Les animaux devraient être considérés comme des «personnes»

Ce petit chat prénommé Oscar a été retiré à son propriétaire français, Farid Ghilas, après que ce dernier se fut filmé en train de le lancer dans les airs. La vidéo est devenue virale, et le propriétaire s’est vu condamné à un an de prison pour cruauté animale.
Photo: Stringer Ce petit chat prénommé Oscar a été retiré à son propriétaire français, Farid Ghilas, après que ce dernier se fut filmé en train de le lancer dans les airs. La vidéo est devenue virale, et le propriétaire s’est vu condamné à un an de prison pour cruauté animale.

« Les animaux ne sont pas des choses ! » C’est ce que clament les 27 000 personnes qui ont signé un Manifeste pour une évolution du statut juridique des animaux dans le Code civil du Québec. Cette initiative vise à sortir les animaux de la catégorie des « biens meubles » dans laquelle ils sont toujours enfermés. Contrairement aux grille-pain, est-il rappelé, les animaux sont capables d’éprouver de la souffrance et le droit civil devrait rendre compte de cet état de fait.

 

Mais de quelle manière ? Une solution parfois évoquée consisterait à instituer une tierce catégorie juridique, située entre les biens et les personnes — une catégorie d’« êtres vivants sensibles », par exemple. Nous nous opposons à cette proposition et estimons que la meilleure manière de tenir compte des intérêts fondamentaux des animaux sensibles serait d’étendre la catégorie des personnes pour les y inclure. Voici en partie pourquoi.

 

Les pays qui ont emprunté cette troisième voie, comme l’Autriche, l’Allemagne et la Suisse, n’ont pas (encore) amélioré de manière significative le traitement des animaux présents sur leur territoire. Ces derniers continuent à être soumis par millions chaque année à des pratiques comme la mutilation sans anesthésie, le confinement extrême et la mise à mort prématurée. On leur refuse toujours l’exercice des libertés les plus élémentaires, comme la possibilité de se déplacer, d’avoir des relations avec leurs pairs et d’exprimer leurs comportements naturels. Ils sont toujours soumis au régime de propriété et on continue donc à en faire le commerce, c’est-à-dire à les vendre, les acheter, les détruire, en tirer profit, etc. En d’autres mots, on les traite toujours comme de simples marchandises.

 

L’intuition selon laquelle il faut éviter de causer du tort à un animal sans nécessité est largement partagée. Or, à peu près aucun usage des animaux ne semble pouvoir raisonnablement être considéré comme « nécessaire ». En effet, l’alimentation végétalienne (exempte de produits d’origine animale) est parfaitement saine lorsqu’elle est bien planifiée. Plusieurs choix sont offerts en remplacement de la laine, du cuir et de la fourrure. Les activités impliquant la captivité d’animaux (zoos, parcs aquatiques, etc.) ou leur abus (rodéos, traîneau à chiens, etc.) peuvent évidemment faire place à d’autres loisirs. Toutes ces pratiques semblent être motivées par l’envie de maintenir des traditions, par la recherche du plaisir ou de la facilité. Si les animaux ne sont pas des choses, la solution juridique qui s’impose ne devrait pas permettre qu’ils continuent à être exploités pour des fins aussi futiles.

 

Une catégorie médiane, au mieux, nous conduirait à améliorer légèrement les conditions dans lesquelles les animaux sont exploités, sans toutefois porter atteinte aux institutions responsables des plus grandes violences qu’ils subissent. Au pire, elle n’arriverait qu’à apaiser les consciences des consommateurs tandis que les animaux ne profiteraient d’aucune amélioration réelle de leurs conditions. La création d’une catégorie juridique intermédiaire serait alors symbolique et servirait surtout à gommer le fait que les animaux seraient toujours traités comme des choses.

 

Toute amélioration du bien-être animal est souhaitable, aussi minime soit-elle. Mais le mieux est parfois l’ennemi du bien. En cherchant à ce que les animaux soient un peu moins mal traités sans mettre en cause leur exploitation en tant que telle, on risque peut-être de fermer les yeux sur ce qui serait bien et juste pour eux. Là où des êtres humains sont concernés, on ne se contente pas de militer pour qu’il y ait un peu moins de violence. On ne se réjouit pas du fait que les personnes qui en sont victimes soient un peu moins asservies et abusées. On ne fait pas la promotion des sévices les moins graves. On préfère plutôt lutter pour que cessent toutes les formes de violence et d’abus. Puisque l’exploitation animale n’est généralement pas nécessaire, les raisons qui tendent vers le mieux plutôt que le bien ne paraissent acceptables que parce que l’on présuppose encore que les animaux sont de simples choses mises à notre service et non pas des êtres conscients ayant des intérêts fondamentaux. Veut-on vraiment protéger les animaux ou veut-on juste les « protéger un peu » ?

 

Pas de compromis

 

En somme, nous pensons qu’une solution de compromis ne changerait rien, dans les faits, au sort qu’on réserve actuellement aux animaux. Ils changeraient peut-être de catégorie, mais on continuerait à les traiter « comme » des choses.

 

Cette troisième voie ne ferait qu’entériner la domination qu’on exerce sur eux. Il faut plutôt accorder la personnalité juridique à tous les êtres sensibles. Bien sûr, la reconnaissance politique et juridique du statut de personne aux animaux sensibles impliquerait l’abolition de l’exploitation animale institutionnalisée et l’abandon de la consommation de produits issus de cette exploitation. C’est que seule l’adoption d’un mode de vie « végane » permet de répondre adéquatement à l’intuition selon laquelle il ne faut pas faire souffrir les animaux sans nécessité.

 

Le Manifeste pose une question essentielle. Il nous faudra y répondre avec la plus grande prudence. Dans le vif du débat, ne perdons pas de vue que c’est peut-être précisément parce qu’ils sont des personnes que les animaux ne sont pas des choses.


Frédéric Côté-Boudreau - Doctorant en philosiphie à l'Université Queen's

Valéry Giroux - Docteure en philosophie et coordonatrice du Centre de recherche en éthique de l'Université de Montréal

Jean-Philippe Royer - Candidat au doctorat en philosophie à l'Université de Montréal et à l'Université catholique de Louvain

104 commentaires
  • Jean-Marc Pineau - Inscrit 4 février 2014 02 h 36

    J'appuie

    Je ne sais pas si je suis l'un des 27 000 signataires de cette pétition, mais j'en ai signé une encore récemment pour demander la pénalisation de la cruauté envers les animaux. Si je ne l'ai pas déjà fait, je signe deux fois plutôt qu'une cette pétition.

    Il faudrait tout au moins obtenir que les animaux soient aussi bien protégés ici qu'en Angleterre où tout geste de cruauté est vraiment et sévèrement puni ! Il ne faudrait laisser passer aucune cruauté, aucun mauvais traitement : tolérance zéro.

    Récemment, je racontais à quelqu'un les gestes cruels, d'une méchanceté insoutenable, de jeunes adultes à l'égard de chiens et de chats de leur entourage, et tout ce que cette personne a trouvé à me dire, c'est que c'est « stupide » de leur part. Dans ce cas, qualifier ces gestes de « stupides » est un euphémisme inacceptable !

    Je sais que certains commentateurs diront qu'il faudrait d'abord commencer par soulager la souffrance des humains. L'un n'empêche pas l'autre. La protection des uns ne se fait pas au détriment des autres. Je n'accorderais pas beaucoup de crédibilité à la sympathie de ceux qui se préoccupent de la santé de leurs semblables mais qui ne peuvent se sentir concernés par la vie et le bien-être des animaux. La vie est la vie, quelle qu'en soit la forme.

    • Simone Lussier - Inscrit 4 février 2014 21 h 56

      M. Pineau - j'appuie, moi aussi. Nous ne sommes pas seuls sur cette planète. Comme vous le dites si bien, la vie c'est la vie. Une forme n'est pas plus importante qu'une autre. Nous dépendons tous les uns des autres. L'anthropocentrisme, c'est pédant et injustifiable, ignorant. Avec le saccage que nous causons, je dirais même plus que nos responsabilités d'intendants des autres espèces doivent être accrues et notre perception de la vie animale doit évoluer et sortir de l'âge de pierre. Nous devons énormément à ces êtres sensibles qui n'ont jamais eu droit de parole. La cruauté doit être sévèrement punie et doit arrêter d'être un laisser-passer gratuit avant de graduer vers la cruauté envers les humains. Les braves animaux doivent cesser d'être simplement les diagnostiques préventifs de futurs criminels. Une victime est une victime, animaux ou humains. Comme vous le dites si bien M. Pineau, l'un n'empêche pas l'autre - plus d'un chantier d'intérêt n'est pas sorcier. Un commentaire - ceux qui ont peu de souci pour nos amis les bêtes, vous êtes faciles à identifier. Le motif de cette lettre n'est nullement de partir en dérapages et sur des tangeantes de criminalité... Ouf, vous êtes lourds avec tout ça et tellement difficiles à saisir... Restons sur le sujet. Cherchez en vous un brin de sensibilité et de compassion, pas trop difficile. Considérant les quantités d'armes dont nous disposons, continuer d'appeler la chasse, la chasse est un oxy-moron - les animaux n'ont aucune chance de fuite. Ce n'est plus une poursuite, c'est une élimination à coup sur. De plus, nous éliminons des centaines de milliers, voir des millions d'animaux chaque année, sans raison juste et de façon barbare, violente et cruelle et vous vous permettez de débattre le cas d'un seul animal qui se défend ou défend ses petits, souvent en situation de captivité ou lorsque nous dérangeons leur existence sur leur territoire? Vraiment, quel culot...

  • Jean Bélanger - Abonné 4 février 2014 03 h 50

    Si les animaux sont des personnes

    Si les animaux doivent être considérés et traités comme des personnes, devrions-nous, en conséquence, faire un procès (comme au Moyen Âge) et emprisonner les animaux qui blessent, mangent ou tuent d’autres animaux? Ce serait alors logique et conséquent!
    fr.wikipedia.org/wiki/Procès_d'animaux?
    theses.vet-alfort.fr/telecharger.php?id=377
    http://ledroitcriminel.free.fr/le_phenomene_crimin

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 4 février 2014 11 h 04

      Je croix qu'il est question ici d'animaux domestiques, et non sauvages, et il est donc improbable qu'on ait déjà tué des chats parce qu'ils mangeaient des souris.

    • Vincent Duhamel - Inscrit 4 février 2014 13 h 43

      C'est facile de supposer que toutes les personnes sont d'un certain type (mâle, adulte, en santé, riche, etc).

      En fait, la diversité des types de personnes est immense, même lorsqu'on ne considère que les êtres humains.

      Il y a des vieillards séniles, des bambins, des handicappés mentaux lourds et des patients dans le coma.

      Chacun d'entre eux ne peut pas se défendre lors d'un procès, et ce sont pourtant des personnes. Un animal reconnu comme personne serait davantage comme l'une d'entre elles que comme le PDG d'une grande entreprise.

    • Isis Gagnon-Grenier - Inscrite 5 février 2014 10 h 02

      En fait, si je ne me trompe, si un chien attaque une personne, il est automatiquement euthanasié, non?

      Pas besoin de procès, dans tous les cas ils sont déjà perdants.

  • Jean Bélanger - Abonné 4 février 2014 03 h 58

    P.S.

    Serait-il aussi interdit de tuer les maringouins, les tiques (porteuses du virus de Lyme) et les punaises de lit et aurions-nous l’obligation morale de les nourrir puisqu’ils dépendent de notre sang pour vivre?
    Ces philosophes, moralistes et vegans vont-ils se porter volontaires pour les nourrir de leur sang?

    • Vincent Duhamel - Inscrit 4 février 2014 14 h 12

      Regardez dans les yeux d'une tique. Y a-t-il quelqu'un à la maison? Permettez-moi d'en douter.

      Regardez maintenant dans les yeux d'un porc ou d'un chien. Il est indéniable qu'un tel animal possède des émotions et une vie subjective.

      En tentant de ramener l'un à l'autre, vous tentez de nier l'évidence, un déni pour le moins pratique dans une société qui se sert de la vulnérabilité des animaux au nom d'un profit que rien ne doit entraver.

      Le fait de vouloir cesser l'exploitation, la reproduction forcée et l'abattage intensifs de millards d'animaux n'implique pas le désir de se voir vidé de son sang. Pas plus que le fait d'être pour la justice sociale implique de se laisser mourrir de faim au nom des enfants en Afrique.

  • François Beaulé - Abonné 4 février 2014 05 h 26

    Une vision idylique de la nature

    Encore des philosophes qui écrivent n'importe quoi. Dans la vraie nature naturelle, les animaux se font souffrir les uns les autres.

    Les mâles en rut peuvent infliger de lourdes blessures à leurs adversaires dans des combats sanglants. La conséquence peut être la mort. Les prédateurs ne sont pas tendres avec leurs proies. La chasse des loups et des chiens du désert mène souvent à une mise à mort lente, à une longue agonie pendant laquelle l'herbivore subira d'effroyables tortures. Nous savons aussi que les lions et les ours mâles assassinent des lionceaux ou des oursons sans vergogne. La mère ourse assiste impuissante à l'assassinat. Elle, qui a porté ses petits durant une longue gestation, puis les a nourris et cajolés pendant un an ou deux, en souffre psychologiquement et subira une dépression pendant des mois.

    À quel tribunal les trois philosophes conseilleront-ils à la mère ourse de s'adresser?

    Pour des raisons environnementales, ils serait souhaitable de délaisser la consommation de viande. Nul besoin de considérer les animaux de boucherie comme des personnes pour y arriver. Admettons tout de même que l'agriculture biologique ne serait plus possible sans les excréments des herbivores.

    • Sylvain Auclair - Abonné 4 février 2014 09 h 32

      L'agriculture biologique serait possible en pratiquant la jachère et en utilisant les engrais verts (on fait pousser une plante qu'on coupe et laisse pourrir dans le champ). Vous me répondrez peut-être qu'il s'agit là d'un usage non optimal d'une ressource rare, mais c'est tout de même plus efficace que l'élevage d'herbivores...

      De plus, il reste nos excréments...

    • Christiane Bailey - Inscrit 4 février 2014 11 h 08

      Il ne s'agit pas d'une vision romantique de la nature, au contraire, mais d'une conception des sociétés humaines comme visant une plus grande justice.

      Le but n'est pas de policer le comportement des animaux, mais le nôtre à leur égard. Nous sommes responsables (directement ou indirectement) de la souffrance et de l'agonie de milliard animaux chaque année.

      Nous tuons près de 60 milliards d'animaux de boucherie par année dans le monde, cela dépasse largement le sang versé dans toutes les guerres de l'histoire humaine (et cela exclut les animaux que nous pêchons et chassons).

      Trop souvent, nous ne reconnaissons même pas les violences à leur endroit comme telles, c'est-à-dire comme étant des violences auxquelles nous devons tenter, autant que possible, de mettre un terme. Ces animaux souffrent et meurent non pas « par nécessité », mais par ce que cela est commode, habituel, traditionnel, etc.

      Nous avons un pouvoir immense sur les conditions de vie et de mort des autres animaux qui partagent a planète avec nous et cela nous impose des responsabilités envers eux.

      Les animaux ne sont pas des êtres humains, mais cela n'empêche pas qu'ils soient des personnes au sens sens large du terme. Reconnaître qu'ils sont des êtres conscients doués d'une sensibilité affective devrait nous mener à reconnaître qu'on ne devrait pas (1) les enfermer et attacher (droit à la liberté); (2) les blesser, mutiler et torturer (droit à l'intégrité physique) et (3) les tuer (droit à la vie) lorsque cela n'est pas nécessaire ou dans leur propre intérêt.

    • Yvan Dutil - Inscrit 4 février 2014 11 h 57

      L'agriculture biologique a typiquement en rendement inférieur de 30 % à l'agriculture avec des engrais. La jachère coupe le rendement d'un quart en partant.

      Pour ce qui est des gains environnementaux du végétalisme, ce n'est pas aussi clair qu'il n'y parait. En effet, si on s'attarde à toute la chaine de production de la nouriture, les gains finaux d'un régime végétarien sont somme toute minimes.

    • Vincent Duhamel - Inscrit 4 février 2014 13 h 57

      Les ours se font des atrocités entre eux. Soit. Mais nous ne parlons pas des actions des ours ici. Pour des raisons qui nous échappent, ils n'ont pas tendance à suivre le code civil.

      Mais les êtres humains, eux, oui. Nous tuons chaque année 56 millards d'animaux terrestres par simple préférence culinaire. Ces animaux vivent dans des conditions dignes d'Auschwitz. Nous pouvons mettre fin à ce massacre. Nous devrions.

      On comprend que vous n'êtes pas d'accord.

      Voici votre raisonnement:
      Dans la nature, les animaux se font souffrir les uns les autres. Donc, il est bien correct que nous les fassions souffrir aussi.

      Voici une analogie qui montre pourquoi il ne marche pas:
      Nous avons découvert que la main humaine a évolué de façon à donner des coups de poing. Donc, il est bien correct de frapper nos semblables.

      Référence : http://news.discovery.com/human/evolution/human-ha

  • André Chevalier - Abonné 4 février 2014 05 h 44

    Utopique!

    L'homme est biologiquement un omnivore. Une bonne partie des protéines et nutriments qui lui sont essentiels peuvent être puisés chez les animaux. Si l'homme se prive de ces sources animales, il ne peut trouver une alimentation complète chez les végétaux de son environnements immédiats. Il lui faut donc importer des produits provenant d'un peu partout sur la planète, ce qui est possible seulement si on habite un pays développé et riche. Le végétalisme est donc un luxe de riche.

    De plus, il est loin d'être certain que l'agriculture soit en mesure de remplacer la source de protéines et de nutriments issus de la production animale si on tient compte que les animaux se nourissent en grande partie de végétaux non assimilables par l'homme.

    Finalement, est-ce qu'on considèrerait tous les animaux comme des personnes? Y compris les poissons et les insectes?

    • Christiane Bailey - Inscrit 4 février 2014 11 h 23

      Vous êtes mal informé. C'est la consommation de viandes, d’œufs et de lait qui est un luxe. Les plus riches de la planète nourrissent les animaux d'élevage avec des grains et céréales qui pourraient servir à enrayer la malnutrition des plus pauvres.

      Les légumineuses sont une excellente source de protéines, de vitamines et de minéraux et sont facilement cultivables au Canada.

      Une large partie des cultures intensives (comme le soya génétiquement modifié) est destiné aux animaux d'élevage. La majeure partie du soya utilisé pour faire le tofu, le lait de soya et les « viandes végétaliennes » ne provient pas de cultures intensives, mais bio. Nul besoin d'aller à l'autre bout du monde, ça pousse très bien dans nos champs et nos jardins.

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 6 février 2014 14 h 30

      Vous devriez savoir que les protéines végétales sont meilleures pour la santé humaine que les protéines animales. En plus, nous surconsommons ces dernières.

      Effectivement, une partie de la nourriture qu'avalent les animaux est indigeste pour les humains : de la moulée bourrée de produits chimiques et des médicaments en quantité industrielle. Malheureusement, en mangeant ces animaux, nous avalons indirectement ces trucs indigestes dont nous gavons de force les animaux. Cest le boomerang qui nour revient en pleine face.

      Ça ne sert à rien de vivre dans le déni. Reconnaissons cet état de fait et tâchons de transformer (petit peu par petit peu ou rapidement, dépendamment du ryhtme de chacun-e) nos habitudes alimentaires et de vie.

    • Vincent Collard - Inscrit 6 février 2014 15 h 11

      Il est faux de prétendre que la consommation de produits animaux est responsable de la sous-alimentation. La nourriture actuellement gaspillée suffirait très largement à enrayer la faim dans le monde.

      http://www.ledevoir.com/societe/consommation/38716

      Cela dit, la monoculture et l'élevage à très grande échelle (dont une important partie est destinée à la consommation animale, mais aussi à la production de carburant) causent de graves problèmes environnementaux en plus de tuer économiquement les entreprises agricoles à dimension humaine (bio ou non, avec élevage d'animaux ou non).

      Il est également évident que la consommation de viande par des personnes au mode de vie sédentaire est généralement beaucoup trop élevée. Une ou deux portions de viande par semaine (incluant poisson et volaille), c'est largement suffisant. Un élevage d'animaux respecteux, ça existe. Il faut juste que ça se répande. Il faut surtout cesser d'acheter des produits industriels, qu'il s'agisse de viande, de légumes, de céréales ou d'autre chose. Ce n'est pas la consommation de produis animaux qui est malsaine, c'est l'industrialisation de la nourriture.

      Je peux tout de même comprendre qu'on s'oppose à l'idée de tuer un animal pour le manger. Mais dans le cas des produits laitiers et des oeufs, s'ils ne sont pas issus d'un système de production industriel, je ne vois pas quel est le problème.

      J'ai plein d'amis qui ont élèvent quelques poules pondeuses pour leur consommation personnelle (et dont je profite des surplus à l'occasion, maim!), et ces poules, croyez-moi, ont une vie tout à fait enviable. J'affirme même qu'elles vivent beaucoup moins de stress que la moyenne des êtres humains. Pareil pour le lait. Avez-vous déjà trait une vache ou une chèvre à la main? Elles adorent ça.

    • Vincent Collard - Inscrit 6 février 2014 15 h 36

      «La majeure partie du soya utilisé pour faire le tofu, le lait de soya et les “viandes végétaliennes” ne provient pas de cultures intensives, mais bio.»

      Ah bon? C'est drôle, moi j'ai lu tout autre chose...
      Quelques extraits de mes lectures:

      • Article «Soja», Wikipédia:

      «Environ 77 % du soja cultivé est génétiquement modifié, soit 69,3 millions d'hectares de soja transgénique, contre 20,7 millions d'hectares de soja non transgénique en 2009. [...] La culture du soja transgénique, largement adoptée aux États-Unis et en Argentine, se développe à présent au Brésil. [...] 93 % des semences de soja transgéniques vendus aux États-Unis contiennent des traits génétiques de Monsanto. De nombreux semenciers vendent leurs propres variétés de soja avec des traits OGM de Monsanto.»

      • Texte d'Émile Choné, membre de l’Académie d’Agriculture de France, sur le site CanalAcadémie:

      «Le soja dans le monde aujourd’hui est très majoritairement OGM et provient en majeure partie des Etats-Unis, d’Argentine et du Brésil. C’est notamment ce soja qui approvisionne l’élevage européen. Selon un rapport 2007-2008 sur la production totale de soja dans le monde, le soja est à 91% du soja OGM aux Etats-Unis, à 98% en Argentine et à 64% au Brésil. Il a bien sûr augmenté depuis.»

      • «Argentine: la culture de soja OGM qui rend malade» (Inf'OGM, janvier 2013):

      « Une étude [de] l’Université de Buenos Aires a confirmé [...] que dans notre ville, le taux de cancer est de 41% plus élevé qu’au niveau national. Cette étude met également en évidence le lien fait avec les cultures de soja transgénique, toutes proches de nos habitations, et l’utilisation en grande quantité de glyphosate [...] plus de 80% des enfants ont, dans le sang, des traces de produits chimiques utilisés par l’agriculture. La culture intensive du soja a également des conséquences importantes sur notre environnement : déforestation, utilisation massive de nos ressources en eaux, pollution, érosion et dégradation du sol