Osheaga, écolo?

En plus de la musique, les festivaliers ont profité le week-end dernier de boissons alcoolisées distribuées dans des verres de plastique. À Rennes, un festival de musique a plutôt choisi de distribuer les boissons dans des verres réutilisables moyennant un dépôt de 5 euros.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir En plus de la musique, les festivaliers ont profité le week-end dernier de boissons alcoolisées distribuées dans des verres de plastique. À Rennes, un festival de musique a plutôt choisi de distribuer les boissons dans des verres réutilisables moyennant un dépôt de 5 euros.

Osheaga était sans aucun doute « grandiose » comme l’acclamaient les critiques, tant par la qualité et la variété des artistes soigneusement choisis pour son édition 2013 que pour l’administration et l’organisation globale de l’événement.

 

Un record d’achalandage, alors que 135 000 visiteurs se sont donné rendez-vous la fin de semaine dernière au parc Jean-Drapeau. Des visiteurs qui ont consommé massivement de la musique, bien entendu, mais aussi de la nourriture, des produits alcoolisés et autres produits promotionnels de toutes sortes sur le site.

 

Une question se pose lorsqu’on participe à ce genre d’événement, qu’on s’arrête pour réaliser notre empreinte écologique et qu’on quitte ce site désert le dimanche soir : pourrait-on faire mieux en matière de gestion écoresponsable en 2013 ? Pourrait-on faire de l’événement un succès, tout en adoptant des pratiques dignes du XXIe siècle ? Pourrait-on profiter du rassemblement de plus de 135 000 personnes pour les conscientiser un minimum sur l’empreinte écologique que représente un festival comme Osheaga ?

 

La réponse est oui ! Sans longs discours, monologues moralisateurs, ni politique. Seulement avec de simples actions qui n’enlèvent rien à l’aspect festif de la chose et, au contraire, qui rendraient l’expérience plus agréable, tant pour les spectateurs que les gens qui travaillent sur le site.

 

L’exemple de Rennes

 

J’en ai fait l’expérience en France, au festival de Rennes. Lors de l’achat de la première consommation, une consignation de 5 euros est demandée pour l’octroi d’un verre réutilisable à l’effigie du festival, ce qui réduit considérablement le nombre de déchets sur le site, et en plus, permet au spectateur de repartir avec un souvenir s’il le souhaite.

 

Autre expérience agréable à Rennes : les transports en commun gratuits, efficaces et adaptés pour optimiser l’expérience du festivalier, assurent la sécurité et l’efficacité autant pour les spectateurs que pour les gens qui travaillent à la réussite d’un tel événement. Des navettes régulières permettent de vider le site en un temps record, ce qui n’a malheureusement pas été le cas à Osheaga, alors que le métro ne suffisait pas à la demande, que les navettes-autobus étaient clairement insuffisantes et les stations de Bixi, souvent vides.

 

Il faut toutefois préciser que les milliers de verres de plastique laissés pour compte étaient recyclables. Reste que beaucoup d’énergie est nécessaire au transport de ces déchets, pour leur transformation et pour les recycler, alors qu’on a fait l’expérience ailleurs de meilleure gestion écoresponsable et que ces solutions sont à portée de main, ne nécessitant qu’une volonté de la part des organisateurs de faire mieux.

 

Trois jours pour mettre en valeur l’expression artistique musicale, profiter de l’été comme on sait le faire à Montréal, attirer des touristes qui repartiront avec de bons souvenirs, oui ! Mais pourquoi ne pas montrer que nous savons être de notre temps : intelligents, conscientisés et leaders en matière de pratiques écoresponsables ?

 

Des gestes simples, qui font la différence. Soyons de notre temps ! On se voit l’an prochain, mon Osheaga écolo ?


Geneviève Lapalme - Montréal

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