pour recentrer le débat.
    Comment faire la preuve de la nécessité d'affirmer que certains fonctionnaires «incarnent directement la laïcité de l'État»?
    Pourquoi est-il si urgent d'exprimer nos valeurs au dépend des minorité religieuses? Qu'arrivera-t-il si nous ne le faisons pas?
    La France l'a fait il y a dix ans et la situation n'a fait qu'empirer depuis; il semble bien que ce n'était pas la solution espérée.
    Quand on a un problème, ne convient-il pas de l'étudier avant de prétendre le résoudre?
    Faut-il contrôler le problème à la source et n'accepter que les musulmanes qui promettent de ne pas porter le voile si elles viennent vivre au Québec?

  • André Michaud - Inscrit 15 février 2014 10 h 08

    LA culture ???

    Il n'y a pas UNE culture à protéger au détriment des autres.

    Chaque culture nous apporte ses richesses en arts, architecture, bouffe, littérature etc..

    Mon coeur est plus près d'un raga indien de Ravi Shankar ou du oud de Anouar Brahem que des rigodons québécois..qui étaient d'ailleurs eux-même copiés sur la musqiue irlandaise..!!

    On peut aussi mieux aimer la bouffe italienne que le ragoût de patte québécois..

    Imposer une culture au détriment des autres serait pour moi un crime contre l'humanité !

    • Roxane Bertrand - Abonnée 15 février 2014 15 h 25

      Lorsqu'un employé de l'état porte une croix gammée pour offrir un service, il impose sa culture.

      Que ce soit une allégeance politique ou religieuse, lorsque l'on représente l'état, il faut reprensenter tous les citoyens, et non ses valeurs personnelles.

      Cela demande la neutralité chez celui qui offre ou représente.

    • André Michaud - Inscrit 15 février 2014 18 h 08

      @ Mme Bertrand

      Croyez-moi en 35 ans comme employé de la fonction publique provinciale je n'ai jamais vu un seul citoyen recevoir un service de type religieux , même si certains employés étaient des ex religieux avec des croix il ne faisaient aucune propagande et étaient très respectueux des citoyens. D'ailleurs M.Drainville n'a pu donner UN seul exemple à cet effet.

      Ne jugons pas les gens sur leurs vêtements et n'excluons pas les femmes musulmanes avec un voile.

      Cependant on pourrait obliger de garder le visage à découvert, le citoyen doit voir celle qui le sert.

      Ceux qu'il faut surveiller ce sont les imans qui pourraient endoctriner de jeunes musulmans vers la haine..et manipuler l'idéalisme inhérent à leur âge.

    • Michel Vallée - Inscrit 15 février 2014 20 h 37

      @André Michaud

      Vous schématisez à outrance : la culture ne se résume pas à une platée de ragoût ou à un set-carré !

    • Roland Berger - Inscrit 15 février 2014 22 h 39

      Votre conception de la culture vole bas. Que dire de la générosité légendaire des Québécois envers les étrangers qui tentent, non pas d'imposer leur culture, mais plutôt de s'associer à celle des Québécois sans perdre la leur.

    • Cyril Dionne - Abonné 15 février 2014 23 h 44

      Est-ce qu'on est chez nous ou non M. Michaud ?

      On veut bien croire dans la diversité, mais il ne faudrait pas s'oublier tout de même. Et on en a ras-le-bol de cette mentalité de colonisé. Comme si notre identité culturelle ne valait pas la peine d'être préservée.

    • André Michaud - Inscrit 16 février 2014 10 h 08

      @ M.Berger et M.Dionne

      Est-ce que nos ancêtres ont pris les coutumes des autochtones qui vivaient ici depuis des milliers d'années , ou ont-ils imposé de force les leurs?

      Est-ce cela que vous appelez "notre" générosité légendaire ? Il faudrait en parler aux autochtones qui revendiquent la propriété du Québec..

    • Karianne Patenaude - Inscrite 16 février 2014 10 h 46

      Je suis parfaitement d'accord avec vous monsieur Michaud!

      Vos exemples sont des exemples parmi tant d'autres. Quand on parle de culture, on parle de philosophie de vie, d'expression artistiques, de créativité, de "saveurs", de croyances, de modes de vie, de définitions des relations hommes-femmes, parents-enfants, etc. (qui peuvent être diversifiées et "bonnes" même si cela diffère de nos points de repères occidentaux).

      Et stoppons les sophismes de la pente glissante ou axés sur des amalgames de comparaisons faussées telles que "le voile" versus "la croix gammée". Quand il est question d'interdiction et de restriction des droits des autres, essayons svp d'être rigoureux et de rechercher une comparaison qui tiendra compte de la complexité de cette analyse et de toutes les nuances importantes à faire.

    • Cyril Dionne - Abonné 16 février 2014 12 h 59

      @ André Michaud et Karianne Patenaude

      Oui, nos ancêtres ont essayé de s'intégrer aux coutumes des autochtones. Louis Riel, les métis et les coureurs des bois, ça vous dit quelque chose ? Mais les Britanniques et les loyalistes ont poussé pour la destruction des cultures autochtones en les expulsant vers des réserves qui sont en fait, une forme d'apartheid moderne. Et en ce qui concerne le concept de propriété privée, il n'apparaissait pas dans le vocabulaire autochtone jusqu'à récemment.

      Ici, on ne compare la croix gammée avec le voile. Mais le symbolisme du voile a une répercussion politique et n'est pas le bienvenu dans la sphère étatique à moins que toutes les philosophies politiques y soient représentées. Pour les musulmans, il n'y a aucune séparation entre le politique et la religion.

      Les symboles ostentatoires créationnistes sont de facto des symboles politiques. Et ils sont créationnistes dans le sens qu'ils représentent des philosophies métaphysiques basées sur des livres et des écrits qui datent de l'âge de bronze. L'interprétation littérale de ceux-ci dictent que la Terre est âgée de 6 000 ans et que les premiers humains furent Adam et Eve. Il existe un arbre en Suède qui est âgé de plus de 9 550 ans (Old Tjkko) selon la méthode de datation du carbone 14.

      Alors, comment réconcilier dans un état moderne, les fables dogmatiques et doctrinaires des religions monothéismes peuplés d'amis imaginaires avec la pensée critique et la raison qui sont basées sur des principes de sciences naturelles temporellement et durement éprouvés ? En implantant un mur de type jeffersonien pour séparer l'État des religions via la loi 60. Et les croyances spirituelles demeurent et demeureront toujours une expérience personnelle.

      Comment pouvez-vous raisonner ceux qui ont un besoin inné de croire ? Et je suis d'accord pour dire que les prières du maire de Saguenay au début des assemblées du conseil municipal sont aussi ridicules qu'ostentatoires.

    • Karianne Patenaude - Inscrite 16 février 2014 13 h 46

      Plusieurs voient en le voile un symbole politique... comme plusieurs personnes y voient davantage une manifestation de son attache à sa foi et à sa communauté d'origine. Très difficile de trancher sur un sens unique et dominant que tout le monde devrait adopter de façon unilatérale.

      Posez la question aux personnes voilées que vous croisez et cotoyez... demandez-leur s'ils se sentent liés à la dimension politique et oppressante telle que certains le perçoivent.

      Je crois quant à moi que c'est cela qui est important (ici par les personnes qui vivent cette culture)... Chaque communauté immigrante apportera une partie de sa culture d'origine et y redéfinira un sens propre (en fonction d'un principe axé sur un plus grand épanouissement et une plus grande liberté plutôt que d'une oppression politique).

    • Michel Vallée - Inscrit 16 février 2014 14 h 44

      @Karianne Patenaude

      <<Quand on parle de culture, on parle de philosophie de vie, d'expression artistiques, de créativité, de "saveurs", de croyances, de modes de vie, de définitions des relations hommes-femmes, parents-enfants, etc. >>

      Les références culturelles vont au-delà des simples manifestations que vous énumérez.

      Ainsi, les manifestations folkloriques mettent en cause les religions qui fondent les traditions, et ces religions relèvent d’une cosmogonie qui leur est propre, c’est-à-dire d’une vision première de l’Univers qui les caractérise.

      Or, ces différentes conceptions qui partagent le même environnement engendrent néanmoins des expériences de différents « mondes», d’où les compréhensibles frictions ethnocentriques qui animent le présent débat.

      Par ailleurs, à notre époque, pour les sujets éclairés, ces constructions de l’esprit apparaissent évidemment aussi réductrices que puériles. Sinon, autant encore en découdre sur le libre-arbitre et la prédestination…

    • Cyril Dionne - Abonné 16 février 2014 14 h 59

      @ Karianne Patenaude

      Encore une fois, on ne s'attaque pas aux personnes qui le portent le voile, mais au symbole que celui-ci représente. Et j'ai posé cette question à des femmes voilées et leur réponse invariable, lorsqu'il y en avait une (c'était d'un rarissime extrême puisque les hommes qui étaient autour d'elles ne les laissaient pas parler), celle-ci se rapprochait drôlement à une définition patriarcale d'un temps qu'on pensait révolu. Et il n'y a pas si longtemps de cela en Ontario, ils ont essayé d'en passer une p'tite vite avec l'établissement de tribunaux liés à la loi de la charia (loi islamique).

      Comme disait Yves Charles Zarka, « le voile est à la fois un signe religieux et une marque de discrimination, il est le symbole de l'instauration d'une société de quasi-apartheid qui oppose hommes et femmes comme citoyens de classes différentes et qui accorde aux hommes la possession et la maîtrise du corps, de la liberté et même de la vie des femmes ».

      Ceci dépasse l'entendement religieux. Et c'est de cela qu'on parle ici.

    • Nicolas Bouchard - Abonné 16 février 2014 21 h 21

      Il faut prendre en compte qu'un même symbole religieux peut avoir plusieurs sens.

      Certains auront peut-être vu la photo de ce journalisme de la CBC portant un chapeau russe arborant un symbole soviétique (faucille et marteau), non?

      Pourtant, un de mes amis venant de Lituanie en fut scandalisé. Pour lui, ce symbole représente la dictature, le totalitarisme, les prisons politiques, la torture et les morts. Ici, on le voit avec un certain romantisme, la série du siècle, Tretiak, Nadia Comaneci, les frères Stastny et etc. Ce journaliste n'aurait jamais dû apparaitre en pleine télévision d'état avec un pareil symbole.

      Il devrait en aller de même pour les symboles religieux. Si des signes peuvent avoir des sens politiques et historiques excessivement négatifs, ils devraient être honnis d'être porté dans la fonction publique.

      Nicolas B.

    • Karianne Patenaude - Inscrite 18 février 2014 07 h 02

      Je parlerai donc d'observations personnelles directes et indirectes. Je dois connaître une dizaine de personnes qui côtoient régulièrement tout comme moi des femmes musulmanes: professeurs ou éducatrice de leur enfants, collègues d'études ou de travail, amies, membres ou clientèle assidus de l'organisme pour lequel elles travaillent, amies de correspondance ayant connues à travers leurs différents voyages à travers le monde, etc.

      Toutes ces personnes qui ont développé des liens significatifs avec des femmes d'origine musulmanes perçoivent chez ces dernières des femmes épanouies qui assument leurs choix de vie. Elles doivent vivre des pressions sociales autant que nous mais différentes (les nôtres étant entre autre: être minces, sexy, dans un mode de séduction si possible pour capter l'intérêt des hommes, à la mode, rasées, maquillées, à l'apparence jeune, en talon haut pour plus de féminité, etc.). Elles ont adopté ce mode de vie par spiritualité, par appartenance à leur communauté et à leur foi et aucune n'y voient d'oppression ni une façon de faire une propagande politique, un recrutement ou une promotion de l'intégrisme ou de valeurs négatives.

      Au contraire, toutes ses femmes côtoyées au Québec s'intègrent à la culture québécoise en travaillant pour les mêmes employeurs, en s'inscrivant aux mêmes activités sauf exception, en utilisant des services des organismes et de leur ville, en s'impliquant bénévolement à des activités de l'école et d'activités diverses. Et toutes savent offrir des services ou participer à ces dernière en toute "laïcité"

      Alors moi ainsi que toutes celles que je connaissent qui développent des liens significatifs avec les musulmanes sommes incapables de voir l'interdiction du port de signes religieux ostentatoires (quelque soit l'endroit et la raison sauf lorsque la sécurité est compromise) comme une solution à un problème?

  • Jean-Pierre Roy - Abonné 15 février 2014 10 h 24

    La simplicité a bon goût

    Société démocratique et laïque, indépendante, ayant deux langues soit le français et l'anglais.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 15 février 2014 19 h 48

      Pourquoi deux langues? À mon avis, une seule suffit pour fonctionner. En avoir deux ne fait que compliquer les affaires. Tout le reste du Canada l'a déjà compris. Qu'est-ce que vous attendez?

      Jean-Charles Morin

    • Roland Berger - Inscrit 15 février 2014 22 h 41

      Que les Québécois soient forcés de maîtriser l'anglais comme la plupart des peuples du monde qui veulent rester avoir leur place dans le monde est une chose. De consacrer le bilinguisme au Québec en est une toute autre.