Enbridge s’explique - Énergie et environnement : deux côtés d’une même médaille

Des travailleurs mandatés par Enbridge examinent un tronçon de la ligne 9B le long de l’autoroute 15 afin de constater de visu si des dommages doivent être réparés.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Des travailleurs mandatés par Enbridge examinent un tronçon de la ligne 9B le long de l’autoroute 15 afin de constater de visu si des dommages doivent être réparés.

Récemment, nous avons vu une hausse considérable de débats publics sur les pipelines, des canalisations qui aujourd’hui acheminent de l’énergie, mais aussi des projets proposés comme Northern Gateway et Keystone XL. Ce débat s’est dernièrement retrouvé à l’avant-scène lors de l’audience de l’Office national de l’énergie sur l’inversion proposée de notre canalisation 9B. Comme notre entreprise est au coeur du débat, j’ai couché mes idées sur papier (en fait, au clavier) pour exprimer le point de vue d’un Canadien, soit que le développement énergétique, la sécurité et la protection de l’environnement ne sont pas mutuellement exclusifs, mais plutôt les deux côtés d’une même médaille.

 

La plupart des gens conviennent que les préoccupations concernant les pipelines reflètent un débat plus large sur le développement énergétique - même les projets d’énergies renouvelables, éolienne et solaire, font l’objet d’un examen minutieux.

 

Ce débat vigoureux est positif, car il force l’industrie à répondre aux préoccupations en matière de sécurité et d’environnement. Aujourd’hui, nous commençons à voir une discussion plus équilibrée et je suis encouragé par le fait que nos dirigeants politiques travaillent ensemble dans le meilleur intérêt de tous les Canadiens.

 

Si l’inversion de la canalisation 9B est approuvée, elle permettra aux deux raffineries du Québec - qui ensemble représentent 20 % de la capacité canadienne de raffinage - d’obtenir leur matière première pour produire de l’essence, du carburant et d’autres produits énergétiques de l’Ouest canadien, plutôt que de compter sur du brut étranger, beaucoup plus dispendieux, comme elles le font aujourd’hui. Ces raffineurs alimentent le Québec en carburant, de même qu’une grande partie de l’est de l’Ontario. Les arguments économiques et de sécurité d’approvisionnement sont convaincants. Avec un accès au pétrole brut de l’Ouest canadien, les raffineries de Suncor et Valero peuvent être plus compétitives, sauvant des milliers d’emplois et soutenant également une grappe pétrochimique dynamique et unique. Un manque de compétitivité a déjà donné lieu à la fermeture de cinq raffineries et à la perte de milliers d’emplois au Québec. Nous ne pouvons pas laisser cela se produire à nouveau.

 

Avantages économique et sécurité

 

Les retombées de la canalisation 9B et des nouveaux investissements en capital seront très positifs pour le Canada, avec une augmentation attendue du PIB de 25 milliards de dollars.

 

Je crois que la plupart des Canadiens comprennent les avantages économiques du projet d’inversion de la canalisation 9B et de projets similaires. Mais ce n’est qu’un côté de la médaille ; l’autre étant la sécurité et la protection de l’environnement.

 

Si notre industrie a appris quelque chose ces dernières années, c’est bien que les emplois et les retombées économiques ne suffisent pas à gagner le soutien du public. Élaborer des projets énergétiques aujourd’hui exige de bâtir un climat de plus grande confiance dans notre capacité à produire et à transporter de l’énergie en toute sécurité et dans le respect de l’environnement.

 

Les Canadiens ne veulent pas entendre à quel point nous pensons que nous sommes bons - ils veulent savoir ce que nous faisons pour améliorer, faire mieux, et pour acheminer de l’énergie en toute sécurité. Ils ont raison de vouloir cette assurance. Tout comme nous.

 

Il y a une perception chez certains que nous opérons des pipelines sur un modèle d’économie traditionnelle et que nous sommes préoccupés uniquement par les bénéfices. Permettez-moi de vous exposer brièvement certaines des choses que nous faisons chez Enbridge pour dissiper les mythes.

 

Tout d’abord, nous minimisons notre empreinte environnementale en utilisant des emprises existantes et en convertissant ou en inversant les canalisations, chaque fois que nous le pouvons - comme nous le faisons avec la canalisation 9B.

 

Au cours des trois dernières années, notre société a entrepris le plus vaste programme d’inspection et d’entretien préventif de toute l’histoire de l’industrie pipelinière en Amérique du Nord. D’ici la fin de l’année, nous aurons mené 500 inspections internes et 10 000 fouilles de vérification sur tous nos réseaux.

 

Nous utilisons les outils d’inspection les plus avancés, lesquels incorporent la technologie d’imagerie médicale, permettant d’examiner chaque conduit, millimètre par millimètre. Ceci est comme comparer une IRM à une image aux rayons X. Nous investissons de manière à améliorer davantage les inspections, la détection des fuites et les systèmes de contrôle.

 

Nous effectuons des percées importantes en matière de conception et de construction de pipelines, appliquant la même technologie utilisée par la NASA pour cartographier la surface de la planète Mars, en vue de déterminer le tracé le plus sécuritaire pour le pipeline. Des spécialistes en environnement travaillent aux côtés de nos ingénieurs.

 

Meilleure communication

 

Nous devenons également meilleurs pour expliquer ce que nous faisons et la façon dont les pipelines se connectent à tous les Canadiens et répondent à leurs besoins. Nous avons discuté de la canalisation 9B avec des milliers de citoyens, de manière transparente et sincère, afin de répondre à leurs préoccupations - y compris en invitant les gens à des endroits, le long de l’emprise, pour qu’ils puissent voir de près comment nous maintenons nos canalisations sécuritaires.

 

Les commentaires des parties prenantes ont donné lieu à des changements positifs, comme l’ajout de vannes aux franchissements de cours d’eau et davantage d’équipement d’intervention d’urgence ; une augmentation des communications avec les municipalités ; et des ressources supplémentaires pour aider les premiers répondants à améliorer leur formation.

 

L’examen réglementaire de la canalisation 9B par l’ONE a été vaste et approfondi. Mais nous allons au-delà de cela, en répondant aux préoccupations exprimées en dehors du processus d’examen. En tant qu’entreprise canadienne qui possède plus de 60 ans d’expérience dans l’acheminement de l’énergie par le biais de nos systèmes de pipelines de pétrole brut - et plus de 160 ans, par le biais de notre système de distribution de gaz naturel en Ontario et au Québec -, nous sommes fiers des relations que nous avons bâties dans les communautés dans lesquelles nous vivons et travaillons.

 

Les Canadiens devraient être fiers de notre industrie énergétique et des gens qui en font partie, pas seulement parce que l’énergie est un puissant moteur économique, mais aussi parce que nous avons une industrie énergétique de classe mondiale qui se concentre à mieux faire les choses.

 

Le développement énergétique, la sécurité et la protection de l’environnement sont les deux côtés d’une même médaille - nous ne pourrons réaliser l’un sans l’autre.


Al Monaco - Président et chef de la direction d’Enbridge inc.

9 commentaires
  • Michel Vallée - Inscrit 7 novembre 2013 06 h 29

    Marshall, au Michigan (USA)

    -Le développement énergétique, la sécurité et la protection de l’environnement sont les deux côtés d’une même médaille-

    ... Sauf en ce qui concerne la rivière Kalamazoo au Michigan ?

    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International

  • Pierre-Antoine Ferron - Inscrit 7 novembre 2013 08 h 22

    En avant.

    Bonjour,

    Un bon discours qui dit les choses comme elles sont. La sécurité d’approvisionnement et le fait que nous n’exportons un flux continu de capital à l’étranger sont des facteurs essentiels pour le Québec et le pays. De plus, la sécurité, la longévité et le bas coût opérationnel des oléoducs sont sans pareil et universellement reconnus.

    Merci et en avant toutes!

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 7 novembre 2013 13 h 41

      M. Ferron, vous errez. Le Québec n'a jamais souffert de "sécurité d'approvisionnement". Il est bien normal de payer pour ce pétrole. Même avec un pipeline, aucun avantage ne reviendra au Québec et rien n'empêchera la facture de monter. Ce projet est bâti pour le pétrole sale des sables bitumineux qu'on veut exporter via St-John, Nouveau-Brunswick. De plus, vous passez outre les dangers des oléoducs. Kalamazoo ça vous dit quelque chose ?

  • Jean-Sébastien Gauthier - Inscrit 7 novembre 2013 09 h 37

    Protection de l'environnement?

    J'ai encore du mal à croire que le Devoir ait laissé un représentant d'Enbridge signer un article aussi biaisé dans ses pages.

    En présentant "les deux cotés de la médaille", monsieur Monaco omet complètement (et très certainement volontairement) la véritable revendication des groupes écologistes de tout le Canada en matière de protection de l'environnement, soit la cessation des projets d'exploitation d'hydrocarbures à des fins d'évitement d'une catastrophe planétaire iminente.

    Évidemment, les citoyens canadiens (et ici surtout les Québécois, on s'entendra) sont particulièrement touchés lorsque l'intégrité des écosystèmes qui les entourent est en jeu, mais la question environnementale la plus préoccupante est clairement celle de l'avenir énergétique global. Ce qui ME dérange, c'est qu'Enbridge ainsi que tous les acteurs qui ne s'y s'opposent pas sont complices du projets qui met définitivement la hache dans nos espoirs de voir le réchauffement climatique se limiter à 2 degrés.

    Ainsi, nous pourrons dire à nos enfants que notre "beau pays", d'entre tous, aura été celui qui aura été le plus stupide à l'égard de l'environnement au niveau planétaire.

    Merci pour cette croissance possible du PIB, monsieur Monaco!

  • Daniel Clapin-Pépin - Abonné 7 novembre 2013 10 h 26

    Un tissu de faussetés et de mensonges !

    Du point de vue écologiste, ce grand pollueur corporatif canadien - Enbridge Inc. - a osé publier ici, ce matin, un tissu de faussetés et de mensonges, notamment en prétendant (dans le sous-titre même) "Il faut garantir la sécurité et le respect de l'environnement", soit un énoncé faussement vertueux qui est formellement contredit par tout l'historique des très nombreuses catastrophes environnementales causées par cette firme aux États-Unis et au Canada !

    Écolosociétalement,

    Daniel Clapin-Pépin
    Écologiste humaniste altermondialiste coopérativiste postcapitaliste
    Professeur de gestion + éthique + comptabilité environnementales
    Département des sciences comptables
    École des sciences de la gestion
    UQAM

  • Jean-Sébastien Ricard - Inscrit 7 novembre 2013 10 h 52

    Enbridge n'est pas transparent et tait des incidents

    Balivernes!

    Si la compagnie Enbridge croyait vraiment en la sécurité de ses installations, elle ferait tous les tests nécessaires pour vérifier si un pipeline construit en 1976 peut endurer une augmentation de 500% de la quantité de pétrôle transporté, un pétrôle factuellement reconnu comme plus lourd et plus abrasif (puisqu'issu des sables bitumineux). Or, elle refuse de faire ces tests, sous prétexte qu'ils risques d'endommager son pipeline (!). Et elle verserait des garanties financières pour rassurer la population, ce qu'elle refuse de faire, prétextant, par un sophisme d'appel à la tradition, que ça ne s'est jamais fait avant.

    D'ailleurs, Enbridge préfère taire certains déversement ayant eu lieu tout près de la population.

    http://www.youtube.com/watch?v=dBTc8VpxiTQ&fea

    http://gappasquad.wordpress.com/

    Et, évidemment, Enbridge n'aborde pas du tout le déversement de 3 millions de litres dans la rivière Kalamazoo dont il est responsable (24 violations de la loi). Ce déversement, qui a coûté aux contribuables américains 767 millions de dollars en nettoyage, a laissé près de 180 000 gallons de pétrôle dans les sédiments de la rivière.

    Non, Enbridge ne s'explique pas dans cette lettre, Enbridge ne fait rien d'autres que des relations publiques.