La participation citoyenne, qu’est-ce que ça donne?

Le Québec, et plus particulièrement sa métropole, est depuis longtemps un terroir fertile distinctif en matière d’innovation sociale. Il y a chez nous une longue pratique, souvent portée à bout de bras par les associations et organismes, les acteurs du développement local, de l’entrepreneuriat social, sans oublier les militants engagés un peu partout dans la société, y compris dans l’administration. Mais leurs efforts sont clairsemés, et leurs enseignements trop ignorés des grandes structures, des institutions et des procédures publiques.

 

Or, il y a en ce moment une occasion de transformation majeure à saisir pour les acteurs de tous les secteurs, dont ceux des arts et de la culture, de la créativité.

 

Les résultats présentés dans les différentes pratiques et initiatives en cours actuellement sur le territoire québécois indiquent des avancées certaines à plusieurs niveaux : une meilleure transparence dans la gouvernance locale, une certaine capacité d’influencer les pouvoirs et décisions publics, du moins à l’échelle du micro-territoire. Plusieurs pratiques sont capables d’influencer l’aménagement du territoire en faveur des besoins de la population ou des enjeux de développement durable, entre autres.

 

La participation citoyenne est un processus qui passe par l’accompagnement et l’intégration des citoyens à des structures et actions organisées et qui oblige constamment à adapter celles-ci aux besoins différents exprimés par de nouveaux participants mobilisés, lesquels amènent d’autres façons de concevoir l’action, et, selon leur rythme, peuvent mieux mobiliser d’autres citoyens que ceux qu’on a déjà rejoints. Le dénominateur commun est affaire de logique de processus plus que de projet, où la participation citoyenne agit comme carburant, et où l’enjeu devient alors le partage du pouvoir entre des savoirs différents…

 

La complexité des enjeux à débattre et des dossiers concrets à traiter nécessite, la plupart du temps, l’apport de ressources dites « expertes » qui s’insèrent dans les réseaux et les processus. L’enjeu est de trouver le juste équilibre entre le nécessaire rôle de ces « ressources expertes » et celui du point de vue des citoyens sur leur vécu, leurs besoins, leur jugement.

 

Les citoyens au coeur des pratiques

 

Les initiatives impliquent tant les citoyens, les élus, les professionnels du secteur public, les bailleurs de fonds publics surtout, les leaders d’organismes communautaires et d’autres acteurs issus de la société civile. Ainsi, la collectivité dans son ensemble (micro locale le plus souvent) sera partie prenante des processus, mais encore plus, au-delà de la collectivité et ses composantes, ce sont surtout pour et avec les citoyens que les projets se déploient.

 

Leur point de vue est essentiel dans les expériences exposées tant pour la définition des problèmes que pour la recherche des solutions. Dans certaines expériences, les citoyens sont impliqués dans toutes les phases de mise en oeuvre. Des efforts sont déployés dans la majorité des pratiques pour trouver des manières de faire participer les citoyens, de les rejoindre, de les mobiliser, même si le maintien de leur mobilisation est souvent le plus grand défi rencontré.

 

L’important est de créer un lieu commun rassembleur (les centres d’artistes autogérés, par exemple), générateur de discussions entre gens de différentes allégeances, qui permette de gérer le débat et de dépasser le choc des cultures différentes et les préjugés.

 

Certainement, ces lieux nous redonneront l’envie et l’élan du changement collectif, mettront en commun nos forces et connaissances et valoriseront les secteurs créatifs et artistiques ; voilà seulement quelques pistes de solutions pour dynamiser la participation citoyenne au Québec, à l’image d’une société créative à dimension humaine.


Pascal Beauchesne - L’auteur coanimera le parcours « Entrepreneuriat social » lors de la 10e édition de l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde qui se déroulera du 14 au 17 août

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