Contrer la marginalisation électorale des jeunes

En 2009, moins de 30 % des jeunes Québécois se sont présentés aux urnes pour élire leur conseil municipal. Ce désintérêt marqué envers la politique municipale n’est pas sans conséquence pour la jeunesse. En effet, cette faible participation électorale n’encourage en rien les candidats à prononcer des engagements qui ciblent les jeunes, et surtout, elle n’incitera pas les prochains maires et mairesses à orienter leurs politiques en fonction des intérêts de la jeunesse. Pourtant, ce ne sont pas les enjeux qui manquent. Qu’on pense aux débats sur les régimes de retraite, à l’impact de la corruption sur la santé de nos institutions démocratiques, à l’état de nos infrastructures de loisirs, à la qualité du transport en commun ou à l’étendue du réseau des pistes cyclables, tous ces enjeux nous touchent et s’ils ne sont pas bien planifiés aujourd’hui, ils pourraient grandement affecter notre marge de manoeuvre collective dans le futur.

 

Cette situation est d’autant plus préoccupante que le poids démographique des jeunes Québécois diminuera significativement au courant des prochaines années. Alors que le groupe des 15-29 ans représente actuellement 19 % de la société québécoise, il n’en représentera plus que 16 % en 2030, selon l’Institut de la Statistique du Québec. Les 15-29 ans représentaient 30 % de la population en 1976. À l’opposé, le nombre de Québécois ayant plus de 65 ans explosera, passant de 18 % de la population en 2013 à 25 % en 2030. Lorsqu’on superpose ces importants changements démographiques à une faible participation électorale des jeunes, on peut d’ores et déjà anticiper que les prochaines campagnes électorales donneront lieu à une marginalisation croissante des enjeux jeunesse.

 

Devant ce constat, il devient impératif d’investir les différents lieux décisionnels, en commençant par les boîtes de scrutin. La jeunesse québécoise doit contrebalancer cette situation démographique qui la désavantage par une participation accrue dans tous les forums pertinents. Si la génération du baby-boom a pu modeler la société québécoise […], les jeunes d’aujourd’hui devront faire de même en utilisant les leviers que sont l’engagement et la détermination. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une détermination à bâtir des collectivités qui pourront garantir aux générations futures une qualité de vie équivalente, voire supérieure à celle que nous connaissons aujourd’hui.

 

Le 3 novembre, il ne s’agira pas que d’un vote pour déterminer la fréquence de la collecte des ordures ou de la réparation des nids-de-poule, ce sera l’occasion d’envoyer le signal que la jeunesse est bel et bien présente, qu’elle se préoccupe de l’avenir de nos milieux de vie et qu’elle souhaite jouer un rôle actif dans la construction du Québec.


Léo Bureau-Blouin - Adjoint parlementaire à la première ministre pour les dossiers jeunesse et député de Laval-des-Rapides

 

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