La Charte de la confusion

Tant de choses ont été dites sur la Charte des valeurs québécoises. Y a-t-il un argument qui n’a pas été ressassé et retourné dans tous les sens jusqu’à épuisement des participants au débat ? Pourtant, un aspect crucial n’a pas reçu toute l’attention qu’il mérite.

 

Le débat a porté principalement sur l’interdiction pour les agents de l’État d’afficher des signes ostentatoires. J’aimerais plutôt attirer l’attention sur l’expression « valeurs québécoises », laquelle n’a pas été examinée suffisamment. Pourtant, il y a lieu de s’interroger sur les effets à moyen et à long terme résultant de l’introduction de ce concept, relevant d’abord de la morale, dans le champ politique. Pour ma part, je crains que cet usage politique du concept de « valeur » ne soit un important facteur de confusion.

 

Celui-ci répond à une « politique de l’identité ». Or, la défense d’une telle politique, en soutien au projet nationaliste, soulève des difficultés de principe. Que les individus soient porteurs de valeurs, nous en convenons tous ; que certains partis politiques ou mouvements sociaux ordonnent leurs actions à partir des valeurs de leurs membres, cela aussi tient de l’évidence. Mais toute valeur, à la différence d’un principe, comporte une dimension imaginaire qui n’est pas toujours propice au débat rationnel. Contrairement à une valeur, qui est toujours préférentielle, souvent partiale et parfois exclusive, le principe vise l’universel, quand bien même son application donnerait lieu à des adaptations particulières.

 

Signalons par exemple que la « neutralité » n’est pas une valeur, mais bien un principe politique. D’ailleurs, je ne connais personne qui prétend avoir pour valeur « sacrée » la neutralité, pour la simple raison que ce n’est pas une valeur, c’est-à-dire l’objet d’une préférence. Il s’agit tout autrement d’une règle reconnue permettant à chacun de participer à la communauté politique sur la base d’une égale considération. J’ajouterais que l’hypothétique sujet qui aurait pour valeur la « neutralité » ne valoriserait précisément aucune valeur, en contradiction avec lui-même. Après l’adoption d’une loi sur le sujet, il se pourrait bien qu’au nom de la neutralité, on en vienne à évacuer certains aspects essentiels du patrimoine québécois, patrimoine que l’on désirait préserver au moyen de cette charte des valeurs.

 

Appropriation abusive

 

Quant à la dimension « québécoise » des valeurs proclamées, cette appellation représente une appropriation abusive d’un patrimoine universel que nous partageons avec nos compatriotes canadiens et la vaste majorité des citoyens des démocraties libérales. Ces valeurs - l’égalité entre les hommes et les femmes, la liberté de conscience, voire l’importance du patrimoine - ne sont pas plus québécoises qu’elles ne sont canadiennes, américaines ou françaises. Encore une fois, sur le plan des symboles, nous n’avons aucun droit de nous les attribuer de cette façon, bien que nous puissions partager cet héritage commun. Cette appellation abusive témoigne selon moi d’une confusion malheureuse entre le nationalisme, envisagé ici comme préservation d’une identité historique, et la laïcité, dont l’objet propre est la séparation de l’État et de la religion. J’estime qu’une charte de la laïcité serait autrement bienvenue et permettrait d’atteindre le seul objectif véritable d’une telle politique, à savoir l’aménagement équitable des accommodements raisonnables au Québec.

 

Certains ont avancé l’opinion que le projet de Charte répond à des objectifs d’une tout autre nature et s’inscrit dans une stratégie électoraliste. C’est sans doute possible, même probable.

 

Du reste, il m’importe ici de souligner que cette proposition du gouvernement Marois témoigne de notre impuissance politique. Nous avons ici un parti souverainiste, voire indépendantiste, qui depuis plusieurs décennies tente de réaliser, sans succès, le but premier pour lequel il a été créé. À défaut de pouvoir parvenir au grand jour, la poursuite de cette politique, au fil des échecs cumulés, a conduit à la création de multiples initiatives dérivées, pensons à la « gouvernance souverainiste », au projet de « Constitution québécoise » et, enfin, à celui de « Charte des valeurs québécoises », dont aucune n’a représenté un progrès significatif vers l’indépendance. Bien au contraire, la poursuite de cette politique dite « souverainiste » a largement contribué à établir le climat de confusion dans lequel nous nous mouvons aujourd’hui et qui a de nombreux effets délétères sur la vie publique du Québec.


Daniel D. Jacques - Professeur de philosophie au cégep Garneau, auteur de La mesure de l’homme (Boréal, 2012)

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58 commentaires
  • André Pilon - Inscrit 23 octobre 2013 03 h 54

    Les enfants et la famille absents du débat sur les valeurs québécoises?

    Vous avez bien raison Monsieur Jacques de signaler la confusion qu'entraine l'expression "valeurs québécoises". En parlant d'aspect crucial, il faut noter aussi l'absence totale de la petite enfance et de la famille dans ce débat sur "les valeurs québécoises".

    Car si nous en sommes rendus là, c'est en grande partie en raison d'une immigration massive survenue au moment où le taux de natalité était à son plus bas. À moins de 1,5 enfants pour les femmes nés ici, l'indice de fécondité anémique est largement responsable de cet état de fait (le seuil de remplacement des générations se situant à 2,1). En comparaison, celui des femmes immigrantes est d'ailleurs largement supérieur (2,5). Pour l'essentiel et pour notre économie carburant à la croissance, l'immigration massive a constitué le correctif apporté par nos gouvernements.

    Pourtant nos familles tombent en lambeaux. Aujourd'hui la grande majorité des enfants qui naissent subiront les effets néfastes de l'éclatement de leur cellule familiale avant d'atteindre l'âge adulte (la moitié avant d'entrer à l'école!). Parlez-moi d'un constat d'échec lamentable.

    Quand oserons-nous poser les vraies questions?

    Il est temps de regarder la réalité en face et de revoir fondamentalement notre façon de vivre la famille au Québec. Celle-ci ne répond plus de manière acceptable, ni aux besoins des enfants, ni à ceux des parents. Si avoir des enfants devenait une expérience un peu plus sereine, peut-être aurions-nous moins de problèmes avec notre identité et nos valeurs.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 23 octobre 2013 09 h 31

      Oui, effectivement, moniseur Pilon, la dénatalité des peuples occidentaux est le pire ennemi de la civilisation occidentale et même de la démocratie. Les politiques d'immigration, telles que le multiculturalisme, qui sont strictement basées sur les besoins en main-d'oeuvre et la monidalisation sont également à blâmer, car elles n'avaient jamais pour ambition d'exiger des nouveaux arrivants de s'intégrer et de respecter les us et coutumes du pays d'accueil, tout le contraire. Aujourd'hui, les pays occidentales qui tente de renverser cette tendance sont souvent qualifiés d'hostiles et de "colonialistes". Or, pourquoi les pays non occidentaux auraient le droit d'exiger même des touristes de se plier à leurs coutumes et leurs lois, souvent compromettantes pour les femmes, tandis que les pays occidentaux doivent faire preuve d'une ouverture non observée ailleurs dans le monde?

    • Aurélie Tremblay - Inscrit 23 octobre 2013 14 h 18

      Madame Lapierre, vous ne devez pas avoir quitté souvent le Qc pour tenir de tels propos. Je ne crois pas que les Québécois fassent majoritairement des efforts lorsqu'ils voyagent à l'étranger. J'ai travaillé dans plusieurs pays africains et les Canadiens étaient très souvent entre eux, habillés comme ils le voulaient peu importe les réalités sociales et culturelles du milieu et se comportaient souvent comme s'ils étaient au Canada. Si pour vous la dénatalité est un problème alors encouragez les Occidentaux à faire des enfants. Si les gens ne font plus beaucoup d'enfants et que nous manquons de main d'oeuvre et ouvrons nos frontières à des gens qui font plus d'enfants, vous ne pouvez que vous en prendre aux Occidentaux et non pas à ceux qui viennent vivre, contribuer et participer à la vie du Qc et du Canada. Vous méconnaissez nos politiques si vous pensez qu'elles sont si bonne et si ouvertes. Il n'y a pas si longtemps, elles étaient encore "racistes" et discriminatoires. Le problème est peut-être que vous confondez intégration et assimilation. L'intégration se fait des deux côtés et elles n'impliquent pas de devenir comme les gens d'un milieu. Porter un voile, une kippa ou une croix n'empêchent en rien de s'intégrer dans un milieu, d'y travailler, d'y contribuer, de le découvrir, de se décentrer.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 23 octobre 2013 15 h 07

      Madame Tremblay, si j'ai beaucoup voyagé et non seulement je vis avec un "immigrant" depuis une trentaine d'années, mais je vis parmi une communauté multiculturelle. Donc, vos accusations gardez-les, SVP, pour vous. Votre vision de votre propre nation et de notre peuple est déplorable.

    • Sylvain Auclair - Abonné 23 octobre 2013 15 h 23

      La fécondité* des filles issues de l'immigration devient rapidement la même que celle des Québécoises d'origine plus ancienne. Et d'ailleurs, une baisse de la population de la Terre ne serait-elle pas une bonne chose.


      *La natalité se mesure sur la population totale et s'exprime en enfants pour mille habitants par année. Il est actuellement d'environ 11 ‰.

    • Léandre Nadeau - Inscrit 23 octobre 2013 19 h 35

      Un complément M. Pilon. Quand les libéraux ont doublé les niveaux d'immigration au milieu des années 80, ils l'ont fait en particulier pour aller chercher des votes et ils le disaient sans trop de gêne

    • Léandre Nadeau - Inscrit 23 octobre 2013 21 h 05

      Le texte du prof Jacques a relancé les discussions sur les appellations qu'on avait eues au début du débat.

      Une conclusion en ressortait à savoir que le terme québécois devrait être placé après charte, plutôt qu'après valeurs. Certains insistaient aussi pour remplacer le terme valeurs par laïcité, compte tenu que le projet portait dans une large mesure sur des principes de laïcité. Par contre, je me demandais si le mot laïcité était assez englobant pour contenir une valeur comme l'égalité entre les hommes et les femmes. Il faudra conclure à un moment donné.

      Finalement, on a délaissé cette discussion pour réfléchir sur les questions de fond soulevées par le projet de charte. Très vite on a vu que ceux qui étaient pour ou contre n'auraient pas changé leurs positions en changeant les appellations.

      Le texte du prof Jacques en est un autre exemple. Il chicane sur les appellations mais il n'ajoute rien aux commentaires qui avaient été faits ici au Devoir. Au contraire, il ajoute à la confusion. Par exemple que la neutralité de l’État ne soit pas une valeur, idem pour la laïcité. Autre exemple, refuser une démarche où on discuterait des valeurs pour ensuite les traduire en principes. Aussi, tout le reste de son texte n’est que confusion politique partisanne.

      Je lui donne pour réflexion la première phrase de la Charte de la laïcité à l'école (de France). "La République est laïque. La Nation confie à l'École la mission de faire partager aux élèves les valeurs de la République."

  • Catherine Paquet - Abonnée 23 octobre 2013 05 h 51

    Bravo et merci...

    ...merci pour cette mise au point essentielle. Il n'y a pas de valeurs !québécoises" qui ne trouvent leurs origines dans des valeurs universelles. Mème chose pour les droits individuels. Ils sont tous issus des multiples chartes et codes qui ont raffiné les concepts et les applications au cours des siècles.
    Si on se ventait d'avoir inventé la roue, en 2013, c'est que l'on ignorait qu'elle avait déjà été inventée.
    Marie Laberge écrivait récemment que la mère de tous les vices n'est pas la paresse, mais l'ignorance...

    • Hubert Collin - Inscrit 23 octobre 2013 08 h 12

      Je vous remercie M. Paquet, grâce à vous je remercierai Marie Laberge d'avoir répété ce que suggéraient déjà Platon et Aristote il y a 2500 ans.

      Cela dit, si elle le répète encore un peu, peut-être en viendrez-vous à relever la contradiction de votre message. M. Jacques discrédite l'appellation de valeurs québécoises parce que les valeurs seraient trop subjectives et pas assez rationnelles. Or, dans le même souffle, vous célébrez l'expression de "valeurs universelles", lesquelles seraient objectives (d'où leur universalité). Vous vous trouvez donc, au final, à dire que les valeurs universelles sont des valeurs à la fois objectives et subjectives... jolie contradiction!

      À vouloir ne plus faire de choix, tout en prétendant à une illusoire objectivité absolue, ne se met-on pas les pieds dans les plats?

      Et si la mère de tous les vices étaient l'ignorance, alors que leur père était la paresse intellectuelle? J'en discuterai avec Marie Laberge lorsque je la verrai.

    • Pierre Brassard - Inscrit 23 octobre 2013 08 h 35

      Oui tout à fait. L'auteur Daniel Jacques clarifie une partie du débat avec éloquence et clarté.

    • Nestor Turcotte - Inscrit 23 octobre 2013 08 h 59

      Lorsque j’entends un membre du gouvernement du PQ me parler des «valeurs québécoises», j’ai une forte montée de pression. Invariablement, ce gouvernement minoritaire ne sait pas de quoi il parle. Manifestement, Pauline Marois et ses ministres ne sont pas renseignés sur ce qu’une une valeur tout court et forcément, ce que sont les valeurs humaines.

      Les valeurs sont d’abord inaliénables, c’est-à-dire qu’elles sont quelque chose qui ne peut être retiré, quelque chose qui ne peut être ôté, quelque chose qui appartient d’une manière intangible à toute l’humanité. C’est pourquoi, les valeurs sont universelles et elles ont régné sans «partage dans les civilisations, au-dessus de celles-ci et par conséquent elles les ont réglées».

      Les valeurs humaines sont des données premières. Des données qui ne peuvent pas être chamboulées selon le désir de tout et chacun. Dans la tradition qui a été la nôtre et qui a été banalisée depuis quelques décennies par les faiseurs d’opinions toutes croches, il y avait, en premier lieu, un grand espace pour la notion d’universel. L’étroitesse d’esprit était bannie. Chacune des valeurs était un véhicule de liberté et invitait à ne pas devenir prisonnier d’une «idéologie», esclavage de l’esprit. Pierre Vadeboncoeur affirme qu’on ne peut rien contre la nature des choses, et les valeurs relèvent de la nature des choses, donc de ce qui est universel.

      Les valeurs sont aussi irréductibles. Cela signifie qu’on ne les peut vaincre ou les faire fléchir. On ne peut les réduire à quelque chose d’autre. Pourquoi? Parce que, dans la vie, la réalité est souveraine. On peut faire semblant de s’en ficher, mais cela ne dure qu’un certain temps. Tout être humain ne peut, arbitrairement, se détacher du réel. Parce que le réel est un don sur lequel l’être humain n’a aucune emprise.

      Nestor Turcotte

    • Catherine Paquet - Abonnée 23 octobre 2013 09 h 01

      M. Collin, Vous l'avez le truc... Déformer les paroles des uns pour faire rire les sots...

      Je ne discute pas du caractère objectif ou subjectif des valeurs. Je dis que les valeurs dites "québécoises" sont toutes issues de valeurs universelles, et qu'elles ne sont donc pas propres au Québec. Nommez-moi donc une valeur "québécoise" qui ne soit pas déjà une valeur universelle, ou tout au moins partagée par les démocraties.

    • Jean Boucher - Inscrit 23 octobre 2013 09 h 55

      Mensonges et préjugés.

      Quelles "valeurs universelles" ? Celles des oligarchies et de leurs supplétifs d'ici et d'ailleurs qui n'ont pas empêchés les biens pensants "éclairés", religieux et politiciens au service du capitalisme triomphant de toute la planète de s'en mettre hypocritement plein les poches.

    • Hubert Collin - Inscrit 23 octobre 2013 10 h 04

      M. Paquet, lisez mon intervention de 7h56, ou mieux encore, la lettre ouverte de M. Marois publié dans le Devoir d'hier, lettre intitulée: "Je ne reconnais plus ma Commission des droits"

      Pour ce qui est de ma déformation des propos, je ne crois pas déformer les vôtres, à moins que vous n'ayez pas lu la lettre que vous prétendez défendre. La distinction quMétablit l'auteur entre valeurs et principes s'appuient sur la part de subjectivité et d'objectivité qui les distinguerait. Relisez la lettre, vous comprendrez.

    • François Beaulé - Abonné 23 octobre 2013 12 h 51

      @Nestor Turcotte,
      Je ne crois pas, comme vous, que les valeurs sont des données premières qui viennent avant les civilisations. Au contraire, les valeurs sont le fruit des civilisations. Les valeurs que cherche à défendre maladroitement le gouvernement du Québec sont les valeurs occidentales, les valeurs de la civilisation occidentale. Bien que je ne connaisse pas les civilisations japonaise ou chinoise ou musulmane par exemple, je pose l'hypothèse que d'autres civilisations que la nôtre ont développé certaines valeurs semblables à celles de notre civilisation.

      Il y a donc possibilité de convergence des civilisations et du genre humain à la recherche de valeurs universelles.

    • André-Jean Deslauriers - Inscrit 23 octobre 2013 13 h 31

      Bravo Mr. Collin pour votre propos clair et plus que pertinent.

      Vous ciblez bien la contradiction des propos de Mr. Paquet, qui tintent la plupart des propos des anti-charte.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 23 octobre 2013 07 h 27

    Détail

    Toujours de très joli textes ces philosophes ! (Aurais-je une dent contre les philosophes... je vais y penser !)

    Évidemment quand on passe sous silence «l'égalité homme/femme» plus rien ne se tient. La charte n'a plus aucune «valeur».

    La question qui me reviens tout le temps c'est : Pourquoi cette «valeur» est toujours escamotée par ceux qui s'amusent à jouer avec les mots ? Pour gagner un argument ?

    Pas fort fort !

    Ne vous inquiétez pas, on ne leur volera pas leurs valeurs aux autres, on va peut-être les appuyer un peu plus par exemple !

    P.Lefebvre
    Pas philosophe pour 5 cennes !

    P.S. Quand le sujet de l'indépendance viendra sur le tapis, on s'en occupera; ce serait très surprenant qu'il passe inaperçu ! Rome ne s'est pas bâti en un... Je vous laisse terminer.

    • alain maronani - Inscrit 23 octobre 2013 08 h 39

      Cette égalité homme-femme n'existe pas au Québec..des preuves concrètes...

      15.000 agressions sexuelles, celles qui sont déclarées, par année au Québec, dont sont victimes, principalement les femmes.

      20 femmes tuées par année par leur conjoint

      Pas beaucoup d'islamistes barbus, ici...

      Les femmes pauvres et québécoises, monoparentales, agées, malades, sont parmi les plus pauvres au Canada. Les centres d'accueil pour ces femmes sont pleins en permanence.

      Que fait le gouvernement ? Une simple réponse...Rien.

      Les femmes québécoises sont sous-représentées dans les ordres professionnels, la députation, les hauts fonctionnaires, aux postes de décision, les salaires des femmes québécoises sont encore inférieurs de 20 % a celui des hommes.

      Pas fort fort !

      Pas philosophe pour 5 cennes !

      Une soi-disante prétention à réaliser une égalité homme-femme qui existe déjà dans les textes actuels, le tout utilisé, avec l'instrumentalisation identitaire et parfois xénophobe ou carrément raciste, afin de soutenir un projet politique à la dérive...

      La lecture de quelques philosophes peut être à recommander...

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 23 octobre 2013 10 h 44

      Après vos constats, monsieur Maronani, vous suggérez quoi? Que l'on baisse les bras? Et vous croyez qu'en fermant les yeux sur l'ingérence de la religion dans les institutions de l'État que cette situation accablante s'améliorera ou, à tout le moins, demeurera la même?

    • Loraine King - Abonnée 23 octobre 2013 14 h 59

      Dans les pays ou l'on ne reconnait pas l'égalité des droits des hommes et des femmes on peut tuer, violer et discriminer sans crainte de poursuite.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 24 octobre 2013 06 h 07

      M. Maronani, la description que vous donnez peut s'appliquer à tous les pays développés ou non de la terre. Y a des pays où ils ont de grosses grosses lumières où faire ce que vous dites et d'autre à la grande noirceur. Ne rien faire ? Ce n'est pas ce qui est suggéré !

      PL

  • Pierre Grandchamp - Abonné 23 octobre 2013 07 h 28

    Parlons "confusion"

    "Certains ont avancé l’opinion que le projet de Charte répond à des objectifs d’une tout autre nature et s’inscrit dans une stratégie électoraliste. C’est sans doute possible, même probable.".

    Simplement rappeler que cela faisait partie du programme électoral du PQ, l'an dernier

    " Bien au contraire, la poursuite de cette politique dite « souverainiste » a largement contribué à établir le climat de confusion dans lequel nous nous mouvons aujourd’hui et qui a de nombreux effets délétères sur la vie publique du Québec.".

    La "confusion", elle vient surtout que toutes les tentatives de réfome du fédéralisme ont échoué: de Fulton Favreau à Victoria, à l'infâmie de 1982, en passant par Meech 1 et Meech 2, puis finalement l'échec du référendun de 1992.
    TOUTES ont échoué. La confusion vient du fait que les fédéralistes québécois.

    La confusion vient du fait que le Québec est soumis à une constitution qu'il n'a jamais signée.

  • Hubert Collin - Inscrit 23 octobre 2013 07 h 56

    Confusion, dites-vous?

    Je vous invite à lire la lettre de M. Marois publiée hier. Il y précise bien que si plusieurs valeurs (ou principes?) de la charte sont communes à celles du Canada, notamment, elles n'y sont pas réductibles, puisque le Québec a formulé dans son préambule « que les droits et libertés de la personne humaine sont inséparables des droits et libertés d’autrui et du bien-être général ». Notez bien l'insistance faite sur les droits et libertés d'autrui, de même que du bien-être général. Cet important petit bout fait toute la différence.

    Ensuite, la distinction que vous faites entre valeurs et principes, en plus de ne pas la respecter vous-même en la violant allègrement dans la seconde partie de votre lettre, est tout-à-fait discutable. On sait bien que certains aimeraient réduire le politique à l'unique valeur économique, cette supposée unique vrai affaire, unique vraie valeur (principe?) objectif. Mais si, après tout, il n'y avait pas antinomie entre valeurs et principes, mais plutôt suite logique, articulation entre les unes et les autres? Et si les principes découlaient des valeurs? Et si les valeurs étaient le fondement des principes?

    Quand à ces fameux principes, dont vous vous réclamez, n'ont-ils pas eux aussi été choisis? S'ils ne l'ont pas été, d'où viennent-ils? D'une parole divine? D'un prophète? Du préambule de la charte canadienne? Est-ce donc pour cette raison que celle-ci débute par: "Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit :(...)"

    La reconnaisse de la suprématie de Dieu ne serait donc pas une valeur, un choix, mais un principe? Donc les principes découleraient des principes? N'est-ce pas là une vicieuse circularité? laquelle, non seulement évacue la notion de choix de la sphère politique, mais est responsable, en vous donnant le tournis, de la confusion dont vous souffrez.
    La charte de la confusion, monsieur Jacques, c'est la charte canadienne, pas celle(s) du Québec.

    • David Boudreau - Inscrit 23 octobre 2013 11 h 03

      Merci M.Collin, vous avez très bien su résumer les contradictions de ce texte. Effectivement, le principe dont on tient compte pour faire un choix n'est pas un concept qui s'autogénère sans justification morale.

      Il faut tenir à une résolution parce qu'elle est bonne et non parce qu'on l'a prise - François de la Rochefoucauld.