Julie Snyder et le Parti québécois - «Je ne travaille pas en coulisse pour le PQ»

Accusée de militer pour le Parti québécois, Julie Snyder réplique à un chroniqueur du Soleil. Ci-dessus, Mme Snyder salue Pauline Marois lors d’une soirée d’appui au PQ lors des élections de 2012.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Accusée de militer pour le Parti québécois, Julie Snyder réplique à un chroniqueur du Soleil. Ci-dessus, Mme Snyder salue Pauline Marois lors d’une soirée d’appui au PQ lors des élections de 2012.

Dans sa chronique intitulée « Julie Snyder dans les coulisses du PQ », publiée le 22 octobre dans les pages du Soleil, Gilbert Lavoie développe une théorie douteuse voulant que j’oeuvre prétendument en coulisse pour le Parti québécois. Ceci est faux.

 

Il affirme que mon implication personnelle est plus « gênante » depuis que mon conjoint de fait a été nommé à la présidence du CA d’Hydro-Québec. J’ai été stupéfiée par le caractère sexiste de cette affirmation. Est-ce à dire que les femmes qui ont un conjoint occupant une fonction publique devraient toutes se taire ? Au nom de quoi ? Cet argument relève d’une époque révolue qualifiée de Grande Noirceur !

 

Je suis une femme de conviction et réclame le droit de militer en faveur de causes qui me tiennent à coeur.

 

Quand ce fut le temps de vanter les vertus pour la santé de l’allaitement maternel, à la demande de la Direction de la santé publique à l’époque où le Parti libéral était au pouvoir, je m’y suis consacrée corps et âme.

 

Quand il fut annoncé le 13 juillet 2010, en conférence de presse, que la RAMQ couvrirait la procréation assistée pour laquelle j’ai milité, j’étais aux côtés du ministre libéral Yves Bolduc, que je respecte beaucoup. J’ai alors encensé ce ministre libéral.

 

Pour les accusations de partisanerie politique, M. Lavoie, vous repasserez.

 

Les enjeux de laïcité et d’égalité hommes-femmes soulevés par la Charte sont des questions qui me préoccupent au plus haut point.

 

Vous affirmez que je suis à l’origine des « Janette ». C’est faux. J’ai, comme une vingtaine de femmes, participé à la première rencontre du groupe. J’ai fait trois invitations (dont une à Janette Bertrand), mais je n’en suis pas l’instigatrice. C’est la comédienne Marie-Anne Alepin qui est à l’origine du projet. Et sachez que si c’était moi, je le proclamerais avec fierté.

 

Je porte cette cause avec vigueur et comme par le passé, je le fais sans égard aux couleurs du gouvernement en place et sans demander de permission à quiconque.

 

À la dernière campagne électorale, c’est à titre personnel que j’ai appuyé Mme Pauline Marois et je suis fière qu’une femme occupe, pour la première fois de notre histoire, la fonction de première ministre du Québec.

 

Selon la logique de M. Lavoie, parce que Mme Marois a nommé mon conjoint à la présidence d’une société d’État, Productions J ne pourrait plus offrir de services à des compagnies qui font appel à nous.

 

Il faut savoir que les services offerts par Productions J à Yves Desgagnés sont, à bien des égards, les mêmes services de postproduction que nous offrons à plusieurs clients comme Ricardo Larrivée, Josélito Michaud ou Sony.

 

M. Lavoie fait grand cas du fait que le vice-président affaires juridiques de Productions J, Benoit Clermont, ait accompagné Yves Desgagnés dans la création de sa firme de production, et dans ses démarches pour obtenir des crédits d’impôt auxquels il a droit (M. Lavoie les qualifie à tort de « subventions »). M. Lavoie écrit que « le site Internet de Télé-P.L.O. présente même M. Clermont comme un directeur de la compagnie ». Ceci est faux. De plus, cela n’a jamais été écrit sur le site Internet de Télé-P.L.O., compagnie dont Yves Desgagnés est actionnaire à 100 %.

 

Benoit Clermont, un proche collaborateur, est membre du Parti libéral du Québec depuis plusieurs années, et il serait donc étonnant qu’il participe au complot péquiste que vous essayez d’inventer.

 

Il est vrai que le hasard a fait en sorte que la permanence du Parti québécois et Productions J occupent le même édifice. Ce qui vous fait dire « qu’il est tentant de parler du Parti québecor ». Cette conclusion est indigne d’une analyse politique.

 

Comme l’adresse civique d’organisations partageant un même édifice semble constituer pour M. Lavoie un élément fondamental, sachez que Bell Radio partage également cet édifice. M. Lavoie en déduira peut-être que je suis devenue la maîtresse de George Cope?


Julie Snyder - Animatrice et productrice

55 commentaires
  • Kevin Charron - Inscrit 24 octobre 2013 00 h 45

    Ne vous en faites pas, c'est le personnage

    M. Lavoie s'est développé une spécialité dans le PQ bashing. Il suffit de lire tous ses chroniques au cours de la dernière année pour le constater. Et diable, n'allez surtout pas consulter son blogue! Ses billets se résument toujours à quelques lignes à moitié composée de questions tendancieuses, ce qui laisse libre cour à ses lecteurs de déblatérer les pires insanités frôlant souvent les propos haineux, mysogines, homophobes et québecophobes.

    On connait le biais très fédéraliste et libéral des chroniqueurs et éditorialistes de La Presse, et c'est correct - le JdeM et le Devoir sont là pour contrebalancer-, mais M. Lavoie, lui, est complètement risible. À côté de lui, André Pratte semble être un péquiste!

    Il devrait peut-être cesser d'écouter les radios privées de sa région. Ça lui aérerait l'esprit et développerait sa plume. Car, vraiment, ce chroniqueur est sur une pente descendante et enduit de boue sur laquelle il se plait à glisser et déraper.

  • Gilles Théberge - Abonné 24 octobre 2013 00 h 56

    Il faut regarder d'où ça vient pour savoir où ça va

    Monsieur Lavoie est bien fier de son texte, parce qu'il fait jaser. Ça fait bien longtemps que je ne lis pas les chroniques frelatées, et ici celle de monsieur Lavoie en fait partie.

    Quand on en est rendu à chercher à créer le scandale pour avoir l'air intéressant, ça donne peut-être le signal qu'il faut commencer à songer à la retraite.

    Coïncidence, monsieur Lavoir travaille pour Gesca. Et quand on se tient le moindrement informé, on sait que Gesca c'est la patente de la famille Desmarais. Et on sait où se loge la famille Desmarais au plan politique.

    La crédibilité est une recette qui exige l'emploi de multiples ingrédients de qualité. Et le plus important des ingrédients quand on pratique le métier d'informer les gens, c'est l'objectivité il me semble...

    Là-dessus monsieur Lavoie prends des grosses chances de ne pas être pris au sérieux à utiliser comme ça et sans ambage de la poudre à pâte éventée.

    • Patrick Lépine - Inscrit 24 octobre 2013 12 h 38

      Le Soleil est distribué gratuitement dans certains pavillons de l'université Laval (à ne pas confondre avec la vile!).

      Ça donne un peu le ton et l'importance de ce papier. Dans les présentoirs je privilégie toujours le "Clap", le"Scope" ou le "voir" qui éblouissent moins que Le Soleil de par leurs propos et qui sont plus "critiques" aussi...

      Est-ce que Yves Michaud a réussit à mettre la main sur les états financiers de Gesca? Il paraît que les temps sont durs pour les journaux traditionnels. Il y aurait plusieurs journaux qui ont fermés récemment au sud de la frontière.

  • Léandre Nadeau - Inscrit 24 octobre 2013 01 h 39

    Depuis quelques mois, je ne reconnais plus Le Soleil

    Depuis quelques mois, je ne reconnais plus Le Soleil. C'est devenu un organe de propagande contre le gouvernement, en particulier contre le projet de charte. La mise en page, les titres et les choix de reportages n'ont qu'un but, soit de nuire au gouvernement et au projet de charte. Le Soleil triture la vérité et trompe ainsi la population de la région de Québec.
    Je leur ai demandé de faire enquête sur une dame de 70 ans qui aurait été insultée par deux musulmanes de Québec, ils ne l'ont jamais fait, mais ils ont entretenu tout le Québec durant plusieurs jours sur un cas inverse qui a ému tout le gratin politique. Pourtant le cas de la dame de 70 ans était beaucoup plus dramatique, il aurait été opportun que Le Soleil fasse enquête pour en vérifier la véracité.
    Gilbert Lavoie nous avait habitués à une certaine retenue dans ses préférences politiques, mais depuis le début du débat, il ne les cache plus, et ces écrits sont de plus en plus tordus.
    Bravo à Julie Snyder pour s’être défendue comme elle l’a fait aujourd’hui et pour ne pas avoir succombé aux tactiques d’intimidation du Soleil et de son journaliste.

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 24 octobre 2013 09 h 05

      Ceci me rappelle le discours d’adieu de John Swinton, directeur de rédaction au New York à ses collègues en 1880: «Nous sommes les ustensiles et les valets d’hommes riches qui commandent derrière les coulisses. Nous sommes leurs marionnettes, ils tirent les ficelles et nous dansons.

      Notre temps, nos talents, nos possibilités et nos vies sont la propriété de ces hommes. Nous sommes des prostituées intellectuelles. La fonction d’un journaliste est de détruire la Vérité, de mentir radicalement, de pervertir, d’avilir, de ramper devant Mammon et de se vendre lui-même, de vendre son pays et les siens pour son pain quotidien ou, mais c’est la même chose, pour son salaire.»

      Ce l’était hier, ce l’est encore plus aujourd’hui avec la concentration des médias. Les journalistes des intellectuels? J’en doute fort…

      Heureusement qu'il existe encore quelques journaux indépendants!

  • Claudette Ménard - Abonné 24 octobre 2013 02 h 50

    Du placotage de la part de Monsieur Lavoie.....Voilà un journaliste qui décrète des commentaires insignifiants.....et pernicieux....! qui ne fait pas briller le "Soleil".

    • Gisèle Filion - Inscrite 24 octobre 2013 07 h 13

      Non, ça ne fait pas briller le "Soleil".
      Bien dit !

  • Caroline Moreno - Inscrit 24 octobre 2013 05 h 22

    Et alors?

    Encore quelqu'un qui se justifie... Navrant.

    • Gisèle Filion - Inscrite 24 octobre 2013 07 h 11


      Puis après? ça vous fait si mal de lire sa réponse?

      Selon vous, elle devrait tendre l'autre joue...

      Moi, je la préfère debout.

    • Solange Bolduc - Inscrite 24 octobre 2013 08 h 39

      Et vous, Mme Moreno, ne justifiez-vous pas votre manque de discernement dans cette affaire ?