Crise à Tourisme Montréal - J’aurais peut-être dû exercer davantage de contrôle

D’ici la fin de l’année, le tourisme à Montréal aura généré un peu plus de 2,5 milliards de dollars de dépenses touristiques, contribuant à soutenir quelque 36 000 emplois. Au cours des vingt dernières années, été comme hiver, le volume de touristes a connu une croissance de 60 % à Montréal.
Photo: Jacques Grenier - Archives Le Devoir D’ici la fin de l’année, le tourisme à Montréal aura généré un peu plus de 2,5 milliards de dollars de dépenses touristiques, contribuant à soutenir quelque 36 000 emplois. Au cours des vingt dernières années, été comme hiver, le volume de touristes a connu une croissance de 60 % à Montréal.

La semaine dernière, le rapport du Vérificateur général du Québec a mis en lumière certains agissements de l’ancien p.-d.g., M. Charles Lapointe, qui sont à la fois répréhensibles et déplorables. Je comprends, à cet égard, l’indignation des Montréalais.

 

Certains de ces agissements relèvent du citoyen Lapointe, et il aura à en répondre. D’autres relèvent de la gestion de Charles Lapointe à titre de p.-d.g. de l’organisation et sont de la responsabilité du conseil d’administration. Bien que j’aie démissionné du conseil d’administration de Tourisme Montréal vendredi dernier, j’en assume pleinement la responsabilité, ayant été en autorité pendant cette période, à titre de président du conseil.

 

Aurais-je dû exercer davantage de contrôle sur les opérations quotidiennes de Tourisme Montréal ? Peut-être. J’avais placé ma confiance dans l’administration d’une organisation historiquement performante qui propulsait Montréal sur la scène mondiale en augmentant toujours davantage l’achalandage et les revenus touristiques.


Salaire et indemnité de départ

 

On a beaucoup reproché au conseil d’administration que je présidais d’avoir accordé, dans les dernières années, au p.-d.g. de Tourisme Montréal un salaire annuel de près de 398 300 $. À cet égard, je persiste à dire que l’examen de la rémunération du p.-d.g. de cette organisation doit se faire en comparaison avec celle de dirigeants d’organismes similaires.

 

La question de l’indemnité de séparation accordée à l’ex-p.-d.g. de Tourisme Montréal a, elle aussi, fait couler beaucoup d’encre. Je crois correct, qu’après 25 ans, un p.-d.g. qui, contrairement à un agent de la fonction publique, n’a accès à aucun fonds de pension de l’employeur, quitte une organisation, reçoive une indemnité de départ d’une semaine par année de services, une mesure conforme à la jurisprudence en cette matière. D’ailleurs, lorsque j’ai rejoint le conseil, cette disposition apparaissait déjà au contrat de M. Lapointe, prévoyant 12 mois pour le total des années de services. J’ai pris la décision de faire passer son allocation de départ à 24 mois et j’assume totalement cette décision. J’invite quiconque s’intéresse à la question à observer les rémunérations de départ récentes de p.-d.g. d’organisations québécoises et canadiennes.

 

Plusieurs ont faussement souligné que 75 % des revenus de Tourisme Montréal provenaient du gouvernement du Québec. Or, il n’en est rien. Tourisme Montréal tire 70 % de ses revenus de la taxe sur l’hébergement prélevée, à la demande de l’industrie hôtelière de Montréal, auprès de la clientèle touristique, dont 70 % provient de l’extérieur du Québec.

 

Tourisme Montréal est un organisme qui doit sa performance au dynamisme des hôteliers qui utilisent les montants de la taxe prélevée à même les revenus de location des chambres, pour le développement touristique de la métropole. Dans la tourmente des derniers jours, peu d’observateurs ont souligné l’exceptionnelle performance de Tourisme Montréal. Je me permettrai de rappeler ici certains faits. En 2013, le tourisme à Montréal aura généré un peu plus de 2,5 milliards de dollars de dépenses touristiques, contribuant à soutenir quelque 36 000 emplois. Au cours des vingt dernières années, le volume de touristes a connu une croissance de 60 % à Montréal.

 

Tourisme Montréal contribue de manière importante à l’essor économique de la ville. Les secteurs de l’hôtellerie, de la gastronomie, des congrès et de la culture profitent du travail de ses membres. Au-delà de ma démission du conseil d’administration, je figure toujours parmi ceux qui soutiennent que le rôle de Tourisme Montréal est essentiel et que ce travail doit être poursuivi.


Démission

 

Jeudi dernier, le maire de Montréal m’a demandé de démissionner de la présidence du conseil du 375e de Montréal. J’ai immédiatement accepté et prévenu les membres du conseil.

 

La Société pour les fêtes du 375e de Montréal est née de mon implication et de celle de Gilbert Rozon, président de Juste pour rire, en collaboration avec la Ville de Montréal. Nous avons rassemblé des personnes exceptionnelles au conseil, qui placent les intérêts de Montréal avant toute chose. Je souhaite évidemment que ce travail se poursuive et que le conseil conserve la marge de manoeuvre nécessaire pour assumer pleinement son rôle.

 

Tourisme Montréal et la Société pour les fêtes du 375e de Montréal, où j’ai oeuvré bénévolement, ne m’ont, je tiens à le mentionner, apporté aucun avantage financier ou enrichissement personnel. J’ai toujours agi bénévolement dans ce que j’estimais être le meilleur intérêt de Montréal.

 

Les rôles joués par les élus dans les événements récents m’ont surpris et m’inquiètent. Il faut s’assurer que la partisanerie ne noyaute pas les conseils d’administration et j’espère que les gens d’affaires pourront résister à cette vague de fond.

 

Je tire aujourd’hui ma révérence en invitant la communauté d’affaires à ne pas renoncer à son engagement dans les divers organismes qui contribuent au développement de Montréal.

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