Bye Bye 2012 - À chacun son métier

Le soir du 31 décembre… Au Québec, c’est plus sacré que la messe de minuit, un nombre record d’entre nous est rivé devant le téléviseur qui nous livre un concentré de dérision des personnalités et des événements marquants de l’année qui s’achève. Comme dirait l’autre, le ridicule ne tue pas, vaut mieux en rire qu’en pleurer, et bonne année grand nez !

Tout le monde se tape les cuisses, tant que ça reste dans les limites du « gentil ». Parce qu’au Québec, nos « personnalités », c’est du monde comme nous, on les croise chez Costco après tout…


Nos politiciens sont effectivement, je suppose, des gens comme nous. Le soir du 31, ils rigolent, certainement jaune parfois, de la caricature que nos « fous » font de leurs contradictions, de leurs tics nerveux et de la couleur de leur cravate ! Jusque-là, tout va bien, c’est comme lorsque les élèves se moquent du professeur qui a le dos tourné. Mais si ce dernier se retourne et rit avec ces élèves, il me semble qu’il y a un malaise…


C’est exactement le même genre de malaise que j’ai ressenti en voyant Pauline Marois dans la publicité du Bye Bye 2012. À titre de chef d’État, elle occupe une fonction d’autorité qui l’oblige, selon moi, à rester au-dessus de la mêlée. Son association publique à un mouvement de satire de l’appareil gouvernemental et de ses acteurs contribue à rendre dérisoire toute la symbolique de respect envers l’institution gouvernementale dont elle est la dirigeante. Les honorables, le salon rouge, l’Ordre du Québec… au fond, elle est peut-être là, la commedia dell’arte !


Bien sûr, leurs conseillers en image doivent leur dire qu’il est de bon ton de se montrer humain, que ça se fait partout. Ils appliquent leur science prédictive de l’effet sur l’opinion publique et si c’est un « go », la première ministre déplace son cortège payé par l’État jusqu’au studio de télé pour une petite incursion dans le monde de la variété !


Loin de moi l’idée de jouer les trouble-fête, mais je me demande qui les politiciens servent en se prêtant à ce petit jeu. Est-ce que ça aide à la mise en oeuvre des politiques et des priorités du gouvernement en place ? Parce que c’est ça, la « job » qu’on leur a confiée après tout.


Ceux qui nous dirigent n’ont pas le mandat de nous divertir, et leur présence médiatique devrait, selon moi, se limiter aux tribunes sur lesquelles ils expliquent leurs actions gouvernementales. Et puis, entre vous et moi, on les voit assez comme ça, non ?

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