Les photos marquantes de l’an 2025

En 2025, les derniers bélugas du Saint-Laurent mourront-ils des suites de la pollution causée par les pipelines acheminant le pétrole de l’Ouest?
Photo: Gremm En 2025, les derniers bélugas du Saint-Laurent mourront-ils des suites de la pollution causée par les pipelines acheminant le pétrole de l’Ouest?

« Les photojournalistes ont une responsabilité, montrer la réalité telle qu’elle est, malgré certains organismes qui essaient de nous bloquer l’accès à l’information, nous serons toujours présents. »

Les paroles sont de Jacques Nadeau, photographe du Devoir, commentant le montage de treize photos illustrant les événements marquants de 2013. Bravo pour ce montage et pour les commentaires de Monsieur Nadeau.

 

Allez voir ces photos et vous verrez que dans plusieurs des cas, les événements illustrés étaient prévisibles, car souvent conséquences de choix politiques et économiques. Comme le dit l’expression, « c’est écrit dans le ciel ! » Ceux qui écrivent dans le ciel, ce sont trop souvent nos décideurs politiques donnant la main au monde économique.

 

Dans mes blues de fin d’année, j’imagine un montage possible de photos d’événements marquants de l’année 2025. J’y vois une photo rappelant la mort des derniers bélugas du Saint-Laurent, près de Trois-Pistoles. Une autre photo illustre une marée noire dans le fleuve (à quel endroit déjà ?). Et la troisième présente des personnes catastrophées, en colère. En effet, c’est difficile de photographier la contamination des nappes phréatiques au Bas-Saint-Laurent.

 

Alors on pose la caméra devant les conséquences : des gens qui devront vivre sans eau potable. Quel fut le problème ? Un écoulement de pétrole provenant de l’oléoduc de TransCanada. C’est l’oléoduc qui nous vient de l’Ouest canadien, traversant le fleuve près de Québec et se terminant au port de Cacouna. Il a été construit pour donner aux compagnies pétrolières accès aux marchés internationaux. Il transporte du pétrole non conventionnel provenant des sables bitumineux, pétrole plus difficile à nettoyer et plus polluant.


Avant d’en arriver là

 

Ce qu’aucun montage photographique ne pourra jamais montrer, c’est la désolation des gens qui se demandent : comment en est-on arrivé là ? Heureusement, cet événement est imaginaire. L’oléoduc de TransCanada, aujourd’hui, à l’aube de 2014, n’existe pas. Pas encore.

 

Ce qui existe, c’est un inquiétant alignement des astres, soit la volonté de puissantes compagnies pétrolières alliée à la pensée magique des gouvernements, fédéral et provincial.

 

Si les photojournalistes ont la responsabilité de nous montrer la réalité telle qu’elle est, nous, nous avons la responsabilité de la regarder cette réalité, et cela, avant qu’elle ne devienne une photo de catastrophe.

 

Il nous appartient de protéger notre eau, notre milieu de vie, l’avenir de nos enfants, notre planète. Ceci en reconnaissant notre dépendance au pétrole et notre besoin d’avoir du travail dans les régions. Il nous appartient de recadrer les promesses de retombées payantes des compagnies et de participer au passage obligé vers des énergies moins polluantes.

 

Ce que je nous souhaite en l’année 2014, c’est la conscience de notre pouvoir citoyen, et surtout l’exercice de ce pouvoir.