L’incurie de l’Agence métropolitaine de transport

J’ai vu des personnes sur le bord des larmes, des parents avec des bébés ne sachant pas trop quoi faire. Aucun préposé à l’extérieur pour donner des consignes de sécurité. Des voyageurs se sont même réfugiés dans une clinique à proximité. Jamais on ne nous a laissé regagner le train en panne, chaud et confortable. Les agents de sécurité veillaient au grain afin qu’il ne reste personne à bord du train. Pourtant, la panne ne mettait pas en danger les gens ; la température froide, oui. L’AMT a délibérément risqué la santé des voyageurs en forçant l’évacuation du train. A-t-on pensé aviser les services d’urgences ; Urgences-santé, le service de police, le Bureau de la sécurité civile du Québec ? Est-ce que l’AMT avait un plan d’urgence, un protocole d’intervention ? Comble de l’incurie, jamais l’AMT n’a présenté d’excuses aux voyageurs à la suite de cet événement. Son président n’a pas assuré le leadership qu’une personne qui occupe cette position aurait dû exercer.


À la lumière de cet événement et de ceux passés, je me pose de sérieuses questions sur la culture d’entreprise de cette organisation publique. Comment ne pas être inquiet lorsque l’on voit cet organisme mettre en danger les usagers ? Comment ne pas être inquiet lorsqu’au départ, on nous disait que les nouvelles locomotives bimodes ne représentaient pas de danger dans le tunnel Mont-Royal ? Comment ne pas être inquiet quand le même organisme a dessiné une voie ferrée aux limites du terrain d’une usine de munitions ? Comment ne pas être inquiet quand même le Bureau de la sécurité des transports se dit préoccupé par le risque de déraillement de locomotives lourdes en service voyageur sur des voies de classes inférieures, à la suite du déraillement d’une locomotive bimode à la Gare centrale ? Comment ne pas être inquiet lorsque l’on oblige des voyageurs à quitter un train, à -25 °C dehors, alors que la sécurité de ceux-ci n’était pas compromise? Le manque de vision et une culture déficiente de sécurité de l’AMT posent un risque important aux utilisateurs des trains de banlieue. Un sérieux coup de barre s’impose dans cette organisation. Je doute que son président Nicolas Girard, par manque d’expertise, soit la meilleure personne pour diriger une organisation aussi importante et complexe. Madame Marois, agissez avant qu’un événement grave ne se produise.

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