Le Canada doit agir, et vite

La longévité du régime est aussi remarquable que tragique.
Photo: Agence France-Presse La longévité du régime est aussi remarquable que tragique.

L'exécution récente du numéro deux du régime nord-coréen, Jang Song-thaek, a de nouveau attiré l’attention du monde entier sur la situation politique dans ce pays. À la mort du dictateur Kim Jong-il en décembre 2011, d’aucuns espéraient que l’arrivée au pouvoir de son jeune fils Kim Jong-un, éduqué en Suisse pendant quelques années, signale le début d’une plus grande ouverture en Corée du Nord. Les espoirs entretenus par certains ont été rapidement éteints devant la brutalité du régime de Kim Jong-un.

 

Le gouvernement de la Corée du Nord continue aujourd’hui à commettre parmi les pires violations des droits fondamentaux. Les Nord-Coréens sont soumis à un système de surveillance sans égal dans le monde moderne et vivent dans la peur d’arrestations arbitraires. La torture et la peine capitale sont appliquées pour un large éventail de crimes. Ceux qui sont accusés de crimes politiques sont envoyés, souvent avec leur famille, dans des camps de travail aux conditions inhumaines. Selon les dernières estimations, jusqu’à 200 000 Nord-Coréens vivent prisonniers dans des camps répartis dans le pays.

 

Les Nord-Coréens qui réussissent à s’échapper par la Chine (la voie privilégiée par les réfugiés) vivent dans la peur d’être arrêtés et renvoyés en Corée du Nord par les autorités chinoises, qui les considèrent comme des migrants économiques. De retour dans leur pays, ils peuvent être assujettis à des méthodes de torture brutales et à un enfermement dans un camp de rééducation.

 

Les médias occidentaux s’intéressent aujourd’hui davantage à la situation politique et au programme nucléaire nord-coréens, et ce, au détriment des violations généralisées des droits de la personne et des souffrances endurées par les 24 millions de Nord-Coréens. Pourtant, la situation est grave et nécessite une plus grande vigilance de la part de la communauté internationale et des autorités canadiennes.

 

En mars 2013, le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies a mis sur pied une commission chargée d’enquêter sur les violations des droits de la personne commises par le gouvernement nord-coréen. Nous saluons chaudement cette initiative qui a déjà permis jusqu’à maintenant de mettre en lumière l’ampleur des abus du régime nord-coréen.

 

Cependant, compte tenu des limites et du mandat de la commission onusienne, il revient aux gouvernements du monde entier d’agir pour faire pression sur la Corée du Nord. Nous appelons le ministre des Affaires étrangères du Canada, M. John Baird, et le gouvernement canadien à continuer ses pressions et à dénoncer dans les termes les plus forts les actes du régime nord-coréen. Ottawa doit intensifier sa coopération avec les Nations unies et doit également se joindre aux États-Unis et exercer davantage pression sur la Chine, l’alliée principale de la Corée du Nord, pour qu’elle cesse de renvoyer les réfugiés nord-coréens.

 

Au-delà des sanctions et résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, les options de la communauté internationale peuvent paraître limitées. Toutefois, malgré son isolement, la Corée du Nord n’est pas insensible à la pression internationale et à une action concertée. Le Canada peut y jouer un rôle plus important.

 

Les Nord-Coréens subissent depuis maintenant plus de 60 ans la répression et les abus d’un régime dont la longévité est aussi remarquable que tragique. Afin d’éviter que ce drame ne soit marqué de façon indélébile dans la conscience collective, des actions immédiates sont nécessaires.

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