Une Charte garante d’un long avenir dans la diversité

De confessionnel, le système public d’éducation est devenu laïque. Cette mutation a été réalisée entre autres grâce à des religieuses et des religieux qui, pour respecter la diversité des élèves et des parents, se départaient de leurs costumes religieux et de tous signes religieux ostentatoires.
Photo: Source collection BAnQ Georges A. Driscoll De confessionnel, le système public d’éducation est devenu laïque. Cette mutation a été réalisée entre autres grâce à des religieuses et des religieux qui, pour respecter la diversité des élèves et des parents, se départaient de leurs costumes religieux et de tous signes religieux ostentatoires.

Le projet d’une Charte des valeurs québécoises ne peut pas être compris et évalué que dans et pour le moment présent, il faut le comprendre dans une large perspective, à la fois historique et prospective. Une telle Charte n’est pas faite que pour l’an 2013, elle doit être pensée en vue d’un long avenir, l’avenir le plus prévisible qu’on peut imaginer. Par ailleurs, cette Charte s’inscrit aussi dans notre passé, dans l’évolution politique, culturelle, démographique des cinquante dernières années de cette nation particulière qu’est le Québec.

 

Révolution tranquille et déconfessionnalisation

 

En effet, l’histoire de cette Charte débute avec la Révolution tranquille et on peut aussi dire même avant. L’ensemble de la société québécoise, toutes origines confondues, toutes générations confondues, poursuit son évolution dans la suite de cette Révolution tranquille. Celle-ci se continue dans toutes les dimensions, toutes les sphères de la vie collective québécoise et de nos vies individuelles. Et cela, que l’on soit né dans le Québec d’après cette Révolution tranquille ou que l’on y soit venu d’ailleurs. Pour tous les Québécois, de toutes origines, le Québec est aujourd’hui ce qu’il est parce que la Révolution tranquille a eu lieu et, en réalité, se continue.

 

Un des événements majeurs, une composante essentielle de cette Révolution tranquille, fut assurément la déconfessionnalisation des institutions publiques. Et notamment du système d’éducation. La laïcisation de l’éducation a marqué le Québec plus que toute autre.

 

Faut-il aujourd’hui le rappeler ? Avant 1960, le système d’éducation québécois était confessionnel de l’école primaire à l’université, divisé en deux secteurs qui s’ignoraient mutuellement, le catholique et le protestant. Et cet état des choses paraissait immuable. Pourtant, en moins de quatre décennies, tout a changé. D’entièrement confessionnel, le système public d’éducation est devenu laïque.

 

Que s’est-il donc passé ? Comment et pourquoi cette mutation a-t-elle eu lieu ?

 

La diversité reconnue

 

Un facteur de premier ordre fut la prise de conscience, au cours des années 1960 et 1970, de la diversité des convictions en matière de religion dans la population québécoise. Et cela non seulement à cause de l’immigration. Car, surtout, on se rendait compte que les Canadiens français ne formaient plus une communauté catholique homogène comme on l’avait cru longtemps (en dépit du fait qu’elle compta toujours des athées, des agnostiques, des anticléricaux). Cette réalité plurielle a éclaté lorsque, en 1960, se créa le Mouvement laïque de langue française (MLF), qui réclama le respect des convictions des non-croyants tout autant que des croyants dans toutes les institutions publiques. En particulier, le MLF demandait qu’on crée un réseau d’écoles publiques non confessionnelles, donc laïques, de langue française, pour accueillir les enfants de parents qui ne voulaient pas inscrire leurs enfants dans des écoles religieuses.

 

Se produisit alors un phénomène historique extraordinaire : ce réseau parallèle d’écoles neutres, réclamé par des parents, recommandé par la commission Parent, accepté par le clergé et l’opinion publique, ne fut jamais créé ! Non pas parce qu’on s’y opposa, non pas non plus parce que les autorités ont refusé de l’établir. C’est que, à peine évoqué, il n’était déjà plus nécessaire.

 

Tout en demeurant juridiquement et officiellement catholiques, tout en étant gérées par des commissions scolaires catholiques, les écoles primaires et les nouvelles polyvalentes secondaires des années 1970 devenaient, dans les faits, des écoles communes, c’est-à-dire accueillant les enfants de toutes adhésions religieuses ou non croyants. La religion n’y occupait plus la place prépondérante qu’elle y avait tenue, de telle sorte que des enfants de familles non catholiques y étaient à l’aise.

 

Il est ici très important de souligner que cette laïcisation apparut alors comme une exigence de l’accessibilité de tous et toutes à l’éducation. Cette accessibilité générale, elle est au coeur de la réforme en cours, elle en était l’objectif primordial. Ainsi, laïcité et accessibilité ont été étroitement liées, la première s’imposant comme une condition de la seconde, dans une société acceptant la diversité.

 

Cette mutation de l’école québécoise a été réalisée par des hommes et des femmes qui y ont cru et qui l’ont réalisée. Ces hommes et ces femmes étaient, en nombre croissant, des laïcs (ce terme voulant dire ici n’appartenant ni au sacerdoce ni à aucune congrégation religieuse), mais aussi des prêtres, des religieuses et des religieux qui, pour respecter la diversité des élèves et des parents, pour favoriser en même temps l’accessibilité, se départaient de leurs costumes religieux et de tous signes religieux ostentatoires.

 

Leurs motifs étaient clairs, souvent explicités : l’école pour tous exigeait le respect de tous.

 

La diversité croissante

 

Depuis les années 1970, la diversité des convictions religieuses n’a fait que s’amplifier à un rythme galopant dans la société québécoise. Ce qui me frappe aujourd’hui, devant les réactions opposées au projet de Charte des valeurs québécoises, c’est le changement d’attitude à l’endroit de cette diversité de la part des opposants au projet.

 

Aujourd’hui, c’est la diversité des convictions religieuses du personnel d’une institution publique neutre qu’il faudrait respecter, d’après ceux qui s’opposent au projet de Charte des valeurs québécoises. Ainsi, dans le monde de l’éducation, le respect des convictions de l’enseignant a maintenant priorité sur le respect des convictions des élèves et des parents. Étrange conception de la neutralité des institutions publiques ! Il s’agit là d’une inversion de la priorité du respect des convictions qui me paraît bien dans le vent de l’individualisme moderne, un individualisme répandu et encouragé par les tribunaux canadiens.

 

C’est là une importante mutation, dont il faut bien prendre la mesure.

 

Une vision d’avenir

 

Or, pour en prendre la mesure, il faut adopter une perspective prospective. Cette Charte ne doit pas être accueillie comme si elle n’avait pour but que de régler quelques problèmes ponctuels d’aujourd’hui. Il est bien évident qu’en ce moment, c’est la religion de l’islam qui, pour diverses raisons, et de bonnes raisons, occupe l’actualité. Mais cette Charte, c’est pour un long avenir que nous la mettons en place. Or, on le sait, la religion est une réalité humaine et sociale très importante, qui a un immense passé et sans doute un grand avenir. Et c’est une réalité évolutive qui connaît des hauts et des bas, des avancées et des reculs. En particulier, les rapports entre les diverses religions et les pouvoirs publics sont loin d’être simples et clairs.

 

C’est donc dans une optique d’avenir qu’il faut mesurer les conséquences de tous les accommodements entre un ou des groupes religieux et les institutions publiques. Pour ma part, je crois toujours que le respect des convictions de toutes les clientèles qui s’adressent à toutes les institutions publiques doit inspirer notre législation. C’est, à mon avis, précisément ce qui inspire la Charte des valeurs québécoises. Cette conception de la neutralité des institutions publiques a permis au Québec de vivre sans trop de secousses la mutation de la Révolution tranquille, de la déconfessionnalisation et de leurs suites. Elle m’apparaît être celle qui est la plus prometteuse pour l’avenir.

 

À la différence du projet multiculturel canadien qui a opté pour la segmentation sociale et culturelle, le Québec, compte tenu de ce qu’il est en Amérique du Nord, a besoin d’un plan collectif plus intégrant. Une authentique neutralité des institutions publiques en fait partie.

 

Toute projection que l’on peut faire sur l’évolution à venir de la société québécoise va dans le sens d’une diversification croissante à la fois culturelle, politique et démographique. Outre le fait que la communauté dite chrétienne se diversifie elle-même, l’immigration des années à venir contribuera sans doute à une diversification croissante. Le Québec est appelé à être encore longtemps une terre d’accueil.

 

À ce moment de notre histoire, le projet de Charte des valeurs québécoises me paraît arriver à point nommé pour clarifier ce que l’on entendra dans l’avenir pour tous et pour toutes, ici au Québec, par la séparation de l’État et des religions.


Guy Rocher - Sociologue

 

116 commentaires
  • Marcel Bernier - Inscrit 16 septembre 2013 00 h 40

    Toujours vivant... Je suis celui qui r'garde en avant.

    Monsieur Guy Rocher, je suis entièrement en accord avec votre constat, vous continuez à m'inspirer intelligemment et je veux rendre hommage, ici, à votre très grande sagacité.

    Marcel Bernier

    • Louka Paradis - Inscrit 16 septembre 2013 22 h 09

      Merci M. Rocher de nous faire bénéficier de votre savoir et de votre sagesse. Puissent-telles inspirer tous nos décideurs et la population en général. Votre contribution est un baume dans le maelstrom qui nous emporte tous depuis 1 semaine. Puissent les esprits se calmer et les médias adopter un ton moins alarmiste et plus responsable pour le bien de tous. Merci encore de votre bonne parole.

      Louka Paradis, Gatineau

    • Jean-Pierre Marcoux - Inscrit 18 septembre 2013 17 h 22

      Je suis complètement d'accord avec vous M. Rocher et fier de vous avoir eu comme professeur de sociologie à l'Université de Montréal de 1966 à 68.
      Vous conservez votre lucidité et justesse d'évaluation de notre société.

      Espérons que le Québec saura voir la lumière non voilée de notre beau soleil d'automne.

  • Guy Lafond - Abonné 16 septembre 2013 06 h 29

    Avec discernement


    Très belle analyse concise que cet article de Monsieur Rocher.

    Poursuivons donc le modelage de cette charte des valeurs québécoises.

    Un modelage interculturel qui ne nuira pas et qui pourrait bien être une source d'inspiration pour l'international.

  • Catherine Paquet - Abonnée 16 septembre 2013 06 h 41

    La Révolution tranquille...

    Il ne me parait pas juste de parler des ajustements politiques, économiques et religieux des années '60 comme d'une révolution qui sevirait d'exemple aux générations actuelles et aux autres gouvernements et institutions. À mon souvenir il s'est agit plutôt d'une nécessaire et bien tardive mise à jour des coutumes, des politiques, des institutions et des méthodes de transmission du savoir qui avaient évolué normalement et plus saoinement ailleurs. Il faudrait se garder une petite gêne quand on prétend offrir un modèle québécois de démocratie et de promotion des droits de la personne, songeant au fait que le Québec a accordé le droit de vote aux femmes en 1940, 22 ans après le gouvernement canadien l'eut accordé en 1918.

  • Baruch Laffert - Inscrit 16 septembre 2013 06 h 54

    Perfectae Caritatis

    Contrairement à ce qu'affirme l'auteur, ce n'est pas "pour respecter la diversité des élèves et des parents, pour favoriser en même temps l’accessibilité" que les religieuses et religieux "se départaient de leurs costumes religieux et de tous signes religieux ostentatoires," mais à cause du décret "Perfectae Caritatis" appelant à la rénovation de la vie religieuse dans l’Église catholique romaine et approuvé en 1965. Ce décret donna aux communautés religieuses la possibilité de modifier leurs habits traditionnels et d'en adopter de nouveaux. Néanmoins, les soeurs et les frères continuent à porter des habits religieux, mêmes s'ils paraissent moins.

    Donc, contrairement à ce qu'affirme l'auteur, même s'ils acceuillaient des gens ayant des croyances différentes, les religieuses et religieux continuaient à porter un habit. Voilà pourquoi on ne peut pas exiger des membres des autres religions qu'ils enlèvent leurs signes religieux.

    Une autre petite erreur dans le texte: une personne appartenant à une communauté religieuse et n'ayant pas reçu le sacrement de l'ordre (un frère ou une soeur) est une personne laïque.

    • France Marcotte - Abonnée 16 septembre 2013 10 h 06

      Vous cherchez la petite bête pour ne pas comprendre.

      Et par temps de mauvaise foi, toutes les petites bêtes font l'affaire.

    • Jean Lapierre - Inscrit 16 septembre 2013 10 h 15

      Personne n'exige "des membres des autres religions qu'ils enlèvent leurs signes religieux", sauf dans l'exercice d'une fonction publique, et cela s'applique à tout le monde sans exception. Eh Seigneur, (ce n'est pas une prière), que de confusion dans les esprits!

    • Baruch Laffert - Inscrit 16 septembre 2013 12 h 07

      @ France Marcotte
      Ce n'est pas une petite bête. L'argument de Rocher repose sur le fait que les religieuses/religieux ont enlevé leurs habits au nom de la laïcité, ce qui est faux. Ils l'ont modifié suite au décret Perfectae Caritatis, et pas seulement au Québec mais partout au monde.

      @ Jean Lapierre
      Contrairement à ce que vous dites, l'interdiction de porter un signe religieux ne s'applique pas à tout le monde puisque certains signes seront tolérés et d'autres, moins identifiables, passeront inaperçus. Il y a donc injustice.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 16 septembre 2013 12 h 18

      Aucune confusion. Il corrigeait une erreur du texte, qui laisse entendre que c'était en réponse à une demande de l'Etat québécois que les religieux avaient changé leurs habits. Or ça n'est pas le cas. C'est une nuance importante si l'on veut faire une comparaison avec aujourd'hui.

      Aucune confusion, mais au contraire une exigeance de rigueur.

    • Jacques Gagnon - Abonné 16 septembre 2013 13 h 49

      Est-ce que vous savez à qui vous avez affaire, c'est Guy Rocher, un savant, un homme d'envergure internationale et je dirais même intemporelle, un puits de science qui a été aux premières loges de ce dont il parle. Qui êtes-vous ? Il répond entièrement et de façon magistrale à vos argements faiblards.

      Mais vous semblez, comme beaucoup dans ce débat, chercher à tout prix à ne pas reconnaître la moindre intention de se faire respecter dans notre histoire et nos expériences. Lisez donc son texte avec humilité ou prouvez-moi que vous avez plus d'envergure que lui, car ce que je lis n'en a pas l'ombre.

    • Annette Pelletier - Inscrite 16 septembre 2013 14 h 39

      Comprendre le sens des mots

      "Ce décret donna aux communautés religieuses la possibilité de modifier leurs habits traditionnels et d'en adopter de nouveaux. "

      "Possibilité". Il me semble que ce mot indique que les religieux et religieuses on eu le choix ou je ne comprends plus mon français. Alors, à votre avis M. Laffert qu'est-ce qui a bien pu orienter leur choix?

    • Claude Champagne - Inscrit 16 septembre 2013 15 h 48

      Touché monsieur Gagnon touché, excellent commentaire et merci pour le cv de monsieur Rocher, il me manquait de l'information à son sujet. Effectivement soit les gens son complice des médias de crise, soit ils sont mal informés, mal intentionné, en font une affaire politique, "charte des valeurs québécoises" et non "charte des valeurs du Parti Québécois" il faut lire et relire la charte telle qu'elle est proposée. Ils manquent d'objectivité ça c'est certain.

    • Baruch Laffert - Inscrit 16 septembre 2013 15 h 52

      @Jacques Gagnon
      Premièrement, oui je connais Guy Rocher. Deuxièmement, ce n'est pas parce que l'auteur est Guy Rocher qu'il n'a pas fait une erreur. Troisièmement, non il ne répond à aucun de mes arguments. Quatrièmement, connaissant son combat pour la laicité, Guy Rocher est loin d'avoir un point de vu impartial. Cinquièmement, Guy Rocher défendrait mon droit de parole et mon droit de m'opposer à ce qu'il écrit. Sixièmement, seul Dieu est intemporel.

      @Annette Pelletier
      À noter que les religieuses/religieux n'avaient pas personnellement/individuellement le choix. C'est la/le supérieur de l'ordre religieux qui prend la décision pour tous les membres.

      Le choix de modifier l'habit religieux provient du voeux de pauvreté. L'ancien habit reflétait la pauvreté à l'époque du moyen-âge. La confection et l'entretient de ces habits allait en sens contraire au voeux de pauvreté.

      Le décret dit "L’habit religieux, signe de la consécration à Dieu, doit être simple et modeste, à la fois pauvre et décent, adapté aux exigences de la santé et approprié aux circonstances de temps et de lieux ainsi qu’aux besoins de l’apostolat. On modifiera l’habit soit masculin soit féminin qui ne correspond pas à ces normes."

    • Jérôme Pruneau - Inscrit 16 septembre 2013 21 h 16

      J'appuie totalement les dires de M. Laffert qui argumente point par point, avec une justesse à toute épreuve. Oui Guy Rocher est un grand sociologue, non Guy Rocher n'a pas la science infuse...

    • Jacques Gagnon - Abonné 16 septembre 2013 23 h 26

      Voilà bien qui vous discrédite totalement monsieur. Quand on se fait lancer cet argument de Dieu, c'est comme user de la violence pour argumenter, trouvez autre chose. Mais quelle est donc votre secte ?

    • Matthieu Jean - Inscrit 17 septembre 2013 00 h 03

      @ B. Laffert

      Vous parlez de l'habit mais vous ne mentionnez pas tous les autres signes, actes et fonctions qui sont devenues nettement moins ostentatoires du fait de la révolution sociale. Et l'Église s'est incliné!

      Et puis, les religieux et religieuses n'ont pas été forcées d'abandonner leurs habits. Il y en a même qui les portent encore, partout dans le monde... L'article 17 du texte du décret spécifie :"simple et modeste, à la fois pauvre et décent". On ne voulait surtout pas de tenues aguichantes ou farfelues. Quand au reste on a voulu que, à titre d'exemple, les frères du Sacré-Coeur arrêtent de jouer au hockey ou au baseball en soutane ou que les trappistes aillent au lit avec leurs robes de travail.

      Vous dites: "l'interdiction de porter un signe religieux ne s'applique pas à tout le monde puisque certains signes seront tolérés et d'autres, moins identifiables, passeront inaperçus."
      Justement, s'ils ne sont pas ostentatoires, c'est tant mieux. Bien sûr la Charte ne traite pas de tout : certains porteront des sabres en or au cou sans que personne ne s'en offusque, même s'il s'agit d'un signe à idéologie religieuse. Il sera certainement impossible de parer à tous les cas.

    • France Marcotte - Abonnée 17 septembre 2013 06 h 02

      Vous pouvez être tranquille, M.Laffert.

      Monsieur Rocher ne répondra ici à aucun de vos «arguments».

      Vous êtes donc libre de dire tout ce qui vous passe par la tête si ça vous chante.

    • Jacques Gagnon - Abonné 17 septembre 2013 07 h 32

      Monsieur Pruneau, ce que vous ne semblez pas comprendre, c'est que monsieur Rocher est un scientifique. Il n'a pas la science infuse mais il mérite que l'on étudie ce qu'il écrit. Vous ne savez pas ce qu'est la science sans doute.

      La différence entre lui et monsieur Carillon-Sacré-Coeur, c'est qu'il tente d'éclairer, de révéler un peu plus de vérité, alors que l'autre, fanatique religieux, il la détient déjà la vérité.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 17 septembre 2013 09 h 51

      Alors s'il s'agit de science, M. Gagnon, on peut se référer à Jean Baubérot, probablement le plus grand historien de la laïcité et sociologue, qui diffère fondamentalement de M. Rocher dans sa compréhension de ce qu'est la laïcité, et qui déplore le détournement de sens dont a été victime ce mot d'abord dans la France Sarkoziste et maintenant au Québec. Ce qu'on appelle maintenant laïcité est une nouvelle interprétation de la chose.

      Lire à ce sujet: «La laïcité falsifiée» de jean Baubérot.

    • Baruch Laffert - Inscrit 17 septembre 2013 11 h 53

      @ Jérôme Pruneau
      Merci! Comme vous je crois que même les plus grands de ce monde ne savent pas tout.

      @ France Marcotte
      Merci, c'est justement ce que je dis à M. Gagnon qui prétend que Guy Rocher répond à mes arguments.

      @ Jacques Gagnon
      J'utilise l'approche insensée de l'intemporalité de Dieu pour répondre à votre position insensé sur l'intemporalité de Guy Rocher.

      Vous dites de l'auteur qu'il « mérite que l'on étudie ce qu'il écrit. » Justement, c'est après avoir étudié son texte que j'ai constaté qu'une des prémisses est inexacte. Il m'a semblé bon d'alerter les lecteurs de cette erreur afin qu'ils développent le meilleur jugement possible par rapport au texte.

      Maintenant, essayez de contre-argumenter mon intervention initiale au lieu de m'injurier, tout le monde en sortira grandi.

      @ Matthieu Jean
      En effet l'Église en entier a changée suite au Concile, mais contrairement à l'auteur qui prétend que le clergé québécois s'est départi de ses signes ostentatoires « pour respecter la diversité des élèves et des parents, pour favoriser en même temps l'accessibilité, » je prétends que ce changement à des propensions beaucoup plus grande que la sécularisation de l'enseignement au Québec.

      Je comprends que certains signes sont plus ostentatoires que d'autres, mais n'empêche qu'il y a injustice lorsqu'on vise certaines personnes ou communautés et qu'on laisse passer les autres. Laisser certains porter des signes religieux va à l'encontre de la « valeur québécoise de laïcité. » Si l'État veut être neutre, il doit légiférer sur tout les signes ou sur aucun.

  • Matthieu Jean - Inscrit 16 septembre 2013 06 h 56

    Est-ce trop tard?

    "...des prêtres, des religieuses et des religieux qui, pour respecter la diversité des élèves et des parents, pour favoriser en même temps l’accessibilité, se départaient de leurs costumes religieux et de tous signes religieux ostentatoires."

    Lorsque je fait la lecture d'un article comme celui-ci, je reprends confiance et je me dis que les québécois peuvent réfléchir, se souvenir, comprendre et juger. Les Églises des québécois de souche ont collaborées à la laïcité. Ça ne s'est pas fait sans heurts mais c'est le gros bon sens qui a prévalu. Ceux qui, à bout de bras, ont soutenus le système d'éducation pendant des décennies voire des siècles, se sont inclinés, reconnaissants les besoins pour une profonde évolution, pour une révolution (qui s'est voulue tranquille).

    Et voici que de nos jours, on se prépare à "finir la job". Encore, ça n'ira certainement pas sans heurts. Il y a des nouvelles données dans l'équation. Même si je ne suis pas trop séduit par les ardeurs indépendantistes, je salut bien haut le courage du PQ et de madame Marois en cette matière. Les signes religieux ostentatoires sont aussi des actes et des messages de prosélitisme latents... Il faut s'en débarrasser. Les gens sont toujours libres de pratiquer la religion de leurs choix. Les autres qui viendront partager notre vie en société suivront les us et coutumes en vigueur ici : ce sera à prendre ou à laisser.

    Mais contrairement à monsieur Rocher qui croit que la Charte arrive à point nommé, je me demande s'il n'est pas trop tard pour contrer la forte vague de ceux qui, avec les années, se sont arrogés des "droits acquis".

    • Huguette Proulx - Abonnée 16 septembre 2013 11 h 42

      Savoir d'où on vient...et poursuivre.

      Entièrement d'accord avec vous, M. Mathieu. Point de vue nuancé et solide.

      Merci M. Guy Rocher pour votre parcours et votre sagesse. Et merci de nous en faire bénéficier.

    • Gilles Théberge - Abonné 16 septembre 2013 20 h 26

      «Plutôt qu'une poursuite de la Révolution tranquille, j'ai le triste sentiment que le projet actuel n'en boucle le cycle, pour renouer avec l'héritage duplessiste non évacué, d'un peuple villageois méfiant envers tout Survenant. Jusqu'à en sanctifier la mémoire au dessus de l'Assemblée...»

      Ouf!

      Si vous aviez vécu pendant les années soixante, et avant, vous pourriez comprendre de quoi parle monsieur Rocher...

      Renouer avec l'héritage de Duplessis..... Oh boy! C'est ça qui s'appelle parler à travers son chapeau. Ta!

    • Gilles Théberge - Abonné 16 septembre 2013 20 h 27

      Je me suis trompé je répondais au commentaire suivant. Mes excuses