La Suède et le Québec qu’elle nous inspire - La compétitivité pour mieux servir la solidarité

Des étudiants de l’Université de Stockholm. Les études universitaires sont gratuites en Suède, car vues comme un investissement dans la croissance et la prospérité futures.
Photo: Agence France-Presse (photo) Jonathan Nackstrand Des étudiants de l’Université de Stockholm. Les études universitaires sont gratuites en Suède, car vues comme un investissement dans la croissance et la prospérité futures.

Une différence fondamentale entre le Québec et la Suède, c’est que personne en Suède n’oppose compétitivité et solidarité. Ces deux notions sont au contraire vues comme complémentaires. Avoir des normes environnementales et de sécurité élevées, une éducation gratuite, l’égalité homme-femme et des politiques d’intégration au marché du travail inclusives est vu comme un investissement dans la compétitivité future de l’économie suédoise.

Ainsi, les Suédois font figure d’avant-garde en tout ce qui a trait à la réglementation environnementale ou en santé et sécurité. Loin de voir ces mesures comme un obstacle aux profits des compagnies, ils les voient comme des moyens d’amener les compagnies à se bâtir un avantage concurrentiel sur des compétiteurs étrangers.


L’avantage s’est révélé très réel dans le cas de l’industrie automobile : les normes de sécurité élevées imposées par le gouvernement suédois ont forcé les compagnies comme Volvo à innover, et cela leur a donné un avantage concurrentiel majeur durant plusieurs années lorsque les autres pays ont adopté de telles normes.


Dans le même sens, la Suède a décidé de se libérer du pétrole et de respecter Kyoto. Son calcul est le suivant : même si c’est plus coûteux aujourd’hui, l’expertise qu’elle développe présentement en matière d’énergies renouvelables sera une source d’avantage concurrentiel très important dans quelques années, car elle pourra exporter son expertise. Loin de miser sur le laissez-faire du néolibéralisme, la Suède mise sur une réglementation pointue et stratégique de ses sphères d’activité économique, dans le but de se donner un avantage concurrentiel à l’international à moyen et long terme.

 

Remettre en question des monopoles


De plus, la Suède ne craint pas la concurrence du privé et remet en question les monopoles étatiques. C’est ainsi que la Suède a introduit le privé dans le secteur de l’hydroélectricité tout en laissant la plus grande part de marché à sa société d’État. De plus, le système de transport collectif de Stockholm a été entièrement privatisé.


Dans le domaine de la santé, la Suède a introduit des mécanismes de concurrence entre les hôpitaux publics et expérimente présentement diverses manières d’introduire le privé en santé, lequel est financé par l’État. Ils ont également introduit un ticket modérateur depuis plusieurs années.


Le raisonnement sous-jacent à ces mesures est que l’intervention de l’État dans l’économie performe mieux lorsqu’elle est en concurrence avec le privé que lorsqu’elle prend la forme d’un monopole étatique. Cela ne signifie pas pour autant d’éliminer complètement le rôle de l’État ou de tout déréglementer, au contraire.

 

Miser sur le savoir


Par ailleurs, les études universitaires sont gratuites, car vues comme un investissement dans la croissance et la prospérité futures. L’État investit également massivement en recherche et développement, davantage qu’au Québec. En basant l’accès à l’université sur la méritocratie plutôt que sur les revenus, les Suédois souhaitent aussi faire profiter à leur économie des meilleurs talents en les formant à la hauteur de leurs capacités.


L’égalité homme-femme, appuyée par des mesures de conciliation travail-famille poussées et nombreuses, procède de la même logique : faire profiter la société de l’ensemble de ses talents en permettant aux parents de rester sur le marché du travail.


Un autre exemple, peut-être le plus frappant, de la combinaison gagnante entre compétitivité, prospérité et égalité est celui du marché du travail. À la suite d’un consensus entre syndicats regroupés, employeurs regroupés et gouvernement, survenu en 1938, les salaires sur le marché du travail font l’objet d’ententes par secteur, dûment négociées périodiquement. Plus tard, ces ententes sont devenues l’occasion pour l’État suédois d’imposer des salaires très élevés, dans le but avoué d’éliminer les secteurs économiques à faible valeur ajoutée, qui ne peuvent être concurrentiels vis-à-vis l’Asie et l’Europe de l’Est.


Plutôt que de subventionner les secteurs dont la viabilité est compromise par la globalisation, une telle purge a permis à la Suède de forcer l’innovation dans les secteurs économiques à haute valeur ajoutée fondés sur le savoir. Alors que les employés y voyaient un avantage indéniable vu l’obtention de salaires intéressants, les employeurs y voyaient une façon d’éliminer les concurrents qui ne tiraient leur compétitivité que de mauvaises conditions de travail, tout en favorisant une paix sociale avec leurs employés.

 

Une fiscalité stratégique


À l’inverse, la compétitivité et la prospérité ainsi acquises ne sont pas vues comme devant ne profiter qu’à une minorité, mais comme une source d’égalité et de réinvestissement dans la prospérité future. Taxe de vente de 24 %, taux d’imposition au palier le plus élevé à 57 %, soit le 2e plus élevé au monde : cette fiscalité qui ferait frémir bien des Nord-Américains est au contraire vue comme stratégique, car essentielle pour maintenir tous les services nécessaires au maintien de la solidarité, de la cohésion sociale, de la formation des travailleurs… et donc de la compétitivité à long terme.


De plus, l’évasion fiscale est presque inexistante. C’est dans un tel contexte que l’État suédois peut demander plus de flexibilité à ses syndicats quant aux régimes de retraite et à la sécurité d’emploi : le filet social et les programmes sociaux suédois sont au rendez-vous pour garantir la qualité de vie de chacun.


Du point de vue du Québec, il est essentiel de noter à ce titre que vu la performance économique exceptionnelle de la Suède au cours de la dernière décennie, il n’y a vraisemblablement aucune corrélation négative entre fiscalité élevée et prospérité économique, contrairement à ce que l’on a pu entendre lors du débat récent sur les paliers d’imposition au Québec. Leur fiscalité élevée n’a pas tué la poule aux oeufs d’or. Grâce à une prospérité économique soutenue combinée à des revenus fiscaux parmi les plus imposants au monde, l’État suédois dispose d’un budget élevé qui lui permet de fournir des services sociaux universels qui sont cohérents avec leurs idéaux d’égalité et de solidarité : système de santé efficace, politiques familiales innovatrices, suppléments de revenu généreux, etc.


Et ça fonctionne, car encore aujourd’hui, la Suède affiche, parmi tous les pays de l’OCDE, l’un des plus faibles taux d’inégalités au monde. N’est-ce pas là l’idéal de toute société avancée ?


Cependant, l’État-providence suédois fait actuellement face à des défis similaires au nôtre : participation au marché du travail réduite, intégration de l’immigration, précarisation des conditions de travail, vieillissement de la population… Cela entraîne une croissance des inégalités qui, si elle est moins perceptible qu’au Québec, commence déjà à poindre. Cela entraîne aussi une remise en question de certains pans du modèle à cause de l’augmentation des coûts sociaux qu’une telle conjoncture entraîne.


Malgré ces défis, les Suédois demeurent extrêmement fiers de leur modèle et de ses succès. Ils y voient encore plusieurs avantages indéniables, et sont conscients que, pour le maintenir, ils doivent y contribuer financièrement. Si des remises en question de certains pans du modèle peuvent être envisagées, c’est toujours en tenant compte de l’efficacité et de la compétitivité à long terme, ainsi qu’en misant sur la conviction profonde que, en misant simultanément sur les principes de concurrence et de solidarité, ils y gagnent tous, individuellement comme collectivement.

59 commentaires
  • J-F Garneau - Inscrit 4 janvier 2013 04 h 57

    Modèle intéressant

    Tout d'abord, merci pour cette série de textes bien documentés.
    Ce qui me frappe, c'est la similarité de la situation du Québec avec celle de la Suède dans sa période pré-1993. À cette époque le modèle de l'état providence suédois craquait de partout, s'étant dégradé depuis le début des années 60, presque jusqu'au point de rupture.
    Des réformes profondes, entreprises en 93-94 ont permis à la Suède de s'en sortir et de revenir sur la voie de la prospérité. Les suédois sont pragmatiques et n'ont pas hésité à refaçonner leur état providence. Santé privatisée en partie par exemple. On a tout simplement évité les tabous.
    Quelques observations additonnelles:
    Miser sur le savoir - bien que les études universitaires soient gratuites, il faut préciser que cette gratuité est liée à la réussite, et que l'accès aux programmes est contingenté, donc effectivement on mérite sa formation toute gratuite qu'elle est. Au Québec il serait possible de regarder la problématique en disant : combien d'étudiants peuvent suivre une formation universitaire gratuite, à l'intérieur des budgets actuels dédiés aux universités? On a les moyens qu'on a.
    Énergie - "même si c’est plus coûteux aujourd’hui" ... imaginez un instant que le Québec accepte de payer l'électricité au prix du marché mondial, la richesse créée, les possibilité d'investissement en R&D. L'expertise en hydroelectricité devrait faire notre fierté plutôt que notre honte. Essayons d'augmenter les tarifs d'un seul cent par KWh pour voir!
    Le system de transport de Stockholm est privatisé. Oui mais si vous avez pris le métro, un passage coûte près de $6 pour 2 zones. Les rabais s'appliquent aux usagers féquents. Il y a aussi des péages sur toutes les entrées de voitures en ville. Encore une fois, le Québec a-t-il la maturité de ces choix?

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 4 janvier 2013 08 h 09

      Le Québec a-t-il la maturité de ces choix ?
      Très bonne question.
      Présentement, je n'ai pas tendance à dire oui.
      Mais la crise qu'il vit actuellement saura peut-être le secouer et le motiver.
      Présentement, on branle dans le manche. On hésite et on tergiverse entre une approche nord-américaine et une approche scandinave.
      Peut-être que, dans le contexte créé par les dernières élections, sommes-nous en train d'inventer notre propre modèle ?
      Mais branchons-nous.
      Notre hésitation nous paralyse.

  • Benoît Landry - Abonné 4 janvier 2013 09 h 06

    Payé le prix du marché

    M. Garneau vous soulevez de bons points , mais par exemple quand vous parlez de payé l'électricité au prix du marché et de permettre l'introduction du privé dans nos institutions, il est à noter qu'au Québec c'est le privé qui fait office de privilégié ici. Ce sont des grandes corporations privées qui viennent exploiter nos ressources naturelles qui ont des tarifs d'électricité avantageux et ce sont des corporations privées qui bâtissent des éoliennes dans des secteurs, qui, bien qu'elles soient en conflit avec les populations locales, vendent quand même leur électricité à l'État (HQ) à un prix bien au-delà du prix du marché.

    Donc au Québec l'État Providence dessert avantageusement surtout le privé et fait assumer les risques par l'État et ses citoyens/contribuables. Alors si le système se maintient ce n'est pas seulement à cause des tabous des citoyens , mais bien à cause des grands avantages qu'en tirent les plus grandes fortunes

    • J-F Garneau - Inscrit 4 janvier 2013 11 h 32

      Mais si on regardait vers le futur, plutôt, justement que de gratter les bobos du passé?

      On pourrait aussi arguer que les entreprises qui bénéficient de tarifs préférentiels d'électrictié, génèrent des emplois directs et indirects. Le problème c'est quand on pense aux corporations, on ne voit que les "riches" actionnaires. En fait nous sommes probablement actionnaires de plusieurs d'entre elles avec nos REER ou placements, ou via la CAisse de dépôt... et on est bien contents quand notre CDP fait des bonnes années...
      Et on oublie souvent les dizaines de milliers d'employés qui y travaillent. 30,000 emplois (directs et indirects pour l'alu) c'est 1,5 milliards en salaires, soit à lui seul la redevance annuelle d'Hydro Québec. Alors bien sûr il y a le mythe des "grandes fortunes" comme vous les appelez, mais on peut aussi y voir des équations bien réelles de mettre des gens au travail... et à payer les impôts nécessaires à notre état providence.

      Quant à votre exemple des éoliennes, il contredit votre argument, car c'est efectivement le privé qui prend le risque, en investissant le capital nécessaire. Mais comme le privé ne contrôle pas le prix de revente (libre marché) il n'est pas étonnant que les sociétés se sont assurées de rentabiliser leurs investissements. Et si les tarifs d'électricité au Québec montent (espérons le), ce sera un jour (bientôt) la situation inverse quant au tarif, puisque Hydro leur achètera bien au-dessous du prix du marché.

      Quant au privé en santé, par exemple, je ne comprend pas pourquoi le gouvernement est propriétaire de brique et mortier (les hôpitaux). Le privé ferait bien mieux pour gérer l'immobilier avec des contrats à long terme.

    • Benoît Landry - Abonné 4 janvier 2013 12 h 40

      Je ne gratte pas les bobos du passé comme vous dites. J'ai mis des nuances sur la question des tabous que vous abordez. Il est fréquent qu'on vienne nous dire que l'État Providence surprotège les citoyens au Québec, j'ai tout simplement apporter avec une couple d'exemples que les principaux bénéficiaires des largesses de l'État au Québec sont des grandes entreprises et de grandes fortunes qui ne paient pas leur juste part justement.

      Non mon exemple concernant les éoliennes ne me contredit pas, car premièrement ces cies reçoivent des garanties d'achat par HQ qui ne correspondent pas du tout au prix du marché. Le non-risque de ces cies est donc assumer par les citoyens. Deuxièmement, ces cies "risquent" souvent des argents qui proviennent des épargnes des québécois. Exemple , le premier contrat d'éoliennes à Murdochville a été accordé à un comglomérat dirigé par General Electric quelques semaines après que la CDP ait acheté à coût de millions de $ des actions sur un pipe-line de gaz naturel au États-Unis dont le principal actionnaire était GE.

      Nous aurions pu investir directement cet argent à Murdochville par l'entremise d'HQ, mais au lieu de ça notre argent a servi à une cie US pour venir acheter nos ressources. Alors notre argent a été risqué sur nos propres ressources par des étrangers qui en tirent l'essentiel des profits grâce une tarification de ceux qui ont prêté leur épargnes....

      Alors ça fait l'affaire de qui le maintien de l'État Providence au Québec ?

      Oui ces entreprises créent de l'emploi, mais avec tous les risques que prennent nos gouvernments pour ces emplois, en avons-nous vraiment pour notre argent ? J'en doute

      Ah oui des contrats à long terme pour la brique et le mortier... cela veut dire de remettre dans les mains du public les infrastructures lorsque celles-ci ont le plus besoin besoin d'être entretenues/ rénovées ?

      Genre : PPPP= Profits Privés Pertes Publiques ?

    • J-F Garneau - Inscrit 4 janvier 2013 15 h 13

      M. Landry, CQFD sur les tabous, les idées préconçues.

      Je crois que vous confondez des notions basiques, comme l'achat d'actions d'une compagnie avec des subventions. M'enfin.

    • Benoît Landry - Abonné 4 janvier 2013 16 h 14

      M. Garneau, je ne confonds rien. Je suis capable de comprendre les différences entre des subventions et des achats d'actions, mais je suis aussi capable de comprendre que l'aide aux entreprises peut prendre différentes formes, i.e. la forme qui va être la plus avantageuse électoralement pour le parti au pouvoir et financièrement pour ses amis.... Soit qu'on donne directement une subvention ou soit qu'on achète des actions sans jamais devenir majoritaire....

      Nous ne sommes plus à l'époque de Duplessis, on se fait encore avoir de nos jours, mais les contrats sont juste plus longs à faire pour nous donner l'illusion que c'est pour notre bien....

  • André Michaud - Inscrit 4 janvier 2013 09 h 24

    ’"intervention de l’État dans l’économie performe mieux lorsqu’elle est en concurrence avec le privé que lorsqu’elle prend la forme d’un monopole étatique. Cela ne signifie pas pour autant d’éliminer complètement le rôle de l’État ou de tout déréglementer, au contraire"

    Et il faut laisser créer de la richesse avant de taxer et imposer..

    Voila deux positions très pragmatiques, mais ici c'est vu comme étant des solutions de vendus au capital...

    • Lise Thibault - Inscrite 4 janvier 2013 12 h 11

      Et pour quelles raisons, «ici, c'est vu comme étant des solutions de vendus au capital...» ?

      Peut-être parce qu'ici, une grande majorité de ceux qui avancent qu'il faut «créer de la richesse avant tout» ne veulent surtout pas d'une compétitivité état-privé - au contraire ils la dénoncent. Quant à une quelconque solidarité sociale et générationnelle, ils ne semblent en avoir cure et proposent plutôt de mettre la hache dans les programmes sociaux et la réglementation.

      L'État suédois ne s'est pas contenté d'être «pragmatique» dans l'élaboration de ses politiques de gouvernance. L'État suédois a surtout agi en visionnaire tout en répondant au premier devoir d'un gouvernement, soit celui de voir au bien-être de chacun de ses citoyens, actuels et à venir.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 4 janvier 2013 14 h 40

      Le problème c'est que le modèle néolibéral que certains implantent au Québec n'a rien à voir avec le modèle Suédois ;
      le premier consiste surtout à laisser -sortir- la richesse, à dérèglementer et à faire de l'évasion fiscale pour une minorité, le deuxième, lui, vise à créer de la richesse avec une règlementation très stricte et à taxer pour davantage d'équité et de mieux-être pour la société.

      Les Libéraux ont tenté leur recette de privé en santé. C'est un échec coûteux jusqu'à présent, parce qu'effectivement les aménagements ont été faits dans une optique de profit individuel (les ti-namis et leurs enveloppes) et privé et non d'un progrès social.

      La Suède réussi bien mieux à intégrer le privé dans une démarche de progrès social. Sans doute parce qu'en Scandinavie, il y a moins de marionettistes démagogiques pour essayer de faire peur à la population dès qu'il est question de protection environnementale et de redistribution de la richesse.

      Ah et aussi la Suède est un pays souverain.

  • Eric Shannon - Inscrit 4 janvier 2013 09 h 35

    Le Québec est-il assez uni pour aller de l'avant avec des réformes ?

    Merci pour ce texte. Il est loin le temps où nous pouvions comparer le Québec à un pays scandinave. La dernière campagne électorale l'a bien montrée (voire orchestrée) ; le Québec est encore profondément divisé. Si la Suède a autant de succès c'est aussi parce que sa population a su unir ses forces pour mettre de l'avant et adhérer à des projets audacieux. On voit le même phénomère en Allemagne, première économie européenne, où la population a uni ses forces et ses positions pour sortir de la crise financière, alors que la France, un pays tiré à quatre épingles opposées, est toujours dans une économie fragile et n'arrive pas à s'unir pour faire des réformes.

    Pour pouvoir prétendre à des modèles sociaux innovants, il faut d'abord et avant tout réunir la population, et cela veut dire parler de réconciliation des deux solitudes à l'intérieur même des frontière nationales. Tant et aussi longtemps où nous aurons un climat politique qui divise (pour mieux règner minoritairement... vraiment ?) le Québec piétinera et accumulera les retards, alors qu'il a tout ce qu'il faut pour déplacer des montagnes.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 4 janvier 2013 14 h 54

      Est-ce que la Suède sur-finance tout un réseau parallèle d'institutions germanophones, héritage de sa conquête? Non.

      Le Québec, lui, finance sa division croissante.

    • Eric Shannon - Inscrit 5 janvier 2013 05 h 00

      @ Djosef Bouteu

      Je ne comprends pas le lien que vous faites entre la Suède et l'Allemagne. J'ai fais une comparaison entre la Suède, l'Allemagne, la France et le Québec. Les deux premiers ayant la capacité de s'unir sur des projets de sociétés et les deux derniers étant constamment dans la division.

      Pour ce qui est de la division au Québec, il faudrait m'expliquer comment le Québec finance sa division croissante. Bien que je sois d'accord avec vous, je ne comprends pas votre point de vue. À tout le moins, il me semble que les partis politiques québécois travaillent très fort à garder la population divisée sur des sujets de cultures et de langues alors que la population a envie d'aller vers l'avant et de passer outre les vieux conflits.

      Le Québec est fier de sa diversité, mais les partis politiques ne nous laissent pas oublier les conflits passés afin d'en tirer profit. Le "diviser pour mieux règner" a rendu une part de la population apolitique alors que nous avons tout ce qu'il faut pour développer une créativité dormante.

  • Jacques Patenaude - Abonné 4 janvier 2013 09 h 44

    Un conseil: les auteurs devraient étudier l'histoire récente du Québec

    Le Québec gouverné par le parti québécois s'est toujours inspiré de la Suède. Le modèle suédois est au départ bâtit sur la reconnaissance des trois acteurs sociaux: l'État, les syndicats et le patronat. Un aspect essentiel qui est passé sous silence dans ce texte. Chaque prise du pouvoir par le parti québécois a été inauguré par un Sommet économique inspiré de la sociale-démocratie suédoise et scandinave. Malheureusement Le parti québécois ne semble pas cette fois-ci vouloir réaliser un tel sommet. Je recommanderais aux auteurs de lire le Livre Le défi du plein emploi qui a inspiré le programme du PQ sous Jacques Parizeau. Ce qui est fondamental en Suède est La politique de plein emploi qui permet une large négociation des acteurs sociaux autour de l'objectif du plein emploi. Les mesures dont les auteurs parlent doivent être vu comme le résultat de négociations sociales entre les grands acteurs sociaux tous perçu comme de légitimes représentants de la société civile et non pas comme le résultat de l'action unique du gouvernement. Au Québec a été rajouté comme acteur social le secteur de l'Économie sociale. Une innovation intéressante par rapport au modèle suédois. Il serait sans doute utile aux auteurs d'étudier un peu l'histoire du Québec pour qu'ils puissent constater qu'ils n'ont pas découvert un coin du monde inconnu des québécois avant que leur mission ne nous révèle ses qualités.

    Il faut aussi se garder de voir le modèle scandinave comme pouvant être calqué tel quel au Québec. Par exemple la légitimité de l'impôt en Scandinavie ne subit les même attaques qu'ici au Québec qui est intégré au Canada et voisin des États-Unis. S'inspirer du modèle scandinave suppose bien avant de regarder les mesures spécifiques adoptées en Suède d'établir un mécanisme de concertaion sociale et de s'assurer de réaliser la négociation sociale qui procurera les effets positifs souhaité.