Charte des valeurs québécoises - Un mauvais projet pour le Québec

Ce texte présente d’abord les raisons pour lesquelles on devrait rejeter le projet du Parti québécois. Il critique ensuite la démarche gouvernementale au cours des derniers mois. Pour restreindre ou supprimer un droit, on doit s’appuyer sur un motif supérieur, susceptible de passer le test du tribunal. Dans le cas de la loi 101, ce motif était impérieux: sauver l’avenir de la francophonie québécoise. Même la Cour suprême du Canada a reconnu sa légitimité. De même, on pourrait interdire les signes religieux chez les juges et autres officiers autorisés à exercer la coercition (pouvoir de contrainte physique et même de violence). Le motif supérieur: la nécessité d’une crédibilité maximale.

Dans le cas du projet de charte, quel serait le motif supérieur? Aucun de ceux qui ont été énoncés jusqu’ici (dans le document du ministre ou ailleurs) ne se qualifie:

L’égalité homme-femme manquerait de protection juridique? Elle est déjà dans notre charte comme droit fondamental et clause interprétative. Ce qu’il faudrait pour la faire progresser, ce sont  des ressources et des programmes plus généreux. On sait aussi que l’un des blocages principaux vient bien plus de l’obstruction que pratiquent les titulaires des centres de décision que des minorités ou des immigrants.
  • Protéger la séparation institutionnelle de l’État et de la religion? On ne voit pas en quoi elle serait compromise par le port de signes religieux chez certaines personnes.
  • Le port d’un signe religieux empêcherait une personne d’accomplir sa tâche avec impartialité? Un enseignant portant un signe de sa foi propagerait indûment le goût du religieux? Il déformerait l’esprit des jeunes? Ces énoncés ne reposent sur aucune démonstration.
  • Sauvegarder la neutralité de l’État en matière de religion? Cette règle  signifie que l’État ne doit favoriser aucune religion; ce n’est pas elle qui est d’abord en cause ici. 
  • Les employés du secteur public seraient des représentants de l’État? L’argument est faible. Pensons au conducteur de camion de l’Hydro ou au concierge dans un édifice gouvernemental. Il y a ici une disproportion entre le droit qu’on veut supprimer et le motif invoqué.
  • Le fait d’éloigner des emplois publics certaines catégories de citoyens ne ferait pas problème, car travailler au service de l’État ne serait pas un droit, mais un privilège? Cet argument n’a pas de précédent ni de poids juridique.  

Le problème du droit de retrait

Le droit de retrait n’atténue pas le problème juridique de fond. En plus, il va entraîner une fragmentation juridique du Québec sur une base arbitraire (le régime juridique va changer d’une municipalité, d’un cégep, d’un hôpital à l’autre?). Rien de comparable ici à la clause dérogatoire dans la charte canadienne. La communauté politique nationale qu’est le Québec n’est pas assimilable à une municipalité, une institution d’enseignement ou un secteur d’activité. 

Dans chaque cas, la décision sera soumise au vote. C’est donc la majorité qui va statuer sur le droit des minorités, dont la reconnaissance devient facultative. Et pourquoi les organismes parapublics (Caisse de dépôt, SAQ…) sont-ils privés du droit de retrait, contrairement à d’autres prolongements (municipalités) ou d’autres institutions (universités, hôpitaux) de l’État?

Enfin, cette disposition ouvre la porte à la transgression des règles de neutralité et de séparation de l’État et des religions. Une municipalité pourra en tirer prétexte pour maintenir ou instaurer à discrétion des symboles, des pratiques et rituels religieux. Le projet risque ainsi de produire des effets contraires à ceux qu’il visait.    

Sur la démarche gouvernementale

Au cours des débats récents, au lieu d’expliquer à la population les véritables enjeux dans toute leur complexité, on a préféré s’appuyer sur de fausses perceptions, en les amplifiant. On a aussi actionné de vieux ressorts de notre culture; par exemple, cette invitation à «se tenir debout»: mais devant qui, sinon les immigrants, les minorités, ceux qui sont différents?

Et pourquoi au juste cette initiative, pourquoi à nouveau ces échanges houleux sur des thèmes si explosifs? A-t-on démontré que la culture québécoise est gravement menacée? En fait, on ne voit guère de feu à éteindre, sinon celui que le gouvernement s’est employé à allumer et avec lequel il va peut-être se brûler. Encore une fois, la pratique des accommodements est mise en cause. Mais, cette fois-ci, elle n’a fait l’objet d’aucune enquête rigoureuse pour savoir où nous en étions cinq ans après la Commission Bouchard-Taylor. Le gouvernement a préféré s’en remettre aux sondages. 

On a dit aussi qu’en matière d’accommodements, il faudrait mettre fin au «cas par cas». Mais tous les tribunaux, tout notre système d’arbitrage fonctionne et doit fonctionner de cette façon. On a répété que tous les citoyens devaient être égaux devant la loi; mais c’est exactement l’objectif que servent les accommodements. Dans une entrevue au Devoir le 26 mai, le ministre Drainville parlait d’une « accumulation d’accommodements déraisonnables ». On attend toujours la liste.

Enfin, est-ce une bonne idée, dans un contexte d’incertitude, de définir et figer dans la charte l’identité et les valeurs? N’est-ce pas en s’engageant tous ensemble dans des projets collectifs que les Québécois seront à même de voir et de montrer ce qu’ils sont et ce qu’ils valent?

Des absences, des faussetés

Le document évite d’aborder des sujets qui sont au cœur du débat, comme les prières aux réunions des conseils municipaux, les écoles privées ethno-confessionnelles ou la définition du critère patrimonial, qu’on étire à outrance pour justifier la présence du crucifix à l’Assemblée nationale.

Il faut déplorer aussi qu’au cours des débats, les ténors du PQ aient formulé de nombreuses faussetés. Par exemple: 
  • L’égalité homme-femme serait bafouée par la pratique actuelle des accommodements;
  • L’interdiction des signes religieux servirait l’objectif d’intégration;
  • La neutralité de l’État exigerait l’interdiction des signes religieux;
  • Il n’existerait pas de balises ni de critères pour évaluer les demandes d’accommodement;
  • Le hidjab serait, sans nuance, synonyme d’oppression;
  • L’interdiction des signes religieux serait justifiée parce que, dans les années 1960, «nos» religieux enseignants auraient été obligés d’abandonner leurs signes religieux ou auraient été invités à le faire (autrement dit : les catholiques ayant fait leur part, ce serait maintenant au tour des autres religions de s’exécuter)
  • Le projet traiterait tous les Québécois à égalité.

Conclusion

Il est impérieux que les Québécois puissent être fiers de la façon dont ils auront résolu cette question. Sinon, nos démons vont nous poursuivre encore longtemps. Il nous faut montrer encore une fois que, confrontés à un problème difficile, nous savons faire preuve de sagesse et de maturité collective. 

Or, avec ce projet, nous en sommes loin. On assurait qu’il respecterait les droits de tous les Québécois. C’est faux. Il va supprimer un droit fondamental en l’absence d’un motif supérieur, il va dresser des minorités contre la majorité et il va instituer une fracture néfaste au sein de notre société.

Enfin, le PQ joue gros avec ce projet qui risque d’assombrir l’horizon de la souveraineté. C’est pourtant l’objectif premier de ce parti.
54 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 11 septembre 2013 03 h 47

    Une question d'équité et d'égalité de traitement.

    Les «militants religieux» ne devraient pourvoir se servir de la crédibilité et de l'autorité de l'État pour faire le marketing de leurs idéologies; ils ont leurs églises pour faire ça.

    D'autre part, la plupart des emplois, comportent des exigences vestimentaires; que ce soient les pompiers, la police, les ambulanciers, les médecins, les infirmières, les serveuses de restaurants, les préposés des hôtels, en passant par les employés-es de McDo jusqu'aux placiers de la Place-des-Arts. Tous et toutes doivent se conformer à des règles et à un code vestimentaire. Donner des privilèges aux religieux et les refuser aux autres ne respecte pas la valeur d'équité et d'égalité de traitement pour l'ensemble des travailleurs et des travailleuses, tout en plaçant encore une fois la religion au-dessus de l'État qui devrait se plier aux exigences des pratiques religieuses.

    Question de réciprocité...

    De plus, ce qui est étonnant me disait un ami, c'est que les adeptes des signes religieux dans l'espace public n'accordent pas cette même liberté de choisir dans leurs propres lieux de culte. Lorsque l'on veut entrer dans une synagogue, on exige de porter la kippa. Pour aller prier dans une mosquée, on exige d'enlever ses souliers. Pour se recueillir dans une église, on demande d'enlever son chapeau. Donc, chaque lieu de culte impose lui-aussi ses exigences qui entravent ma liberté.

    En terminant, une simple question...

    - Comment appelleriez-vous une musulmane disposée à quitter son emploi, à plonger sa famille dans l'insécurité financière et à quitter le Québec pour pouvoir porter son voile ? Une intégriste ou une modérée ?


    Christian Montmarquette

    • Pierre Labelle - Inscrit 11 septembre 2013 07 h 02

      Très bonne réponse M. Monmarquette, ce Bouchard ainsi que son collègue Taylor se croient les détenteurs d'une vérité absolu. Ils semblent dire: "c'est mon opinion et je la partage", leurs accomodements raisonnables, leur ami James Jean Charrest en a fait un objet de tablette. Maintenant qu'un gouvernement a le courage d'aller de l'avant, laissons les citoyens discutés entre eux, et décider ce qu'ils pensent qui est mieux pour la majorité.

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 septembre 2013 09 h 33

      L'immersion n'ayant pas fonctionné nous en sommes aujourd'hui à la règlementation.

      Pour faire suite à mon premier commentaire, la permisivité n'a malheureusement pas fait ses preuves depuis les années 90'. La situation démontre au contraire que, loin de favoriser leur intégration, les musulmanes s'affichent de plus en plus afin de rendre les autres cultures semblables à leur société d'origine, plutôt que de s'intégrer à leur société d’accueil.

      Appelons un chat un chat, ces «religieuses» ne sont pas de simples «pratiquantes» ce sont des «militantes», et la tolérance est un échec du point de vue de l'intégration. L'immersion n'a pas fonctionné, et c'est pourquoi nous en sommes aujourd'hui à la règlementation.

      Je vous donne un extrait du récent article de Josée Boileau du Devoir titré «Laïcité—2 - De quoi agir »

      L’école publique serait plus forte que l’intégrisme croyait-on..

      «C’est dès 1995 que la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse rendait un premier avis sur le port à l’école de ce qu’on appelait alors foulard. Le débat avait été vif, mais il avait été jugé qu’il valait mieux qu’une mineure soit à l’école plutôt que tenue à l’écart. L’école publique serait plus forte, croyait-on, que l’intégrisme.

      Mais à l’époque, le Conseil du statut de la femme n’avait recensé que 70 jeunes porteuses du hidjab. Aujourd’hui, le fameux foulard s’est banalisé, au point que certains refusent de reconnaître en lui le symbole de soumission qu’il est pourtant, et la situation s’est diablement complexifiée.»-Josée Boileau

      http://www.ledevoir.com/politique/quebec/386299/de

      .

    • Jacques Gagnon - Abonné 11 septembre 2013 10 h 34

      Je ne suis pas souvent en accord avec vos opinions, mais là oui.
      J'ajouterais que dans tous ces débats sur la liberté de religion et d'affichage de ses convictions, on ne considère pas du tout le respect du choix de ceux qui n'en veulent pas.

      Quand tu ne portes pas de symbole religieux, c'est un choix et parfois cela empiète sur ta liberté de conscience. Le cas de la prière illustre bien ce problème avec lequel nombre d'entre-nous ont une réserve.

      Quand le bon maire Jean Tremblay, homme courageux dit-on d'afficher ses croyances, fait la prière en public, moi, cela me met dans une position où je suis obligé de manifester mon opinion et je ne l'ai pas voulu. Je suis brimé par cette obligation d'afficher mes croyances alors que je considère cela intime.

      Quand viendra le jour où cela sera suspect de ne porter aucun signe, on se reparlera. Ce jour viendra, j'en suis sûr.

    • Michel Gagnon - Inscrit 11 septembre 2013 11 h 31

      Je partage votre point de vue, M. Montmarquette (lorsqu'il ne se situe pas au niveau de la partisanerie politique).
      J'aimerais ajouter deux petits commentaires au texte de M. Bouchard.
      1- Il énumère, parmis ce qu'il considère des «faussetés»:
      «L’interdiction des signes religieux serait justifiée parce que, dans les années 1960, «nos» religieux enseignants auraient été obligés d’abandonner leurs signes religieux ou auraient été invités à le faire (autrement dit : les catholiques ayant fait leur part, ce serait maintenant au tour des autres religions de s’exécuter).»
      C'est ce qu'on appelle être entré dans le XXIe siècle, M. Bouchard. Pourquoi n'aurions-nous pas le droit de l'exiger de tous les Québécois?
      Est-ce que la loi qui oblige tous les parents au Québec à envoyer leur enfant à l'école brime leur liberté?
      2- Il écrit: «Enfin, le PQ joue gros avec ce projet qui risque d’assombrir l’horizon de la souveraineté. C’est pourtant l’objectif premier de ce parti.»
      La Souveraineté devra se faire dans la modernité. Sinon, elle n'aura aucune raison de se faire. Peut-être est-ce là, justement, l'objectif visé par les anti-souverainistes en diabolisant un projet présenté par un parti souverainiste. Pour qui travaillez-vous, M. Bouchard?

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 septembre 2013 11 h 56

      «Je partage votre point de vue, M. Montmarquette (lorsqu'il ne se situe pas au niveau de la partisanerie politique).»-Michel Gagnon

      Cette dissidence par rapport à la position officielle de mon propre parti politique démontre bien au contraire que je ne suis pas un béni-oui-oui de Québec Solidaire et que mes commentaires ne relèvent justement pas de la partisanerie comme vous le dites, mais tout simplement parce dans les autres cas, cela correspond véritablement à mes opinions politiques.

      Apprenez qu'il existe encore des gens honnêtes qui disent franchement ce qu'il pensent au-delà même de leur allégeance.

      Christian Montmarquette

    • Thierry Boccardi - Inscrit 11 septembre 2013 13 h 00

      Tout un débat que cette charte des valeurs. Mais avant tout nous devons nous poser certaines questions. La première, est-ce normal qu'une société fasse passer les droits et libertés des immigrants avant ceux de ses propres citoyens. C'est beau d'être une terre d'accueil et de tolérance, mais lorsque la tolérance et les accomodements vont à l'encontre des libertés des citoyens du pays d'accueil, alors je dis NON!. Est-ce que le fait de protéger notre identité, nos valeurs et notre mode de vie va brimer la liberté religieuse des minorités, en quoi dites moi. L'expression de sa foi est privé, un vrai croyant n'a pas besoin de s'afficher publiquement, de porter plein de babioles et de signes qui montre son appartenance religieuse. Il le fait chez lui, dans son église ou son lieu de culte. Il suffit d'allez voir dans certains pays de quelle façon la liberté d'expression des autres religion est traitée. Est-ce que les contestataires et les réfractaires à la charte des valeurs pensent que dans leur pays nous serions traités de façon différente; la réponse est oui, il n'y a pas autnt de tolérance et d'accomodements dans les pays musulmans par exemple, pour de citer qu'eux. Je ne suis vraiment pas un partisan du PQ et encore moins du gouvernement Marois, mais je suis en accord avec le fait que nous devons êtres chez nous dans notre pays et que oui il faut être tolérants, mais pas besoin de se mettre à genoux pour ça. Des gens quittent leur pays pour différentes raisons, j'ai quitté le mien, je me suis adapté au coutumes du pays qui m'a accueillit. Je n'ai pas demandé à ce qu'on bouleverse les choses et l'environnement pour que je me sente chez moi. Un pays t'accueil, adapte toi et sois en reconnaissant, si tu n,es pas content, retourne dans le pays que tu as quitté ou fuit. Si tu es obligé de démonter ta foi publiquement pour avoir l'impression d'être croyant, tu as un foutu problème et je n'appelle plus ça de la foi. La foi c'est dans ton coeur, dans ta tête,

    • Marc Blanchard - Inscrit 11 septembre 2013 13 h 16

      Je félicite M. Montmarquette pour sa position qui va à l'encontre de celle (inexplicable) de Françoise David.

      Je suis péquiste, cela ne m'empêche de ne pas être d'accord avec certaines décisions du PQ et de le dire.

    • Jihad Nasr - Inscrit 11 septembre 2013 14 h 25

      M. Montmarquette,

      Vous vous insurgez et al. contre MM. Bouchard et Taylor, mais vous semblez faire ce dont vous les accusez. Vous voulez définir vous-mêmes ce qu'est le voile ou une femme voilée et imposer cette définition sur les principaux intéressés (musulmans et musulmanes) qui la rejettent catégoriquement.

      L'exemple des églises, des mosquées et des synagogues, est dérisoire, puisqu'il ne s'agit pas d'espace public lequel appartient à tout le monde.

      Quant à votre question: "Comment appelleriez-vous une musulmane disposée à quitter son emploi, à plonger sa famille dans l'insécurité financière et à quitter le Québec pour pouvoir porter son voile ? Une intégriste ou une modérée ?". Je l'appelle une femme qui se respecte.

    • Hélène Paulette - Abonnée 11 septembre 2013 17 h 38

      @Jihad Nasr: votre commentaire aurait plus de portée s'il avait été écrit par une femme....

    • Clyde Paquin - Inscrit 11 septembre 2013 21 h 30

      Voilà, tout est dit, absolument d'accord. Vous me volez les mots de la bouche! Monsieur Bouchard choisit beaucoup trop bien ces exemples afin de dénigrer la charte. Bien sûr, il serait très surprenant qu'il ne s'oppose pas à un projet qui est en désaccord avec les conclusions de son rapport.

    • Clyde Paquin - Inscrit 11 septembre 2013 21 h 48

      @ Jihad Nasr,

      "Une femme qui se respecte"?! Faites-moi rire! Une femme qui respecte l'autorité religieuse qui la soumet vous voulez dire. Une femme qui s'est fait inculquer que rien au monde ne comptait plus que son obéissance en cette autorité, ni la raison, ni le bon sens, ni le bien commun, ni ses enfants, ni sa propre personne, surtout si elle est une femme. SVP... Le "respect de soi-même" des musulmanes... faut tout de même pas dire n'importe quoi. Il ne faut pas mélanger le respect de "soi-même" avec le respect de l'autorité religieuse à laquelle est ont appris à se soumettre totalement (quitte à perdre son emploi et ne plus pouvoir nourrir ses enfants).

    • Jean-François Lachance - Inscrit 12 septembre 2013 23 h 59

      Pour une fois, je ne suis pas d'accords avec vos propos. Effectivement, vos exemples avec le Mcdo, les placiers et autres entreprises ne tiennent pas la route puisque dans le fond, vous me dites que les entreprises ont déjà tacitement un pouvoir supérieur à l'état ? Dans un lieu de culte, qui ne concerne que ses intéressés il n'appartient qu'à leur membre de respecter le code de vie que la tradition leur a légué. Un service public ou privé est là pour répondre à l'ensemble des citoyens peu importe ses croyances ou ses origines donc lui imposer un code vestimentaire afin de répondre à une neutralité est injustifiée voir pire elle est une manière d'imposer non pas une laïcité mais bien un athéïsme d'état (ce que je suis profondément contre, même si je me considère comme étant athée). Pour des raisons économiques, esthétiques ou autre des femmes portent bien des chaussures brisant leur colonne vertébrale, elles se font charcuter au nom du Dieu " mode " ou du dieu " dollars ". Va-t-on leur interdire d'agir de la sorte ? Personellement je ne voudrais pas, je veux surtout que l'on soit libre et maître de nos propres croyances et de notre propre système de valeur. Aussi voilée qu'elles soient, les femmes de confessions musulmanes qui pratique cette coutume ne débarquent chez personnes pour imposer leur foi, elle ne distribue pas de niqab dans les rues ni des revues faisant la promotion de leur pratiques religieuses. S'attaquer à ce problème purement artificiel est un danger pour nos libertés individuels puisqu'il ouvre la porte à bien des excès. Après le religieux se sera quoi ? " Non monsieur, votre accent créole est trop prononcé pour nous, vous n'avez pas votre place à la saaq ". Ou bien pas de fête de noël, puisqu'il s'agit d'une fête chrétienne et que les écoles sont neutre ? Venant du même gouvernement qui sévit contre un restaurateur qui a le culôt d'inscrire le mot Pasta au lieu de pâte dans son menu, permettez-moi d'avoir des craintes...

  • Josette Allard - Inscrite 11 septembre 2013 04 h 52

    Tant de critiques

    et si peu de solutions. M. Bouchard , dont le rapport a été tabletté par les libéraux de Jean Charest , pourrait-il nous proposer sa version de ce que devrait être une charte de la laïcité au lieu de nous offrir sa solution du ''ne rien faire et laisser le temps faire son œuvre" .

    • Sébastien Arcand - Abonné 11 septembre 2013 07 h 53

      Les solutions de M. Bouchard ont été mantes fois explicités. Malheureusement pour lui, et pour le Québec oserai-je dire, il est tantôt perçu comme un ami de Charest (voir commentaire de P. Labelle ci-haut) et du multiculturalisme canadien, tantôt comme un indépendantiste. Sa perspective est tout à fait nuancée être posé un modèle hybride viable entre le modèle français et le modèle canadien. Mais de la mauvaise foi, sans jeu de mots, comme certains commentaires exprimés ici (celui de Montmarquette aussi plus haut en est un exemple probant), de plusieurs relègue complètement cette position pragmatique aux oubliettes.

  • Jean Lengellé - Inscrit 11 septembre 2013 04 h 55

    Mauvais projet? Ce serait plutôt le contraire.

    Tout principe qui rejette l'imaginaire et le pouvoir fondé sur la peur que s'attribuent les divers clergés est une contribution essentielle à la liberté et à l'épanouissement de la société. Peut-être que la seule erreur est de parler de valeurs "Québécoises" alors que ces valeurs libératrices sont résolument universelles.
    Souhaitons que ce soit le début d'un mouvement pan-canadien de ralliement de tous ceux et celles qui souhaitent la laïcité pour faire disparaître de la Charte des Droits fédérale toute référence à une déité imaginaire.

  • Léonce Naud - Abonné 11 septembre 2013 05 h 35

    Il n'y a pas que le Saguenay, M. Bouchard

    Gérard Bouchard devrait prendre son sac à dos et explorer un peu la planète, en commençant par Outremont, le quartier Saint-Michel ou les parages de l'université Concordia. Un séjour prolongé au Moyen-Orient lui ferait aussi le plus grand bien. Dans la plupart des «pays», l'apprentissage serait rapide, et dans certains endroits plus que d'autres. Le monde ne se pratique pas que dans les livres.

  • Catherine Paquet - Abonnée 11 septembre 2013 06 h 44

    Une autre fausseté, très répandue...

    Je ne sais pas combien de fois on entend des citoyens, qui généralement n'ont pas beaucoup voyagé, affirmer: Nous quand on va dans un autre pays, on adopte leurs coutumes" Or, il n'y a rien de plus éloigné de la réalité. Sauf, de très rares exceptions, on ne voit pas de Québécois porter les signes culturels ou religieux des citoyens dans les pays où ils travaillent, temporairement ou en permanence, ni surtout lorsqu'ils sont en voyage. On n'a encore vu personne nous fournir un exemple de cette supposée adaptation immédiate. Au contraire, on a bien observé des Québécois qui se regroupent, en Floride ou ailleurs et qui s'empressent de faire liver, près du site de regroupement, leurs journaux québécois préférés.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 11 septembre 2013 08 h 30

      M. Paquet, pour avoir travailler 3 ans en Algérie, je peux vous affirmer qu'il m'a fallu apprendre le mot«Shoucran» (Merci) assez rapidement si je ne voulais pas me faire regarder de travers trop souvent. Je ne parle pas ici de «vacances» ! Et il m'a fallu beaucoup peser très fort sur mon accent québécois afin de ne pas être perçu comme un européen. Et en dernier, ça ne comptait plus beaucoup. Ce n'a pas été facile de passer au travers tous ces regards plein de poignards durant la montée de l'intégrisme. Faut y avoir goûté pour le savoir.

      Maintenant, je n'ai aucune réserve sur le fait que ces gens veulent faire respecter leur intégrité de peuple (dirons-nous), mais me faire critiquer de les inviter à goûter à «la pure liberté d'être sans restriction» que leur pays d'adoption leur offre... j'ai de la misère avec ça.

      Accepter l'intégrisme n'est pas de la tolérance ! Pas ici !

    • Michel Gagnon - Inscrit 11 septembre 2013 11 h 33

      Demandez aux femmes, M. Paquet, qui voyagent dans des pays musulmans si elles peuvent s'habiller comme elles veulent.

    • Kevin Charron - Inscrit 11 septembre 2013 19 h 49

      J'ai souvenir du cas de Céline Galipeau qui portait le voile lorsqu'elle était correspondante en Afghanistan (ou Irak?). Elle disait le porter par respect pour la culture locale qui n'accepte pas, parfois violemment, une femme non voilée. Je suis persuadé que la quasi totalité des Québécoises feraient de même si elles devaient mettre le pied dans un pays fortement islamiste.

      Si on se dit ouvert d'esprit et tolérant, la moindre des choses seraient que tu adaptes ta culture d'origine à celle de la société d'accueil. Simplement pour goûter le pays et sa culture pleinement. C'est vrai pour les Québécois qui décident de s'installer en Allemagne, en Finlande, aux États-Unis, en Turquie, en Chine ou au Pakistan, mais c'est aussi valable pour les nouveaux arrivants.

      Si je vais travailler en Algérie et que je dois être au travail le jour de Noël, je vais rentrer sans me plaindre. Parce que qui adopte pays, adopte aussi son histoire, sa culture et ses us et coutumes. C'est ainsi que réciproquement on enrichit la culture de chacun.

      En tant que citoyen du monde, nous avons tous la responsabilité de respecter les différentes cultures et identités nationales de part le monde. C'est le patrimoine de l'humanité. Quand un peuple nous accueille, respectons son hospitalité en respectant sa culture et son histoire.

      C'est une question d'enrichissement culturel, d'ouverture, de respect et de bon voisinage mondial.