Une laïcité ouverte… à la démagogie

Depuis le début du débat sur la charte, certaines organisations favorables à la « laïcité ouverte » prétendent que les limites proposées à la liberté de religion préfigureraient des reculs aux droits des autres minorités, dont les minorités sexuelles. N’ayant aucun intérêt pour les enjeux qui préoccupent la communauté LGBT, comme le retour des intégrismes, les défenseurs de la « liberté de religion menacée » n’ont d’autre choix que d’avoir recours à la démagogie pour tenter de nous rallier à leur cause.

 

Il y a d’abord eu le président de « Québec inclusif », Rémi Bourget, qui, après avoir omis de parler de cette dimension de la diversité dans son manifeste de fondation, a tenté d’utiliser la question en comparant homophobie et islamophobie. Puis ce fut au tour d’une Association LGBT pour un Québec inclusif inconnue à revenir à la charge en prétendant qu’« il est légitime pour nous de craindre qu’un gouvernement qui attaque aussi facilement une minorité au nom de la majorité puisse éventuellement décider d’attaquer les droits de nos communautés ». Plusieurs médias se sont empressés d’en faire la porte-parole de la communauté LGBT parce que Xavier Dolan, Manon Massé et Alexa Conradi, la présidente de la FFQ, y sont associés, alors qu’elle est l’aile LGBT de « Québec inclusif » et qu’elle soutient une position à cent lieues du sentiment majoritaire de la communauté LGBT.

 

Et puis, c’est au tour de la Commission-Jeunesse du PLQ de prétendre que « l’adoption de la charte pave la voie à d’autres atteintes aux droits et libertés de toutes les minorités [et] pourrait même permettre… de s’attaquer aux droits de la communauté des lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres (LGBT) ».

 

Ces intervenants ont en commun d’être pour le port de signes religieux et pour défendre ce point de vue, ils font tout pour minimiser l’homophobie religieuse, qui est pour eux une épine au pied. Car en l’occultant, on peut prétendre que le port de signes religieux ne crée aucun malaise auprès des LGBT. La réalité est tout autre et, en partant du point de vue des LGBT discriminées par à peu près toutes les religions, le port de signes religieux crée un obstacle de plus pour l’accès aux services gouvernementaux pour des communautés qui y ont toujours eu difficilement accès. Comment une adolescente qui découvre son orientation sexuelle pourrait-elle se sentir à l’aise d’en parler à un psychologue portant une croix catholique si elle sait que cette religion condamne l’homosexualité ? Comment un immigrant gai d’un pays musulman, où sa vie était menacée, pourrait-il se sentir à l’aise de consulter une médecin portant le voile et lui parler de sa sexualité ?


L’invention d’une menace laïque

 

Alors qu’ils refusent de considérer l’impact négatif de cette rupture de la neutralité religieuse, ces différents intervenants sont en mal de trouver un autre argument pour nous convaincre de les appuyer. Ils se rabattent alors sur cet argument délirant que le gouvernement qui se propose d’affirmer la laïcité, une laïcité qui est la meilleure garantie de nos droits en mettant l’État à l’abri des influences religieuses, pourrait aisément s’y attaquer.

 

Cette accusation est sans substance puisque les limites proposées à la liberté de religion ne sont pas une attaque aux droits de minorités, et sont justifiées compte tenu des multiples contradictions entre les dogmes des principales religions pratiquées au Québec et les droits reconnus aux citoyens.

 

Elle est d’autant plus ridicule que le Parti québécois a été associé à toutes les avancées des droits LGBT, depuis l’ajout de l’orientation sexuelle comme interdit de discrimination à la Charte québécoise des droits en 1977 jusqu’à l’adoption de la Loi sur l’union civile en 2002 et le projet de loi 35 adopté par l’Assemblée nationale, en passant par la reconnaissance des couples de même sexe.

 

De la part du Parti libéral, c’est d’autant plus ridicule puisqu’après avoir refusé d’inclure l’orientation sexuelle comme interdit de discrimination en 1975, ses contributions se sont limitées à donner suite à l’oeuvre entreprise par les gouvernements péquistes : audiences publiques de la Commission des droits de la personne en 1993 et un Groupe mixte de travail sur l’homophobie dont les travaux ont débuté en 2004 et les premiers résultats, un plan d’action contre l’homophobie, ne furent obtenus qu’en 2011 en fin de 3e mandat, plan qui ne répondait qu’à 20 % des besoins minimaux établis.


La réalité de la vie

 

Ce genre d’accusation me rappelle les propos d’un activiste gai de l’Université Concordia qui avait justifié son opposition au Oui en 1995 en prétendant qu’un Québec indépendant serait un État « homophobe » et « raciste ». Or, la réalité de la vie depuis, c’est que tous les votes à la Chambre des communes en faveur des droits LGBT n’ont pu être gagnés qu’avec l’appui massif des députés du Québec, surtout bloquistes, autour de 80-90 %, contre toujours moins de 50 % dans le reste du Canada. C’est bien simple : sans les députés québécois, les LGBT au Canada n’auraient aucun droit et le gouvernement Harper aurait pu revenir à la définition hétérosexiste du mariage, son premier engagement électoral en 2006.

 

Rien n’est plus faux que de prétendre que c’est l’affirmation de la laïcité qui est une menace pour les minorités sexuelles. Nos communautés savent trop bien qu’« Étant donné la prégnance de la morale religieuse, les personnes homosexuelles sont demeurées longtemps dans l’ombre. La doctrine religieuse servait alors de caution à leur stigmatisation », comme le rappelait dès les premières lignes le rapport du Groupe mixte de travail sur l’homophobie. Et elles comprennent bien que ce sont ceux qui s’acharnent à défendre les privilèges religieux, qui s’alignent objectivement sur le programme de Stephen Harper en attaquant la laïcité, qui constituent la véritable menace à nos droits.

***

Cette lettre compte quelques 600 cosignataires.

43 commentaires
  • André - Inscrit 22 janvier 2014 01 h 45

    Le bon sens

    Merci pour ces éclaircissements. Je comprends mieux maintenant.

    Je n’arrivais pas à voir l’ampleur de la division de la communauté LGBT par rapport à la charte et à comprendre comment il était possible qu’un regroupement de LGBT soit contre, et aussi contre le PQ qui les a pourtant toujours soutenus, et soutiennent, par le fait même, leurs oppresseurs de toujours qui, il ne faut pas se faire d’illusion, ne reconnaîtront pas avant longtemps les LGBT comme des gens normaux. J’étais surpris que le nom de Xavier Dolan soit associé aux antichartistes. Peut-être, n’a-t-il pas assez souffert.

    Ce contexte des LGBT me fait penser à la Fédération des femmes du Québec (FFQ) dont l’objectif premier est la défense des droits des femmes. Pourtant, la FFQ est favorable à la légalisation de la prostitution et de la polygamie, deux situations où les femmes sont exclusivement les victimes. Et que dire du refus de la FFQ de condamner les avortements sexo-sélectifs, consistant à se faire avorter si on est enceinte d’une fille, coutume de sociétés machos. Dans le cas de la FFQ, malheureusement, il n’y a pas de chance que le bon sens prenne le dessus.

  • Jean-Marc Pineau - Inscrit 22 janvier 2014 02 h 33

    Merci

    Merci de ces précisions et de cette argumentation.
    Moi qui ai défendu Xavier Dolan contre les accusations d'arrogance (même s'il l'était un peu, je lui en reconnaissais le droit), j'ai été très déçu de voir son nom associé aux démagogues anti-chartre... Je regrettais qu'il semble donner raison à ceux qui l'accusaient de manquer de jugement à cause de sa jeunesse, d'abuser de sa notoriété à défaut de maturité (dans sa vie de citoyen, et non d'acteur-cinéaste...) Je n'irais pas jusqu'à leur donner raison. Je continuer de respecter Xavier Dolan et d'admirer son travail. Mais je suis content aujourd'hui que vous veniez répondre à ceux qui s'en prennent à la chartre sur la laïcité en invoquant des craintes que la lutte à l'intégrisme puisse un jour se poursuivre à l'endroit des minorités. J'espère qu'ils sauront vous lire avec un peu d'ouverture, sans trop de parti pris.

  • Yves Côté - Abonné 22 janvier 2014 04 h 46

    Démagogie ?

    Monsieur Gagnon, si je vous lis bien, pour vous, le droit d'exprimer publiquement sa foi est "un privilège religieux".
    Mais qu'est donc un "privilège" pour vous ?
    Moi, j'ai beau regarder dans tous les dictionnaires qui m'entourent, comme définition, je ne trouve rien qui ressemble à celle que vous en suggérer. Alors, SVP, instruisez-moi de la vôtre pour que je ne meurs pas idiot...
    En attendant, je continuerai à faire la différence entre un droit à la liberté d'expression, ce que je souhaite conserver pour tous en matière de tenue vestimentaire comme en d'autres modes de communication, cela incluant à égalité la liberté d'exprimer son athéisme pour quiconque en ressent le besoin, et un privilège qui ne permettrait qu'à un certain nombre de privilégiés d'exprimer librement ce qui serait défendu à d'autres...
    Bien entendu, je reste prêt à changer mon point de vue si, pour me convaincre, en toute logique vous réussissez à me présenter sans détour, d'un côté ceux sont les privilégiés et, bien entendu, de l'autre côté, ces laissés pour compte qui connaissent l'injustice actuelle de ne pas pouvoir exprimer ce qu'ils sont.
    A vos yeux, il doit bien y en avoir ?, puisque vous proposez la nécessité de
    changer la situation par une loi réductrice de libertés...
    Monsieur, produire des lois pour donner, éclaircir ou rétablir des droits pour des individus est une chose noble qui mérite tout notre respect.
    Mais produire une loi pour enlever des droits à une catégorie de personnes, simplement parce que celle-ci dérange les certitudes des autres, cela n'est pas la même chose. De le faire, ne sera qu'ouvrir la porte de l'arbitraire aux gouvernements éventuels qui pourront ensuite prétendre à la nécessité d'enlever des droits à d'autres individus, dans telles ou telles circonstances, parce qu'ils dérangent les consciences. Ou le conservatisme de certains...
    Ne dit-on pas que ce qui est bon pour Paul, ou Pauline, l'est aussi pour Pierre... ?
    Salutations républicaines Monsie

    • Sylvain Auclair - Abonné 22 janvier 2014 08 h 56

      Oui, il s'agit d'un privilège, parce qu'il s'agit d'une déropgation à un code vestimentaire. Donc une loi privée (origine du mot «privi-lège») plutôt que la loi publique.

    • Jacques Patenaude - Abonné 22 janvier 2014 09 h 12

      "....En attendant je continuerai à faire la différence entre un droit à la liberté d'expression, ce que je souhaite conserver pour tous en matière de tenue vestimentaire...."

      La tenue vestimentaire comme expression de la liberté d'expression! ne sommes nous pas rendu un peu loin? Devrait-on interdire les uniformes pour les policiers car ça brime leur liberté d'expression!!!

      Cet article met plutôt en relief une différence entre les divers droits reconnu par les chartes et le droit à la liberté religieuse. Être un handicapé, une femme, un homosexuel n'est pas un choix personnel. Choisir d'adhérer à une religion l'est, c'est un choix strictement personnel qu'on peu changer en tout temps. On ne peut demander à un handicapé physique de ranger son handicap durant ses heures de travail, comme on ne peut demander à une femme de devenir un homme durant son travail, mais on peu demander à un employé de retirer un signe religieux durant celles-ci sans qu'il n'ai à renier sa foi. Le droit à la liberté religieuse est reconnu par les charte j'en conviens mais dans sa nature il se différencie des autres droits par le fait qu'il est un choix personnel ce qui n'est pas le cas des autres droits. Cet article montre bien la différence entre ces réalités. Privilège ou pas le phénomène religieux se distingue des autres droits par sa nature de choix personnel, ce qui n'est pas le cas des autres droits reconnus par les chartes.

    • André Gagnon - Inscrit 22 janvier 2014 09 h 29

      Comme vous le savez, depuis le début de ce débat, on rappelle que l'affichage de signes religieux tranche avec l'interdiction de signes politiques dont la définition était assez large pour inclure le carré rouge en 2012. Quand différentes Églises sont impliquées dans des débats politiques et juridiques jusqu'en Cour Suprême contre certains droits (dont le droit au mariage pour tous et toutes), ce privilège est plus que questionnable.

      D'autre part, l'opposition de la plupart des religions à certains droits reconnus (notamment et largement aux droits LGBT) est si manifeste, qu'elles ont obtenu à l'initiative de Vic Toews (alors de l'Alliance canadienne) en 2005 l'élargissement de l'exception religieuse prévue à l'article 319.3.b du Code criminel en matière de propagande haineuse
      quand l'orientation sexuelle a été ajoutée comme motif de propagande haineuse. Si ce n'est pas un privilège d'être au-dessus de la loi pour pouvoir continuer à propager l'homophobie religieuse, je me demande ce que c'est.

    • Cyril Dionne - Abonné 22 janvier 2014 09 h 36

      @ Yves Côté

      « la liberté d'exprimer son athéisme »

      Vous ne semblez pas comprendre que ceux qui ne croient pas au Père Noël ou à des amis imaginaires ne ressentent aucunement le besoin d'exprimer leur athéisme, puisque dans les faits, ils n'en disent rien puisqu'il n'y a rien à redire.

      Et vous avez tord de dire que le projet de loi 60 va enlever des droits à une catégorie de personne à moins que vous associez le mot « caprice » à la liberté religieuse. Pourquoi les gens devraient-ils subir un étalage de publicité religieuse lorsqu'ils font affaire avec des fonctionnaires de l'état ? Si on ne doit pas faire part de nos convictions politiques lorsque nous agissons comme représentants de l'état, pourquoi pourrait-on le faire lorsqu'il s'agit de droit religieux ? Êtes-vous de ceux qui hiérarchisent les droits en mettant la liberté religieuse à l'avant plan ?

      Et je suis d'accord avec M. Gagnon. Les minorités sexuelles ne font pas bon ménage avec les croyants des differentes religions. Comme dans le cas de Xavier Dolan ou bien de la première ministre de l'Ontario Kathleen Wynne, ils font preuve de certain angélisme. Mais je ne pense pas qu'ils comprennent que la plupart des religions ont une aversion marquée envers les minorités sexuelles et ceci s'exprime dans les différentes déclarations qu'elles ont faites maintes et maintes fois.

      Est-ce qu'on doit vous rappelez que les actes homosexuels sont encore passibles de peine de mort dans sept pays comme l'Afghanistan, l'Arabie saoudite, l'Iran, le Nord du Nigeria, la Mauritanie, le Soudan et le Yémen, que l'homosexualité est toujours punie d'emprisonnement de sévices corporels, de déportation ou de travaux forcés dans une soixantaine de pays, que les différentes religions comme la religion catholique, le judaïsme et l'islam rejettent d'emblée ces gens issus des minorités sexuelles ?

      Et moi aussi je dis vive le Québec libre non pas parce que je suis du peuple, mais parce que je suis pour le peuple.

    • Annie-Ève Collin - Inscrite 22 janvier 2014 10 h 25

      "[...]cela incluant à égalité la liberté d'exprimer son athéisme pour quiconque en ressent le besoin, et un privilège qui ne permettrait qu'à un certain nombre de privilégiés d'exprimer librement ce qui serait défendu à d'autres...
      Le problème d'inégalité entre croyant et non croyant demeure (et le privilège accordé aux religions aussi par conséquent), même si on permet aux athées de porter un signe qui exprime leur athéisme. En effet, quand les gens portent des signes, c'est généralement pour s'identifier à ce qu'ils croient et à ce qu'ils valorisent, et non à ce qu'ils ne croient pas et ne valorisent pas.

      Une musulmane n'est pas bouddhiste, cela va sans dire. Toutefois, on voit rarement une musulmane porter un signe exprimant qu'elle n'est pas bouddhiste. Elle porte des signes montrant qu'elle est musulmane. De la même manière, une personne athée n'adhère à aucune religion, mais pourquoi porterait-elle un signe exprimant ce à quoi elle n'adhère pas ? Les personnes athées ne croient à aucune religion et n'en valorisent aucune, mais elles croient à des choses, elles valorisent des choses, et c'est à ça qu'elles s'identifient. Moi, par exemple, je m'identifie plus volontiers comme pro-droits des animaux et fan de heavy metal (pour donner seulement deux exemples) que comme athée. Je n'ai pourtant pas d'exemption spéciale me permettant de porter un t-shirt de Arch Enemy ou Rob Zombie, ou encore un t-shirt avec un message défendant les droits des animaux, si je travaille dans un contexte où on est censé porter un uniforme ou se conformer à un code vestimentaire qui exclut ce genre de vêtement (par souci de neutralité ou autre).

      Certains athées trouvent important d'afficher leur athéisme, mais la plupart d'entre eux s'identifient à ce à quoi ils croient et non à ce à quoi ils ne croient pas, exactement comme les gens religieux.

    • Annie-Ève Collin - Inscrite 22 janvier 2014 10 h 32

      Monsieur Patenaude,
      bien que je sois d'accord pour distinguer la religion du handicap, du genre et de l'orientation sexuelle, j'aimerais apporter une nuance : on ne choisit pas sa religion. Les croyances religieuses ne sont pas un choix. Je suis athée, et je ne pourrais pas choisir de devenir musulmane ou odiniste dans les 5 prochaines minutes : je ne crois ni à un dieu théiste, ni au panthéon de la religion des Vickings, et même en me forçant très fort, je continuerais de ne pas croire qu'ils existent. On croit ce qui nous paraît être la vérité, pour des raisons indépendantes de sa volonté.

      Quelqu'un peut changer de croyance dans le courant de sa vie, par exemple, j'étais chrétienne et désormais je suis athée. Mais quand on chance ses croyances, ce n'est pas suite à un choix, mais parce qu'on devient convaincu d'une nouvelle croyance par d'autres raisons indépendantes de sa volonté. Quand j'étais chrétienne, j'étais vraiment convaincue que Dieu existait ; pour moi, c'était un fait qui s'imposait, pas quelque chose qui dépendait de ma volonté (je le croyais essentiellement parce que les adultes me l'avaient dit et je croyais ce que disaient les adultes). Quand je suis devenue athée, je n'ai pas choisi un bon matin de devenir athée, j'ai été convaincue par différents arguments que j'avais fait une erreur en croyant au dieu chrétien, et maintenant que je n'y crois plus, je ne pourrais pas décider d'y croire à nouveau.

      Porter un signe religieux est un choix, au sens où c'est une action volontaire, il est possible à une personne de le retirer. Mais la croyance elle-même ne peut pas faire l'objet d'un choix.

    • Normand Richard - Inscrit 22 janvier 2014 10 h 43

      « En attendant, je continuerai à faire la différence entre un droit à la liberté d'expression, ce que je souhaite conserver pour tous en matière de tenue vestimentaire comme en d'autres modes de communication, cela incluant à égalité la liberté d'exprimer son athéisme pour quiconque en ressent le besoin… »

      Vous en connaissez des juges, des flics, des infirmières, des gens ordinaires qui affichent ostentatoirement « Je suis athée »? Ben voyons donc!

    • Cyril Dionne - Abonné 22 janvier 2014 11 h 21

      @ Annie-Ève Collin

      Mme Collin, je suis d'accord avec vous qu'on ne choisit pas sa religion mais pas pour les mêmes raisons. L’islamisme, comme pour toutes religions, est davantage une histoire de filiation. Ça commence par l’endoctrinement involontaire des enfants par leurs parents et ceci se perpétue pendant les générations suivantes. 98% des croyants adoptent une religion de cette façon.

      En ce qui concerne le changement de croyance, le seul problème avec la religion islamique est que, une fois endoctriné comme dans le cas des enfants, vous ne pouvez pas changer de religion ou tout simplement vous départir de vos croyances religieuses puisque vous le faites à vos risques et périls. La punition pour un apostat dans la religion musulmane est la mort selon tous leurs prophètes de malheur. Cela est proscrit dans nos États de droit, mais bien tristement une réalité ailleurs.

    • Annie-Ève Collin - Inscrite 22 janvier 2014 12 h 47

      Monsieur Dionne,
      je suis d'accord avec ce que vous écrivez, mais ça ne change rien à ce que j'ai écrit précédemment : on ne choisit pas ses croyances ; on croit ce qui s'impose à soi comme la vérité. Au moment où je vous écris, je crois qu'il y a un ordinateur devant moi, et je ne pourrais pas choisir de croire qu'il n'y en a pas.

      Si un individu élevé dans l'islam finit malgré tout par ne plus croire, même si on lui interdit l'apostasie, on peut l'empêcher de déclarer qu'il n'est plus musulman, on peut l'obliger à appliquer les règles de l'islam, mais il n'en demeurera pas moins qu'intimement, il ne croit plus à l'islam.

  • Jérôme Poulin - Inscrit 22 janvier 2014 07 h 59

    que de faussetés dans votre texte...

    D'abord, contrairement à ce que vous prétendez, la Charte québécoise des droits et libertés de la personne fut adoptée en 1975 par le gouvernement libéral (et non péquiste) et incluait des dispositions condamnant l'homophobie...D'accorder le mérite de cela aux péquistes est d'extrême mauvaise foi.

    Par ailleurs, les LGBT sont représentés dignement actuellement à Ottawa par le NPD et le PLC. Et il n'y a pas qu'au Québec qu'on a adopté des dispositions voulant favoriser le droit des gais. Les péquistes ont hélas tellement souvent l'impression d'avoir une supériorité morale sur les autres Canadiens que c'en est choquant.

    Comme homosexuel, je n'en reviens pas du manque de solidarité des homosexuels québécois envers les autres minorités québécoises, comme les gens portant des symboles religieux.

    • André Chevalier - Abonné 22 janvier 2014 10 h 00

      «Comme homosexuel, je n'en reviens pas du manque de solidarité des homosexuels québécois envers les autres minorités québécoises, comme les gens portant des symboles religieux.»

      La solidarité est logique entre des groupes qui partagent des idées communes. La minorisation n'est pas une idée. L'homosexualité non plus d'ailleurs.

      J'aimerais qu'on me montre une religion qui se porte à la défense des homosexuels qui vivent une situation de fait qui n'a rien à voir avec une idéologie quelconque mais qui sont victimes de la vindicte de la plupart des religions.

    • Annie-Ève Collin - Inscrite 22 janvier 2014 10 h 33

      Pourquoi aurions-nous de la solidarité envers des religions qui prétendent que nous sommes des abominations ?

    • Stephen-Guy Sévigny - Inscrit 22 janvier 2014 11 h 17

      Oui, la charte québécoise a été adoptée par le gouvernement libéral de Robert Bourassa en 1975, mais celui-ci avait refusé d'y inclure l'orientation sexuelle comme motif interdit de discrimination. Et encore moins de parler d'homophobie (personne ne connaissait ce terme à cette époque). Il a fallu attendre le 15 décembre 1977, sous le premier gouvernement de René Lévesque et après une manifestation de masse en octobre 1977 suite à une descente de la police de Montréal dans un bar gai du centre-ville, pour que cet interdit soit ajouté à la charte québécoise. (Propos de André Gagnon)

  • Jean Martinez - Inscrit 22 janvier 2014 08 h 30

    Une question à Québec "inclusif"

    Excellent article, que j'approuve totalement.

    D'ailleurs, j'ai une question pour les gens de Québec "inclusif": si, comme vous le prétendez, certaines personnes, même si elles sont employées de l'État et donc par définition au service des citoyens d'abord, refusent de faire tout compromis sur le port de leurs signes religieux ostentatoires, parce que "ça fait partie de leur identité et de leurs valeurs", alors comment le citoyen peut-il avoir confiance que cette identité et ces valeurs n'interviendront pas dans la prestation de service offerte par ces employés?

    En fait, la réponse à cette question est connue par ceux qui travaillent dans le réseau de la santé et de l'éducation notamment. Et quand je parle de ceux qui "connaissent", je ne parle pas ici des philosophes de salon qui ne savent rien de la réalité du terrain. Ceux qui travaillent dans ces milieux savent qu'il arrive régulièrement que, pour des motifs religieux, certains employés de l'État refusent de donner certains services parce que cela va à l'encontre de leurs croyances. Or, à cause de la démographie québécoise, ces cas-là risquent de se multiplier (sans l'encadrement prévu par la Charte) et les gais et lesbiennes ont tout à fait raison de s'en inquiéter.

    • André Gagnon - Inscrit 22 janvier 2014 11 h 04

      Excellente question! Je doute que la réponse vienne clairement et rapidement.

    • Jorge Fontecilla - Inscrit 22 janvier 2014 14 h 16

      Quidam porte des cravates rouges.

      Machinchose se méfie des gens qui portent des cravates rouges.

      La solution Martinez : la méfiance de Machinchose l’emporte sur les droits de Quidam. On interdit les cravates rouges.

      La solution «inclusive» : la méfiance de Machinchose ne mérite aucune protection légale. La méfiance de Machinchose est une sentiment strictement personnel sans effet légal sur les droits de A.

    • Loraine King - Abonnée 22 janvier 2014 18 h 23

      Excellente question, mais l'absence de signe religieux n'est pas une garantie que les valeurs personelles et religieuses de l'employé de l'état n'interviendront pas dans la prestation des services. Au contraire, il est peut-être plus facile de porter plainte quand une personne portant un signe religieux impose des valeurs religieuses. Un juif portant la kippa peut être plus neutre qu'un chrétien fondamentalistes qui ne porte aucun signe religieux. La preuve de la laicité de l'état se retrouve dans les textes de loi et dans l'application des lois et des règlements par les employés de l'état, qu'ils portent ou non des signes religieux.

    • Annie-Ève Collin - Inscrite 23 janvier 2014 10 h 38

      Madame King,
      vous avez raison de dire que l'absence de signe religieux n'est pas une garantie que les valeurs religieuses de l'employé n'interviendront pas dans la prestation des services. C'est probablement pour ça que le projet de loi 60 ne comprend pas seulement un code vestimentaire, mais aussi plusieurs mesures prévoyant que les fonctionnaires dans les différents domaines ne doivent pas faire la promotion de leur religion auprès des citoyens, ne doivent pas chercher à les influencer et ne doivent pas utiliser leur religion comme raison pour ne pas assumer complètement la tâche qui leur revient.