Deux Canadiens emprisonnés en Égypte - «Je ne suis plus vraiment libre et heureux»

Mon ami, le réalisateur John Greyson, est dans une prison en Égypte depuis 22 jours…

 

Je peux créer, gueuler, rêver, courir. Je peux dire ce que je pense. Je suis libre. Depuis le 16 août dernier, mon ami John Greyson ne l’est plus.

 

J’arrive de la Mostra de Venise, où j’ai assisté à la première de l’adaptation de ma pièce Tom à la ferme par mon ami Xavier Dolan. Nous étions libres. Nous étions fiers et heureux.

 

Il y a 18 ans, sur la grande place de Locarno, j’étais avec John lors de la projection de Lilies, son adaptation cinématographique de ma pièce Les Feluettes. Nous étions libres et heureux. Depuis maintenant plus de 22 jours, il ne l’est plus, libre et heureux.

 

À cause d’une arrestation aléatoire par l’armée égyptienne lors des récentes émeutes à la place Tharir au Caire, John Greyson, une force vive du cinéma canadien, est maintenant privé de tout et il croupit dans une cellule surpeuplée avec trente autres prisonniers.

 

Tout comme son compagnon d’infortune, le Dr Tarek Loubani, il fait face aux accusations les plus insensées ; terrorisme, complot et possession d’armes. Lui, un des hommes les plus pacifiques et le plus justes que je connaisse. Lui qui s’est dévoué artistiquement et politiquement pour les droits à l’égalité des homosexuels. Lui qui milite activement et pacifiquement contre le ségrégationnisme dont sont victimes les Palestiniens en Israël.

 

Tous les grands noms des communautés universitaires, artistiques et intellectuelles du Canada anglais ont demandé au gouvernement du Canada d’intervenir auprès des autorités égyptiennes afin de libérer sur-le-champ John et le Dr Loubani. Une pétition de plus de 100 000 noms a été acheminée aux autorités fédérales. Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a réagi très vite dans ce dossier et le Canada continue à faire pression d’une façon exemplaire.

 

Malgré tout ce mouvement de sympathie, les choses piétinent et le dossier Greyson- Loubani s’efface chaque jour dans l’espace médiatique.

 

Pour l’amour de la liberté, pour l’amour de l’art et de la justice, je vous invite à poursuivre les pressions auprès de notre gouvernement afin de libérer mon ami John et le Dr Loubani.

 

À vrai dire, j’ai menti. Comme les amis et les membres des familles de John et de Tarek, je ne suis plus vraiment libre et heureux depuis 22 jours. Je ne le serai pas vraiment tant qu’ils seront là-bas.

 

Signez la pétition.

 

 

Michel Marc Bouchard - Auteur

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