Libre opinion - Fin d’époque à Pointe-Claire

Le 5 août 2013, le maire de Pointe-Claire, Bill McMurchie, a annoncé qu’il ne se représenterait pas aux élections municipales en novembre prochain. Après 23 années à siéger au conseil municipal, dont 15 comme maire, M. McMurchie met fin à une longue carrière de politicien à Pointe-Claire.

 

Avec ce départ prend fin à l’hôtel de ville de Pointe-Claire une époque de grande stabilité qui, malgré plusieurs réalisations, aura aussi été caractérisée par une diminution importante de la participation citoyenne dans l’élaboration et la discussion des enjeux. L’écoute et l’intérêt des élus pour tout débat ou toute contestation citoyenne de décisions prises par la Ville n’auront jamais été significatifs. Et toute démonstration de ferveur citoyenne à l’hôtel de ville aura été jugée offensive : pour calmer les ardeurs de citoyens venus exprimer leurs opinions lors de certaines réunions du conseil municipal, un règlement a été voté le 6 avril 2009, prévoyant des amendes pouvant aller de 300 $ à 2000 $ par « offense ». Ce règlement, jugé abusif par le ministère des Affaires municipales, n’est toutefois pas entré en vigueur. Mais le message était clair.

 

On a aussi pu observer un manque d’écoute et d’intérêt pour des projets soumis par des groupes de citoyens engagés dans leur milieu. Cela est tout particulièrement vrai dans le domaine de l’histoire et du patrimoine, où plusieurs projets se sont vu refuser toute aide de façon catégorique. Les réponses à plusieurs demandes d’accès aux archives publiques de la Ville ont même été refusées ou se sont fait longuement attendre.

 

Parmi ces projets, on peut mentionner ceux de livre historique sur les 300 ans de Pointe-Claire et de centre d’interprétation patrimonial dans le Village de Pointe-Claire (dans la maison Antoine-Pilon, construite en 1710). Ou encore, le refus de souligner le tricentenaire de Pointe-Claire en 2013. Des projets pourtant rassembleurs, qui pourraient amener le sentiment de fierté et d’appartenance des citoyens envers leur ville vers de nouveaux sommets.

 

Et le moulin?

 

Au moment où M. McMurchie se retire, une de ses dernières décisions avec son équipe aura été celle de désigner La pointe claire et les bâtiments qui s’y trouvent comme site patrimonial en 2013, demande formulée à la Ville en 2005. C’est une bonne chose.

 

Mais faut-il rappeler que l’emblème de notre ville, le magnifique moulin à vent, joyaux de notre patrimoine construit en 1710, tombe en ruine? Sachant qu’un budget a été réservé pour permettre sa restauration, l’annonce d’un tel projet aurait pu être un geste de fin de carrière digne de celui qui a commencé son travail auprès de la Ville en étant le gardien d’un important lieu patrimonial, le Stewart Hall.

 

Le départ de M. McMurchie crée une occasion de changement et de renouveau sur la scène politique de Pointe-Claire. Ce renouveau devra se faire dans le sens d’une ouverture plus grande à la participation citoyenne, en accordant un intérêt accru aux débats et aux échanges mettant en valeur les espoirs et attentes des habitants de Pointe-Claire. Il faut espérer que la personne qui prendra la place du maire aura un véritable intérêt et une vision d’avenir pour les enjeux historiques et patrimoniaux qui, à Pointe-Claire, sont susceptibles de favoriser l’augmentation de la qualité de vie locale, le développement économique et l’enrichissement de la force d’attraction de la municipalité, tant pour les touristes que les familles à la recherche d’un milieu où il fait bon élever des enfants.

 

En espérant que la façon de faire du futur maire ou de la future mairesse de Pointe-Claire sera basée sur la transparence, l’écoute et l’ouverture aux débats d’idées. La démocratie citoyenne à l’hôtel de ville de Pointe-Claire doit maintenant reprendre sa place.

 

Bonne retraite, monsieur McMurchie !

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