Ici Radio-Canada Première - Un vrai martelage!

Mes proches et ami(e) savent que j’affectionne beaucoup la radio de la Société Radio-Canada. J’ai découvert la radio de la société d’État en 1995 et j’ai suivi les différents changements de la radio, notamment son passage au FM en 1997. J’ai suivi l’évolution et la disparition de certains animateurs et animatrices et certaines émissions, notamment la fabuleuse Macadam tribu. J’habite un petit rang perdu en Montérégie, là où le câble et l’empire de PKP/Québecor ne se rendent pas. Depuis plus de 13 ans, je ne regarde donc pas la télévision, elle n’est utilisée que pour visionner des films loués au club vidéo de ma région…

 

Nous voici maintenant au coeur d’un nouveau changement, soit le nouveau et incroyable concept d’« Ici Radio-Canada Première ». Depuis le début de la rentrée, c’est avec une joie incommensurable que j’entends (j’espère que vous saisirez l’ironie dans mes propos…), à multiples répétitions, la fabuleuse formule « Ici Radio-Canada Première ». Je me pose néanmoins quelques questions, notamment : les artisans de la radio ont-ils une prime au rendement pour toutes les fois où ils annoncent « Ici Radio-Canada Première »? Sommes-nous cobayes d’une expérience digne du supplice de la goutte chinoise, ce supplice qui consiste à attacher un condamné immobile sur une planche et à y laisser tomber, à intervalles réguliers, une goutte d’eau sur son front ?

 

Personnellement, je crois plus à la deuxième option, car je doute que les gestionnaires de la SRC soient des auditeurs d’« Ici Radio-Canada Première », sinon, ils verraient à quel point c’est désagréable que de se faire stupidement répéter qu’on écoute « Ici Radio-Canada Première ». S’ils sont des auditeurs d’« Ici Radio-Canada Première », ils sont masochistes ! J’ai hâte de voir les résultats de cette expérience qui nous force à entendre, à période régulière, « Ici Radio-Canada Première ». Avec le supplice de la goutte chinoise, il en résulterait une altération physique et psychologique de la victime, qui finit par devenir folle.

 

Témoignage du supplice de la goutte

 

Voici mon témoignage réel du supplice d’« Ici Radio-Canada Première » tel que je l’ai vécu dimanche dernier, le 1er septembre :

 

Après avoir commencé l’écoute de l’émission Dessine-moi un dimanche vers 6 h 30, j’ai décidé de comptabiliser le nombre de fois où j’entendrais « Ici Radio-Canada Première » sur une période d’une heure.

 

7 h 06 Première annonce que j’écoute bien « Ici Radio-Canada Première ». Je suis heureux de l’entendre, je ne me souvenais plus quel poste je syntonisais… On ne sait jamais, peut-être que, depuis 6 h 30, mon radio-réveil aurait pu prendre la liberté de changer de fréquence sans mon consentement et sans que je m’en rende compte.

 

7 h 23 Un annonceur a eu la présence d’esprit de me rappeler, après vingt minutes d’écoute, que je suis toujours un auditeur d’une émission diffusée sur « Ici Radio-Canada Première ». Ouf, j’avais oublié ce que j’écoutais… Les gestionnaires de la Société Radio-Canada savent que la mémoire est une faculté qui oublie, surtout au Québec, malgré la maxime sur nos plaques d’immatriculation, le « Je me souviens »…

 

7 h 40 J’entends de nouveau « Ici Radio-Canada Première », afin de prévenir une crise existentielle du genre «Qui suis-je?», «D’où viens-je?», «Où vais-je?» et surtout «Qu’entends-je ? Qu’ouïs-je ?».

 

7 h 59 En nous annonçant les différentes émissions à venir, on vient nous rappeler, à trois reprises, que nous pourrons écouter ces merveilleuses émissions si nous demeurons sur « Ici Radio-Canada Première ».

 

Donc, en une heure, j’ai eu droit à cinq rappels que j’étais un auditeur de… vous savez quoi.

 

Merci encore aux gestionnaires de la SRC de veiller à nous rassurer que nos radios ne changent pas de fréquences toutes seules (sauf si vous activez la fonction « scan ») et qui s’assurent de nous accompagner pendant que nous pourrions souffrir de la maladie d’Alzheimer. De plus, effet collatéral assez incroyable, je me suis surpris, pour la première fois en plusieurs années, à m’être rangé du même côté que certains députés conservateurs qui remettaient en question la nouvelle formule « Ici Radio-Canada Première ». Pendant ce temps, je fais certaines pauses dans mon écoute assidue de la radio d’« Ici Radio-Canada Première », afin de ne pas subir la torture de la goutte sur une trop longue période.

 

Je suis fier d’avoir pu nommer « Ici Radio-Canada Première » à 17 reprises dans ce texte. Si jamais je devenais animateur sur « Ici Radio-Canada Première », aurais-je droit, rétroactivement, à une prime au rendement de la SRC ? Sinon, j’espère que si quelqu’un de la SRC a lu mon texte, il comprendra à quel point c’est redondant que d’entendre la même formule bancale répétée sans cesse… Je perçois cela comme une insulte à l’intelligence des auditeurs et auditrices d’« Ici Radio-Canada Première » (je ne pouvais pas résister à la tentation… 18 fois !).


Marc Beaulé - Saint-Jean-Baptiste, Québec

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23 commentaires
  • Réjean Beaulieu - Inscrit 9 septembre 2013 00 h 09

    Ici aussi le supplice de la goutte

    Ou comment aliéner son public le plus fidèle "A Mari Usque Ad Mare"

    19 fois. Qui dit 20?

    • Claude Lachance - Inscrite 9 septembre 2013 10 h 32

      A ce ici taratata... on peut ajouter bien d'autres supplices. Mme Bazzo qui cause «non-stop» de n'importe quoi, remplissage à me faire croire que j'ai un estomac de boulimique dans la boite à penser, les tics, en redondances,les " rapporteuses" qui ne savent pas rendent clairement et de façon succinte un topo sur toutes sortes de petites choses, et la cerise sur (le sunday).. la non désirée proximité selon les faiseux d'images de cette boites qui fait de nous une sorte de voyeurs qui vivent en parrallèlle de ceux qui causent entre eux, avec une familiarité factice,qui fait de moi, une intruse bien mal informée.

  • Michel Bouchard - Inscrit 9 septembre 2013 00 h 20

    Sondage BBM

    C'est la période des sondages BBM mon cher monsieur. Les animateurs des radios privées et poubelles ! font le même ratatouillage ( sic ).

  • Jason Rivest - Inscrit 9 septembre 2013 01 h 47

    Je vous comprend...

    Je ne suis pas un auditeur aussi assidu que vous, je dois l'avouer. Pourtant, en n'écoutant la radio qu'en étant dans mon véhicule, je constate le même supplice que vous décrivez. Comme si nous allions oublier cette dépense folle de sitôt. Ils ne sont pas obligés de nous faire mourir avec ça dans les oreilles...

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 9 septembre 2013 10 h 58

      «…le silence m'apparaît préférable à tout ce verbillage inutile que nous sert le diffuseur publique depuis environ deux ans ».

      C'est une solution... mais pas nécessairement la bonne.

      Le gouvernement canadien détient le pouvoir de pratiquer la «censure économique» à Radio-Canada. Il peut - et il le fait - sabrer dans les dépenses s’il juge, par exemple, que les réseaux de radio et de télévision ne reflètent pas, entre autres, sa politique culturelle et identitaire.

      La censure économique a ceci de particulier, qu’en coupant dans les «dépenses» on réduit les services (pensons à Via Rail) et qu’en coupant dans les services, les usagers auront matière à se plaindre de la qualité du produit, d’où «justification» de fermeture.

      Au lieu de pitonner vers un CBC anglophone nous devrions nous accrocher malgré tout à IRCP (Ici Radio-Canada Première). N’oublions pas que les gouvernements sont provisoires, heureusement.

  • François Desjardins - Inscrit 9 septembre 2013 06 h 27

    Personne!

    Merci!

    Et qui ce supplice pourrait-il amener à augmenter la cote d'écoute? Qui? Personne!

    C'est un électron libre, une tentative de marketing issue de gens qui ne savent plus que faire pour augmenter la cote d'écoute. Les moins de 30 ans qui vont beaucoup sur le web n'en ont rien à cirer. Le noyau dur des auditeurs de la SRC non plus. Personne je vous dis. Personne. Et moi, j'enrage... je tourne souvent le bouton à gauche quand je sais que je vais entendre ce maudit «Première» quatre ou cinq fois de suite en oubliant de rouvrir, et c'est vrai ce que je dis.

    J'avais dénoncé cela sur Facebook le 28 août dernier. Content de voir que je ne suis pas le seul!

    Facebook 28 août 2013

    [...] Première, première, première. Ici Radio-Canada première. Premièrement , ça m'énerve moins aujourd'hui. Donc, de par un examen objectif et sans pitié de ma personne, je dois faire ici comme première constatation que je suis beaucoup plus une «oie» que je pensais, et peut-être une oie de première, plus facile à gaver que je ne l'aurais pensé. Première constatation ce matin, le première, ne m'a donc pas l'effet d'un coup de pied là où vous savez, ou d'une claque en pleine face ou d'un va c***. L'oie que je suis se gave comme probablement le reste du troupeau, se reposant de la fatigue musculaire des grimaces, prête à suivre pâteusement le courant tranquille des animaux bien programmés. La prochaine étape sera de dire : «Tiens ils ont oublié de dire le première?» le cas échéant. Alors l'oie sera complètement assimilée au «slogan» ...que malgré ce que je viens de dire je considère encore ridicule. Ils sont probablement partis sur cette hypothèse: «Tu gaves l'oie et elle finira par être à notre disposition bien engraissée par du jus de «première». Merci à la radio d'état, qui se comporte avec la dignité d'une radio d'État (!) j'apprends à me laisser aller lourdement dans le courant du conditionnement tranquille.

  • Josette Allard - Inscrite 9 septembre 2013 06 h 41

    Malheureusement

    Pour ma part j'écoute la radio de Radio Canada depuis près de 50ans et je me surprend, de plus en plus, à fermer ma radion tant le silence m'apparaît prèférable à tout ce verbillage inutile que nous sert le diffuseur publique depuis environ deux ans.