Souverainistes et indépendantistes - L’unité peut se faire autour d’Option nationale

Le chef d’Option nationale, Jean-Martin Aussant
Photo: - Le Devoir Le chef d’Option nationale, Jean-Martin Aussant

Un peu plus d’un an après sa fondation, Option nationale tient son deuxième congrès national cette fin de semaine, au Palais des congrès de Montréal. Plus de 1000 membres du parti y adopteront un programme dont l’élément central sera une démarche résolue d’accession du Québec à son indépendance.

À l’aube de ce moment important, et après une année remplie d’effervescence et ponctuée d’une élection générale survenue tôt dans la courte histoire de notre parti, l’heure est déjà propice à un retour sur le chemin parcouru, et à un certain état des lieux.


Il fallait être décidé pour entreprendre de lancer la construction d’un parti indépendantiste, dans un contexte où d’autres formations bien installées revendiquaient cette étiquette, et en pleine frénésie antilibérale se traduisant en volonté féroce de remplacer le gouvernement sortant à tout prix. Mais nous l’avons fait sans mesurer la hauteur du défi, parce que nos convictions ne nous ont guère donné d’autres options. Il y avait au Québec deux partis du non, deux partis du peut-être, mais aucun parti du oui. Cela nous paraissait inadmissible.


Nous avons procédé pas à pas, sans l’aide de grandes vedettes, sans argent, sans compter sur l’apport de regroupements déjà existants qui se seraient joints pour former un noyau de départ ; nous n’étions qu’une poignée d’individus motivés.


Quinze mois plus tard, Option nationale compte 8000 membres, des instances bien installées et une administration dont le plus gros problème est de devoir gérer une croissance dépassant toutes nos attentes. Cette progression fait-elle de nous des génies ? Bien sûr que non. Mais elle montre que notre parti est pertinent et nécessaire, et elle témoigne du fait que notre chef Jean-Martin Aussant fait recette partout où il se fait entendre. Nous en sommes d’ailleurs tous très fiers.


Or il n’est pas de bon chef politique qui n’incarne pas une vision, et qui ne tienne pas un discours qui trouve résonance dans la population. De toute évidence, le discours indépendantiste du chef d’Option nationale était attendu par les uns, et il a la faculté d’intéresser et de rallier les autres. C’est sur une telle volonté de porter un engagement indépendantiste mobilisateur, clair et serein qu’Option nationale fonde son existence.


Nous savons cependant qu’à ce jour, un certain nombre de souverainistes ne partagent pas, ou pas complètement, notre vision des choses. Ils font plutôt le choix, et ce en toute bonne foi, nous en sommes convaincus, de miser encore sur la philosophie qui caractérise l’action du Parti québécois depuis maintenant une génération : accéder au pouvoir sans faire campagne sur l’indépendance, pour ensuite gouverner dans l’espoir de susciter un contexte favorable à la tenue d’un hypothétique référendum, quelques années, ou quelques mandats plus tard.


Si, à Option nationale, nous avons décidé de tirer un trait sur cette philosophie, c’est que nous arrivons au constat, difficilement contestable, qu’elle n’a pas produit les résultats escomptés. Nous pensons en outre que la joute court-termiste d’alternance entre partis de pouvoir traditionnels ne saurait justifier plus longtemps que l’on s’empêche d’agir et de voter selon nos réels intérêts, et avec en tête et dans le coeur une perspective plus inspirée que celle de simplement battre un adversaire sans se donner tous les moyens d’atteindre son but premier.


Cependant, nous entendons l’appel à l’unité que font périodiquement des souverainistes inquiets. Nous comprenons cet appel, et nous en partageons les motifs, à tel point que dès la fondation de notre parti nous avons inscrit au coeur de ses statuts qu’Option nationale montrerait une ouverture permanente à diverses formes de collaboration avec d’autres formations dont les objectifs seraient suffisamment similaires aux siens.

 

Appel au rassemblement


Forts de l’état d’esprit que traduit cette clause unique en son genre, nous reprenons aujourd’hui, à notre tour, l’appel au rassemblement. Nous adressons cet appel aux précieux militants souverainistes de tous les horizons, et ce, dans le plus grand respect de leurs préférences partisanes. Nous pensons aussi à ces têtes d’affiche souverainistes, ces intellectuels, philosophes, historiens, artistes, professeurs, politiciens, et même certaines personnalités du monde des affaires ou du domaine financier ; les premiers comme force vive du mouvement indépendantiste, les seconds comme orateurs, motivateurs et propagateurs d’idées, tous se donnent sans compter, parfois depuis des décennies, en participant autant qu’ils le peuvent à une multitude d’événements, de rencontres, de cocktails de financement, de conférences et de débats portant sur l’indépendance du Québec. Ils répondent toujours « présent » lorsqu’on leur demande de venir donner de leur temps, de leur argent, ou de partager leurs convictions indépendantistes, dans toutes sortes de circonstances et de lieux qui sont loin de toujours transpirer l’extase et le faste des grands soirs. Ils s’impliquent contre vents et marées, parfois dans un certain confort, mais si souvent mal assis sur de vieilles chaises d’école chambranlantes, l’oreille agacée par un système de son défaillant.


Nous disons à ceux d’entre tous ces gens qui hésitent encore à collaborer, ne serait-ce qu’un peu, avec Option nationale : de grâce, ne vous en privez plus ! Des milliers de jeunes, et de moins jeunes aussi, enthousiastes et nouvellement intéressés à la politique indépendantiste, vous attendent dans des enceintes bondées, prêts à vous donner une dose massive d’espoir et d’énergie, et ne demandant en retour qu’à absorber avec avidité ce que vous voudrez bien leur transmettre. Que les plus anciens militants soient avertis : ils pourraient ressentir à nouveau des émotions grisantes qu’ils avaient depuis longtemps oubliées.


Si vous acceptez de venir prendre ce pari avec nous, sachez que, ce faisant, vous marcherez dans les traces du premier ministre Jacques Parizeau, qui compte s’adresser aux congressistes d’Option nationale dès samedi. Il y a de ces visites qui revêtent un caractère particulièrement significatif.


Quoi qu’il en soit, nous ne vous implorons pas d’acheter votre carte de membre d’Option nationale, ni même de voter pour nous. Nous vous tendons simplement la main, dans l’espoir de faire en sorte que le précieux passage intergénérationnel - ainsi qu’intragénérationnel - des valeurs et des énergies indépendantistes ne soit pas platement entravé par la routine des allégeances partisanes.


C’est le Québec de demain qui nous appelle tous, et nous pouvons agir dès aujourd’hui pour que ce Québec soit un pays souverain ; avec un peu de hauteur de vue, vous l’apercevrez devant ces nouvelles cohortes indépendantistes qui se mettent en marche, même si, dans l’immédiat, notre comportement électoral bouscule vos certitudes.


Est-ce qu’Option nationale caracole au sommet des sondages ? Bien sûr que non - pas encore ! -, et cela serait totalement anormal à ce moment-ci. Mais nous cultivons notre avenir, et celui de l’idée qui nous porte, dans le terreau le plus fertile qui soit : une forte part de jeunesse et une immense volonté commune.


Nous ne jouons pas à « mon parti est plus souverainiste que le tien ». Nous ne sommes pas de meilleurs indépendantistes que les autres. Nous ne sommes ni des dissidents, ni des utopistes, ni des protestataires. Nous avons simplement fait le choix de l’action, non pas au mépris de la nécessité d’accéder au pouvoir, mais plutôt en dehors des paramètres de l’alternance ordinaire au pouvoir provincial.

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