Le nouveau pont Champlain - Source de pollution ou symbole mondial du génie montréalais?

L’actuel pont Champlain est sur le point d'atteindre sa durée de vie utile.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’actuel pont Champlain est sur le point d'atteindre sa durée de vie utile.

Le fleuve Saint-Laurent est crucial à Montréal. Il a fait de notre ville le plus important port intérieur au monde. Ce fleuve grandiose offre à nouveau aux Montréalais et aux Québécois une occasion de taille pour le XXIe siècle : celle de compléter notre port de renommée mondiale avec un nouveau pont de renommée comparable.


AudaCité Montréal, un groupe à but non lucratif soutenu par les communautés d’affaires, culturelle, académique, ainsi que par maints représentants du secteur public, a mis en place une stratégie pour permettre de faire du nouveau pont Champlain une oeuvre architecturale de classe mondiale ainsi qu’un élément catalyseur pour la création de richesse pour le siècle à venir.


Nous avons déjà avancé que nous souhaitons voir ériger un pont qui serait un emblème architectural du XXIe siècle, rivalisant avec le Golden Gate de San Francisco, l’Opéra de Sidney et la tour Eiffel.


Insistons sur les aspects innovateurs et pratiques que ce nouveau pont pourrait et devrait avoir. La surface du pont devrait être chauffée de la même manière que les trottoirs le sont en Scandinavie et que des milliers d’entrées de cour le sont au Canada et dans d’autres pays nordiques.


Est-ce que chauffer le pont serait trop dispendieux ? L’inverse est plutôt vrai. Il serait trop dispendieux de ne pas le chauffer.


Imaginez un instant comment le chauffage de la chaussée en hiver éliminerait les coûts annuels de déblayage, de salage, de réparation des véhicules endommagés par des accidents causés par une surface glacée ainsi que les coûts sociaux et médicaux liés aux fractures, aux paralysies et aux morts de la route.


Pensez aux coûts de la corrosion par le sel et aux coûts moraux de jeter près de 4500 tonnes de sel pur (et ce, pour un pont ayant une plus petite chaussée que le pont à venir) qui, mélangé à de la neige, du glycol (lave-vitre), du liquide de frein, du diesel et de la fumée, créerait une soupe chimique qui devient des tonnes et des tonnes de boue toxique que l’on jette dans le Saint-Laurent chaque année.


Imaginez la réaction du public si une entreprise proposait la construction d’une usine sur les rives du fleuve, créant 50, 500 ou même 5000 emplois, mais à condition de pouvoir jeter des dizaines de milliers de tonnes de matière toxique non traitée directement dans le Saint-Laurent pour les prochaines décennies. Est-ce qu’un seul conseiller municipal d’un seul village ou d’une seule ville bordant le Saint-Laurent approuverait ?

 

Énergie renouvelable


Chez AudaCité Montréal, nous croyons que cela va de soi. Nous devons construire un pont qui sera non seulement spectaculaire au point de vue architectural, mais aussi un symbole éclatant que le Québec produit l’énergie renouvelable la plus verte et la plus propre du monde.


Pour réaliser son plein potentiel pour Montréal et le Québec, le nouveau pont Champlain devrait faire image dans le monde entier dès la présentation de son design : un pont qui sera tant pratique qu’inspirant dans sa réalisation et époustouflant dans son architecture.


La nouvelle structure devra être munie de turbines hydroélectriques simples ne requérant pas de barrage pour créer sa propre électricité, et ce, avec un impact nul, voire positif, sur l’environnement.


L’électricité produite sous le pont chaufferait la chaussée en hiver, éliminant le besoin d’y répandre même une cuillérée de sel pour le prochain siècle. De plus, l’énergie produite pourrait être transférée dans le réseau électrique lors des journées chaudes d’été pour refroidir nos maisons et nos lieux de travail.


Non seulement est-ce possible, mais c’est simple. Selon des scientifiques, des chercheurs et des études de premier plan, le courant du fleuve sous le pont est suffisamment fort, et l’eau, suffisamment profonde pour permettre à des hydroliennes de produire des quantités abondantes d’électricité. En fait, cette technologie est utilisée sans problèmes depuis 2010 à près d’un kilomètre du pont.


Nous avons l’occasion de créer une attraction architecturale et une merveille d’ingénierie. En faisant ce choix, […] nous démontrons que nous sommes un pôle commercial vert et nous créons un aimant pour les entreprises désirant de plus en plus évoluer dans des milieux respectueux de l’environnement.


Finalement, cette oeuvre d’ingénierie et d’architecture créerait des millions de dollars de retombées provenant de l’augmentation du tourisme et cela ferait croître notre économie et notre base fiscale. Pensez à la statue de la Liberté et à son message. Ce nouveau point serait le symbole de Montréal, annonçant une nouvelle ère, accueillant les touristes ainsi que les entreprises soucieuses de l’environnement.

13 commentaires
  • Gilles St-Pierre - Abonné 3 avril 2013 01 h 15

    Et si ...

    on faisait un pont de glace, réfrigéré l'été comme le sont nos patinoires dans les arénas, imaginez les retombées touristiques $$$ et encore les gros contrats qui relancerait l'économie du Québec comme dirait le PLQ.
    De plus, imaginez si on salait le fleuve, assez pour avoir enfin à Montréal toute les espèces qui se trouvent à l'embouchure du Saguenay; les touristes viendraient à coup sûr admirer les baleines en mangeant leurs hot-dogs confortablement assis au Vieux-Port.
    On se moquerait peut-être encore de nous comme à l'époque du stade olympique en 76 mais au moins on parlerait de nous. Quoi de pire que l'indifférence sinon les dettes immenses qu'engendrent ce genre de projets de fou.

    • Benoît Landry - Abonné 3 avril 2013 08 h 58

      Êtes-vous sérieux ? Un projet de fou est probablement un projet qui laisserait les promoteurs privés visés vers un pont qui demandera des milliards d'entretien pendant des années et qui devra être rebâti dans 40 ans. Là dessus avec les conservateurs vous aller être servis

  • Yves Capuano - Inscrit 3 avril 2013 02 h 03

    Une très belle idée mais ... nous sommes encore dans le Canada

    Je suis bien d'accord avec le fait de faire du nouveau pont Champlain une merveille architecturale. Un pont est un symbole de civilisation nationale et un symbole de savoir-faire scientifique. Un pont doit durer des siècles, pas cinquante ans et il fait partie de la personnalité d'une ville. Ainsi du pont Victoria par exemple et du pont Jacques-Cartier. Le problème avec le pont Champlain c'est que c'est le gouvernement fédéral qui a le contrôle sur ce pont. En plus celui-ci veut le financer par le péage, donc avec l'argent des contribuables utilisateurs de ce pont soit très majoritairement les québécois de la région de Montréal. Je ne comprends pas pourquoi ce gouvernement provincial souverainiste n'a même pas esssayé de prendre le contrôle de ce projet alors que le fédéral veut le financer avec le péage. C'est donc le gouvernement fédéral qu'il faudra convaincre de faire de ce pont une merveille architecturale et scientifique. Je vous souhaite la meilleure des chances!

    • Michel Richard - Inscrit 3 avril 2013 07 h 34

      Voyons, le pont Jacques Cartier est aussi de juridiction fédérale ! Vous le citez en exemple. Le pnt Victoria appartient au chemin de fer du Canadien National, aussi de juridiction fédérale.
      Le gouvernement provincial souverainiste ne veut pas prendre le contrôle de ces ponts parce qu'il ne veut pas payer pour.
      Vos arguments ne fonctionnent tout simplement pas.

    • Benoît Roberge - Inscrit 3 avril 2013 10 h 31

      Le vrai scandale avec le payage sur le pont champlain, c'est que si on voudrait vraiment respecter le principe d'utilisateur-payeur le fédéral devrait payer une grosse partie du pont. Pensez-y un moment, pourquoi selon vous le pont champlain coute-t-il si cher ? Parce qu'il doit être très élevé pour que les bateaux qui s'en vont vers l'ontario puissent passer au dessous. Et quel gouvernement récolte les frais de passage de la voie maritime du Saint-Laurent ? Le fédéral ! Donc, étant donné que les bateaux sont aussi, indirectements, des utilisateurs du pont, eux aussi devraient payer leur juste part, par le biais du droit de passage sur la voie maritime qui s'en va dans les poches du fédéral ! Il est donc totalement injuste que les automobilistes québécois assument seuls la facture d'un tel ouvrage étant donné qu'ils ne sont pas les seuls à en profiter !

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 4 avril 2013 09 h 27

      La solution ? Le Québec construit le pont trop bas pour que les bateaux passent en dessous et ceux-ci seront prit pour arrêter à Mtl ! Bingo !

  • François Dugal - Inscrit 3 avril 2013 08 h 04

    Le «génie montréalais»

    Le «génie montréalais» se loge dans une enveloppe brune.
    Le prochain pont, comme l'ancien, sera un désastre.

    • Michel Gagnon - Inscrit 3 avril 2013 09 h 31

      Malheureusement, il est vrai que, depuis très longtemps, le «génie montréalais» s'est davantage fait valoir dans des magouilles coûteuses pour les citoyens que dans des réalisations dont on pourrait être fiers. Quelqu'un peut me nommer la dernière réalisation du «génie montréalais» dont on peut être fiers? C'est plate à dire, mais je préférerais qu'on fasse appel au «génie étranger».

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 4 avril 2013 09 h 29

      «génie étranger».


      J'ai le regret de vous informer que c'est pareil tout partout ! C'est plate à dire effectivement.

  • Peter Kavanagh - Inscrit 3 avril 2013 08 h 18

    Une belle Idée

    Basé sur le principe que la poche des habitants de la province est sans fond. Il y a une multitude de choses a regler avant de vouloir construire un pont pour épater la galerie.

    • Benoît Landry - Abonné 3 avril 2013 08 h 53

      Pourquoi est-ce un si mauvaise idée?
      Le projet couterait plus cher à bâtir , mais moins cher en entretien par la suite et même plus comme il est dit durant 6 mois les infrastrucutres seraient une source de revenu.

      Ce n'est qu'un aménagement de budget qui nous coûterait moins cher à moyen et long terme

    • Sylvain Auclair - Abonné 4 avril 2013 11 h 24

      Tout à fait d'accord, monsieur Landry.

      De tout manière, monsieur Kavanagh, ce pont appartient au fédéral. Et comme l'écrivait M. Roberge, une partie de son coût provient de la nécessité de laisser passer les bateaux vers l'Ontario...