Ne perdons pas confiance en l’hydroélectricité

Peu de modèles énergétiques dans le monde offrent autant d’avantages que celui du Québec.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Peu de modèles énergétiques dans le monde offrent autant d’avantages que celui du Québec.

Depuis quelques semaines, je lis et j’entends l’opinion de plusieurs analystes en énergie et de représentants de groupes d’opinions qui dressent un portrait plutôt sombre du développement énergétique futur pour le Québec. Selon certains d’entre eux, il faudrait même cesser tout développement. À les écouter, l’hydroélectricité québécoise (particulièrement la grande hydraulique) n’aurait plus la cote, et les surplus énergétiques - engendrés par l’effondrement du secteur manufacturier, le ralentissement économique, l’abondance du gaz de schiste et d’autres formes d’énergie renouvelable aux États-Unis - seraient sur le point de mettre le Québec K.-O. ! Mais rassurez-vous, il n’en est rien !


Malgré les importants changements survenus depuis quelques années, le Québec est loin d’être à genoux. Il peut compter sur son modèle de développement énergétique, lequel est l’un des plus performants au monde. Ce modèle représente en soi l’un des avantages compétitifs dominants du Québec. Il lui procure un apport de valeur considérable, et ce, tant sur le plan économique, environnemental que social.


Le modèle de développement énergétique du Québec peut au moins compter sur les acquis suivants :

  • Un parc de production d’hydroélectricité qui lui assure la sécurité de ses approvisionnements énergétiques. Grâce à l’hydroélectricité, le Québec possède une source d’énergie abondante, fiable et polyvalente.
  • Une industrie électrique fortement établie au Québec, créatrice de richesse collective, dont l’expertise est présente et reconnue dans 180 pays.
  • Des tarifs d’électricité abordables parmi les plus bas au monde.
  • Un appui important de la population au développement électrique, lequel s’avère une source de fierté collective pour les Québécois.
  • Une expertise environnementale de renommée mondiale, qui repose sur 40 années d’expérience.
  • Une énergie propre et renouvelable qui émet peu de gaz à effet de serre.
  • Une production électrique à très faible coût avec une stabilité des prix à long terme et une assurance opérationnelle offrant un facteur de compétitivité pour l’économie.


Peu de modèles énergétiques dans le monde offrent autant d’avantages. Le maintien et le développement de ce modèle doivent se poursuivre. Dans ce contexte, la réalisation du complexe hydroélectrique de la Romaine est nécessaire, puisqu’il permet d’assurer à long terme le maintien des acquis du modèle québécois, tout en permettant au Québec d’accroître son expertise et son savoir-faire.


Notre situation est unique. Alors que le monde entier est confronté à la rareté, le Québec, lui, gère l’abondance. Mais que faire des surplus ? Il y aura toujours des occasions de développement. Pensons au secteur du transport terrestre. Les innovations technologiques récentes en matière d’électrification des transports et l’abondance d’hydroélectricité prédisposent le Québec pour se frayer une place de choix parmi les chefs de file mondiaux en transport électrique. Ce virage lui permettrait de réduire considérablement ses importations de pétrole et d’aller encore plus loin dans la lutte aux changements climatiques.


Pensons également aux occasions d’exportation qu’offre le développement éolien chez nos voisins. L’électricité éolienne étant une énergie intermittente, elle n’est pas nécessairement produite quand le client en a besoin. L’hydroélectricité est reconnue pour être la meilleure source d’énergie pour pallier la variation du vent.


Bien sûr, il y a aussi le développement du Nord. Et parions que d’autres occasions s’offriront à nous avec la reprise économique qui finira bien par arriver !


Pour la plupart des pays, les politiques énergétiques constituent un mal nécessaire. Elles représentent un chemin laborieux et souvent coûteux vers l’atteinte d’objectifs liés à la sécurité des approvisionnements énergétiques et à la lutte aux changements climatiques. Au Québec, une politique énergétique peut se situer bien au-delà de cela, pour peu que l’on considère nos acquis en tant que force à maintenir !

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