Bravo pour la déréglementation!

Autrefois, les trains étaient menés par une équipe de quatre personnes, dont deux breakmans, deux personnes qui s’occupaient de vérifier constamment l’état du train en général et d’appliquer les freins à main. C’est une tâche quand même assez exigeante d’appliquer tous ces freins à main (ce sont les roues qu’on voit sur les wagons). Par la suite, on a laissé tomber le wagon de queue et on a supprimé les deux employés qui s’y trouvaient, soit autant d’économies pour l’entreprise.


Mais, ce qui dépasse les bornes, c’est qu’on permet à un individu de décider qu’une seule personne est suffisante pour conduire un train ! Ce sont eux, les véritables coupables. Il est impensable qu’une seule personne voie à tout, et, de plus, il semble qu’on imposait des quarts de travail de 12 heures ! Pas surprenant que le conducteur, après sa journée de travail, n’ait qu’une seule idée : aller se coucher. Et au diable tous ces freins à main, le moteur de la locomotive principale tourne, donc les freins à air sont en fonction, il n’y a pas d’autre train qui devrait venir, donc on laisse le train sur la voie principale, tout devrait être correct jusqu’à demain matin. Le conducteur reprendra alors son train et s’en ira pour un autre quart de 12 heures peut-être ? Il aurait dû savoir que la pente entre Nantes et Lac-Mégantic est problématique ; très souvent, les trains n’arrivaient pas à s’arrêter en gare, ils devaient revenir sur leurs pas (par chance pour eux, la pente se redresse après Mégantic).


Et que dire des deux employés de l’entreprise qui sont venus inspecter la locomotive après l’incendie à Nantes ? Ils n’étaient pas au courant que, si on arrête le moteur de la locomotive principale, les freins à air ne sont plus appliqués ? Ce n’est pas la peine d’être employé d’une société de chemin de fer si on n’est pas au courant de ça ! Ça ressemble pas mal à de l’incompétence.


Il ne reste plus à espérer que la déréglementation dans les transports ne donnera pas les mêmes résultats dans l’aviation ! Un seul pilote à bord serait bien suffisant, si on se fie à M. Burkhardt!

 

Serge Robert - Fils d’Henri-Paul Robert, ancien chef de gare de Lac-Mégantic

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