Le RREGOP : un joyau québécois à préserver

Il y a 40 ans, le 1er juillet 1973, le régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP) était mis en place. C’était un des gains du front commun de 1972, une lutte d’envergure qui est l’équivalent syndical de ce qu’a été le printemps érable pour le mouvement étudiant.

En tant que participant au RREGOP, jeune et Québécois, je veux remercier ceux et celles qui ont lutté il y a 40 ans pour offrir au Québec et aux générations futures cet important outil collectif.


Le RREGOP constitue un important outil d’attraction de la main-d’oeuvre dans les services publics. Même si ses 550 000 cotisants y investissent entre 6 % et 9 % de leur salaire, c’est un investissement beaucoup plus rentable que les REER grâce à la mutualisation du risque de longévité et à la négociation de faibles frais de gestion. Merci à ceux et celles qui m’ont précédé de m’avoir offert un outil efficace de planification de la retraite.


Les organisations syndicales et la CARRA ont géré les fonds du RREGOP de façon responsable, ce qui fait que ce régime est l’un des rares au Québec à avoir une excellente solidité financière. C’est seulement la caisse de l’employeur, parce que ce dernier n’y a pas mis un sou entre 1973 et 1993, qui a un déficit comparable aux autres régimes à prestations déterminées. Comme jeune, je remercie les syndicats et la CARRA d’avoir bien géré les fonds du RREGOP pour que je ne doive payer que pour ma rente future.

 

Lutte contre la pauvreté


Le RREGOP est aussi une des plus importantes institutions de lutte contre la pauvreté chez les aînés du Québec en fournissant une rente viagère et garantie à plus de 220 000 retraités du Québec. Ces retraités vont ensuite dépenser leurs rentes principalement au Québec, entre autres dans les régions.


Avec ses plus de 45 milliards gérés par la Caisse de dépôt et placement du Québec, le RREGOP est aussi une locomotive pour le développement économique du Québec. On peut calculer que ses investissements au Québec maintiennent ou créent plus de 250 000 emplois ici. Comme Québécois, je remercie ceux et celles qui ont lutté en 1972 pour créer cette institution qui travaille pour augmenter l’investissement dans l’économie du Québec, pour créer des emplois ici et pour permettre à de nombreux aînés de vivre dans la dignité.


Je suis fier de faire partie du mouvement syndical québécois qui a lutté et lutte toujours pour la dignité et le respect des travailleurs du Québec tout au long de leur vie. La lutte n’est pas terminée. Avec les autres membres de ma génération, je m’engage à poursuivre cette lutte pour la dignité des Québécois.

 

Sébastien Robert - Syndicaliste et militant de Québec solidaire

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19 commentaires
  • Marcel Bernier - Inscrit 5 juillet 2013 03 h 18

    Un salut fraternel...

    Marcel Pepin et Pierre Vadeboncoeur vous auraient sûrement donné l'accolade : vous incarnez la quintessence même du syndicalisme.

  • Dominic Leduc - Abonné 5 juillet 2013 07 h 09

    Rente de retraite garantie payée par ceux qui n'ont pas de régime de retraite

    Le RREGOP est effectivement merveilleux...pour ceux qui en profites! Quand la retraite est payée par les autres, c'est effectivement merveilleux. Et ce n'est pas grave que ce soit payé par les contribuables qui n'ont, pour la plupart, aucun régime de retraite. Belle justice sociale !

    • Gilbert Talbot - Abonné 5 juillet 2013 09 h 57

      Vous ne savez donc pas lire M. Leduc ? le RREGOP n'a pas été payé par les autres. Ce sont les travailleurs des secteurs publics et parapublics qui y ont investis leur propre argent. Jusqu'en 1993, le gouvernement n'y a pas mis un sou.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 5 juillet 2013 11 h 12

      «Jusqu'en 1993, le gouvernement n'y a pas mis un sou.»

      Faux, le gouvernement a toujours verser sa quote-part, 50/50% avec les employés depuis 1982.

    • Jean-Marc Chevalier - Abonné 5 juillet 2013 12 h 25

      On voit se répéter ce commentaire dès qu'on discute de la rénumération des employés de l'état, mais ce commentaire, tout comme les réponses habituellement entendues, ne mène nulle part. Un traitement salarial, c'est toujours payé par «les autres», que ce soit directement sous forme de salaire ou dans une contribution à un régime de retraite.

      Si le régime de retraite fait partie du contrat d'emploi, le bénéficiaire y a autant droit que son salaire et les autres avantage prévus.

    • Sébastien Robert - Inscrit 5 juillet 2013 12 h 45

      @Dominic Leduc: Le régime de retraite fait partie des conditions de travail et de la rémunération globale négociée. Même en comptant la valeur du régime de retraite et des autres avantages sociaux, les travailleurs du gouvernement du Québec gagnent 6,1% de moins que les autres travailleurs comparables chez les grands employeurs du Québec.

      Si les travailleurs du gouvernement du Québec devaient avoir des conditions de travail égales aux autres travailleurs comparables du Québec, il en coûterait 1,65 milliards de $ par année aux contribuables. Vous devriez être heureux que le RREGOP, par les économies que sont caractère collectif entraîne, permet de faire économiser autant d'argent aux citoyens.

      @Jean-Yves Arès: S'il est vrai que le gouvernement a toujours fait la promesse de payer 50% des rentes du RREGOP, il n'a jamais mis un sous (même aujourd'hui) dans la caisse du RREGOP géré par la CARRA pour financer les rentes futures. En 1993, le gouvernement a créer le FARR (Fond d'Amortissement des Régimes de Retraite), une caisse autonome, lui appartenant, visant à financer les rentes futures. À ce jour, le FARR est capitalisé approximativement à 63%. L'objectif du gouvernement en 1993 était que le FARR représente 70% de la valeur des rentes dûes par le gouvernement en 2020. Le gouvernement devrait atteindre son objectif sans problème. Tellement qu'il a pigé 35M$ dans le FARR dans la dernière année financière.

    • Marc Sauvageau - Inscrit 5 juillet 2013 14 h 37

      Une rente de retraite est un salaire différé. Ce n'est pas de la charité, les salariés acceptent un salaire moindre en contrepartie d'un meilleur revenu plus tard.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 5 juillet 2013 15 h 26

      Le gouvernement n'a pas que fait que promesse il a versé sa part. Mais cette part est partie directement dans les prestations.

      Ainsi au plan budgétaire 2011-12 du gv a titre de «Dépense de programmes au titre des régimes de retraite» tableau D10 (page 222) une dépense de 2.38G$ auquel il faut additionner un autre 2.77G$ pour le FARR.

      Le tout concorde avec le rapport 2011 de la CARRA ou les cotisations salariales versées étaient 1.26G$ alors l'organisme à verser 3.75G$ en prestations. (que pour le RREGOP)

      En fait on peut se demander ou il est le 50/50 employeur/employés?

    • Sébastien Robert - Inscrit 5 juillet 2013 20 h 58

      @Jean-Yves Arès: Comme je vous l'ai déjà dit, de 1973 à 1993, le gouvernement n'a versé que la moitié des prestations versées par le RREGOP. La facture était évidement minime comparé à ce que les travailleurs y versaient puisque ceux-ci, majoritairement en période d'accumulation à l'époque, payait 50% des prestations versées + 50% de la valeur des prestations acquises durant l'année. Pendant 20 ans, le gouvernement n'a donc pas financé 50% des prestations acquises en ce disant qu'il allait payer plus tard, au moment où ces prestations acquises deviendraient payables.

      Ainsi, le travailleur qui avait 20 ans en 1973 et qui prendrait sa retraite à 60 ans (en 2013) a payer en cotisation, en moyenne à chaque année, la valeur actuarielle de sa rente acquise pendant l'année. De 1973 à 1993, il a donc mis dans le RREGOP 50% de la valeur de la rente qu'il a acquise entre 1973 et 1993. Pendant ce temps, le gouvernement n'a pas mis un sou de côté pour payé la rente future (à partir de 2013) de ce travailleur parce qu'il a décidé de ne payer que 50% des prestations versées aux retraités. Il est donc normal, en 2013, que le gouvernement doivent, en plus de payer 50% des prestations de ce nouveau retraité, payer (par ses versements dans le FARR) les cotisations qu'il n'a pas payé entre 1973 et 1993 (en plus des intérêts qu'auraient fait ses cotisations depuis ce temps).

      Je suis, probablement comme vous je l'espère, totalement outré que les gouvernements de 1973 à 1993 ont décidé de ne pas prendre leurs responsabilités en payant au salariés la totalité de leur rémunération globale. Ç'a permis au gouvernements de 1973 à 1993 de ne pas faire assumer aux contribuables le coût réel de leur service public en pelletant à la prochaine génération.

      Ceci dit, ce n'est pas au retraité du RREGOP à assumer l'irresponsabilité des contribuables de 1973 à 1993, mais aux contribuables eux-mêmes...

  • Jean-Robert Primeau - Inscrit 5 juillet 2013 08 h 16

    Bravo !

    Je suis fier de vous, Monsieur Robert ! Je profite actuellement de ce bien collectif pensé au niveau syndical. Avec des jeunes comme vous, je crois que l'avenir sera plus viable encore. Courage ! :)

  • Sylvie Giguère - Inscrit 5 juillet 2013 09 h 03

    Quand les bottines suivent les babines!


    Votre reconnaissance vous honore - et elle touche certainement ceux qui qui ont lutté et qui luttent encore pour la solidarité, pour la dignité et le respect des travailleurs et des travailleuses.

    Au plaisir de militer ensemble!

  • Jean-Yves Arès - Abonné 5 juillet 2013 09 h 51

    Le monde parallèle des syndiqués... ou la désolidarisation sociale !

    A 43 milliards de déficit épongé que par l’état je comprend que vous puissiez être heureux de faire partie de la caste qui se partage les avantages de cette désolidarisation économique et sociale qui est l’œuvre de notre merveilleux monde syndicale si solidaire. Solidaire de lui-même bien entendu.

    Ce que vous appeler «une lutte d’envergure» monsieur Robert est une lutte qui a été faite contre les autres citoyens. Une lutte pour assurer un confort économique que pour vos membres cotisants, et refiler la facture au reste de la population. Cela s’appel se désolidarisé de sa propre société.

    Et vous errez quand vous parler d’un «investissement beaucoup plus rentable que les REER». Ici la notion d’investissement n’existe pas vraiment puisque qu’il n’y a zéro risque et que les paramètres du régime qui les exclu ces risques est en soi un système parallèle qui refuse les bases des principes économiques auquel est soumit le reste de la population, et donc les REER. C’est cette voie parallèle à l’économie qui vaut le qualificatif de «caste».

    Et quand vous dites que «C’est seulement la caisse de l’employeur, parce que ce dernier n’y a pas mis un sou entre 1973 et 1993, qui a un déficit» vous vous abstenez bien d’expliquer qu'il s'agit de la part de renflouement dédié uniquement au gouvernement, le gouvernement a payer chaque année sa cotisation régulière qui est ex quo a celle de ses employés. Et ma foi, a la lumière des renflouements fait depuis 1993 qui ont couté 45G$ pour ne valoir que 37G$ au budget 2011-12 une chance que ces renflouements n’ont pas été complété !


    Et la lutte à la pauvrette chez les ainés cela se fait par un régime public et partagé par tous, sinon n’importe quel «gras dur» pourrait prétendre que son opulence est nécessaire pour lutter contre la pauvrette…

    Ainsi donc il manque un mot a votre dernière phrase et devrait se lire «je m’engage à poursuivre cette lutte pour la dignité des Québécois "syndiqués".

    • Sylvain Auclair - Abonné 5 juillet 2013 12 h 51

      Il suffit de vous syndiquer, monsieur.

    • Sébastien Robert - Inscrit 5 juillet 2013 13 h 04

      Vous semblez avoir de la difficulté à comprendre ce qu'est un régime de retraite. Le principe est simple: on met de l'argent dans un bas de laine collectif en échange d'une promesse de rente, on le laisse fructifier en l'investissant dans les marchés, on reçoit la rente promise. Si les marchés vont mal, on doit mettre plus d'argent dans le bas de laine, s'ils vont bien, on met moins d'argent. Considérant que les travailleurs mettent 50% des cotisations dans le RREGOP et que le 50% payer par leur employeur fait partie de leur rémunération globale, ils assument le risque du marché par une hausse (ou baisse) des cotisations et par une limitation des augmentations salariales s'il y a hausse des cotisations patronales.

      Le RREGOP a été créé le 1er juille 1973. Depuis cette date, les travailleurs du gouvernement du Québec paient leur cotisation au RREGOP directement sur leur chèque de paie. Le gouvernement, bien qu'il assume 50% des obligations du RREGOP, n'a pas choisi de cotiser à la même hauteur que les salariés, décidant plutôt de payer 50% des rentes dûes. Ainsi, de 1973 à 1993, alors que les travailleurs se constiuaient un bas de laine pour couvrir leurs obligations futures, le gouvernement ne payait que la facture de l'année, ne mettant pas d'argent de côté pour la facture des prochaines années. C'est en 1993, avec le FARR, que le gouvernement a mis de l'argent de côté.

      Ainsi, au 31 décembre 2012, la valeur des rentes promises par le RREGOP était de 95 G$, 49 G$ assumé par le gouvernement et 46 G$ assumé par les travailleurs. Alors que les travailleurs avaient mis de côté 45 G$, le gouvernement n'a dans son bas de laine que 28 G$.

      Le gouvernement n'a donc jamais "renfloué" les caisses du RREGOP, il ne fait qu'investir aujourd'hui ce qu'il a refusé d'investir dans le passé pour remplir ses promesses.

      Pour ce qui est d'offrir une retraite pour tous, les syndicats du Québec luttent pour bonifier la RRQ. Malheureusement, les patrons s'y opposent vigoureuseme

    • Jean-Yves Arès - Abonné 5 juillet 2013 15 h 29

      «Il suffit de vous syndiquer»

      Mauvaise réponse Sylvain.

      En fait une réponse très individualiste/opportunisme en mode «moi pis ma gagne».

      La solution tiendrait que dans l’art de se casé les pieds au bon endroit: fini-bonjour pour l’équité et la justice sociale !

      Vraiment un formidable projet de société !

    • Jean-Marc Chevalier - Abonné 5 juillet 2013 16 h 45

      Un bon projet de société pour la retraite, ce serait un régime qui couvre toute la population auquel tous les travailleurs seraient tenu de contribuer et qui prévoierait une prestation minimale pour tous citoyen qui n'y aurait pas contribué.

      Simplement couper les régimes de retraite de ceux qui ont la chance d'en avoir un n'améliorerait en rien la situation de ceux qui n'ont pas pu se préparer un revenu de retraite. En fait, les conséquences sur l'économie aggraveraient probablement la situation.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 8 juillet 2013 13 h 02

      «un régime qui couvre toute la population»

      Il faut plus que cet énoncé pour que le projet soit valable. Il faut définir les basses d’un tel régime.

      On y revient souvent mais c’est parce que c’est eux qui ont eu le courage et la rigueur nécessaire pour déboucher sur un régime à la fois équitable au présent et au futur, peu importe la santé de l’économie.

      C’est la Suède qui trace la voie avec son régime a répartition mais modulé selon la participation sur toute la carrière et sur la santé de l’économie.

      En étant moduler sur toute la carrière, plutôt que sur les dernières ou meilleurs années, on exclu l’opportunisme et le ‘bonus’ payé par les autres, qui vient avec nos régimes présentement, incluant la RRQ. L’équité est ainsi assurée.

      En étant proportionnelle a la santé économique on exclu la désolidarisation sociale au détriment des générations suivantes, tout en conservant les avantages d’une progression positive si elle a lieu. Tous les retraités partagent donc la santé économique de leur pays, plutôt que d’être partagé en deux clans, un qui plane au dessus de cette économie et l’autre en dessous.

      Autrement dit le collectif est étendu a tous les membres de la société plutôt que simplement limité "a ma gagne".

      Ce qui est le vrai sens du socialisme.