Habemus papam

Personnellement, ce qui m’a le plus impressionné mercredi après-midi, lorsqu’il est sorti sur le balcon central de la basilique Saint-Pierre, […] c’est la simplicité et l’humilité qui se dégageaient de cet homme. Habillé simplement de la soutane blanche des papes, sans aucun autre artifice, j’y ai reconnu le pasteur que j’espérais, l’homme de coeur et de terrain dont l’Église d’ici avait besoin. Après avoir salué les femmes et les hommes en toute simplicité, il s’est adressé aux Romains pour leur dire qu’il devenait leur pasteur, et, sans plus, il a demandé à la foule un moment de prière. Un grand silence a envahi la place Saint-Pierre, François s’est incliné pour recevoir la bénédiction des femmes et des hommes devant lui. Ça m’a beaucoup ému !


Certains diront que le cardinal Bergoglio était plutôt conservateur en matière de morale sexuelle : il s’est opposé au mariage gai, il est contre l’avortement, même en cas de viol, et il ne militait pas pour l’ordination des femmes à la prêtrise. C’est sans doute vrai, puisqu’il vient d’un pays plutôt traditionaliste et fait partie de la hiérarchie de l’Église. Par ailleurs, ce qui me réjouit et me fait espérer, c’est son attitude par rapport aux femmes et aux hommes discriminés. Il ne les condamne pas ; il les accueille et les accompagne. Il a même reproché à certains prêtres de refuser le baptême à des enfants nés hors mariage. Si seulement son approche nous faisait oublier les discours de condamnation, de discrimination et d’exclusion des papes précédents, je crois sincèrement que ce serait un pas important vers la pleine égalité entre les femmes et les hommes et la reconnaissance de leur réalité.


C’est la première fois dans l’histoire qu’un jésuite devient pape. Son nom est doublement significatif : François aura l’autorité du jésuite François-Xavier et la compassion du franciscain François d’Assise. La tête et le coeur assureront un équilibre certain à ce nouveau pape. Il ne ravivera peut-être pas la ferveur religieuse des Québécois, mais il pourra sans doute en réconcilier plusieurs avec l’institution. Viva il pappa !

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