Mort annoncée du journalisme local?

Le journalisme local peut-il disparaître sans créer une brèche importante dans le besoin des citoyens d’être informés ? Selon Transcontinental, qui souhaite supprimer la moitié des journalistes de ses hebdomadaires locaux à Montréal (vont-ils s’arrêter à ce seul territoire ?), il semble étrangement que ce soit la voie de l’avenir.

La politique, l’action citoyenne, la culture locale, la vie sociale, la vitalité entrepreneuriale, bref, la réalité de terrain à l’échelle d’un quartier ou d’un arrondissement, forcément ignorée par les médias nationaux, a-t-elle si peu d’importance qu’il paraisse légitime de ne plus en couvrir les impacts de manière journalistique, ce qui signifie que le tout sera désormais entre les mains des services de relations publiques des plus gros joueurs, mais aussi et surtout le fardeau des citoyens eux-mêmes pour les actions moins fortunées ? La presse locale peut-elle conserver ce statut de « presse » si elle devient la vitrine de communiqués et de chroniques généralistes ?


On peut critiquer sous plusieurs angles la pratique journalistique des médias locaux et régionaux. C’est souvent sain, mais une éventuelle disparition de cette pratique - via un resserrement drastique de ses effectifs - ne peut qu’être une régression majeure dont il faut dénoncer les dangers.


Et ne nous trompons pas : c’est le syndicat de ces journalistes qui a lancé la première dénonciation, ce qui peut sembler biaisé, voire intéressé, mais croit-on vraiment que les premières victimes de cette mesure - les citoyens - ont assez de poids seuls pour mettre efficacement au jour cette décision de Transcontinental ? Ils n’auront bientôt plus de journalistes à qui s’adresser…

 

Luc Grenier - Enseignant en arts et lettres au cégep régional de Lanaudière à L’Assomption

4 commentaires
  • Louise Poulin - Abonnée 17 mai 2013 08 h 24

    La publicité et la gourmandise

    C'est je crois Transcontinental qui est trop gourmand. Qui à coup de prêt sans intérêt du gouvernement nous annonces que les articles concernant vraiment ce qui se passe localement au Québec est trop cher.

    Vérifier par exemple l'express d'outremont et Mont Royal...ma parole il y a 90 % de pub.
    Cela doit être payant. Ce qui se passe localement n'intéresse pas l'éditeur.
    C'est aussi simple que ça.
    Les journaux indépendants eux n'ont pas de prêt et aucune aide du gouvernement même s'ils ont essayé d'obtenir à tout le moins de la publicité gouvernemental pour les soutenir. Mais Transcontinental est un lobbyiste important et bénéficie de toute l'aide nécessaire à sa gourmandise.

  • Marc Bergeron - Inscrit 17 mai 2013 15 h 27

    Oubliez un travail journalistique....

    dans bien des jounaux locaux. Une espèce rare. Dites plutôt les bras politique des élus (roitelets ) et du clergé. Pire que pire. Seul espérance c'est La commission pour percer l'omerta.

  • Claude Daigneault - Inscrit 17 mai 2013 21 h 21

    Mais...

    ... il restera toujours et de plus en plus la presse électronique sur les blogues et sur Facebook et à la télévision communautaire. Si se lèvent un peu partout dans les régions du Québec des citoyens qui s'emploient à parler des événements qui les concernent, à évoquer des situtions qui importent à plus d'un et à exprimer des opinions qui feront réfléchir leurs voisins, tout n'est pas perdu. Ce qui fait marcher l'information, on le sait depuis des décennies, c'est la publicité. De toutes façons, en région, la plupart des hebdos sont distribués gratuitement. Sont-ils lus par tant de gens qu'on le pense ? Ça reste à voir. Probablement, du moins en partie. Quel autre moyen avons-nous de savoir ce qui arrive chez nous ? Il est bien loin le temps où les grands quotidiens des grandes villes publiaient des sections remplies par des journalistes régionaux. Aujourd'hui, si la nouvelle ne se passe pas à Montréal ou à Laval, elle n'a plus d'intérèt pour le chef de pupitre. Or, tous les quotidiens régionaux sont accessibles sur Internet : c'est grâce à eux qu'on se renseigne sur ce qu'il se passe en régions. Ce qu'il faut anticiper c'est la lente disparition des "gros" quotidiens. Il y aura toujurs un public pour chercher sur Internet ce qui se passe près de lui.

  • Michel Mongeau - Inscrit 18 mai 2013 10 h 41

    Bon coup!

    Bon coup monsieur Grenier! Même si ces publications cumulent d'énormes lacunes, elles jouent un rôle indéniable. Espérons que l'initiative citoyenne puisse faire fléchir cette étroite logique marchande.