La réplique › art public - Déplacer L’homme de Calder : une nécessité pour Montréal

L’homme pourrait être déplacé de l’île Sainte-Hélène au centre-ville de Montréal.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir L’homme pourrait être déplacé de l’île Sainte-Hélène au centre-ville de Montréal.

Contrairement à la prétention de l’artiste Marie-Claude Langevin, le transfert de la sculpture de Calder de l’île Sainte-Hélène au centre-ville de Montréal me semble d’une importance capitale et un exemple à suivre pour l’évolution de l’art public de Montréal.

Selon Mme Langevin, qui a fait un mémoire à l’UQAM sur le déplacement et la mise en valeur de sculptures contemporaines d’art public, Alexandre Taillefer, président du Comité-conseil en art public à la Ville de Montréal, ferait fausse route. Selon elle, le transfert de l’oeuvre au coeur de Montréal représenterait une perte pour « la communauté de piknikeurs électroniques… qui s’est créée depuis 2003 » au parc Jean-Drapeau. Comment pouvons-nous imaginer, ne serait-ce qu’un instant, avantager quelques « piknikeurs électroniques » au détriment de la population de Montréal ? Mme Langevin soutient même dans son argumentation que le premier déplacement de l’oeuvre qui s’est effectué à l’intérieur du parc Jean-Drapeau rendait la sculpture « plus accessible », permettant ainsi au public de se la « réapproprier plus facilement ». Ne pourrions-nous pas conclure qu’il en serait de même et plus pour un site plus achalandé?


Ses arguments économiques, soient essentiellement les coûts de déplacement de la sculpture, me semblent également discutables. Une dépense de quelques centaines de milliers de dollars ne fait pas le poids par rapport à la valeur monétaire d’une telle sculpture, qui se chiffre dans les dizaines de millions de dollars.


Une renommée internationale


Alexander Calder est un sculpteur de génie de renommée internationale. Ses sculptures sont présentes dans tous les musées du monde, nous avons la chance d’avoir une oeuvre majeure de cet artiste et que faisons-nous ? Je ne peux qu’applaudir la démarche d’Alexandre Taillefer, qui veut mettre en valeur des oeuvres qui n’ont pas suffisamment de visibilité et qui peuvent améliorer significativement l’image de Montréal.


Je constate que l’art public à Montréal s’est développé considérablement au cours des vingt dernières années, mais il y a encore beaucoup à faire si nous voulons nous rapprocher du niveau de villes comme New York, Washington ou Chicago, où l’art visuel est véritablement intégré au centre des activités quotidiennes. Je pense qu’il faut donner une plus grande visibilité non seulement au Calder, mais aussi au magnifique bronze de Henry Moore dissimulé dans le hall d’entrée de la Banque canadienne impériale de commerce (CIBC), de même qu’à la sculpture très importante de Robert Roussil cachée dans les jardins de l’ancien édifice de Lavalin en face de la CIBC sur René-Lévesque, pour ne donner que ces deux exemples. Montréal doit s’affirmer davantage comme ville culturelle en faisant la promotion des arts visuels au profit de sa population.

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Michel Lauzon - Collectionneur, Saint-Hyacinthe

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4 commentaires
  • André Martineau - Abonné 10 janvier 2013 10 h 58

    Vive l'art public !

    J'arrive d'un voyage à Mexico (la ville) et j'ai été impressionné par le nombre de sculptures qu'on peut voir partout. Mais ce qui m'a le plus frappé, c'est l'architecture audacieuse des édifices et même des maisons individuelles. Où sont nos architectes à Montréal ?
    André Martineau

  • Jean Paré - Abonné 10 janvier 2013 11 h 22

    D'une part, le parc Jean-Drapeau est bel et bien au coeur de Montréal. D'Autre part, on ne serait pas plus avancé si on réunissait toutes les oeuvres d'art public au coin de Peel et René-Lévesque. La Joconde n'est pas accrochée dans le hall d'entrée du Louvre.

  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 10 janvier 2013 13 h 24

    Une maladie

    Au lieu de dénaturer l'oeuvre par un déménagement pourquoi ne pas utiliser le bassin d'artistes contemporains ? Ils sont légion et talentueux. Il vaut mieux concevoir une oeuvre sur mesure que de boucher un trou avec un chef-d'oeuvre. Cette sculpture est la seule au monde de Calder. Après une visite chez Mondrian, Calder a eu le coup de foudre pour l'art moderne. Il a conçu plusieurs mobiles, mais il préférait avant tout la peinture. On pourrait, par exemple, lui rendre hommage en réalisant des mobiles à partir de ses toiles. L'Homme est à sa place là où il est. Cette oeuvre fait partie de ce que l'on veut voir lorsqu'on se balade par là.

  • France Marcotte - Inscrite 10 janvier 2013 19 h 05

    Là où on a besoin de lui

    Ce serait si bon de le voir tous les jours, de passer dessous, de pouvoir le toucher, de l'apercevoir de loin.

    Approchez, Homme de Calder, c'est ici qu'on a besoin de vous!