Îlot Voyageur - Québec doit bloquer la vente

Les étudiants du projet UTILE souhaitent trouver une alternative viable et collectivement bénéfique pour l’îlot Voyageur.
Photo: Marie-Hélène Tremblay - Le Devoir Les étudiants du projet UTILE souhaitent trouver une alternative viable et collectivement bénéfique pour l’îlot Voyageur.

Le Quartier latin est, depuis pratiquement la nuit des temps, le lieu de prédilection de la population étudiante. Étudiants et étudiantes se sont approprié les cafés, où sur les tables s’empilent quotidiennement livres et ordinateurs portables jusqu’à tard le soir ; les bars, qui se remplissent la fin de semaine ; et les rues pour y marcher, y échanger et pour manifester.


Toutefois, pour que les environs demeurent le quartier général de cette jeunesse et pour que leur vivacité et leur créativité continuent de faire battre le coeur du Quartier latin, ces étudiantes et ces étudiants doivent pouvoir également y vivre, à un coût acceptable.


Partout à Montréal, mais surtout au centre-ville, la hausse du coût des loyers brime l’accessibilité au logement aux plus faibles revenus. Il est de plus en plus difficile pour les étudiants et les étudiantes de pouvoir se loger à proximité de leur lieu d’étude.


À travers les années, le Quartier latin a perdu ses résidences étudiantes avec la fermeture de la Maison du prêt d’honneur, les résidences appartenant au cégep du Vieux-Montréal. L’espoir de voir de nouvelles habitations étudiantes est tombé à l’eau avec l’échec de la construction de l’îlot Voyageur.


Voilà qu’un nouveau vent d’espoir se fait sentir pour cette jeunesse estudiantine. Le projet UTILE pour le Quartier latin a eu des échos dans les médias cette semaine. Mis sur pied par des étudiants de l’UQAM et de l’Université de Montréal, il propose d’établir une coopérative d’habitation étudiante dans l’îlot Voyageur. L’édifice à demi construit est toutefois en processus de vente entre le gouvernement du Québec et des promoteurs privés. Seuls les ministres du gouvernement du Québec ont le pouvoir de mettre un frein à la vente ; étape nécessaire afin de renverser la vapeur et d’aller de l’avant avec un nouveau projet de résidences étudiantes.


La mise sur pied d’une telle coopérative permettrait également de tirer un trait sur le passé douloureux de l’îlot lié au fiasco financier de l’UQAM pour devenir plutôt un emblème de l’engagement social et de la conscience collective. L’édifice renouerait avec sa vocation estudiantine prévue initialement et deviendrait le porteur d’un projet positif, novateur et progressiste.


J’interpelle le gouvernement du Québec pour qu’il donne lui aussi son appui à la transformation de l’îlot Voyageur et interrompe dès maintenant la vente de ce bâtiment à des intérêts privés.


Ces étudiants et étudiantes se sont relevé les manches pour trouver une alternative viable et collectivement bénéfique pour le Quartier latin. Une fois de plus, la jeunesse québécoise nous montre son désir de participer au projet de société d’aujourd’hui et de demain.


L’îlot Voyageur doit également demeurer public. À deux reprises, il a été financé par les contribuables québécois, au moment de l’achat par l’UQAM, puis à son rachat par le gouvernement du Québec. Le projet coopératif UTILE permettrait que le logement étudiant au centre-ville reste accessible à long terme et soit protégé des fluctuations du marché locatif privé.


La préservation du caractère public de l’îlot Voyageur serait une solution bénéfique et responsable pour l’ensemble de la collectivité.


Je joins donc ma voix à celles des nombreux groupes sociaux, communautaires et syndicaux, ainsi qu’à celles des fédérations et associations étudiantes qui ont donné leur appui à UTILE pour le Quartier latin.

17 commentaires
  • Jean Lapointe - Abonné 12 janvier 2013 09 h 26

    Pendant ce temps-là

    Et pendant ce temps-là l'Université McGill rénove des hôtels et des édifices à bureaux délabrés avec on ne sait quel argent pour en faire des résidences pour étudiants.

    Et, en plus, McGill est engagée dans une très grand campagne de «publicité». Il y a des affiches partout dans le métro et ailleurs.

    On dirait qu'ils sont en train d'essayer de conditionner l'opinion dans l'espoir que les gens, surtout les francophones, en arrivent à être convaincus, malgré eux, que l'Université McGill est indispendable au Québec malgré qu'elle soit une université anglaise.

    Je me demande si ce n'est pas parce qu'ils sentent la soupe chaude, sachant très bien que s'il y a une université qui est choyée à Montréal c'est la leur alors que les universités françaises ne peuvent pas en dire autant.

    Je serais très curieux de connaître leurs plans. J'espère au moins que le Ministère d'éducation les suit de près.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 13 janvier 2013 16 h 51

      Un scandale qui perdure et s'amplifie

      Il existe au Québec un scandale systémique et récurrent : alors que la population anglophone du Québec est de moins de 10 % de la population totale, les collèges et universités anglophones du Québec reçoivent autour de 25 % des subventions gouvernementales. Ce qui revient à dire que les universités francophones ne reçoivent pas la juste part qu'elles devraient avoir. Le Québec finance lui-même son assimilation à l'anglais.

      En plus, les universités anglophones du Québec reçoivent ces fonds en partie pour former des étudiants venus d'autres provinces, des Etats-Unis et d'ailleurs qui viennent profiter ici des faibles frais de scolarité pour ensuite retourner à l'extérieur du Québec monnayer le fruit de leurs études. Le cas le plus choquant est celui des étudiants en médecine formés ici à grand frais par les contribuables québécois (surtout à McGill) et qui quittent ensuite allègrement.

      Va-t-on pour une fois s'interroger sur le degré de subvention des universités anglophones du Québec eu égard au poids démographique des vrais anglophones du Québec? Trois universités anglophones pour quel pourcentage de vrais anglophones?


      « En 2002-2003, le gouvernement du Québec versait 76,8 % du financement pour l'enseignement supérieur aux universités francophones et 23,2 % aux universités anglophones. Les universités anglophones sont financées presque au triple du poids démographique des anglophones au Québec. De son côté, le gouvernement fédéral faisait encore mieux, la « Canadian Foundation for Innovation » versait en 2002-2003, 33 % du financement Québécois aux universités anglophones en termes de fonds de recherche. Les anglophones récoltent plus du quadruple de leur poids démographique en subventions du gouvernement fédéral.

  • Jean Brunet - Inscrit 12 janvier 2013 09 h 51

    Opinion

    Pas bête si les institutions et le gouvernement ne sont pas responsables de déficit éventuel.

    • Constant Deniger - Abonné 12 janvier 2013 13 h 06

      Malheureusement on peut prédire qu'une telle coopérative étudiante connaîtra systématiquement des déficits gargantuesques, que les contribuables seront ensuite appelés à combler. Tant qu'à assumer des déficits, il y a d'autres besoins collectifs qui sont prioritaires, comme l'augmentation des places en CHSLD et, même, l'augmentation de salles de cours pour les institutions académiques, comme l'UQAM, par exemple! Bref, retournons à l'intention d'origine, la société québécoise et montréalaise en sera beaucoup mieux servie.

    • Laurent Deslauriers - Inscrit 13 janvier 2013 12 h 19

      Monsieur Deniger,

      Je me permets un complément d'information à votre commentaire. Dans la partie déjà construite (car le bâtiment actuel ne constitue qu'une fraction du prix du projet initial), la hauteur des plafonds limite énormément les fonctions possibles. Il est ainsi impossible d'y ajouter des salles de cours, par exemple. Le logement social et/ou étudiant est donc la quasi seule possibilité avec le bâtiment existant.

      Nous diffuserons un montage financier préliminaire du projet cette semaine. Il devrait pouvoir répondre à vos questions de façon assez positive, je crois.

      Bien évidemment, les besoins que vous mentionnez sont tous très important. Nous avons cependant choisi, dans le cadre du projet actuel, de nous pencher sur le cas du fléau qu'est l'îlot Voyageur pour Montréal.

      Cordialement,

      Laurent Deslauriers
      Conseiller stratégique
      UTILE pour le Quartier latin
      www.pourlequartierlatin.org

  • Coriolan Guerlain - Inscrit 12 janvier 2013 09 h 57

    L'îlot estudiantin

    C'est un projet Magnifique que le population du Québec devrait, doit, appuyer par tous les moyens. Bravo à ceux chez qui est née l'idée, bravo à Dame Manon Massé de l'étaler publiquement, la suggérer à tous québécois et québécoises. Ce texte et ses corrolaires devraient, doivent, être publiés dans Tous les journaux du Québec, et en bonne page !

  • Jeannot Duchesne - Inscrit 12 janvier 2013 10 h 20

    Un proposition plus que sensée, innovatrice.

    Qu'en est-il du député Ste-Marie-St-Jacques Monsieur Daniel Breton membre de la Commission de l'aménagement du territoire?

    Pas surprenant que ça vienne d'une d'un membre et candidate de Québec Solidaire.

    • Laurent Deslauriers - Inscrit 12 janvier 2013 14 h 07

      Bonjour Monsieur Duchesne,

      Nous sommes en effet en contact avec Monsieur Breton. Tout est très positif en ce sens. Merci pour votre suggestion.


      Laurent Deslauriers
      Conseiller stratégique
      UTILE pour le Quartier latin
      www.pourlequartierlatin.org

  • Daniel Clapin-Pépin - Abonné 12 janvier 2013 14 h 25

    Une idée sociétalement brillante !

    Elle est sociétalement brillante cette très originale idée de création d’une coopérative d’habitation étudiante dans l’îlot Voyageur, ex-propriété de l’UQAM dont le « cadavre architectural » se dresse au coin des rues Berri et Maisonneuve.

    Qui plus est, en ma qualité de professeur écologiste humaniste altermondialiste "coopérativiste" postcapitaliste au Département des sciences comptables de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM (depuis 1980 avec - comme mentor et ami personnels - le grand professeur philosophe et écologiste Pierre Dansereau), j’offre à titre "bénévole" mes services d’"administrateur" futur éventuel aux organisateurs actuels dudit projet de coopérative.