Charte des valeurs québécoises - Une neutralité trompeuse

Charles Taylor
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Charles Taylor

La nouvelle Charte des valeurs proposée par le gouvernement contient une contradiction troublante. On nous répète sans cesse que la neutralité de l’État n’est pas une abstraction, qu’elle doit s’incarner, et on soutient qu’elle doit s’incarner dans les apparences. Les employés du secteur public ne doivent porter aucun signe « ostentatoire » qui permettrait d’identifier leur appartenance religieuse.

 

Mais il y a une autre forme possible d’« incarnation » de la neutralité, celle-ci dans les actes. Je crois que l’on peut convenir qu’un État vraiment neutre entre toutes les options religieuses, non religieuses, et même anti-religieuses, ne devrait jamais favoriser certaines options par rapport à d’autres. Il ne devrait pas leur faire subir un traitement différentiel.

 

Or le paradoxe de la Charte, avec son interdit de tout signe trop visible dans le secteur public, est qu’en sauvant les apparences de la neutralité, elle la viole dans les faits.

 

Il y a certaines religions que l’on peut pratiquer discrètement, sans se faire remarquer. Comme catholique, je peux assister à la messe, prier chez moi, ou même en mon for intérieur. Il y en a d’autres où la pratique exige une visibilité incontournable - certains sikhs, les juifs orthodoxes et des musulmanes, par exemple.

 

Pour les « sans-religion » et les tenants d’une religion « discrète », la Charte ne pose pas problème. Elle réserve toutefois un autre sort aux « indiscrets ». Les premiers pourront postuler sans problème des emplois dans le secteur public. Les autres, par contre, seront mis devant un choix déchirant : ou bien ils renoncent à pratiquer leur religion, ou bien ils seront à jamais exclus des secteurs public et parapublic. Cacher leur religion équivaut en partie, pour eux, à la renier et, partant, à renier leur identité.

 

Les apparences mur à mur de la neutralité de l’État cacheront une réalité tout autre, une discrimination évidente. L’étiquette sur la bouteille nous trompera sur son contenu.

 

Devrait-on s’étonner que les victimes de ce jeu de trompe-l’oeil se sentent trahies par une société québécoise qui ne cesse de leur promettre l’égalité ?

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163 commentaires
  • Michel Bouchard - Inscrit 28 septembre 2013 00 h 30

    M.Taylor

    Pour tout le respect que je vous dois , M, Taylor , vous faites fausse route.
    Avec la charte , les gens pourront pratiquer leur religion mais chez eux, tout simplement.
    Ce n'est pas cacher et renier leur religion bien au contraire. Vous écrivez que ces gens renieront leur identité, il y un énorme pas à franchir. Quand je croise une autre personne d'une autre nationalité , je me demande jamais quelle religion cette personne pratique.

    • Pierre Schneider - Abonné 28 septembre 2013 11 h 22

      Est-ce que la laïcité républicaine française nie le droit de pratique religieuse privée ?

    • Patrick Lépine - Inscrit 28 septembre 2013 14 h 43

      Comme monsieur Moscovici l'a souligné récemment, c'est dans la "constitution" que celle-ci est inscrite, et non pas dans une charte...

      Par ailleurs on ne sait toujours pas par quelle caution "morale" la république guillotinna toutes ces personnes qui appartenaient soi-disant à l'ancien régime monarchique, ni d'ailleurs par le moyen duquel elle continue à opérer.

    • Patrick Lépine - Inscrit 28 septembre 2013 14 h 52

      Par ailleurs monsieur Taylor est en train de profiter des arguments d'autrui, et tente de justifier maladroitement son point pour des raisons complètement absurdes.

      Les mêmes raisons qui l'ont fait participer à l'exercice inutile et dissipatoire qui présidaient à l'édition de son rapport.

      Monsieur Taylor, le Canada est mort, faites-en votre deuil, et agissez en conséquence.

    • André Serra - Inscrit 29 septembre 2013 15 h 57

      Avec un tel raisonnement bouffi, je me demamde comment on a pu tresser à ce petit esprit les lauriers de grand philosophe dont on le pare.
      En effet, les croyants qui ont choisi une religion qui les oblige à en faire état constamment sont des citoyens vraiment très particuliers.
      Je veux dire par là que si l'on en croit Taylor, et si une religion de cette nature exigeait de ses adeptes de faire des grimaces à chacun des clients qu'ils reçoivent, le gouvernement du Québec devrait en faire des exceptions à la charte.
      Un peu de réalisme, Monsieur le philosophe. Revenez poser vos pieds sur terre !

  • Hubert Collin - Inscrit 28 septembre 2013 00 h 57

    Une deuxième couche

    Tenez donc! Pas d'allusion douteuse à la Russie de Poutine cette fois-ci; à la place, une bonne dose de sentimentalisme, et je ne parle pas du sentimentalisme philosophique des penseurs écossais du 18e siècle (courant auquel un philosophe comme M. Taylor aurait pu faire référence), non, je parle plutôt du sentimentalisme des roman-savon.

    Les nouveaux-arrivants et les moins nouveaux se sentiraient trahis, suggère M. Taylor, car, à le lire, on croirait qu'ils ont signé avec la terre d'accueil, avant leur arrivée, un contrat stipulant que les valeurs en vigueur au moment de leur immigration demeureraient telles quelles pour les siècles des siècles. Amen!

    Les contextes n'évoluent pas; les valeurs n'évoluent pas; les mentalités devraient se figer; l'histoire des peuples s'est arrêtée avec la charte de 1975 et celle de 1982; le premier et le dernier mot ont été prononcés; ils ne restent plus aux hommes qu'à jouir de leur liberté, qu'à magasiner leur yogourt au supermarché: Circulez, citoyens, il n'y a plus rien à voir!

    Tout changement serait un bris de contrat, une vulgaire trahison, un coup bas, voire un piège. Nous aurions attiré les nouveaux-arrivants avec quelques leurres de bonheur et de liberté, et une fois arrivés, installés, avant même, dans bien des cas, qu'ils n'aient eu le temps de s'intégrer et d'apprendre la langue, nous aurions refermé la cage sur eux et leurs enfants, comme des tyrans.

    Nous devrions avoir honte, oh que oui! Honte! Honte à nous, québécois de toutes origines et de toutes religions, qui voulons faire un pas de plus vers la laïcité (un pas qui, évidemment, n'est pas le dernier)! Honte à nous qui vivons encore dans un monde où l'histoire n'a pas touché son terme! Honte à nous qui n'avons pas laissé nos valeurs se sédimenter. Honte à nous qui n'avons pas encore remarqué que le paradis était descendu sur terre!

    Saisissez-vous l'ire-honnie...

    • Hubert Collin - Inscrit 28 septembre 2013 14 h 01

      Quelle place est faite, dans le discours de M. Taylor, aux québécois dits de souche qui s'opposent à la charte en vertu de leur religion? Quelle place est faite, dans le discours de M. Taylor, aux immigrants qui sont en faveur de la charte et de l'interdiction des signes ostentatoires dans la fonction publique?

      Pourquoi, en le lisant, a-t-on l'impression désagréable que Taylor oppose systématiquement, et d'une façon fort réductrice, les immigrants croyants et les québécois dits de souche qui tendent vers la laïcité? Pourquoi tient-il à créer cette opposition en laissant entendre de plus que les premiers seraient victimes des derniers? Pourquoi prendre un malin plaisir à polariser d'après des archétypes qui jouent davantage sur les sentiments des gens que sur leur raison?

      Où sont les nuances? Pourquoi ne pas reconnaître la diversité des positions? Que signifie ce manichéisme simpliste où les uns auraient unilatéralmeent raison, et les autres unilatéralement tort?

      Aucun penseur politique, à ce jour, n'a trouvé la formule miracle permettant de concilier la liberté et l'égalité. Le libéralisme à lui seul se divise sur ce sujet en libéralisme téléologique d'un côté (favorisant l'égalité) et libéralisme déontologique de l'autre (favorisant la liberté).

      C'est le rôle du vote démocratique et de la majorité de décider de quel côté la société doit pencher. Il n'y a pas une réponse définitive qui nous dispenserait de réfléchir, une fois pour toutes, à ces questions, dès lors que les contextes sociaux et l'histoire continue sa route.

    • Léandre Nadeau - Inscrit 28 septembre 2013 21 h 05

      @ M. Collin. Vos observations sont très justes "Quelle place est faite, dans le discours de M. Taylor, aux immigrants qui sont en faveur de la charte et de l'interdiction des signes ostentatoires dans la fonction publique?

      Pourquoi, en le lisant, a-t-on l'impression désagréable que Taylor oppose systématiquement, et d'une façon fort réductrice, les immigrants croyants et les québécois dits de souche qui tendent vers la laïcité? Pourquoi tient-il à créer cette opposition en laissant entendre de plus que les premiers seraient victimes des derniers? "

      Très juste. J'ajouterais, quelle place fait-il aux droits d'autrui par rapport aux droits individuels ? Pourquoi chauffer au maximum et sans limites la portée des droits individuels avec des arguties trompeuses ? Que fait-il du bien commun ? Que fait-il de la paix sociale ? Pourquoi tant de méfiance et de haine contre les Québécois majoritaires ? Ce gars-là est tellement aveuglé par son idéologie qu'il se comporte comme un irresponsable qui menace l'harmonie sociale. Le mépris M. Taylor ne produit jamais de bons résultats.

  • Jean-Marc Drouin - Inscrit 28 septembre 2013 01 h 02

    Encore vous!

    On en a marre de votre discours Monsieur Taylor, marre, marre, marre.

    • Marc G. Tremblay - Inscrit 28 septembre 2013 10 h 53

      Mais de quel droit monopolise-t-on la liberté de parole ?

    • Bruno Rémillard - Inscrit 28 septembre 2013 12 h 34

      N'avez-vous rien à dire, si ce n'est que de montrer votre intolérance pour ceux qui ne pensent pas comme vous? Je partie la pensée de Charles Taylor. Vous voulez aussi m'ostraciser? Décidément, ce ``débat`` est bien mal parti...

    • Michel Blondin - Abonné 28 septembre 2013 14 h 33

      @ J.M. Drouin
      On besoin de son «éméritatoire» analyse pour que ses paroles ostentatoires montrent le fossé, la fosse abyssale, dis-je, l'immense distorsion de perception des réalités, puis-je modestement suggéré, entre, entre autres, la mienne et la sienne. Ses paroles servent à définir, à comprendre, à distinguer, a contrario. Deux solitudes claires quoi!
      Ses paradoxes et ses contradictions, ses définitions et catégories «surpertétatoires» du style; anti, hyper, méga, non religieux sont des chimères d'un autre monde, d'un autre temps et espérons-le, d'un autre pays.
      Mais ici comme partout, ne pas être capable de faire la différence entre l'accessoire et l'essentiel en ferait un chasseur de proie dangereux!

    • André Nadon - Abonné 28 septembre 2013 15 h 14

      @ Marc G. Tremblay,
      Si c'est monopoliser la liberté de parole que de dire qu'on en a marre de demi-vérités et de sophismes, c'est à ni rien comprendre, alors que les opposants tiennent le crachoir depuis des semaines.
      Ce commentaire est aussi valable pour Bruno Rémillard.
      Tous peuvent s'exprimer et tous peuvent commenter sans se faire accuser d'ostracisme ou contre la liberté de parole. Avant d'accuser les autres , regardons dans notre cour.

    • Gaétan Fortin - Inscrit 28 septembre 2013 19 h 09

      Vous êtes dangereux ! Qu'avons-nous à faire de la liberté d'expression !

      Je ne crois pas que vous vous priviez d'en uservous même.

    • André Serra - Inscrit 29 septembre 2013 16 h 05

      @ Monsieur Nadeau,
      N'ayez donc pas peur des mots, cher Monsieur,
      Charles Taylor EST irresponsable... !

  • Matthieu Jean - Inscrit 28 septembre 2013 02 h 07

    Trahison vous-même!

    Il est absolument faux de dire que les croyants, autres que Catholiques, ne peuvent pas s'habiller sans porter les signes qui les identifient à leur religions. Les signes que l'on porte sont des messages. Et ceux-là sont des messages prosélytes.

    De 9 à 5, pratiquez dans votre for intérieur, si ce que vous pratiquez n'est pas exclusivement superficiel, ou cherchez un emploi ailleurs. C'est tellement simple.

    Moi j'ai changé d'emploi 7 fois dans ma vie. Des choix déchirants, j'en ai rencontrés, tous les citoyens en rencontrent qui sont souvent pires que celui-là. Il y a toujours quelqu'un qui finit par nous trahir, que ce soit des individus, des groupes ou l'État. C'est le lot de la race humaine. Vous vous dites catholique, vous devez comprendre le sens de la croix, non? Un peuple doit souffrir pour grandir et évoluer vers la lumière.

    Les Catholiques, et j'en suis, ont fait la démarche: un pas de côté pour que la société québécoise fasse un pas en avant.
    Ça été extrêmement pénible pour plusieurs d'entre nous. Pensez-vous qu'on ne se soit pas sentis trahis? Mais un jour, si on est de bonne foi, on finit par comprendre: on réalise qu'on a pas eu à renier son identité pour autant.

    • Max Windisch - Inscrit 28 septembre 2013 10 h 55

      Quel pas de côté exactement M. Jean? À ce que je sache le laïc catholique n'est tenu de porter aucun signe. Faut-il également rappeler la position adoptée il y a une semaine par les évêques catholiques?

    • Gisèle Filion - Inscrite 28 septembre 2013 14 h 59

      @Max Windisch
      Mais qui est tenu de porter des signes ostentatoires? Quelle autorité l'a décrété? Comment se fait-il alors que des coreligionnaires n'en pense pas autant?

    • Max Windisch - Inscrit 28 septembre 2013 15 h 25

      @Mme Filion
      Tout le monde sait bien que des millions de croyants de diverses religions portent des signes. Sont-ils tenus de les porter? Est-ce moi qui vais juger de la pertinence de ces signes? Est-ce l'État, qui pourtant a souhaité ériger une ligne de démarcation claire entre ses affaires à lui et les affaires religieuses?

    • Gisèle Filion - Inscrite 28 septembre 2013 16 h 41

      @ Max Windisch
      Non, ce n'est pas moi qui juge de la pertinence des signes religieux,ce sont des coreligionnaires qui remettent eux-mêmes en question l'obligation du port de ces symboles. On prétend toujours qu'il ne s'agit que d'un petit nombre. Moi, je me demande pourquoi on devrait d'emblée, donner raison à un petit groupe dissidents? Surtout quand ce petit groupe se réclame de privilèges sans égard, pour d'autres membres de la communauté, que leurs symboles religieux irritent.
      De surcroît, quand tout ça se passe dans la fonction publique, là où les citoyens n'ont pas le choix de se présenter, pour recevoir des services. Que fait-on du respect de ces citoyens qui aspirent à être servis en toute neutralité? Comme disait un participant dont le nom m'échappe (excusez-moi, participant dont j'ai oublié le nom) , la fonction publique est au service des citoyens, et non les citoyens au service des fonctionnaires.
      La laïcité n'a pas à transiger avec les religions pour savoir si leurs préceptes sont adéquats, ou pas. C'est justement pour éviter cette situation qu'elle met à l'écart toutes les religions et qu'elle se veut laïque. La laïcité n'a pas à assumer les choix religieux de chacun.

    • Matthieu Jean - Inscrit 28 septembre 2013 20 h 11

      @ Max Windisch

      Le pas de côté c'est celui des religieux et religieuses catholiques qui ont acceptés de se départir de leurs privilèges sociaux, de renoncer à leurs emplois dans les écoles et les hopitaux et à vendre pour des pinottes leurs édifices institutionnels au gouvernement de l'époque. Ce n'est pas rien!

      Est-ce de l'histoire déjà trop ancienne pour votre mémoire?

      Ne obliviscaris

    • Max Windisch - Inscrit 29 septembre 2013 08 h 14

      @Matthieu Jean
      Vous avez raison, ce n'est pas rien, mais à mon sens c'est un autre sujet, en ce sens que ça n'a pas touché les droits du laïc catholique.

    • Matthieu Jean - Inscrit 29 septembre 2013 10 h 53

      Ce n'est pas un autre sujet puisque, ce faisant, on séparait l'Église avec son abondance de signes ostentatoires de l'État, laissant toute la place aux laïques.

      La Charte, c'est ça non?

    • Max Windisch - Inscrit 29 septembre 2013 11 h 59

      @Matthieu Jean
      Dans ce sens-là oui, mais il faut tout de même garder en tête que pour le laïc en soi, rien ne changeait. En 2013, on demande à des laïcs de changer. On commence par des laïcs musulmans, juifs, sikhs etc. On peut se demander ce qui viendra ensuite, afin de renforcer les apparences d'absolue neutralité de l'État.

    • Matthieu Jean - Inscrit 29 septembre 2013 16 h 40

      Vous parlez comme si les laïcs catholiques n'ont pas eu à mettre leurs signes ostentatoires au rancart. Peut-être croyez-vous que les enseignants laïcs, catholiques et pratiquants du temps ne se comptaient que sur les doigts de la main? J'en ai personnellement connus qui étaient scandalisés de ce que les crucifix disparaissent des murs en avant des classes.

      Et que dire de ceux qui ont passé leur carrière à enseigner la religion après des études en théologie et qui ont du se récycler pour sauvegarder un poste d'enseignant dans une autre matière? Il y en avait entre 5 et 10 par école secondaire, dépendamment de la capacité de la clientèle étudiante. Anticipant la laïcité, le programme était devenu une vraie farce parce que personne des derniers nouveaux enseignants dans cette matière n'étaient qualifiés. Pensez-vous que ça n'a pas fait mal à ceux qui y avaient consacrés toute leur vie?

      Ne obliviscaris

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 28 septembre 2013 05 h 28

    Connaissances religieuses musulmanes, postulats et études scientifiques sur le sujet.

    Théologiquement parlant, êtes-vous certain de tout ce que vous écrivez sur la religion musulmane, ses adeptes et les personnes la pratiquant ? Vous postulez que l'absence forcée de voile équivaut à renoncer à pratiquer sa religion et qu'il s'agit d'un reniement religieux tellement important qu'il entraîne une perte d'identité. Je doute qu'il en soit ainsi, tellement la religion musulmante est ancienne, étudiée et décentralisée. N'est-elle pas assurément beaucoup plus compliquée et complexe ? Ne faudrait-il pas laisser aux personnes concernées, hommes et femmes, le soin de revisiter cette religion et de choisir ce qu'elles en feront et comment elles la vivront ? Elle doit certainement le faire, car autrement elle serait inhumaine. Il doit certainement y avoir d'excellent théologiens musulmans. J'attends qu'on m'explique. Il doit bien y avoir des études sur ce sujet. En connaissez-vous ?

    • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 28 septembre 2013 12 h 24

      Excellent point. Toutes les musulmanes ne portent pas le voile. Rien dans le Coran ne les y oblige. Quant aux hommes, devrait-on interpréter le port de la barbe comme une manifestation d'allégeance à l'Islam?

      Taylor se contredit quelque peu. Nager dans les signes ostentatoires est absurde, en effet. Mais alors pourquoi les interdire s'ils ne signifient finalement rien?

      Desrosiers
      Val David

    • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 28 septembre 2013 14 h 51

      Plus la signification d'un vêtement est évidente et importante, plus le devoir de le porter, ou au contraire de ne pas le porter, est signifiant. Un juge porte sa toge de juge lorsqu'il est sur le banc. Une infirmière ou un infirmier a elle aussi un uniforme. Par respect pour leur devoir de réserve, aucun n'y fixera l'épinglette d'un parti politique. La signification d'un vêtement n'a pas besoin d'être religieuse pour être socialement importante, son caractère politique suffisant lorsqu'il s'agit de l'État. La détermination du caractère politique ou religieux d'une pièce de vêtement, par exemple un foulard islamique, et des circonstances l'interdisant appartient à l'employeur, ici l'État, en l'occurrence l'Assemblée nationale du Québec.

    • Matthieu Jean - Inscrit 29 septembre 2013 16 h 53

      Théologiens musulmans?

      Il y a dans l'islam des points de vue qui sont absolument indéfendables parce que contradictoires à la base. Après avoir débattu pendant un certain moment avec un imam, à bout d'arguments et se voyant débouté, il commencera à vous menacer des tourments de l'enfer.