Le douteux génie de nos ingénieurs

Les acteurs d’influence et d’impact se regroupent dans plus de 60 % des 60 000 membres de l’OIQ.
Photo: - Le Devoir Les acteurs d’influence et d’impact se regroupent dans plus de 60 % des 60 000 membres de l’OIQ.

Le présent texte pourrait faire écho à la commission Charbonneau. Elle s’inspire d’une publicité récente de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ), ainsi que d’un appel public à la dénonciation de la corruption et de la collusion (Claude Martin, Lachine) qui pourrait s’effectuer dans les rangs des confrères de son ordre professionnel (OIQ). L’OIQ regroupe plus de 60 000 membres oeuvrant dans des disciplines très variées (informatique, aérospatiale, environnement, agroalimentaire, chimie, mines, forêts, etc.).


Mais les acteurs d’influence et d’impact sur notre environnement spatial se regroupent dans plus de 60 % des membres de l’Ordre des ingénieurs, notamment ceux du génie, de la gestion de projets et de la construction publique.


Par le contenu de cette publicité, nous constatons que l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) s’agite et appelle ses membres à s’appuyer sur l’éthique et leur déontologie. Ce rappel à l’ordre et ces agitations sont bien fondés, quoiqu’un peu tardifs. En effet, le Québec souffre d’un retard de plus de vingt-cinq ans dans l’application des nouvelles technologies.


D’autre part, nous percevons, à voir les oeuvres en ruine de certains membres de l’OIQ, la présence de coteries qui gravitent, s’animent à l’intérieur des murs de nos institutions publiques et privées.


Nous déplorons vivement que des membres de ces coteries sectaires se trouvent à oeuvrer en bonne partie dans tous les domaines des ouvrages publics du génie civil, de la structure, des routes, des ponts et chaussées, des transports, de la circulation, de l’architecture, du paysage et de l’environnement dans toutes ses dimensions.


Des entreprises en génie civil s’adonnent :

  • à l’art et aux techniques poussées de la facturation publique ;
  • à des conflits d’intérêts manifestes (gérance et conception) ;
  • à la cupidité et l’appât du gain aux dépens du public (la grenouille et le boeuf) ;
  • à la maximisation de leurs revenus d’honoraires d’entreprises ;
  • à la surfacturation d’honoraires ;
  • à des estimations frauduleuses auprès des autorités publiques et des instances gouvernementales ;
  • à la dilution de leurs responsabilités professionnelles ;
  • à la soumission de formules et de concepts techniques visant à entraîner des extras ;
  • au recours allègre à la technique du pot-de-vin ;
  • au piétinement quotidien de leurs engagements professionnels, dont le respect des valeurs humaines sociales (sic) ;
  • à déshonorer l’art de bâtir ;
  • à utiliser des techniques et des interventions rétrogrades avilissantes masquant le paysage ;
  • à surcharger les infrastructures publiques ;
  • à faire de l’urbanisme, de la gestion et de la gérance de nos projets publics.

Voilà pourquoi notre environnement est encombré de structures meurtrières, néfastes pour la santé, dangereuses, irrationnelles, inopérantes, déprimantes, sans vie, inanimées voire sans goût ni esthétisme, faibles, dénaturantes, obstructives, dénotant l’absence de savoir-faire et de planification, de respect civil, déshonorantes, symboliquement défaillantes, mortuaires, voire macabres.


Se réclamant du cartésianisme, les architectures sont intrusives, frauduleuses, surdimensionnées, non sécuritaires et techniquement discutables, prônant la démolition.


Malheureusement ces ouvrages, encore trop souvent sources de gaspillage, réclament beaucoup d’énergie, déshonorent l’art de bâtir, engendrent des hécatombes, sont de faible portée sociale, antitouristiques, étouffants, gros voire énormes, non hygiéniques, et, malheureusement, souvent dénués de coefficient de sécurité appliqué (2,5).


Quelle oeuvre de « génie » les ingénieurs, dits « les bâtisseurs », ont-ils à nous présenter ? La foi en nos ingénieurs du civil et du social dans notre société est largement ébranlée. Le Québec, son développement et son environnement bâti sont-ils donc uniquement dictés par des marchands d’argent public ?

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