Oui aux projets pilotes en histoire nationale

Le 11 novembre, un document devant servir de base à la consultation a été déposé. On y proposait entre autres d’abandonner l’approche thématique afin de se concentrer sur une approche chronologique et d’éliminer en grande partie le volet «éducation à la citoyenneté». Ces deux propositions constituent des irritants importants que vivent un grand nombre d’enseignants depuis l’implantation du programme de 2006. À la mi-décembre, une trentaine de mémoires dont plusieurs provenant de groupes d’enseignants du secondaire avaient déjà été déposés.

Mme Malavoy compte tester le nouveau programme dans le cadre de projets pilotes dès septembre 2014. Contrairement à ce qu’affirme Mme Proulx, présidente de l’AQEUS, nous ne croyons pas qu’il soit précipité de procéder à une telle expérimentation dès l’automne prochain. Depuis l’implantation de la réforme, bon nombre d’enseignants à travers le Québec, après de vaines tentatives d’appliquer le programme tel que recommandé par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), sont devenus en quelque sorte délinquants (ce qui est troublant et révélateur dans un contexte d’enseignement aux adolescents) et sont revenus peu à peu à l’enseignement chronologique. De nombreux enseignants seraient donc tout à fait prêts et ravis d’expérimenter dès septembre 2014 la nouvelle mouture du programme d’histoire abordé selon une approche chronologique sur deux ans. En troisième secondaire, les élèves verraient selon nous l’histoire du Québec et du Canada de 1500 à 1840. À cela s’ajouteraient des éléments de géographie tels que les provinces, territoires, capitales, cours d’eau, régions physiographiques, les climats, la végétation, etc. pour l’ensemble du Québec et du Canada, certaines régions des États-Unis ayant joué un rôle dans notre histoire et les régions administratives du Québec. En quatrième secondaire, les élèves étudieraient la période s’échelonnant de 1840 à nos jours et se prépareraient à passer l’épreuve ministérielle d’histoire obligatoire à l’obtention du diplôme d’études secondaires. L’histoire enseignée dans les classes-pilotes traiterait des questions d’histoire nationale et politique à leur juste valeur et ce, à toutes les époques. Elle mettrait l’accent sur le développement d’habiletés propres au développement de la méthode historique, sans négliger l’importance d’une trame continue comme moyen de transmission de l’histoire nationale. Les références actuelles à l’éducation à la citoyenneté seraient éliminées car cette compétence, implicite à l’histoire, est impossible à évaluer de façon objective.

Il existe actuellement du matériel didactique qui peut répondre aux exigences du programme d’histoire à mettre en place, ce qui pourrait et devrait sans doute être bonifié par de la documentation ministérielle. De plus, les enseignants d’histoire ont accès annuellement à de nombreuses formations données par des spécialistes en didactique et en pédagogie, par exemple au congrès annuel de la Société des professeurs d’histoire du Québec (SPHQ). Plusieurs enseignants participent activement aussi à des recherches universitaires et sont sensibles au développement des technologies de l’information et des communications, ce qui ne peut que contribuer aux besoins évoqués d’une documentation diversifiée.

Pour toutes ces raisons, nous, enseignant(e)s d’histoire au secondaire qualifié(e)s et expérimenté(e)s, sommes prêts à appliquer le nouveau programme d’histoire au secondaire dès l’automne 2014, et ce, dans l’intérêt de la réussite de nos élèves et d’une compréhension de notre histoire nationale qui corresponde davantage à ce que fut véritablement notre passé.

Liste des signataires:

Philippe Arcand, École Horizon Jeunesse, Laval
Louis-Sylvain Boudreau
Serge Gagnon
Kim Célestin
Geneviève Goulet 
Jérôme Chartrand,
École Polyvalente St-Joseph de Mont-Laurier
Chantal Pellerin, École secondaire Champagnat
Isabelle Lachance
Luc Lacombe,
École secondaire Du Rocher        
Claude Gravel, Collège Ste-Anne de Lachine
Didier  Helliet
François Garceau,
École secondaire Val-Mauricie    
Mélanie Bellemare
Normand Goulet
Patrick Deschênes
Madeleine Vallières,
École secondaire Sieur-de-Coulonge
Guy Croteau
Claude Tousignant,
École Curé-Antoine-Labelle de Laval
Mathieu Goulet
Pascal Debien,
École Secondaire Mont-de-La Salle
Céline Benoit
Chantal Labelle
Catherine Leduc
Brigitte Burns
Nicolas Greffe
Jean-François Allard
Guylaine Fortier 
Josée Prévost,
École Rivière-des-Quinze
Marianne Tremblay, École Sacré-Coeur de Gracefield
Dany Cloutier, École secondaire des Chutes
Annie Bellerive
Romain Vanhooren,
École secondaire Mont-Bleu  
Sylvie Richer, Programme d’éducation internationale des Deux Montagnes
Pierre-Olivier Proteau, École secondaire Paul Lejeune
Jean-Pierre Frigon
Stéphane Gilbert,
École sec. Massey-Vanier, Cowansville
Lise Côté, Cité étudiante de la Haute-Gatineau, Maniwaki
Gilles Gratton, École secondaire de la Cité-des-Jeunes, Vaudreuil-Dorion

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4 commentaires
  • Robert Henri - Inscrit 23 janvier 2014 10 h 21

    D'accord pour l'enregistrement chronologique de l'histoire nationale.

    D'accord pour l'enregistrement chronologique de l'histoire nationale. Ceci dit, je ne vois pas le rapport avec l'«éducation à la citoyenneté» qui est une toute autre chose tout aussi importante. Serais-ce que le gouvernement Marois redoute que les jeunes prennent conscience de leurs droits et devoirs citoyens ? Craint-elle de revoir des chaudrons dans les rues ?

  • Catherine Séguin - Inscrit 23 janvier 2014 11 h 43

    J'ajoute ma signature à celles de ces enseignants et j'attends avec impatience le coup de barre nécessaire pour que l'enseignement de l'histoire nationale au secondaire retrouve la cohérence dont le Renouveau pédagogique l'a privé. -Catherine Séguin

  • Marie-Hélène Boileau M. Simon Bilodeau - Inscrite 23 janvier 2014 18 h 29

    J'ajoute également ma signature à celle de ces enseignants!
    Marie-Hélène Boileau

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 24 janvier 2014 10 h 10

      Et que nos jeunes se rendent compte qu'ils viennent de quelque part et pourquoi ils sont comme ils sont !

      Et qu'ils ne sont pas des graines de pissenlits soufflés dans le vent !

      Un arbre sans racine n'est qu'un poteau !

      PL