Réplique à Charles Taylor - Les religions «indiscrètes» doivent respecter la société civile

Selon Yvan Lamonde, le signe religieux n’a pas sa place dans l’instance formelle de l’État qui personnifie la société civile, sans que celle-ci se réduise à celle-là.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Selon Yvan Lamonde, le signe religieux n’a pas sa place dans l’instance formelle de l’État qui personnifie la société civile, sans que celle-ci se réduise à celle-là.

Charles Taylor estime que le gouvernement actuel propose « Une neutralité trompeuse » (Le Devoir, 28-29 septembre) et que « l’incarnation » de la neutralité dans des « actes » - le port de signes religieux - révèle un « traitement différentiel » à l’égard de croyants pour lesquels l’identité même se joue dans l’identité religieuse, laquelle se joue elle-même dans le signe religieux. Ces croyants aux signes non « discrets » dont la religion « exige une visibilité incontournable » de leurs signes feraient face à une fausse égalité dans leur recherche d’un emploi dans la fonction publique. Ce globalisme me rappelle l’époque de Mgr Bourget où nul ne devait être « indifférent en matière religieuse » et où tous devaient s’annoncer, s’afficher, dénoncer pied à pied l’Institut canadien de Montréal et recourir à tous les moyens pour avoir raison de Guibord l’excommunié. Nous savons le prix à payer pour les « incontournables ».

 

La reconnaissance formelle de la séparation de l’État et des Églises ne semble plus poser problème ici ; ne reste que cette étape à franchir. C’est un acquis consensuel sur lequel il faut construire. Le premier départage clair qui s’ensuit entraîne la reconnaissance du fait que le débat sur la neutralité de l’État se fait dans et à propos de la société CIVILE et non dans la société religieuse. L’égalité dont il y est question est l’égalité civile d’une société démocratique, l’égalité des femmes et des hommes dans une société civile. Cette égalité démocratique place citoyennes et citoyens sur un pied d’égalité au-delà de toute considération raciale, religieuse, linguistique ; et cela comprend les quelque 430000 citoyens québécois qui se sont déclarés « sans appartenance religieuse » au dernier recensement canadien.

 

Le signe religieux n’a pas sa place dans l’instance formelle de l’État qui personnifie la société civile, sans que celle-ci se réduise à celle-là. Dans l’appareil gouvernemental, la neutralité de l’État doit, entre autres, se reconnaître à l’absence de signes qui diraient l’alliance du civil et du religieux, de l’État et des Églises. À la différence de TOUS les partis politiques de l’Assemblée nationale en 2008, l’Assemblée des évêques du Québec vient de déclarer qu’elle ne s’opposerait pas au déplacement du crucifix de l’enceinte législative. Je me réjouis de ce que l’Église catholique ait vu l’enjeu de ce signe pour elle-même et pour les citoyens ; elle me semble dire qu’elle ne veut plus être associée à l’État et à la politique, seule approche pour que le religieux et le sacré ne soient plus ou pas instrumentalisés par quelque partisanerie.

 

Charles Taylor défend la liberté religieuse INDIVIDUELLE, en particulier ici, celle des croyants qui tiennent absolument à ce que leurs signes parlent toujours et partout. La question adressée à ces CITOYENS dont la citoyenneté repose sur la séparation de l’État et des Églises est toute simple : pourquoi leurs signes religieux devraient-ils parler dans l’espace étatique de la société civile ? Pourquoi celui-ci devrait-il infléchir l’égalité démocratique en reconnaissant les signes religieux de certaines personnes alors qu’il défend le port de signes politiques ou partisans ?

 

Cette liberté religieuse individuelle, M. Taylor me semble la défendre au bout du compte parce qu’il croit et qu’il pense - je garde les deux mots - que la religion apporte des réponses à l’homme. Il y a toutefois des femmes et des hommes qui ne retiennent pas ces réponses, qui n’en ont pas besoin ; bien qu’ils les respectent chez leurs concitoyens.

 

Est-ce cette liberté individuelle d’un certain type qui justifie qu’on veuille occuper l’espace civil gouvernemental de signes dont des croyants ne seraient absolument pas capables de se départir momentanément, entre huit et dix-sept heures, sans jouer leur identité ? Identité religieuse dans un espace d’identité civile. Pourquoi la « visibilité incontournable » des religions « indiscrètes », pourquoi le jusqu’au-boutisme religieux devraient-ils prévaloir dans la société civile, dans l’espace de l’État ?

 

Où est la contradiction ? Où est la confusion ? Finalement, l’argument de la « réponse » religieuse donnée à une certaine quête humaine est-il l’ultime justification de la liberté religieuse individuelle et d’un plaidoyer en faveur d’un forcing du religieux dans l’espace étatique neutre ?


Yvan Lamonde - Historien et professeur émérite de l’Université McGill, il a publié des études sur l’histoire des idées, sur l’anticléricalisme, sur la déconfessionnalisation et sur la laïcité au Québec. Il vient de faire paraître, avec Bruno Demers, Quelle laïcité ? (Médiaspaul) et, en codirection avec Daniel Baril, Pour une reconnaissance de la laïcité au Québec (Presses de l’Université Laval).

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129 commentaires
  • Max Windisch - Inscrit 30 septembre 2013 00 h 30

    curieuse erreur

    M. Lamonde fait-il semblant de n'avoir pas compris l'argument de M. Taylor, pour résumer comme il le fait dans son préambule comique le sens du mot "actes"? Les actes dont il était question dans le texte de M. Taylor, c'étaient ceux à poser par un État voulant démontrer son intention de neutralité autrement qu'à travers des apparences et des affirmations creuses.

    Trouvez l'erreur: j'aime me concevoir comme quelqu'un de très neutre; j'invite des connaissances musulmanes à la maison; à leur arrivée, je leur demande l'enlever leur voile, afin de préserver une apparence de neutralité dans ma maison, et d'éviter une "alliance" avec les croyances de mes invités. Que suis-je?

    • François Dugal - Inscrit 30 septembre 2013 09 h 46

      «ma maison» est votre sphère privée, monsieur Windish, ou vous êtes roi et maître.
      La sphère publique, c'est une autre histoire.

    • Gisèle Filion - Inscrite 30 septembre 2013 09 h 52

      Mais votre maison ne dispense pas un service public. Les gens ont le choix d'y aller ou pas. Il n'en est pas de même pour la fonction publique. Les gens qui ont besoin de services n'ont pas le choix de s'y présenter. Pourquoi seraient-ils contraints d'y cotôyer des symboles de croyances, non seulement qu'ils ne partagent pas, mais qu'ils combattent dans certains cas? Surtout ne nous laissons pas intimider par le chantage habituel , qui consiste à dire que si on refuse les symboles religieux des intégristes dans la fonction publique, on est raciste, xénophobes, et que sais-je encore?
      Avez-vous entendu cette nouvelle que
      "l'Assemblée des Évêques du Québec ne s'oppose pas au déplacement du crucifix de l'enceinte législative pour éviter que le religieux, le sacré ne soient plus ou pas instrumentalisés par quelque partisanerie."
      extrait de l'article de Yvan lamonde dans le Devoir d'aujourd'hui: Les religions "indiscrètes" doivent respecter la société civile.
      Bonne nouvelle!

    • Mireille Langevin - Inscrite 30 septembre 2013 10 h 42

      et elle enlèvent leurs voiles ? Permettez-moi d'en douter car elles n'ont pas le droit de l'enlever devant un autre homme que leurs maris , en famille.

    • Hubert Collin - Inscrit 30 septembre 2013 11 h 05

      M. Windisch,

      C'est bien joli les énigmes, comme celle avec laquelle vous terminez votre commentaire! Avec une énigme, on peut en mettre plein la vue aux enfants, les divertir, les faire rêver. Mais encore faut-il que les analogies qu'elles prétendent parfois utiliser tiennent la route...

      "Qui suis-je?", demandez-vous. Chose certaine, en étant l'hôte de vos invités, vous ne pouvez certes pas prétendre à les représenter tous, ce que fait l'État justement dans la fonction publique. Dans votre maison, vous êtes vous-même et seulement vous-même; vous ne parlez pas pour tous vos invités en même temps. C'est là toute la différence, laquelle rend bien futile votre énigme et fait trébucher votre "raisonnement" sur les apparences trompeuse du tapis.

      Vous craignez que l'État favorise en douce les athés, ou certaines religions plus discrètes? Vous voulez des actes visibles de la neutralité de l'État?

      Eh bien, regardez dans la rue! L'État ne prend VISIBLEMENT pas partie pour les uns ou les autres en n'interdisant pas le port des signes religieux dans la rue, dans les maisons, au supermarché.

      As-t'on déjà plus plus belle marque de neutralité, laquelle trouve son parfait complément dans la discrètion des signes pour ce qui est de la fonction publique.

      Quelle éloquence de la part de l'État! Dommage que certains souffrent d'une surdité qui les empêche d'entendre un si beau message!

    • Max Windisch - Inscrit 30 septembre 2013 11 h 06

      @Mme Filion
      J'ai été très heureux des prises de position des Évêques. Comme disait Mgr Lépine à l'émission de Mme Bazzo, nous sommes tous humains. J'espère que les principaux intéressés comprendront le message des Évêques, et annuleront les effets souhaités par la virevolte du PQ quant à cette question du crucifix de l'Assemblée nationale. Politiquement, de qui sont ceux qui seraient amadoués par le maintien de ce crucifix les alliés, croyez-vous?

    • Lise Boivin - Abonnée 30 septembre 2013 11 h 07

      Je ne vois pas, monsieur Windish, ce qu'il y a de drôle dans le préambule de monsieur Lamonde. Je crois que vous devriez lire jusqu'au mot «Mgr Bourget» puis rapprocher Taylor de Bourget pour (avec un peu d'imagination) voir le lien. C'est là qu'est le tragique.

    • Hubert Collin - Inscrit 30 septembre 2013 11 h 34

      M. Windisch,

      Je n'ai pas rendu justice à votre énigme, veuillez m'en excuser. En effet, elle a aussi sa part d'éloquence. En comparant l'État à votre maison privée, vous montrez parfaitement la tendance pernicieuse qui anime ceux qui voudraient que l'État soit comme leur chez soi, envahi par leur moi: moi, moi, moi: mes droits, ma foi, ma loi.

    • Gisèle Filion - Inscrite 30 septembre 2013 16 h 04

      @ Max Windisch
      Mais j'ai toujours été pour le fait qu'on enlève le crucifix de l'Assemblée nationale. Il n'a pas sa place dans un État laïc. Encore une belle concession des québécois de souche. Mais quand donc les croyants des autres religions, feront-ils l'ombre d'une concession? On a beau chercher, on n'en voit nulle part à l'horizon. Leur moi est tellement plein d'eux-mêmes sûrs qu'ils sont de détenir la Vérité absolue.
      "Et quand il y a des détenteurs de Vérité, il y a un peu plus de mal dans le monde..."disait Cioran
      Mais... oups! il était athée, il n'a donc pas le droit de parole.

    • Jacques Courville - Abonné 30 septembre 2013 16 h 08

      Dans cette discussion, je me demande ce que protège le droit fondamental à la liberté de religion Est-ce la liberté de culte ou la liberté de pratiquer des codes vestimentaires ou diététiques? Et en plus, l'observance de ces codes relève de décisions individuelles. Les individus décident donc ce qu'est le contenu de leurs droits fondamentaux. Je suppose qu'on pourra mesurer l'absurdité de cette position quand l'individu décidera que la participation au djihad fait partie de son droit frondamental de pratiquer sa religion!
      J. Courville

    • André-Jean Deslauriers - Inscrit 30 septembre 2013 16 h 37

      Vous avez tout juste Mr.Dugal.

      Je suis sidéré que tant de personnes confondent la sphère privée et la sphère publique relevant de l’État.

      Peut-être de l’aveuglement volontaire ou de la mauvaise foi?

    • Max Windisch - Inscrit 30 septembre 2013 17 h 39

      @Mme Filion
      Cioran, n'est-ce pas un des "professeurs de désespoir" de Mme Huston?

      "Barrons la route à la chair, essayons d'en paralyser l'effrayante poussée, nous assistons à une véritable épidémie de vie, à un foisonnement de visages."

      "A quel point l'humanité est en régression, rien ne le prouve mieux que l'impossibilité de trouver un seul peuple, une seule tribu, où la naissance provoque encore deuil et lamentations."

      Pour démontrer les dangers d'une certitude de détenir la vérité, c'est tout un numéro que vous avez choisi! Faut croire qu'il parlait en connaissance de cause...

    • Max Windisch - Inscrit 30 septembre 2013 20 h 20

      @mes nombreux critiques
      Il y aurait donc des comportements qui, appliqués dans la sphère privée, paraissent être ceux d'un mal-appris ou d'un inconscient, et transposés à la sphère publique, deviennent tout à coup désirables et nécessaires. Et dans le sens inverse, il faudrait apprendre en regardant les agissements de l'État, à ne pas l'imiter dans la vie privée.

    • Julie Blaquière - Inscrite 3 octobre 2013 06 h 58

      Monsieur Windisch
      Les temps changent. Je vous accorde qu'il n'est pas très respectueux de comparer les religions entre elles ni avec des "modes" mais vous remarquerez qu'ici au Québec, comme à beaucoup d'autres endroits au monde, les gens se lèvent de plus en plus pour faire entendre leur voix sur des questions relatives au rôle de l'État. Les réseaux sociaux y sont sans doute pour quelque chose et c'est tant mieux. Que vous choisissiez d'accorder votre vote à une autorité religieuse plus qu'à un parti politique en renonçant en quelque sorte à votre rôle de citoyen ne vous permet pas de critiquer ce dernier et de dire qu'il ne doit pas être imité dans la vie privée. C'est votre choix de "penser" qu'il est à jeter sans rien faire. Dans une société civile chaque citoyen doit se sentir interpelé, indépendamment de sa religion, et prendre position sur les différents enjeux qui sont débattus. Notre jeunesse nous en a donné un précieux exemple l'an dernier suivi par la mobilisation d'une grande partie de la société concernée par le dossier de l'éducation. J'espère que vous y étiez si vous aviez quelque reproche à signifier à notre gouvernement en ce sens. Penser qu'un gouvernement n'a pas d'allure est une chose mais se réfugier dans une religion, la nôtre, sans égard aux autres religions ni aux athées, n'est pas ce qui fera améliorer les choses. Maintenant si vous croyez (peut-être) qu'on ne peux faire de la politique qu'au travers une religion alors venez débattre de votre point de vue "clairement" sur la place publique. Je crois même que cela fait partie de l'agenda de quelques candidats indépendants sur la scène municipale pour les prochaines élections. Bonne chance!
      P.S.: N'oublions surtout pas, qu'il soit question de religion ou de politique, que l'argent peut corrompre tout individu

  • Kevin Charron - Inscrit 30 septembre 2013 00 h 41

    Oui à la spiritualité, non à la religion

    Le problème est que M. Taylor attribue une plus grande valeur aux croyances religieuses qu'aux croyances morales, sociales ou politiques.

    Pourquoi le punk, qui a un style de vie et un code vestimentaire particulier auquel il tient et il croit, n'aurait pas droit de travailler avec son manteau de cuir, ses studds, ses piercings et c'est bottes jusqu'au genoux alors que le religieux pourrait s'habiller comme il veut?

    Pourquoi l'un et pas l'autre?

    M. Taylor - qui a l'accusation de «discrimination» assez facile - se trouve en fait à être le premier à porter un jugement discriminatoire favorisant la religion au détriment de toutes autres valeurs et croyances.

    Ainsi, le nationaliste, l'écologiste, l'anarchiste, le «carré rouge», le raëlien, le néo-nazi (oui je sais, point Godwin) ne peuvent pas afficher leurs croyances, doivent limiter leur liberté de croyance et d'expression - avec raison! - , mais pas le catholique, le sikh, le juif ou le musulman.

    Il y a là quelques choses de profondément injuste et inégalitaire. Ne nous sommes pas tous des citoyens à part entière ayant droit aux mêmes considérations de la part de l'État?

    La laïcité est le seul garant du respect de tous les croyances. Il permet à l'État de s'élever au-dessus de la mêlée et d'éviter à ce qu'ils fassent du cas par cas en portant un jugement sur la sincérité ou la validité de la croyance de ses employés.

    En fait, le problème ici, c'est qu'on sacralise - et constitutionalise- le principe de «liberté de religion». Un non-sens dans une société démocratique et égalitaire. La religion n'est qu'une croyance parmi tant d'autres, et pas plus ou moins valable que les autres. La seule liberté du genre qui devrait être protégée par l'État est la «liberté de conscience» ou de «spiritualité». Une conception de la liberté de croyance beaucoup plus inclusive, moins discriminatoire et donc plus égalitaire.

    • Gisèle Filion - Inscrite 30 septembre 2013 09 h 32

      Oui, vous avez parfaitement raison de dire que la sacralisation de la liberté de religion, fait qu'on lui donne un statut privilégié dans l'espace de l'État. Que dirait-on de celui qui se présenterait dans la fonction publique arborant un macaron à l'effigie du porc?
      Non, ce n'est pas de même nature qu'un symboe religieux, j'en conviens mais la provocation que suscite l'un ou l'autre chez des personnes de différentes allégeances, n'en serait pas moins équivalente.

    • Annie-Ève Collin - Inscrite 30 septembre 2013 10 h 31

      Monsieur Charron, vous m'arrachez les mots de la bouche !

    • Max Windisch - Inscrit 30 septembre 2013 10 h 47

      Je connais le principe de séparation entre État et religions. Celui entre État et punks, écologistes, anarchistes, carrés-rouges et néo-nazi, je n'en avais jamais entendu parler.

    • Hélène Jacob - Abonnée 30 septembre 2013 12 h 14

      À M. Charron : Entièrement d'accord. Les passions soulevées par ce débat démontrent la nécessité de séparer l'État des religions. Par respect pour l'ensemble des citoyens. Pour garantir la paix sociale. La religion et la politique sont des sujets explosifs, générateurs de frictions. À M. Windisch : tout le monde comprend et accepte que les fonctionnaires ne doivent pas afficher leur appartenance à un parti politique, et pourtant personne ne s'imagine que cela nie leur droit à la liberté de choix politique. Si vous comprenez ce principe pour la chose politique, pourquoi ne pas l'admettre aussi pour la chose religieuse? Convictions politiques et religieuses doivent rester dans le domaine du privé, voilà tout.

    • Kevin Charron - Inscrit 30 septembre 2013 14 h 20

      M. Windisch, vous ne faites que valider mon point. Vous portez un jugement discriminatoire sur des opinions et croyances et leur donnerlz moins d'importance et accordez moins de droits qu'aux croyances religieuses.

      BIen honnêtement, je comprend pas en quoi les paroles de Raël ou Gaïa auraient moins de valeur que la parole de Jésus ou Mohamed. Ce sont tous des croyances ne se valent pas plus l'une que les autres.

    • Max Windisch - Inscrit 30 septembre 2013 16 h 39

      @Kevin Charron
      Si vous voulez remettre en question la validité ou l'exclusivité du principe de séparation entre État et religions, je reconnais certainement un mérite de cohérence à votre argument.. bonnes chances à vous! Quant à votre second paragraphe, je crois personnellement qu'en deux mille ans d'histoire chrétienne, et je passe le décompte des autres grandes religions, il y a quand même quelques accomplissements dont les concurrents que vous citez auront un certain mal à démontrer qu'ils les ont dépassés avant longtemps.

    • Albert Descôteaux - Inscrit 30 septembre 2013 16 h 46

      Effectivement M. Charron, tous les citoyens ne semblent pas égaux quand il s'agit de croyances et de choix vestimentaires. De même, on ne traite pas de la même façon un adepte de secte ou un adepte d'une religion "indiscrète". Pourtant, leurs croyances respectives sont basées sur des croyances et des mythes non-vérifiés.

      Ceux qui ont vu hier soir Tout le monde en parle (TMLP) auront remarqué la déférence de l'animateur envers madame Awada. Tout un contraste avec la visite il y a quelques années de Rael sur le plateau de TLMP, qui s'est fait grossièrement ridiculiser par le caricaturiste de La Presse, sous les rires des animateurs. Je me demande si M. Chapleau aurait fait la même chose avec madame Awada.

      Donc, accepterait-on qu'un individu vêtu en Rael (ou un raelien convaincu) soit directeur d'une école primaire ou d'un CPE? Ou encore qu'il officie un mariage civil? C'est pourtant pas très différent des accessoires portés par plusieurs groupes religieux.

    • André-Jean Deslauriers - Inscrit 30 septembre 2013 17 h 49

      Votre commentaire est tout à fait juste Mr Charron.

      Ce n’est pas moi qui l’ai invnté et je ne me souviens plus de l’auteur de la phrase «Une religion n’est rien d’autre qu’une secte qui a réussi»

  • Gaetane Derome - Abonnée 30 septembre 2013 01 h 31

    Si seulement vous pouviez convaincre M.Taylor..

    « Dieu reste muet, si seulement nous pouvions convaincre l'être humain d'en faire autant. »
    _(Woody Allen)

    • Gisèle Filion - Inscrite 30 septembre 2013 09 h 56

      Convaincre Monsieur Taylor?
      Je crois que tant qu'il s'appuiera sur la Vérité absolue de la religion, et qu'il la considérera comme supérieure à toutes les autres valeurs démocratiques, ce sera mission impossible.

    • Gisèle Filion - Inscrite 30 septembre 2013 09 h 57

      Convaincre Monsieur Taylor?
      Je crois que tant qu'il s'appuiera sur la Vérité absolue de la religion, et qu'il la mettra en haut de toutes les autres valeurs démocratiques ce sera mission impossible.

    • François Dugal - Inscrit 30 septembre 2013 15 h 04

      Étant professeur émérite de l'Université McGill, monsieur Taylor ne peut être convaincu.

    • J-F Garneau - Abonné 1 octobre 2013 02 h 35

      Et si Monsieur se laissait "convaincre"?

      Je ne comprend pas cette volonté, plutôt que d'accepter la pluralité des opinions, de la respecter et d'en débattre, de vouloir "changer" l'opinion de l'autre.
      Réflexe naif, j'imagine , selon lequel si nous pensions tous pareils, ce serait un monde meilleur.

  • Matthieu Jean - Inscrit 30 septembre 2013 02 h 36

    Trop peu.

    Je suis de cet avis, même si l'argumentaire de monsieur Lamonde m'apparaît comme étant un peu rachitique.

    Je ne trouve pas assez de viande après l'os qui se présente plutôt sous une forme plus courtement philosophique qu'autrement. Bref, ce qu'il apporte a déjà été dit et redit. Pour river le clou, ce sont des exemples concrets plus nombreux dont on a besoin. Je crois qu'il se trouve mieux à lire et plus à comprendre dans les commentaires des lecteurs de l'article-cliché de monsieur Taylor auquel il répond.

    Mais bon, c'est l'angle qu'il a choisi et je ne crois pas que ce soit un article inutile puisqu'il y appose une autre voix, celle de sa probité et sa notoriété publique, ce qui est certainement apprécié.

  • Léandre Nadeau - Inscrit 30 septembre 2013 02 h 50

    Pourquoi le jusqu’au-boutisme religieux devrait-il prévaloir dans la société civile

    Merci M. Lamonde. Vous écrivez : "Pourquoi la « visibilité incontournable » des religions « indiscrètes »... devrait-il prévaloir dans la société civile?"
    Je pense que Taylor mène une charge frontale contre la laïcité "authentique" ou laïcité "point" car elle va à l'encontre des dogmes qu'il a développés dans le communautarisme et la laïcité "dite ouverte". Ses dogmes tirent leur origine dans les idéologies du multiculturalisme et du laissez-faire. La première telle que vécue au Canada accorde une primauté quasi absolue aux droits individuels sans égards aux droits fondamentaux d'autrui. Si comme l'écrivait le juge Dickson en 1985, des limites peuvent être imposées aux droits individuels pour certains motifs dont la préservation des droits fondamentaux d'autrui, cette provision n'a pas pesé lourd dans la balance jusqu'à maintenant à la Cour suprême. Les seuls motifs qui semblent toucher ces juges sont la sécurité et l’ordre. Faudrait-t-il créer le désordre pour que les droits fondamentaux d’autrui soient prix au sérieux et mis dans la balance avec les droits individuels ?
    La deuxième idéologie dont s’inspire Taylor, le laissez-faire, formulé par Adam Smith au 18 e siècle, prétend que les choix individuels, par une sorte de main invisible, conduisent au bien commun. Cette idéologie qui est revenue en force depuis une trentaine d'années est portée par le courant néo-libéral et l'individualisme triomphant.
    Dans ce contexte idéologique, toute limitation aux droits individuels, ici religieux, lui est par conséquent intolérable. Pour faire échec aux limitations à ces droits, il essaie donc de formuler des théories (ici la visibilité incontournable des religions indiscrètes), sans prendre en compte les droits fondamentaux d’autrui, ici le consensus pour un État laïc. Il est même prêt à chauffer les opposants au maximum sans considérer les risques pour l’harmonie et la paix sociales. Ce gars-là se comporte comme un irresponsable et allié objectif de l'intégrisme.

    • Gisèle Filion - Inscrite 30 septembre 2013 10 h 06

      Bravo pour votre analyse! Votre texte est très éclairant.
      Vous m'avez appris beaucoup de choses. J'espère que vos propos seront entendus des intégristes.

    • Claude Bernard - Abonné 30 septembre 2013 17 h 54

      Les droits d'autrui sont aussi des droits individuels. Les droit des peuples peuvent avoir préséances sur les droits individuels pour des raisons importantes et démontrées, comme la survie d'une langue, l'avenir d'une race ou d'une nation.
      C'est ce qu'a reconnu le Cour Suprème dans le cas de la loi 101.
      Dans le cas qui nous occupe et nous divise, le ministre ne juge pas nécessaire d'établir ni les raisons, ni leur importance, ni même de le justifier autrement qu'en disant: c'est réclamé par la rue!
      Avant d'abolir un droit inscrit dans la plupart des Chartes des Droits et Libertés, il y a un minimum à faire.