Vélo - Le casque devrait être obligatoire pour les moins de 18 ans

L’utilisation du vélo chez les jeunes n’a pas diminué après l’adoption d’une telle loi.
Photo: Agence France-Presse (photo) L’utilisation du vélo chez les jeunes n’a pas diminué après l’adoption d’une telle loi.

Nous intervenons auprès de vous pour demander d’adopter une loi rendant obligatoire le port du casque pour les cyclistes de moins de 18 ans au Québec. Nous avons tenu une conférence de presse sur cette question il y a un an au CHU Sainte-Justine ; au cours de celle-ci, des cliniciens des quatre centres hospitaliers universitaires du Québec qui soignent des enfants ont pris la parole en réclamant cette loi de manière unanime.

Nous revenons à la charge, car il a été clairement démontré qu’un casque correctement ajusté peut réduire de 85 % le risque de traumatisme crânien et cérébral grave. Ainsi, si chaque cycliste portait un casque, quatre traumatismes crâniens sur cinq pourraient être évités. Bien qu’il existe une certaine perception du public voulant que les casques n’offrent pas de protection en cas d’accident impliquant un véhicule à moteur, cette perception n’est pas fondée puisqu’on a prouvé l’efficacité des casques dans la prévention des traumatismes crâniens dans le cadre de chutes et d’accidents de tous types.


Jusqu’à maintenant, sept provinces canadiennes sur dix ont une loi concernant le port du casque à vélo. Celui-ci est obligatoire à tout âge en Colombie-Britannique, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard. Il est obligatoire jusqu’à 18 ans en Alberta, en Ontario et depuis le 1er mai 2013 au Manitoba. Pour ce qui est du Québec, nous tenons à souligner l’initiative de la municipalité de Sherbrooke qui a fait preuve de beaucoup de leadership en adoptant en 2011 le port obligatoire du casque pour les moins de 18 ans.


Certains organismes ou personnes qui font la promotion du cyclisme craignent qu’une loi obligeant le port du casque ne diminue l’usage du vélo. Or les données les plus à jour infirment cette thèse. En Alberta et à l’Île-du-Prince-Édouard, il a été démontré que l’utilisation du vélo chez les jeunes n’a pas diminué après l’adoption d’une telle loi. […]


Non seulement le port obligatoire du casque réduit-il le nombre de traumatismes graves, mais on estime qu’un dollar investi dans un casque de vélo permet de sauver environ 30 $ en coûts liés aux blessures. C’est donc un excellent investissement à tout point de vue. Vous avez le pouvoir de faire changer les choses dans ce dossier ; nous vous demandons d’agir.



Ont signé ce texte: Marie Gauthier, Christine Colin, Jean-Yves Frappier, Catherine Hervouet-Zeiber, Dickens Saint-Vil, Jeffrey Atkinson, Louise Auger, Claudette Bardin, Dominic Chalut, Debbie Friedman, Micheline Ste-Marie, Claude Cyr, Richard Bélanger, Julien Clément, Marc-André Dugas, Pascale Gervais, Pascale Hamel, Johanne Harvey, Bernard Mathieu.

22 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 22 juin 2013 08 h 07

    Pour tous

    Nonobstant le comportement des automobilistes, le casque devrait être obligatoire pour tous.

  • Charles F. Labrecque - Abonné 22 juin 2013 08 h 26

    Erreur

    Encore cycliste à 81 ans, je dit aux auteurs de cette déclaration qu'ils font erreur puisque le casque devrait être obligatoire pour tout les cyclistes sans distinction de l'âge. Déjà mon casque m'a sauvé d'une blessure grave si je ne l'avais pas porté. Nous devrions savoir que la santé est aussi importante à toute âge.

    • Maria Gatti - Inscrite 25 juin 2013 22 h 26

      C'est vrai, mais décourager la pratique du vélo est nuisible à la santé. Je suis nettement plus jeune que vous, mais loin d'être jeune (je fais du vélo utilitaire comme adulte depus plus que 40 ans). Et jamais, o jamais, un type ne m'imposera le hijab, par misogynie ou par AUTOcratie!

  • Simon Chamberland - Inscrit 22 juin 2013 09 h 10

    À quand le casque en voiture ?

    Combien de traumatismes crâniens en voiture avons-nous au Québec ?

    Avec un bon casque, je suis pas mal certain qu'on réussirait à réduire le risque d'au moins 85 %.

    Et tant qu'à y être pourquoi pas le casque pour les piétons ?

  • Jean Richard - Abonné 22 juin 2013 09 h 24

    Bixi, le grand perdant

    La beauté de Bixi : la liberté et la mobilité qu'il procure. Le port obligatoire du casque pourrait venir gâcher les choses.

    Ainsi, Bixi offre l'avantage indéniable de la diversité des transports. Entre quatre ou cinq courses en ville, l'utilisateur pourrait avoir fait un bout de chemin en métro ou en autobus, un autre à pieds, un troisième en vélo... Mais s'il arrivait qu'il n'ait pas pu traîner avec lui, pour diverses raisons, son casque, il se trouverait privé de l'option Bixi.

    La majorité des cyclistes portent déjà le casque. À quoi bon le rendre obligatoire ? C'est peut-être, comme les réflecteurs sur les pédales, un bon investissement pour les flics, qui pourront ajouter l'item casque à la facture des contraventions.

    • Jocelyn Ouellet - Inscrit 22 juin 2013 12 h 32

      Entièrement d'accord, le Bixi et le cyclisme en général seraient les perdants.

  • Claude Lafond - Abonné 22 juin 2013 09 h 25

    Pas juste pour les moins de 18 ans

    Le casque est un peu comme la ceinture de sécurité, c'est un geste simple qui réduit grandement les risques et comme collectivement nous assumons les soins de santé, individuellement, nous devons prendre nos responsabilités.

    Claude Lafond
    Québec

    • Maria Gatti - Inscrite 25 juin 2013 22 h 21

      C'est encore bien plus comme le hijab ou la feue ceinture de chasteté; c'est une façon de faire porter l'odieux des morts et blessés causés par l'auto à ses victimes. De plus, c'est une belle façon de décourager la pratique du vélo quotidien, et aussi augmenter le sédentarisme, avec les dommages bien connus et à bien plus grande échelle pour la santé publique.

      Pour assurer la sécurité à vélo, il faut favoriser des infrastructures appropriées, physiques et juridiques, ainsi que la formation vélo universelle dans les écoles, comme c'est le cas au Pays-bas.

      Les pays où la pratique quotidienne du vélo est la plus répandue (Pays-Bas et Danemark) connaissent le taux le plus faible de morts et de blessés graves chez les cyclistes de tout âge; par ailleurs, le casque y est presque inconnu, sauf chez les enfants en TRÈS bas âge, qui ne pédalent pas mais sont portés sur le vélo de leurs parents, ou chez les sportifs qui s'entraînent.