Charte de la laïcité - L’université: haut lieu du savoir, non du croire

Contrairement à plusieurs universités qui se sont positionnées la semaine dernière, l’Université de Montréal s’est montrée peu bavarde dans le débat sur la laïcité et prépare un mémoire sur le sujet.
Photo: François Pesant - Le Devoir Contrairement à plusieurs universités qui se sont positionnées la semaine dernière, l’Université de Montréal s’est montrée peu bavarde dans le débat sur la laïcité et prépare un mémoire sur le sujet.

Deux articles du Devoir du 3 et du 4 décembre nous annoncent que certaines universités francophones, après McGill et Concordia, rejetteraient le projet de charte de la laïcité pour des raisons qui relèveraient de la liberté universitaire et de la liberté d’opinion.

 

D’abord il convient de préciser que les propos rapportés ne se réfèrent nullement à l’ensemble de la communauté universitaire, mais émanent surtout d’administrateurs qui n’ont mené aucune consultation sérieuse pour parler au nom de tous ceux et de toutes celles qui constituent l’université. Ces propos ne sont sûrement pas partagés par un bon nombre de personnes oeuvrant à l’université.

 

Les arguments invoqués par les recteurs ou autres porte-parole qui ont été cités dans l’article s’avèrent trompeurs. Sous le couvert de liberté et d’ouverture, ils masquent les enjeux profonds de la neutralité et de la laïcité des organismes publics.

 

On prétend qu’interdire le port de signes religieux ostentatoires reviendrait à « porter atteinte à la mission de l’université ». La mission première de l’université n’est pas de soutenir de quelque façon que ce soit les croyances religieuses. La recherche et l’enseignement universitaires sont fondés sur la raison et non sur la foi. C’est l’édification rationnelle du savoir et sa transmission rigoureuse qui sont au coeur de la mission de l’université moderne.

 

Longtemps dans le passé, l’université a été sous le joug de la religion dont le dogmatisme a réussi à asservir plusieurs savants et à dénigrer leurs découvertes. Pensons par exemple à Galilée qui, en 1663, a été forcé par l’Inquisition d’abjurer la théorie de l’héliocentrisme. Heureusement, l’université s’est affranchie des croyances religieuses et elle a fait progresser le savoir en s’appuyant résolument sur la raison et la pensée critique. Même les questions religieuses n’y sont plus étudiées aujourd’hui sous l’angle étroit des doctrines théologiques, mais bien à l’aide des concepts des sciences humaines. Accepter dans son sein le port ostentatoire de signes religieux, qui procèdent du croire et non du savoir, paraît donc contraire au rationalisme qui fonde l’université moderne.

 

Ne pas confondre

 

Dans la même foulée, on avance que l’interdiction des signes religieux restreindrait le droit d’opinion. À ce propos, la rectrice de l’Université de Sherbrooke soutient qu’« il ne doit exister aucune restriction visant les opinions, politiques notamment, que peuvent exprimer les professeurs d’université ». Il convient tout de suite de nuancer ce propos : les opinions haineuses, racistes, sexistes, homophobes ne sont pas plus tolérées à l’université qu’ailleurs dans la société. Certes, la liberté universitaire est un principe indispensable à une saine circulation des idées. Mais ce principe n’est pas absolu. La liberté universitaire concerne essentiellement les courants intellectuels, les théories, les connaissances, les thèses qui sont enseignés et discutés par les professeurs dans le cadre de leurs fonctions universitaires. Leurs opinions politiques personnelles appartiennent à un autre registre et concernent d’autres tribunes publiques que les salles de cours universitaires.

 

La rectrice de l’Université de Sherbrooke confond également liberté de religion et liberté d’opinion, deux droits reconnus comme distincts par la Déclaration universelle des droits de l’homme. Les croyances religieuses ne sont pas véritablement des opinions, car elles ne sont pas sujettes à discussion : les juifs, les chrétiens et les musulmans croient inconditionnellement en l’existence de Dieu et ne peuvent remettre cette croyance en cause sous peine de voir leur foi s’effondrer. Le droit d’opinion ne concerne pas ce genre de dogme ; il touche avant tout les questions sociales et politiques qui sont débattues au sein de la cité. On ne peut donc pas dire que l’interdiction des signes religieux ostentatoires à l’université brime le droit d’opinion.

 

Le projet de charte de la laïcité limite le port de signes religieux ostentatoires dans les organismes de l’État en vertu de la neutralité dont ses employés doivent faire preuve. Mais il ne brime pas pour autant la liberté de religion puisque les croyants pourront continuer à professer leur foi partout ailleurs dans la société.

 

Enfin, parlons du voile islamique puisqu’il est en beaucoup question dans tout ce débat. Au cours de la longue histoire des universités, de grandes luttes ont été menées pour permettre à tout le monde de faire des études universitaires et d’accéder au savoir. Jusqu’au XXe siècle, des groupes entiers de la population étaient exclus de l’université, en particulier les femmes. Au prix d’efforts inouïs déployés pendant des décennies entières, les femmes ont réussi à se faire respecter et à acquérir une formation universitaire à laquelle elles ont droit tout autant que les hommes.

 

Alors que, dans plusieurs pays musulmans, des universitaires se lèvent pour combattre la ségrégation vestimentaire imposée de plus en plus aux étudiantes avec la montée de l’intégrisme islamique, voilà qu’au Québec on accepterait aveuglément que des femmes portent, dans ce haut lieu du savoir qu’est l’université, un voile qui n’est rien d’autre que le symbole d’une subordination à une religion machiste ? Pareille abdication constituerait une dangereuse régression historique.

130 commentaires
  • Roch Yves Simard - Abonné 9 décembre 2013 00 h 29

    Bravo!

    • Jean Lapierre - Inscrit 9 décembre 2013 09 h 04

      Et encore bravo

    • lise pelletier - Inscrit 9 décembre 2013 11 h 19

      De quel droit la haute hierarchie universitaire donne-t-elle son opinion sans même consulter les étudiants, les professeurs, les différents paliers d'administration.
      Belle démocratie démontrée dans un lieu de savoir.


      @ Jean Lapierre

      Chaque fois que je lis vos commentaires, c'est plus fort que moi j'ai le sourire en me disant qu'un homonyme à votre nom pense exactement le contraire.

    • Jean Lapierre - Inscrit 9 décembre 2013 12 h 39

      @Lise Pelletier
      Oui madame, il y a sûrement de quoi sourire. Cela serait amusant de faire un sondage d'opinions auprès des 482 Jean Lapierre que j'ai répertoriés sur 411.ca. Merci de me faire part de votre amusement.

    • Nicole Moreau - Inscrite 9 décembre 2013 19 h 14

      Bravo de ma part également pour ce texte, mais j'aimerais également dire à madame Pelletier que je partage son commentaire aussi, je ne saisis pas pour quelle raison l'université prend-elle position ainsi sans avoir consulté qui que ce soit

  • Suzanne Chabot - Inscrite 9 décembre 2013 03 h 52

    La raison et la foi


    M. Claude Simard nous écrit : "La recherche et l’enseignement universitaires sont fondés sur la raison et non sur la foi".

    La question que je pose suite à ce commentaire est : Est-ce que l'orsque l'on croit, on pert la raison, et on ne peut plus faire de recherche universitaire?

    La question de l'existence de Dieu n'est pas une question dénuée de sens d'un point de vue rationnel. René Descartes, le père de la philosophie moderne était croyant, faut-il la rappeler? Il en est venu à la conclusion de l'existence de Dieu par un procédé parfaitement rationnel.

    Je suis croyante et ma foi est basée également sur la raison. La foi et la raison peuvent faire bon ménage.

    Certains athées veulent faire de leur vision du monde la seule qui soit rationnelle, alors que celle-ci est basés sur des hypothèses qui sont loin d'avoir été démontrées scientifiquement.

    • Michel Lebel - Abonné 9 décembre 2013 08 h 43

      @ Suzane Chabot,

      Bon texte

      Pour moi, catholique, je ne vois aucune opposition entre ma religion et la raison. À mon avis, les deux, bien que distinctes, ont besoin l'une de l'autre.

      Michel Lebel

    • Jean Lapierre - Inscrit 9 décembre 2013 09 h 25

      Vous êtes croyante et votre foi est basée également sur la raison, grand bien vous fasse. Malheureusement vous faîtes partie d'une infime minorité. Et on sait très bien qu'il est parfaitement inutile de discuter religion avec quelqu'un qui n'a que des arguments rationnels à offrir. Que Descartes ait pu démontrer l'existence de Dieu ne prouve qu'une chose: à chacun ses vérités et à chacun ses croyances. Si Descartes avait eu raison ça se saurait et le monde ne serait pas aussi mal foutu avec autant d'atrocités commises au nom des religions. Le plus grand criminel de tous les temps, responsable de l'extermination de six millions de juifs, était croyant, tout comme Descartes.

    • David Boudreau - Inscrit 9 décembre 2013 09 h 55

      L'université est elle mandaté à transmettre la foi?

    • Roxane Bertrand - Abonnée 9 décembre 2013 11 h 03

      Il n'est pas question de foi dans la charte de la laïcité mais du respect de la foi de tous.

      Pour un étudiant que le professeur se présente dans un tchador ou dans un drapeau québécois écrit : "vive le Quebec libre", c'est pareil. Le professeur a la tribune par son mandat d'enseignant, il n'a pas à utiliser cette tribune pour manifester une opinion personnelle non-associée à son privilège.

    • Louise Gagnon - Inscrite 9 décembre 2013 11 h 17

      La religion est fondée sur l'amour et la justice. Sans amour et sans justice, ce n'est pas une religion. Si les hommes musulmans ne peuvent tolérer de voir les femmes que Dieu a créées, sans se croire permis de les agresser, c'est qu'ils pratiquent l'anti-religion. Et si les hommes musulmans n'ont pas à démontrer ostentatoirement qu'eux aussi doivent porter un signe de nature à confirmer leur propre pureté sexuelle, où est la justice??? Hors de la justice, pas de religion. C'est ainsi que le voile porté par les femmes, qu'elle soient obligées ou non, n'est que le gargarisme d'une déformation de la véritable religion.

    • Marc Lacroix - Abonné 9 décembre 2013 11 h 37

      Mme Chabot, vous affirmez que la vision des athées serait basée sur des hypothèses non démontrées scientifiquement. J'attire votre attention que les hypothèses des croyants ne pas davantage démontrées par des scientifiques tout simplement parce que personne n'a la capacité de — mesurer, de décrire Dieu — tout ce que certains peuvent affirmer, c'est qu'ils croient ceci ou cela, mais de toute façon, toutes les visions de "Dieu" et de "l'absolu" sont — subjectives.

      Je vous inviterais à plutôt parler des arguments du rédacteur de l'article plutôt que de défendre une prétendue rationalité de la foi qui ne repose en fait que sur une pétition de principe.

      Je tiens à préciser que je ne suis pas hostile aux croyants, loin de là, mais, le dogmatisme et l'incohérence sont nuisible à toute tentative d'argumentation.

    • Michel Vallée - Inscrit 9 décembre 2013 12 h 23

      En l’occurrence, la pétition de principe est un argument ontologique qui prétend démontrer l'existence de dieu dans un raisonnement qui présuppose, dans les prémisses, la proposition que l'on doit prouver…

      Ainsi, à partir du postulat ‘’Si dieu est parfait’’, on conclut que dieu existe, puisque s’il n’était pas parfait il n’existerait pas !

    • Annie-Ève Collin - Inscrite 9 décembre 2013 12 h 48

      Ce n'est pas parce qu'il y a des philosophes et des scientifiques qui sont croyants qu'il faut en conclure que la foi et la pensée rationnelle sont compatibles (encore moins qu'elles ont besoin l'une de l'autre). Elles sont incompatibles dans l'attitude même : pour penser rationnellement, il faut être prêt à tout questionner, demander des preuves pour étayer n'importe quel fait avancé, et admettre qu'il faut rejeter une croyance quand les faits et la logiques montrent qu'elle est non fondée, voire même fausse. Avoir la foi en dieu, c'est tenir pour vrai le jugement de fait suivant : "Dieu existe.", sans chercher de preuve, sans se permettre d'en douter.

      De plus, comme Dawkins le souligne si bien dans God Delusion, la science et la religion (contrairement à ce qu'on cherche souvent à nous faire croire) se prononcent sur les mêmes choses et se contredisent souvent (il ne peut pas être vrai à la fois que nous descendons d'Adam et Ève et que nous avons un ancêtre commun avec les autres singes - oui oui, nous sommes des singes). Sans compter que la bible est plein de contradictions : quand on réfléchit rationnellement, on ne peut pas admettre un livre avec des contradictions comme guide.

    • Annie-Ève Collin - Inscrite 9 décembre 2013 12 h 52

      La position des athées (du moins la majorité de ceux que je connais) n'est pas basée sur des hypothèses, mais simplement sur l'absence de preuves, de faits, de raisons logiques de croire à l'existence d'un dieu théiste. Il ne s'agit même pas d'affirmer l'inexistence de quoi que ce soit: la plupart des athées notoires n'affirment pas : "Dieu n'existe pas.", leur position est qu'ils n'ont pas de raison de croire que Dieu existe. Dire qu'on n'a pas de raison de croire quelque chose, ce n'est pas poser une hypothèse.

    • Pierre Cloutier - Abonné 9 décembre 2013 13 h 08

      Madame Chabot,

      Réfléchissez un peu, vous êtes athée envers tous les dieux sauf un, le vôtre. Un dieu que vous n'avez même pas choisi puisqu'on vous l'a inculqué en très bas âge.

      Vous pouvez bien prétendre que votre croyance est rationnelle, ce n'est pas vrai. Aucune croyance ne l'est. De plus, si vous lisez Descartes aujourd'hui, vous voyez l'immense fausse qui existe entre les connaissances d'aujourd'hui et celles de son époque. Descartes, aujourd'hui, tout comme Pascal, serait athée.

      Tout comme vous, je suis athée mais d'un dieu de plus que vous.

    • Albert Descôteaux - Inscrit 9 décembre 2013 14 h 32

      madame Chabot, si j'affirme croire fermement qu'il y a une théière en orbite autour de Pluton, que me diriez-vous? C'est la même chose avec n'importe quel dieu: si on y croit, ce doit être vrai....

    • Annie-Ève Collin - Inscrite 9 décembre 2013 19 h 47

      Faire le type de raisonnement suivant : "La pensée rationnelle et la croyances religieuses peuvent très bien aller ensemble. La preuve : Descartes était croyant." (Vous pouvez remplacer Descartes par un autre scientifique ou philosophe croyant.), ça a autant de validité que de dire : "Le mariage monogame n'implique pas l'exclusivité sexuelle. La preuve : il y a beaucoup de gens mariés qui couchent avec d'autres que leur époux(se)."

    • Suzanne Chabot - Inscrite 10 décembre 2013 00 h 40


      Je ne dis pas que Dieu peut être démontré par une expérimentation scientifique et que, par conséquent, la croyance en Dieu est une croyance rationnelle.

      Je dis plutôt que l'hypothèse de Dieu est une hypothèse rationnelle. Une hypothèse qui ne contredit pas la raison. Pour moi, devant la contemplation de l'Univers, organisé jusque dans l'infiniment petit, et dont chaque partie est complémentaire aux autres, il est logique et rationnel de croire en Dieu.

      Je crois qu'il est beaucoup plus logique de croire en Dieu que de croire au hazard. Je ne souhaite pas imposer mon point de vue à un athée, mais je discutte l'athéisme. Est-ce que je suis dogmatique?

      Tous les êtres humains, quels qu'ils soient, aussi scientifiques soient-ils, ont des présupossés méthaphysiques non démontrables par la science expérimentale.

      Autrement dit, tous les êtres humains, qu'ils en soient conscient ou non, ont une vision du monde fondée sur des axiomes, les croyants comme les athées, et cela ne fait pas d'eux des êtres moins rationnels.

  • André Chevalier - Abonné 9 décembre 2013 04 h 25

    Des propos rafraîchissants!

    La sortie de certains dirigeants universitaires contre la charte de la laïcité m'inquiétait par le fait qu'on donnait droit de cité à des croyances au même titre qu'à la raison.

    Me voilà rassuré.

    Il faudrait peut-être aussi s'attaquer aux cours ésotériques qui se donnent à l'université, tels que ceux qui existent à l'université de Trois-Rivières.

  • Michel Lebel - Abonné 9 décembre 2013 04 h 38

    Un professeur n'est pas un fonctionnaire!

    Toujours la même question: la liberté religieuse inclut-elle le droit de porter des signes religieux, peu importe l'endroit où la personne se trouve? Les Chartes des droits et les tribunaux de pays démocratiques répondent généralement par un oui à la question, sauf la France. Je crois que le Québec doit répondre aussi par un oui, y inclus évidemment dans les universités. Faut-il rappeler que les professeurs d'universités ne sont pas des fonctionnaires de l'État québécois.

    Michel Lebel
    Ancien professeur d'université

    • Cyril Dionne - Abonné 9 décembre 2013 08 h 46

      Si un professeur n'est pas un fonctionnaire, alors qui est-ce qui paie pour son salaire, sa pension et ses avantages sociaux ?

    • Michel Lebel - Abonné 9 décembre 2013 10 h 04

      @ Cyril Dionne

      Comme professeur, je ne réponds à aucune commande de l'État. Je ne suis pas un relais de l'État, Dieu merci! Big Brother ne me dit pas quoi dire ou comment me comporter dans une salle de classe!

      Michel Lebel

    • Cyril Dionne - Abonné 9 décembre 2013 11 h 33

      @ Michel Lebel

      Fonctionnaire : personne qui travaille pour l'État et qui en occupe une fonction.

      Ici, on ne parle pas de liberté académique ou de liberté de conscience, mais bien du financement qui émane des taxes et des impôts de la collectivité. Sans ceux-ci, on n'aurait pas d'universités dites publiques.

      Qu'on le veuille ou non, si l'argent de notre salaire provient d'une source publique, on est un fonctionnaire.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 9 décembre 2013 11 h 34

      Les médecins ont protesté également, à raison, qu'ils ne sont pas des employés de l'État malgré la RAMQ...Ce n'est pas l'avis du gouvernement, d'oû les conflicts...Mais cela est un autre chapitre.

      Si on veut pousser un argument, toutes sortes de rationalisation sont possible!

    • Nicolas Bouchard - Abonné 9 décembre 2013 11 h 40

      Big brother? Venez-vous de nous dévoiler votre côté "libertarien" M. Lebel? Donc si nous poussons le raisonnement plus loin, toute directive de l'état "Big Brother", tel que vous le nommez, serait donc à rejeter?

      Intéressante perspective.

      Nicolas B.

    • Marc Lacroix - Abonné 9 décembre 2013 12 h 03

      M. Lebel, vous vous dites ancien professeur d'université, alors vous devriez parler des arguments de M. Simard, plutôt que de vous assoir sur votre qualité — d'ancien prof d'université — et je vous ferais remarquer que les enseignants soient ou ne soient pas comme tels des fonctionnaires reste — une formalité d'un intérêt douteux. Par ailleurs, la question des Chartes des droits et libertés reste aussi discutable considérant la possibilité d'utilisation de la clause "nonobstant" et les changements que nous voyons s'opérer en Europe concernant le multiculturalisme.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 9 décembre 2013 12 h 33

      Ce qu'en pensent cent professeurs de l'Université de Montréal qui ont signé une lettre ouverte publiée dans l'Actualité:

      «Lettre ouverte: les universités doivent-elles appliquer la pensée de l’État?»

      http://www.lactualite.com/blogues/le-blogue-politi

    • Michel Lebel - Abonné 9 décembre 2013 12 h 39

      @ MM. Dionne, Bouchard et Lacroix,

      Un professeur ne travaille pas pour l'État; il est à l'emploi d'une université et non d'un ministère! Au nom de la liberté de religion, j'estime qu'un professeur d'université doit pouvoir porter les signes religieux de son choix. Un étudiant doit aussi pouvoir faire de même.
      Les arguments en faveur ou contre le port de signes religieux sont maintenant archiconnus. Chacun a son opinion. M.Simard a la sienne, j'ai la mienne! C'est tout!


      Michel Lebel

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 9 décembre 2013 14 h 26

      Monsieur Leblond, pourquoi ne pas proposer maintenant à ces professeurs de l'Université de Montréal d'aller séjourner dans les universités européennes où on a accepté la seggrégation des sexes pour certains cours, en plus du hidjab et du niquab? Et surtout, demandez aux professeurs du sexe féminin de participer à des cours ou débats qui séparent les femmes des hommes, où les femmes musulmanes ne prennent pas la parole en présence d'hommes...

    • Marie-Maude Lalande - Inscrite 9 décembre 2013 16 h 53

      @Michel Lebel:

      Alors en 2013, s'il y a liberté de religion alors que liberté d'opinion n'existe pas, non merci. Je rejette ce double-standard (une prof peut-il vanter une race plus qu'une autre par exemple?). Car la Religion avec un grand -R- donne libre ocurs à des inégalités (homme - femme, homo- hétéro, etc.) qu'on n'accepte pas sous l'étiquette de liberté d'opinion.

      Pouquoi la religion aurait-elle ce privilège de pouvoir faire l'inaceptable?

      Un moment donné, ça fera les contradictions.

    • Marc Lacroix - Abonné 9 décembre 2013 17 h 25

      Mme Lalande, vous m'enlevez les mots de la bouche !

    • Michel Lebel - Abonné 9 décembre 2013 17 h 42

      @ Mme Lalande,

      L'université doit demeurer un lieu privilégié pour exercer ses libertés. Toutes les libertés prévues dans les Chartes des droits. Mais le tout doit se faire avec respect des points de vues différents et avec bon jugement.

      Enfin il ne faut jamais oublier que l'université est principalement un lieu d'apprentissage de connaissances. À ce que je sache, il n'y a pas, par exemples, de mathématique ou d'ingénirie catholique! J'admets volontiers qu'en sciences humaines, c'est plus complexe!


      Michel Lebel

  • Claude Verreault - Inscrit 9 décembre 2013 05 h 45

    Enfin, la lumière au bout du tunnel!

    M. Simard, bravo et merci pour ce texte intelligent, bien argumenté et rassurant. Espérons qu'il ramènera à la raison les porte-parole de certaines de nos universités, dont les propos irrationnels ont de quoi inquiéter tous ceux qui, comme vous et moi (et nous sommes nombreux), considèrent l'université comme un «haut lieu du savoir, non du croire».